IV. — LE GATISME, FONCTION DE LA PERSONNALITÉ
Le gâtisme, ici, n’est plus passager au point où nous venons de le voir. 11 n’est [)lus, pour ainsi dire, accessoire, extérieur à la personnalité ordinaire, plus ou moins apparente ou submergée par le délire. 11 est l’expression même de cette personnalité. 11 survient en dépendance d’une antériorité psychi(pie dont il n’est que la fonction conséquente, logique, forcée.
L’origine, maintenant, de cette personnalité ? Ou elle est la suite d’une psycho[)athie, ])sychonévrose en général, ayant dépassé depuis longlemps son stade aigu, et (’uissant {>ar cette création d’une personnalité morbide tout
autre (P'’ groupe). Ou elle paraît comme expression d’un état psycliopathif[ue congénital, correspondant, — est-il besoin de le dire? — àunétat de dégénérescence implanté sur un terrain préparé le plus souvent héréditairement (2® groupe).
Flans un cas, c’est donc un attribut d’acquisition. Dans l’autre, un attribut d’innéité.
Mais, des deux côtés, remarque essentielle ; les malades de cette classe ont ceci des individus normaux, que loin d’agir d’une manière désordonnée ou irrationnelle, ils. ont au contraire un but. But délirant ou but vicieux, le but existe. Ils l’entrevoient, le discutent, le mettent à exécution par des actes appropriés, où la volonté joue son rôle. La conduite, dans son ensemble, manifeste de la réflexion, souvent meme un grand bon sens, dans la voie du délire bien entendu. Nous sommes loin de la classe , précédente, où cette volonté était chancelante, instabb*, soufflant comme au gré d’une hallucination, d’une illusion ou d’une idée délirante et trouvant toujours dressée contre elle quoique plus ou moins nettement une opposition de la part de la conscience. Ici, au contraire, c’est la conscience elle-même qui dirige, qui commande, qui agit.