‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 26 sur 163 · CO. OH (GH · texte numérisé non relu

CO. OH (GH

CO. OH a. succinique

CO. OH (GIH)3

CO . OH a. glutarique

Heymans (2) a trouvé que la toxicité de ces acides diminue avec leur acidité, et n’est pas en rapport avec le poids moléculaire. Les sels de sodium sont beaucoup moins actifs que les acides libres, et, à l’exception de l’oxalate, ils n’ont aucun pouvoir toxique.

Il est très intéressant de connaître comment ces acides et leurs sels sont éliminés quand on les introduit dans l’organisme; c’est-à-dire, s’ils subissent ou non des transformations.

On sait que l’acide oxalique se trouve en petite quantité dans l’urine normale. On y trouve aussi parfois, suivant quelques auteurs, de l’acide succinique (Meissner et Shepard); mais ce fait est nié par d’autres (Salkowski). Le fait qu’on ne trouve pas cet acide dans l’urine nor-

(1) Annali di cliimica e di farmacologia, vol. XII, série VI, 1890.

(2) Heymans, Uéher die relative Giftigkeit der Oxal-Malon-Berstein und nrenzioeinsâure sowie ihrer Natriumsalze (Arch. f Physiol. Du Bois-Reymond. 1889, p. 168).

lf)0

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male, n’est pas en contradiction avec l’opinion qu’il est un des pro- | duits intermédiaires de la décomposition des albuminoïdes^ car des expériences récentes semblent avoir démontré que tout l’acide succi- ■ nique introduit dans l’organisme, y est brûlé. Du reste, on trouve de l’acide succinique dans la rate, le thymus, le corps thyroïde, dans les , liquides hydrocéphalique et hydrocélique (Forster) et dans les muscles, i comme l’ont démontré Guareschi et Mosso dans leurs recherches sur les ptomaïnes (1).

On n’a rencontré, dans l’urine, ni l’acide malonique, ni l’acide glu* I tarique. Et je ne crois pas qu’on ait cherché comment ces acides et leurs sels se comportent dans l’organisme animal. Je crois pourtant ; qu’on ne devrait pas négliger cette recherche, d’autant plus que l’on ij peut admettre comme probable la formation, dans l’organisme, de ces li deux acides comme produits intermédiaires.

On sait que l’acide urique en s’oxydant donne de Yoxalüurèe, ou ‘ acide parabanique, lequel, en s’hydratant, donne de l’acide oxalurique. n L’acide oxalurique se trouve dans l’urine comme produit de l’oxydation : de l’acide urique (Schunck, Neubauer). L’acide malonique forme, avec I l’urée, une combinaison analogue à l’oxalilurée, c’est-à-dire la malo- ! nilurée ou acide harhiturique. Parmi les produits d’oxydation de l’a- î eide urique, on trouve aussi la tartronîlurèe (acide dialurique).

On ne connaît pas de rapports de ce genre à l’acide glutarique, bien ‘ qu’il y ait une grande analogie entre quelques dérivés de cet acide ; et ceux de l’acide malonique. On trouve, en outre, l’acide amidoglu- 1 tarique, ou acide glutamînique, avec l’acide asparaginique (amido- I succinique) dans la mélasse des betteraves (2), et on peut l’obtenir des \ albuminoïdes par l’ébullition avec de l’acide sulfurique étendu (3).

Acide oxalique et oxalates.

C’est Wohler (4) qui fît les premières recherches sur la transfor- : mation de l’acide oxalique. Il donna, à un chien à jeun, 2 drachmes : d’acide oxalique en poudre avec de la viande et du pain. Après !

(1) Riv. cil chim. med. e farm., 1883.

(2) ScHEiBLER, Ber., 11, p. 296.

(3) Ritthausen, Zeits. f. Chem., IV, pp. 93 et 286; Hlasiwetz et Habermann, Ann. d. Chem. u. Pharm., t. GLXIX, p. 156.

(4) Zeitschrift f. Physiologie, vol. 1, fasc. 1 et 2, p. 125, Heidelberg.

ihuit heures, en tuant le chien, il trouva dans la vessie 3 onces d’urine qui n' était pas acide comme à l'ordinaire. En refroidissant, il obtint un précipité abondant d’une poudre blanche cristalline, qui I augmenta en la traitant avec le nitrate de calcium. Wohler jugea que ce précipité était de l’oxalate de calcium. L’urine contenait aussi une jtrès grande quantité d’albumine.

