‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 23 sur 163 · C. REYMOND · texte numérisé non relu

C. REYMOND

spécialement dans le voisinage du xmnctum proximum ou du punctum remotum de l’accommodation, mais que, entre ces limites, le carré n’apparaît pas déformé.

Un œil jeune, légèrement astigmatique (ou rendu astigmatique au moyen d’un cylindre de 0,75 — 1 diopt.) peut, dans les limites de l’accommodation, voir exactement toutes les lignes du dessin de rayons convergents, employé, en clinique, pour la détermination des méridiens dans l’examen subjectif de l’astigmatisme. Mais ceci n’arrive que successivement, une ligne après l’autre ; on n’obtient la perception plus noire, plus nette, indubitablement exacte, que d’une seule ligne de méridien à la fois. Tous ne savent pas*se convaincre immédiatement du fait: pour cela il convient de ne pas fixer exactement le point central de rencontre des lignes de l’étoile, mais chaque ligne isolément, à la distance où on commence à la voir détachée des lignes contiguës. En faisant ensuite courir la ligne visuelle dans la direction de la ligne de méridien fixée, l’exactitude du contour se conserve durant toute l’excursion de Fœil, de l’une à l’autre extrémité de la ligne.

Avec des dessins bien marqués, le phénomène se manifeste avec évidence en faisant courir lentement la ligne visuelle circulairement autour du point central, à une distance angulaire du centre non supérieure à 5 — 6" (c’est-à-dire, correspondant à la moyenne de l’angle visuel normal) et en s’arrêtant (en accommodant) à chaque ligne suc cessive.

Ce phénomène de la vision successive exacte de chaque méridien l’un après l’autre, s’observe également dans l’œil non astigmatique. Il est cependant plus accentué, plus facilement appréciable par l’œil astigmatique.

Nous devons à Woinow (1) une expérience qui démontre que la faculté qu’a l’œil astigmatique, à l’égal de l’œil non astigmatique, de pouvoir, dans certaines limites, obtenir un foyer exact successivement l pour chaque méridien, dépend principalement du cristallin.

Au moyen d’un orthoscope (de Gzermak) rempli d’eau et dont laft-paroi antérieure était formée d’une plaque de verre plan parallèle; Woinow abolissait l’effet de réfraction de sa cornée. En avant de

(1) Loc. cit.

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l’appareil était placée une lentille bi-convexe bien centrée avec l’œil. Dans le repos de l’accommodation, les lignes horizontales des lettres x< du tableau pour l’astigmatisme de Becker » lui apparaissaient noires tet précises, toutes les autres, au contraire, lui semblaient un peu effacées, inexactement délimitées. Avec des efforts d’A., il parvenait à voir distinctement les lignes des autres directions, mais il n’arrivait à voir noires et tout à fait distinctes que les lignes d’une seule direction à la fois. Au moyen d’une simple et uniforme variation de convexité du cristallin, il pouvait amener le foyer de chaque méridien .sur la rétine, mais alternativement, un méridien après l’autre, et non simultanément. Ce n’était que comme involontairement et pendant de !très courts instants, qu’il lui semblait avoir la vision simultanément exacte de toutes les lignes.

Le D’’ P. Baiardi a analj^sé et précisé davantage les phénomènes précédents, en les étudiant au moyen d’un optornètre. 11 se servit de celui de Moyne, composé, comme ceux de Badal et de Buchardt, d’une simple lentille convexe dans le foyer principal de laquelle on fait correspondre le point nodal ou le plan principal de l’œil examiné. En :avant et sur l’axe de la lentille, court, le long d’une tige de métal, de dessin étoilé (photographié) de lignes convergentes, à côté ou auidessus desquelles sont également photographiées des lettres minuscules !:de diverses grandeurs. Sur la barre sont indiquées, en dioptrie, les tréfractions correspondant à la distance où se trouve le dessin en avant : de la lentille.

En rapprochant graduellement le dessin vers l’œil, on fait d’abord :arriver la ligne focale postérieure sur la rétine. La seule ligne per- «pendiculaire au méridien principal moins réfringent est vue noire ; une -OU deux autres lignes contiguës, peuvent aussi être vues noires et œxactes, mais plutôt l’une après l’autre que simultanément.

Avec un rapprochement ultérieur les choses restent presque sans changement, tant que la ligne focale antérieure n’est pas arrivée, à rson tour, sur la rétine, c’est-à-dire, quand on peut voir la ligne peripendiculaire au méridien principal le plus réfringent.

