LA NUIT
Noms des malades
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CONCLUSIONS
Terminons par qiieiffues mes (l’enseinl)le qui ])uissenl servir de conclnsions.
L’individy normal commande à ses sphincters, nous avons vu dans quelles limites physiologiques. Dans la déviation systématique du caractère (acquise, innée), il y a, avec une déviation de ces actes au gré
des conceptions délirantes. — Qu’une rupture se fasse dans l’équilihre des phénomènes psychiques, et qu’il y ait incohérence entre les mouvements et les causes qui devraient le provoquer, on a le tableau des états démentiels, où l’incontinence arrive d’abord à l’état intermittent, ou pour s’aggraver, dans la suite, <m au contraire pour disparaître de très longtemps (rémissions). — Enfui que la conscience soit totalement impuissante, parce qu’éteinte (comas) : la miction et la défécation sont livrées à V action clv simple réflexe. C’est le phénomène réduit à -sa plus simple expression, et qui peut, nous l’avons vu, revêtir des modalité variables.
Qu’on admette fexistence d’un centre cérébral volontaire j)our les mouvements sphinctériens, et l’on s’explique son abolition, fonctionnelle dans les états comateux {paralusie), jihis nettement organique dans les démences avancées, — en môme temps que ses viciations
dans les états démentiels (dijsjira.ri' e) on son exaltation' fonctionnelle (éréthisme), dans nombre de vésanies.
La s'hnéiologie est forcément très variable selon ces düférents états cérébraux. L’incontinence est, en tons les cas, nn des phénomènes les ])lus importants à noter dans les observations, tant ])Onr l’intérêt théorique que pour l’intérét pratique qui s’y rattache.
C’est qu’en elfet, cet intérêt pratique concerne, comme partout ailleurs en pathoqénie, le diaqnostic, le pronostic et le traitement. (Juehjues mots seulement pour en montrer la valeur.
Sans doute, c’est malheureusement le TRAITEMENT delà psychopathie que cette étude de pathoqénie intéresse le moins à l’heure actuelle. Carie traitement ne changera [>as, il restera le traitement étiologique de la maladie primitive, si seides les causes psycbiques sont à invoquer. Chez les maniaapies, les bains prolongés, les calmants de toute sorte ; chez les mélancoliques, les stimulants au contraire, moraux et |)hysi(pies (hydrothéra- |)ie). Mais, c’est le plus souvent, surtout dans les vésanies, au traitement moral, tel que nous l’avons vu pratiquer par nos maîtres, ({u’il faudra avoir recours. Ici, on mettra en jeu tout ce qui pourra refréner la perversion morale du dégénéré vicieux : l’intiriiidation, la discipline sévère. l^à, surtout chez les délirants, on s’attachera à dissiper, tou jours avec bienveillance, les (erreurs et les illusions, charpie fois f[ue cela sera ^oossible.
Si l’on a |)u déterminer la part du phénomène réflexe, on [lourra s’adresser aux médicaments nervins propre-
nient dits, et faire ainsi un véritable trait enic?ii sijmptc- Chez 1 anxieux, on calmera l’iivperesthésie parles médicaments dépresseurs des réflexes et paralysant les fibres lisses, en particulier la belladone sous forme de poudre ou d’extrait ( 0 rjr.025 à 0 gr. 10). Dans les'élals de dépression, on relèvera au contraire la tonicité parla noix vomique (0 qr. 025 à 0 gr. 10).
Dans tons les antres groupes de cas, qui doivent se restreindre de plus en pins, on aura recours an seid traitement prophiilactique. Il a lui aussi son importance : ce n’est pas chose si facile que de surveiller alors de très près rhifffiène alimentaire qui doit être substantielle et de facile digestion ; riujcfiène du lit^ les soins de propreté ffénérale^ la régularité des fonctiomiements (accoutumance à des heures déterminées). Même la seule indication de ce traitement prophylactique porte en elle-mènie son intérêt, en ce qu’elle donne l’occasion de veiller au malade plus particulièrement encore.
Beaucoup pins que le traitement, le DIAGNOSTIC doit, dans l’état actuel fies choses, bénéficier de l’étude du gâtisme.
Sans doute, dans les États d’inconscience, le diagnostic nosologique est largement facilité par l’étude des autres symptômes, quelquefois même l’aspect seul du malade.
Mais il en va tout autrement de la ])lu|>art des jisychopathies. Nous avons appris à y reconnaître un si gneprecocey souvent insoupçonné^ des démences, et vu quelle influence peut avoir son apparition, ([uandil est ainsi piécoce, siii le diagnostic si souvent hésitant, et cependant d un intérêt
si puissant, entre la démence sénile et la démence para- Ivtique, en l’absence d’autres symptômes diOerentiels.
Dans les vésanies, il signalera : ici, l’apparition de la co.'ifnsion mentale^ venant com])liqiier une dépression mélancolique, un délire hallucinatoire aigu; là, Panæirtr, accompagnant les conceptions, obsessionnelles ou non. Dans tel délire systématisé, enfin, il mettra sur la voie de l évolution réelle des conceptions délirantes.
Mais c’est surtout la détermination du PRONOSTIC, d’une importance vraiement capitale en psychiatrie, qui se trouvera modifiée.
Dans les états d’insconscience, le gâtisme, par ses modalités dill’érentes, donnera, pour ainsi dire, la înesure de r insensibi lité cérébrale (véieniion des cas faibles, incontinence absolue des cas graves) et sa disparition annoncera le retour prochain à l’éhit normal.
Dans la paralysie générale, il représentera soit la paralysie périphérique, soit, bien plus souvent, le degré de finertie cérébrale. 11 est alors toujours d’un pronostic grave, tempéré seulement par la possibilité des rémissions dans les cas de simple incontinence urinaire, parfois même <le gâtisme complet (Observation VI).
Il est encore plus particulièrement à noter dans les vésanies. Si, r/am* les états à grand fracas ^ il ne représente (jiiun épisode sans importance^ et à pronostic bénin, (Ml revanche, dans les formes chroniques, ({iiand il traduit le marKjue de dégoût, la perversion des sentiments les j)lu.s élémeniai res, (fuel que épisodique (jié il soit alors, il annonce h incurabil ité, souligne la ruine psgchique.
Tel est, (rime manière çjénérale, le pronostic du ipUisine pour l’évolution de Vétat mental. En ce qui concerne Ietat piiYSKiuE, il n’est pas d’nn intérêt moins remarquable. Les données pathogéuiques modernes établissent d(‘jà V évolution plus rapide de toutes les infections^ et surtout de la tuberculose pulmonaire, chez ces malades, en état constant d’opportunité morbide.
Mais, on le sait, les altérations locales elles-mêmes, en particulier les escarres, souvent si étendues et à évolution si rapides si elles ne sont point soignées, peuvent suffire à hâter le dénouement fatal.
Nous croyons donc avoir raison de ])arler continuellement de l’intérêt scientifique et pratique du sujet. C’est que r attention du médecin et du personnel de surveillance doit être également attirée. N’y a-t-il pas là, sur le même plan qu’une question scientifique de la plus haute valeur, une véritable question d’humanité?
INDEX ALPIIABÉTIOÜE