On ne doit pas croire que Wohler ait voulu démontrer que tout 1 l’acide ingéré passe dans l’urine, car ce n’est pas une analyse quantitative qu’il a faite.

On a affirmé que, suivant les expériences de Wohler, les oxalates, au contraire de l’acide oxalique libre, sont brûlés en grande partie i dans l’organisme. Dans le travail de Wohler je ne trouve aucune expérience sur les oxalates. Mais c’est lui qui a découvert que les sels de sodium et de potassium de quelques acides organiques (tartrique, citrique, malique et acétique), passent dans l’urine à l’état de carbonates.

Après ces recherches, personne ne s’occupa de cette question, jusqu’en 1856, année dans laquelle Piotrowski (1) publia des expériences sur l’acide oxalique et sur les oxalates, faites sous la direction de Buchheim. Il en résultait que l’acide oxalique et les oxalates sont brûlés en grande partie dans l’organisme humain. En 1857 Buchheim (2) publiait un travail contenant ses expériences et celles de Piotrowski. Ce travail, aujourd’hui encore, est le plus important sur cet argument.

Buchheim dit que les expériences de Wohler étaient faites à une époque où les moyens d’investigation étaient très limités et la chimie de l’organisme très peu étudiée. La méthode employée par Wohler dans la recherche de l’acide oxalique, fait naître le doute qu’une quantité considérable de phosphate de calcium, ait pu précipiter. Nulle part, dans son travail, Wohler ne dit qu’il ait rendu l’urine acide ou empêché autrement la précipitation du phosphate de calcium.

Piotrowski et Buchheim expérimentèrent sur l'homme, avec de très grandes quantités d’acide oxalique et d’oxalates.

Les Auteurs s’occupèrent d’abord de déterminer avec quelle précision on pouvait doser l’acide oxalique dans l’urine. A l’urine recueillie dans les 24 heures (gr. 987,8), neutralisée avec de l’ammoniaque, ils ajoutèrent 1 gr. d’acide oxalique cristallisé. L’urine fut évaporée à acidifiée avec de l'acide acétique, et on y ajouta une

(1) De quorumdam acid. org. in organismo umano mutationihus. Dorpat, 1856.

(2) Archiv f physiologische Heilkunde., N. F., vol. I, p. 122. Stuttgard, 1857.

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certaine quantité de chlorure de calcium. On recueillit le précipité i j sur un filtre, où on le laissa plusieurs jours, au bout desquels il fut dissous dans l’acide chlorhydrique. On filtra, on neutralisa le liquide j

avec de l’ammoniaque, et Ton acidifia de nouveau avec de l’acide i i acétique. On recueillit l’oxalate de calcium qui s’était déposé, on sécha à 120®, et oir pesa. On trouva gr. 1,087 — gr. 0,931 d’acide oxalique : cristallisé.

On employa la même méthode pour les autres expériences dont je rapporte les résultats dans le tableau suivant.

Expériences de Pîotrowski et Bncliheîni.

Forme

de la combinaison prise par la bouche

Dose calculée comme acide libre

Acide oxalique retrouvé d. l’urine

Observations

le

Expér. gr. 5,0

Pris en 5 h. à doses de 1 gr.

Pris en 6 h.

Acide oxalique libre

Id.

Pris en quelques heures.

Pris en quelques heures.

üxalate de sodium

Obtenu moyennant neutralisation de î’acide avec carbonate sodique.

Pris en quelques heures.

Oxalate de calcium

Obtenu moyennant neutralisa-

tion avec ammoniaque et l adjonction de chlorure de I calcium.

L’urine devenait en peu d'heures très trouble. Le liquide filtré contenait encore des sels de calcium, car tout le calcium ne se combinait pas avec l’acide oxalique. Piotrowski et Buchheim, en calculant la quantité de calcium combiné avec l’acide oxalique, ont trouvé que cet acide n’a aucune infiuence sur l’élimination du calcium. Pour Buchheim l’acide oxalique se combine avec le calcium seulement dans l’appareil urinaire. Quand on administre de l’oxalate de calcium on trouve, dans l’urine, une quantité moindre d’acide oxalique , parce qu’une grande partie de l’oxalate de calcium reste dans les intestins.

Les recherches de Piotrowski et Buchheim ne sont pas citées dans quelques traités modernes de chimie physiologique; et il faut noter aussi que Rabuteau, dans son traité de Toxicologie (1), affirme que, suivant Buchheim, l’acide oxalique n’est pas oxydé, j Toutefois Gmelin, dans son Hand. d. Organischen Chemîe, rapporte I avec exactitude les résultats des expériences de Piotrowski et Buchî heim, et il résume même les recherches de Piotrowski. Dans VEni ciclopedia di Chimica dirigée par Guareschi, il y a un article d’Ali bertoni, sur l’acide oxalique (2), où l’on trouve la bibliographie sur I cet argument.