A cette distance toutes les lignes de l’étoile peuvent apparaître égajlement noires quand on fixe le centre de l’étoile. Cependant, il faut j toujours une accommodation spéciale pour chaque ligne si on veut la voir avec la plus grande netteté; chaque ligne peut être vue parfaitement, mais successivement, l’une après l’autre.

I Pour avoir l’acuité visuelle complète de lègilibüè, un autre rappro-

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chement du tableau vers la lentille est encore nécessaire. Ensuite, avec des rapprochements ultérieurs, rien ne se modifie dans la légibilité. Il est cependant toujours nécessaire de fixer et d’accommoder successivement pour chaque ligne séparément si on veut la voir avec la plus grande exactitude.

Lorsque le rapprochement du tableau est arrivé au point où la ligne focale postérieure a dépassé le punctum P, c’est-à-dire, quand la seule ligne perpendiculaire au méridien plus réfringent, avec quelques autres contiguës, peuvent être vues exactement, l’acuité visuelle diminue simultanément et en degré notable.

Nous pouvons donc dire:

1° Que l’acuité visuelle clinique (1), c’est-à-dire, la visibilité des formes, n’atteint son maximum que lorsque les deux lignes focales sont comprises, l’une et l’autre, dans les limites de l’A^ disponible dans le degré d’inclinaison du regard où l’œil est placé.

J’appellerai monoculaire l’ampleur de l’accommodation disponible dans une inclinaison déterminée de l’œil;

2° Ni l’accommodation pour la seule ligne focale postérieure, ni l’accommodation pour la seule ligne focale antérieure, ne peuvent procurer l’acuité visuelle complète (toujours, cela s’entend, dans le sens clinique de la visibilité des formes) ;

3° Dans l’astigmatisme, une partie seulement de l’A^ monoculaire reste compatible avec la plénitude de l’acuité visuelle. En effet, à la limite monoculaire, l’acuité visuelle ne devient complète que quand la ligne focale antérieure peut être portée sur la rétine, c’est-à-dire, quand l’œil a déjà mis en acte un degré d’A^ monoculaire égal au degré de son astigmatisme.

En outre, vers la limite monoculaire l’acuité cesse d’être complète, à partir du point où la ligne focale antérieure cesse d’être comprise dans les limites de Ai monoculaire, c’est-à-dire, quand elle ne peut être amenée sur la rétine.

L’Ai monoculaire susceptible de procurer l’acuité visuelle complète est donc réduite, dans l’astigmatisme, d’une quantité proportionnée au degré de l’astigmatisme.

4® Dans l’examen subjectif de l'astigmatisme au moyen de la figure

(1) L’appréciation de l’acuité visuelle consiste dans la détermination du plus petit angle visuel, sous lequel l'œil peut encore reconnaître la forme d’objets déterminés (Snellen, Optotypi).

ANNOTATION SUR LA VISION ASTIGMATIQUE, ETC

i étoilée de rayons concentriques, on admet que, lorsque les bords d’une ligne sont vus exactement délimités, noirs et sans ombre, la réfraction Idu méridien perpendiculaire à cette ligne s’opère sans astigmatisme; J tous les rayons réfractés par ce méridien se maintiennent dans le jmême plan et ont leur point de rencontre sur l’axe même du plan î lumineux; on a un véritable foyer sur l’axe. Dans l’astigmatisme réjgulier, tel qu’on le considère dans l’œil, deux seuls plans — et ce jsont les deux plans principaux — ont cette propriété d’avoir un véri- ^ table point focal sur l’axe.

En partant de ce point de vue physiologique, c’est-à-dire, dans les j limites d’exactitude que peut fournir un examen subjectif, nous pouivons croire que, lorsque l’œil astigmatique voit distinctement une ligne, un des méridiens principaux doit être perpendiculaire à cette î ligne.

L’inclinaison éventuelle sur l’axe que pourrait prendre la ligne focale (correspondante, par effet de l’obliquité de l’axe visuel par rapport à 1 l’axe du système, ferait varier, il est vrai, la forme de l’image réti- I nique de la ligne focale entière (1), mais elle ne pourrait altérer sen- Isiblement l’exactitude du foyer formé par les rayons réfractés, dans I le méridien principal. Chaque ligne de l’étoile pouvant successivement ‘être distinguée avec exactitude, on peut croire que l’œil varie la diirection de ses méridiens principaux chaque fois que l’axe visuel se porte d'une ligne à l’autre.

