CELLULES ÉPITHÉLIALES
Aux cellules de la névroglie, quoique cet ordre soit tout à fait arbitraire, car ces cellules ont formé aussi bien les cellules nerveuses que les cellules connectives, nous rattacherons les cellules épithéliales qui bordent le canal de l’épendyme. Celles qu’on retrouve dans la moelle adulte, petites et souvent ratatinées, ne pouvant pas faire soupçonner le rôle important que ces éléments ont joué dans la formation de la moelle, si on ne les a pas étudiés à différentes périodes de l’évolution.
Nous ne reviendrons pas sur l’aspect qu’elles présentent dans le tout premier développement de la moelle, car nous l’avons déjà décrit; mais nous les étudierons de suite dans la moelle d’un embryon de mouton long de 25 millimètres. Ce sont alors de longues cellules présentant environ au milieu de leur corps un noyau, généralement ovalaire, d’un diamètre transversal, souvent supérieur à celui de la cellule; leur protoplasma mou, peu réfringent, renferme de très fines granulations, il se termine à sa partie supérieure par une sorte de plateau très mince, qui souvent paraît porter une matière granuleuse; celle-ci est, je crois, due à un peu de liquide céphalo-rachidien ou au plasma en occupant la place à cette époque de la vie embryonnaire, et qui s’est coagulé par l’alcool. L’extrémité inférieure de ces cellules se termine par un ou plusieurs longs prolongements très grêles qui paraissent traverser toute la moelle pour pénétrer jusqu’à la ineinbrana 'prima de Hensen, ou tout au moins jusqu’à son proche voisinage. Ces prolongements m’ont toujours paru se terminer par une pointe fine et jamais par un élargissement; ils constituent ce qu’on nomme les fibres radiaires (pl. I, fig. 7).
Dans les moelles plus âgées ces cellules conservent généralement le même aspect, sauf en ce que leur protoplasma
devient (le plus en plus ferme à mesure que l’âge de l’embryon augmente.
Les cellules qui forment le cône, dont nous avons eu l’occasion de parler plus haut, n’ont généralement qu’un seul prolongement. Il est très facile de les reconnaître même dans une dissociation, car elles restent généralement adhérentes les unes aux autres par leur extrémité inférieure.
Dans une dissociation de moelle d’un embryon humain de sept mois, ou d’un de brebis long de 40 centimètres, on trouve deux espèces de cellules épithéliales avec des caractères fortement tranchés : les unes, très longues, sont les cellules qui bordent la partie inférieure du canal de l’épendyme; les autres, plus courtes, ne mesurant pas plus de 22 [J. de long, sont celles qui entourent le reste du canal. Ces dernières cellules sont formées par une masse de protoplasma peu granuleuse entourée d’une membrane bien nette, et contenant un noyau sphérique renfermant un nucléole; ces cellules portent un plateau et des cils vibratiles, leur pied est souvent bifurqué; entre elles on remarque des cellules très étroites, rappelant les cellules à bâtonnets de la rétine : ce sont probablement de jeunes cellules en voie de développement (pl. VI, fig. 6).
Entre ces deux formes de cellules, on rencontre surtout dans les embryons plus jeunes, de cinq à six mois, toute une série d’intermédiaires, ce qui démontre que les cellules bordant le canal del’épendyme chez l’adulte ne sont qu’un reste des cellules ayant joué un rôle très important; en etfet, à mesure qu’on les étudie dans des embryons de plus en plus âgés, plus on voit leur nombre et leur grandeur diminuer.
Dans la moelle d’un embryon humain de huit mois, on ne retrouve que des cellules courtes; les cellules longues ont complètement disparu.
Après avoir joué un grand rôle dans la formation do la moelle, car tous les éléments propres à cet organe dérivent d’elles, les cellules épithéliales n’ont plus â remplir dans la moelle adulte que le rôle d’un épithélium de revêtement, pour protéger les éléments propres à cet organe contre l’action du liquide céphalo-rachidien.