‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 22 sur 163 · C. REYMOND · texte numérisé non relu

C. REYMOND

1° Par la forme des surfaces de courbures: celles-ci pourraient être elliptiques avec des axes inégaux dont le maximum et le minimum ne coïncident pas avec ceux de la cornée. '

2° Par suite d’une position oblique du cristallin, laquelle a une influence correspondante. Young, Donders, Woinow constatèrent dans leurs yeux un semblable astigmatisme régulier du cristallin (1), et la! casuistique ■ clinique rapporte de nombreuses observations d’astigma-; Usine du cristallin produit par des déplacements congénitaux ou acquis de celui-ci (Knapp) (2).

Chez les sujets jeunes, bien doués d’accommodation, de légers degrés d’astigmatisme cornéal (moins de 1 diopt.), peuvent produire l’asthénopie, mais ils influent rarement sur l’acuité visuelle. Gomme l’ont i déjà remarqué Javal et Nordenson (3), il n’est pas rare de rencontrer des yeux astigmatiques de 1 diopt. (et même de 1,5 diopt.) doués . de V. supérieur à 1, spécialement en bonne lumière. Egalement, uni œil jeune et non astigmatique peut, bien qu’avec un peu de fatigue, et pourvu que la lumière soit abondante, conserver la plénitude de son acuité visuelle, même en fixant à travers un cylindre de 1 — 1,5 diopt. Dans les âges plus avancés, et en proportion de la diminution d’A., l’effet nuisible de l’astigmatisme sur l’acuité visuelle devient plus accentué; et alors la correction astigmatique avec les verres est non seulement bien tolérée, mais nécessaire pour l’intégrité de l’acuité visuelle, spécialement quand la lumière est un peu insuffisante. Au contraire , l’œil jeune veut presque toujours conserver une partie de son astigmatisme; il n’en tolère pas la correction complète, soit à cause de Tasthénopie, soit à cause de la véritable diminution de V. qu’il en ressent. Plus communément, l’œil jeune veut conserver 0,5—0,75, et jusqu’à 1,25 de son astigmatisme, suivant l’âge. Dans les astigmatismes plus élevés, de 4 — 0 diopt., par ex., le degré d’astigmatisme que l’œil veut conserver peut être encore plus élevé, et cela avec des circonstances que nous chercherons à analyser plus loin. L’effet nuisible qui devrait résulter, pour l’acuité visuelle, de la déformation astigmatique des images rétiniques, peut donc être neutralisé, 'dans certaines limites, au moyen de 1 accommodation; et, dans certaines limites, l’œil préfère, parce qu’elle

(1) Donders, Loc. cit.; Woinow, Arch. f. Opht., XV, 2, p. 167.

(2) Donders, Loc. cit.

(3) Annales d'oculistique, 1883.

ANNOTATION SUR LA VISION ASTIGMATIQUE, ETC

• est plus parfaite, la correction de l’effet de l’astigmatisme au moyen de l’exercice de l’accommodation, à la correction effective artificielle :au moyen des lentilles.

Pour interpréter ce fait, Javal, et, avec lui, beaucoup de cliniciens,

• supposent que le mécanisme de X accommodation est ordonné de ma- -nière qu’on puisse obtenir:

— Ou des variations de courbes du cristallin, non seulement sur : toute sa surface, mais encore, isolément, dans ses différents méridiens (hypothèse de Giraud-Teulon);

— Ou bien des variations d’inclinaison dans le cristallin.

Avec ces suppositions,*’qui trouvent quelque appui dans les expériences et les observations de Hensen et Vœlckers (1), lesquelles démontrent la possibilité de contractions méridionales isolées de la choroïde iet de l’iris, on voudrait aussi que Pœil puisse opérer en lui-même, •une véritable correction optique, au moyen de laquelle il acquerrait •les propriétés d’un appareil limité par des surfaces sphériques et centrées, avec la simple aberration de sphéricité.

Fik (2) avait observé, dans son œil et dans d’autres, que, dans l’accomimodation exacte, c’est-à-dire correspondant à la plénitude de l’acuité •visuelle, une ligne blanche horizontale, tracée sur un fond obscur, lui apparaissait plus large qu’une ligne verticale d’égale largeur, et qu’un .carré clair sur un fond noir lui apparaissait comme un ovale perpendiculaire. Il avait également remarqué que, durant la fixation prolongée, le phénomène se modifie avec des alternances, en sens inverse, de l’élargissement du carré, lequel se présente successivement plus ^arge, puis plus haut, et vice versa.

Se reportant aux études de Sturm sur les transformations des images nstigmatiques dans l’espace interfocal, Fick en avait justement déduit qu’il accommodait de manière à porter, sur la rétine, d’abord la ligne :ocale postérieure; durant la fixation il s’accommodait successivement oour la ligne focale antérieure, puis, alternativement pour la ligne 'ocale antérieure et pour la postérieure. Welcker (3), en répétant et hn confirmant l’observation de Fick, avait cependant noté que le phétiomène d’irradiation astigmatique observé par ce dernier, se remarque

(1) Experim. Unters. üher den Mechanismus der Accommodation. Kiel, 1868.

(2) A. Fick, De errore optico quodam asymetrico ... {Dissertatio inaug., 1851).

(3) Welcker, Ueber Irradiation. Giessen, 1852.

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