Les phénomènes sus-indiqués, sans en excepter un seul, s’observent i dans tous les yeux.

Entre les yeux qui , dans le sens clinique , sont appelés astigmatiques et non astigmatiques, il y a seulement une différence de degré ^ dans la manifestation de ces phénomènes.

Les très courts instants pendant lesquels, durant la fixation, toutes * les lignes semblent vues nettement, bien qu’un peu plus pâles, se reî nouvellent plus fréquemment et s’observent mieux dans les yeux com- .* plètement normaux; dans tous, l’accommodation parfaitement exacte I et stable ne s’obtient que pour un méridien à la fois, et, successiveî ment, l’un après l’autre. Dans l’œil plus astigmatique, et en propor- 1 tion de son degré d’astigmatisme, l’accommodation exacte successive

Matthtessen, Archiv f. Ophthalm., voll. XXIX-XXX; Reusch, Théorie der Cylinderlinsen, 1868.

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pour chaque ligne de l’étoile s'opère plus lentement, et l’aspect pâle, 1 1 effacé, des autres lignes est plus accentué et plus manifeste. — Dans i : tous, nous observons que, même à une distance angulaire, du centre de l’étoile , qui ne dépasse pas l’angle visuel minimum individuel, i compatible avec la vision d’une lettre, on ne voit pas très noires et i très exactement toutes les lignes à la fois, mais successivement l’une ( après l’autre. Dans l’œil qui a un degré anormal d’astigmatisme n cornéal, le phénomène s’observe immédiatement. Son évidence de- i mande un peu plus d’attention pour l'œil parfaitement normal. Natu- : rellement, il faut aussi une plus grande attention et une plus grande i finesse d’observation, de la part de l’œil dont l’astigmatisme ne dépasse i pas le degré normal, pour constater que l’acuité visuelle ne devient i parfaite que quand les lignes focales sont entrées, l’une et l’autre, dans ( les limites de l’A^ monoculaire. On peut donc supposer que, même i lorsqu’on lit attentivement une lettre comprise dans les limites de l'angle visuel minimum compatible avec la connaissance de sa forme, [ l’œil s’adapte successivement pour chaque point de son contour; u lorsqu’un point du contour est vu avec la plus grande exactitude, le . reste apparaît plus pâle , moins exact , sans cependant arriver à un degré de confusion tel qu’il ne rappelle même plus la forme de la lettre.

Cette déduction correspond bien à tous les phénomènes d’irradia- i tion, de déformations ou d’apparente extinction déjà remarqués par i Purkinje , puis étudiés et interprétés diversement, que l’on observe , F durant la fixation , sur les contours des lignes des objets même les { plus petits. !

Si l'on tient compte de l’obliquité de la ligne visuelle relativement i aux axes principaux de la cornée et du cristallin et aux méridiens ) principaux eux-mêmes , ainsi qu’aux variations qui , dans ces condi- ji tions, doivent se produire par effet des changements de courbe et de 1 position des surfaces de réfraction, non seulement dans le degré mais t aussi dans la direction de l’astigmatisme, on pourrait concevoir la pos- ( sibilité de variations dans la direction des méridiens principaux durant i la fixation accommodative, même sans recourir à l’hypothèse des con- i tractions astigmatiques.

.Je n’entends point m’occuper maintenant du mécanisme avec lequel, I durant la fixation, l’œil peut varier le degré et la direction de son i astigmatisme , et je me borne à l'exposition de ces faits. Ils suffisent i à démontrer qu’il n’existe pas , pour l’œil , de véritable correction I

ANNOTATION SUR LA VISION ASTIGMATIQUE, ETC

optique de l’astigmatisme. A chaque moment de la vision , nous surprenons des signes qui indiquent que l’œil se comporte toujours comme un appareil astigmatique, qui n’a de foyers exacts que dans les seuls méridiens correspondant aux lignes focales. Je veux seulement rappeler une expérience de G. Second!, laquelle se rapporte à 1 acuité visuelle des formes dont l’œil astigmatique jouit souvent dans la vision rapprochée, par ex., dans la lecture, et qui est plus grande que dans la vision éloignée.

Dans ses recherches expérimentales sur la variabilité de l’angle que forme la ligne visuelle avec l’axe principal de la cornée (angle a de Helmholtz), G. Second! a trouvé que, indépendamment de toute variation d’accommodation, le degré de l’angle a varie suivant une loi et des proportions régulières, pour chaque inclinaison du regard.

Dans l’inclinaison du regard à l’interne et en bas, l’angle « se réduit à son winifYiurïi. Dans la lecture sur la ligne médiane et en bas, lobliquité de l’axe visuel par rapport aux axes de la cornée et du cristallin se réduisant presque à son minimum, l’astigmatisme dérivant de l’obliquité de la ligne visuelle sur les surfaces de réfraction doit également être moindre. En effet, G. Second! a trouvé que l’extension do l’accommodation varie aussi avec l’inclinaison du regard, et qu’elle est à son maximum dans l’inclinaison à l’interne et en bas. Lorsque l’astigmatisme est moindre, l’extension de la partie de A com- . patible avec le maximum d’acuité visuelle des formes devient aussi plus grande (1).

Ces considérations nous ont amené à chercher expérimentalement si, en variant, dans l’image rétinique, la direction des lignes focales des faisceaux astigmatiques, de manière à les faire correspondre avec une rapide succession à chaque méridien l’im après l’autre, il pouvait en résulter l’impression complexe de la véritable forme d’un objet.

On fixe un miroir cylindrique, de préférence convexe, à un appareil apte à lui imprimer un mouvement rotatoire plus ou moins rapide autour d’un axe perpendiculaire à l’axe du cylindre. Devant le miroir ^ cylindrique on tient une figure géométrique, un carré, un cercle, un triangle de papier blanc par ex. L’objet et l’œil de l’observateur sont disposés fixement en avant du miroir, de manière que l’œil reçoive toujours l’image formée sur l’axe de rotation.

(1) G. Secondi, Giorn. clelVAcc. di medicina di Torino, 1888-89.

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Si, dans cette position, on fait tourner lentement le cylindre, on verra la figure se déformer, s'allonger, s’incliner successivement tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, sans cependant varier de position par rapport à Taxe , suivant les positions diverses que prendra l’axe du cylindre. En augmentant graduellement la vélocité de la rotation du cylindre, on perd, graduellement aussi, la possibilité de suivre les diverses déformations de la figure réfiéchie, jusqu’à ce que, à un degré donné de vélocité de rotation, il n’est plus possible de saisir aucune des différentes déformations, mais on voit une figure réfléchie absolument semblable à celle qui se trouve en face du miroir.

Si, au lieu d’une figure géométrique, on emploie une lettre, celle-ci est vue distinctement et exactement avec sa forme, quelle que soit la vélocité de rotation.

Dans cette position de l’œil et de l’objet, les diverses images astigmatiques successives de celui-ci correspondent toutes à la même région de la rétine. De cette expérience il résulte , avec évidence , que la réunion rapidement successive, sur un même point de la rétine, de i toutes les sections perpendiculaires de l’axe visuel , praticables dans l’espace interfocal d’un faisceau astigmatique, produit une impression complexe semblable à celle d’un foyer obtenu avec un système de sur- i faces régulièrement sphériques et centrées.

Si, au lieu de voir le reflet de l’objet sur l’axe de rotation du cylin- ; dre, nous le fixons latéralement, l’image subit des mouvements d’excursion autour de l’axe visuel. Les diverses sections des faisceaux astigmatiques ne tombent plus exactement sur les mêmes points de (i la rétine, et l’on voit apparaître, d’une manière très élégante, et en fi divers plans, toutes les déformations, multiplications de diverses clartés propres à l’irradiation. I

Voulant ensuite déterminer si, de la réunion sur un même plan, de |

toutes les sections perpendiculaires à l’axe des faisceaux astigmati- I

ques, il pouvait réellement résulter des images focales semblables aux images focales des systèmes sphériques et centrés , nous avons fait i l’expérience suivante:

L’extrémité d’un petit tube est fermée avec une lentille sphérique convexe. A. l’autre extrémité du tube est placée une lentille cylindrique que l’on peut faire tourner, avec la vélocité désirée, sur l’axe perpendiculaire à l’axe du cylindre. A une certaine distance en avant et sur l’axe de la lentille sphérique est placée une lumière; de l’autre côté du tube on place une plaque de verre dépoli, disposée, elle aussi.

ANNOTATION SUR LA VISION ASTIGMATIQUE, ETC

perpendiculairement à l’axe du système. La distance de la lumière, en avant du tube, et de l’écran, au delà de la lentille cylindrique, doit être telle que la plaque corresponde à une des lignes focales, — de préférence, à l’antérieure.

Cette position se détermine facilement. Si, par ex., l’axe du cylindre est disposé perpendiculairement de haut en bas, la lumière se dessine très allongée, de haut en bas, sur la plaque, mais nette dans ses contours latéraux. L’observateur placé derrière l’écran observe , par transparence , l’image de la lumière qui se forme sur la plaque. En faisant tourner lentement le cylindre, l’image de la lumière s’élargit,

^ se déforme pour apparaître de nouveau quand l’axe du cylindre prend la position primitive.

Durant la rotation très lente, la distribution de la lumière ,• dans la surface plus ou moins large ou allongée de diffusion , varie avec les divers degrés de rotation du cylindre, et il en résulte des images de diverses formes. Avec une rotation un peu plus rapide, ces differentes déformations commencent à se superposer les unes aux autres,

I et il en résulte des images un peu plus éclairées, de diverses formes, qui ressortent, par leur plus grande clarté, au milieu des autres parties moins éclairées. Parmi ces images de formes et de clarté différentes, on reconnaît assez bien quelques-unes des déformations des images ; astigmatiques décrites par Zehender (1). Avec des rotations successivement plus rapides, on voit l’image devenir graduellement circulaire, 1 ronde, avec une clarté qui va en diminuant du centre vers la péri- ^ phérie ; en même temps le centre de l’image devient toujours plus J clair jusqu’à ce que, ensuite, on arrive, avec une vélocité encore plus .grande, à voir distinctement une image de la lumière, petite, parfai- ! tement exacte et proportionnée dans sa forme , bien qu’un peu pâle, qui se détache bien , au milieu d’un très large cercle de diffusion : presque parfaitement rond.

CONCLUSION

Les analj^ses qui précèdent , il ressort que , dans la visibilité des formes, l’œil ne corrige pas optiquement son astigmatisme. 11 résulte-

ff) Zehender, Klinische Monatshl., vol. XXIII.

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rait, au contraire, que chaque méridien, en devenant successivement méridien principal, comprend non seulement la ligne focale qui lui correspond, mais aussi les foyers exacts qui lui appartiennent.

De même , chaque méridien devrait aussi recevoir successivement chaque déformation focale astigmatique que l’on peut obtenir, à chaque méridien, dans l’espace interfocal. De l’ensemble de toutes ces impressions sur la rétine, devrait résulter l’impression d’une image de l’objet, plus pâle et entourée, ou d’un large disque circulaire de diffusion, comme dans les systèmes sphériques centrés, ou bien d’irradiations de formes astigmatiques (1).

Des expériences exposées, il résulte que, en faisant succéder rapidement sur la même région de la rétine, toutes les images déformées que l’on peut obtenir d’un objet, en sections perpendiculaires à l’axe principal, dans l’espace interfocal d’un miroir cylindrique, on obtient en réalité, de l'ensemble, l’impression exacte de la forme de l’objet.

Il résulte également que, en recueillant avec une très rapide succession, sur un écran, toutes les images déformées des faisceaux astigmatiques que l’on peut obtenir avec une lentille cylindrique, on a la recomposition de toutes les images en une seule , semblable , par sa forme, à l’objet, mais beaucoup plus pâle et entourée d’une large irradiation. Cette irradiation conserve les caractères astigmatiques dans les rapidités moindres de succession et devient tout à fait circulaire, de caractère sphérique, dans les très grandes rapidités de succession.

On pourrait, ainsi, interpréter et l’analyse successive des formes des objets, méridien par méridien, et la possibilité d’avoir aussi, dans l’ensemble, une image exacte, plus pâle, de l’objet entier.

La grande rapidité avec laquelle l’œil peut varier son accommodation absolue (et plus rapidement du point P au point R) (2) et la démonstration donnée par G. Gallenga (3), que les variations de réfraction s’obtiennent avec une rapidité et une loi égales dans l’accommodation relative, sont plus que suffisantes pour permettre la fusion de toutes ces impressions rapidement successives en une seule.

(1) P. Bajardi, Dalla visione negli astigmatici {Riunione Società Oftalmologica Ilaliana. Napoli, 1888).

(2) Auhert et Angelucci, Ueher die zur Accommodation des Auges erforderlichen Zeiten {Arch. f. Ophthalm.^ 1880).

(3) G. Gallenga, Délia misura del tempo nella determinazione delV accomodamento relativo. Parma, 1889.

ANNOTATION SUR LA VISION ASTIGMATIQUE, ETC. 125

Les variations régulières de forme, d’ombres, de clair-obscur, qui se produisent dans l’image rétinique d’un objet, suivant les prospectives diverses où l’objet est vu, sont les critériums principaux d’où se prend, dans la vision, la connaissance des formes vraies des objets.

Par effet de l’astigmatisme régulier, il se produit aussi, durant la fixation et l’accommodation, des variations régulières dans la forme des images rétiniques plus petites, c’est-à-dire comprises dans les plus petits angles visuels qni mesurent l’acuité visuelle. Il y a aussi des variations régulières pour les directions et les intensités des ombres données par l’irradiation et qui entourent, en manière de clair-obscur, les contours des plus petits objets eux-mêmes.

Il est donc probable que l’astigmatisme régulier, avec ses variabilités de forme et de direction, doit être utilisé dans la vision, pour la plus parfaite connaissance des formes, spécialement des objets de très petites dimensions.

Les éthers sulfuriques

dans les urines et l’antisepsie intestinale (^)

par le D«- ALBERTO ROVIGHI libre docent de Clinique médicale propédeutique.

(résumé de l’auteur).

Une des fonctions qui exercent une plus grande influence sur le sentiment de bien-être ou de malaise de notre organisme c'est, sans contredit, celle qui concerne les processus de digestion gastrique et intestinale. Quand les substances alimentaires introduites dans le tube

(1) Rivista clinica. Année 1891.

A. ROVIQHI

digestif ne subissent pas leur élaboration normale, elles s’altèrent bien vite , se décomposent, et, après leur absorption, deviennent une source d’auto-intoxication pour l’organisme.

Or, on sait, spécialement d’après les études de Jaffé, de Baumann, (le Brieger, que les principaux produits de la putréfaction des matériaux albuminoïdes, dans l’intestin, s’éliminent avec les urines, sous forme de composés aromatiques, et les principaux d’entre eux sont les éthers sulfuriques de l’Indol, du Phénol, du p. Grésol, de la Brenzkatéchine, etc. Tout d’abord on se demanda s’ils provenaient, d’une manière absolue, de l’intestin, ou s’ils pouvaient se produire, en partie, aussi dans les tissus, puisque Salkowski, R. von den Velden et d’autres les avaient rencontrés dans les urines d’animaux tenus à jeun. Mais Wassilieff et Baumann démontrèrent que quand on désinfecte l’intestin des chiens avec de larges doses de calomel, les composés aromatiques disparaissent complètement dans les urines. En outre, on sait, d’après les recherches de Kühne et de Nencki, que l’Indol et les substances analogues dérivent de l’action des bactéries sur les albuminoïdes; c’est pourquoi, si l’on pense qu’il n’existe pas de microorganismes dans les tissus du corps sain, la genèse de composés aromatiques en dehors de l’intestin, dans les conditions normales de l’organisme, semble très improbable.

Les recherches de Brieger, de Jaffé, de Henniga, de De Vreis, et celles, plus récentes, de G. Hoppe-Seyler, ont prouvé qu’il y a augmentation d’Indol, de Phénol, et, en général, d’éthers sulfuriques dans les urines, quand la digestion intestinale est altérée, ou quand il existe des foyers putrides dans l’organisme. On peut conclure de là que la détermination quantitative des éthers sulfo-conjugués dans les urines est un critérium de grande valeur pour connaître l’état de putréfaction de l’intestin.

Partant de ce concept, il sembla à l’Auteur qu’il ne serait pas sans intérêt d’exécuter quelques recherches pour connaître quels sont les moyens les plus propres à arrêter ou à diminuer la vie des germes qui pullulent dans le tube entérique, en en déterminant l’efficacité par l’analyse des éthers sulfuriques des urines.

Malgré les importantes études faites dans ces derniers temps, nous savons bien peu de chose sur le mode d’opérer, d’une manière sûre, une désinfection du canal intestinal. Le choix des remèdes antiseptiques à employer dans ce but est difficile. Par la voie interne il convient d’employer des substances qui, sans altérer la digestion normale.

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