Le dernier travail sur la transformation de l’acide oxalique et des I oxalates est celui du professeur Gaglio (3). Il étudie cette question au : moyen des circulations artificielles et de l’administration de l’acide î oxalique aux animaux. Cet auteur soutient que l’acide oxalique ne I trouve pas, dans l’organisme , les conditions favorables pour y être i oxydé. Pour ce qui regarde les circulations artificielles, l'auteur même » convient qu’on peut seulement en déduire, que, dans ces conditions,

I l’acide oxalique n’est pas brûlé.

La deuxième série de ces recherches, faites sur un coq, ont l’avan- ' tage de ne pas négliger la quantité de substance qui n’est pas absorbée ‘ et qui passe dans les matières fécales.

On ne peut pourtant pas croire que tout l’acide oxalique que Pio-

II trowski et Buchheim n’ont pas trouvé dans l’urine, soit resté dans î les intestins.

En présence de résultats si opposés, que ceux de Piotrowski et 1 Buchheim d’un côté, et de Gaglio de l’autre, on pourrait supposer que i l’acide oxalique se comporte différemment dans l’organisme des mami mifères et dans celui des oiseaux.

Cependant, suivant les expériences de Gaglio, on ne peut pas admettre i cette hypothèse. Il fit des recherches sur les chiens et il obtint les i mêmes résultats: en injectant sous la peau d’un chien à jeun, dont 1 l’urine ne contenait aucune trace d’acide oxalique, 1 mmgr. ou ^2

i (1) Éléments de toxicologie^ 1887. — Voir aussi Comptes-rendus de la Société de Biologie, 1873-74.

; (2) Enciclopedia di chimica (Suppl, e Comp., vol. III, p. 310). — Sull’acido os-

l salico (prof. Albertoni).

; (3) Sulla inossidabilità delV ossido di carbonio e delVacido ossalico nelV orga-

nisme animale (Annali di chim. e farm., vol. IV, p. 156, 1886).

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mmgr. d’acide oxalique ou d’oxalate de sodium, il trouva, dans l’urine recueillie dans les 24 heures suivantes et traitée par la méthode de Neubauer, les cristaux d’oxalate de calcium.

Certainement les expériences de Gaglio sur les chiens, sont beaucoup moins démonstratives que celles de Piotrowski et Buchheim, et, probablement, il n’eût pas tiré, de ses recherches, des conclusions si générales, s’il eût connu les travaux antérieurs sur l’acide oxalique; mais il ne parle ni des expériences de Wôhler, ni de celles de Piotrowski et Buchheim; il affirme même qu’il n’existe pas de recherches quantitatives sur l’acide oxalique administré aux animaux et sur celui que l’on retrouve dans les produits d’excrétion.

Si pourtant on réfléchit à ce qui est admis touchant la formation de l’acide oxalique dans l’organisme, il semble très probable qu’il s’y oxyde.

Wôhler et Frerichs (1) démontrèrent que l’acide urique, dans l’organisme, se décompose en urée, en acide oxalique et en allantoïne. Neubauer (2), en administrant de l’acide urique à des lapins, ne trouva, dans l’urine, ni acide oxalique, ni allantoïne; il ne nie pas pourtant qu’il puisse se former de l’acide oxalique qui s’oxyderait ensuite en acide carbonique. Zabelin (3) obtint les mêmes résultats sur des chiens. Furbringer (4) trouva une petite augmentation d’acide oxalique, trois fois sur huit, dans l’urine d’un homme qui avait pris de l’acide urique. Salkowski (5) trouva de l’allantoïne dans l’urine d’un chien auquel il avait administré de l’acide urique. Du reste on peut aussi rencontrer de l’allantoïne, en petite quantité, dans l’urine normale des chiens.

Quant à l’allantoïne, on sait que Wôhler et Frerichs n’en trouvèrent pas dans l’urine d’un homme qui en avait pris 4 gr. Ils en conclurent qu’elle se décompose dans l’organisme en d’autres substances qu’on ne connaît pas encore.

Il semble que l’acide oxalique doive s’oxyder dans l'organisme, comme l’allantoïne. En effet, la quantité de cet acide, que l’on trouve dans l’urine après avoir ingéré de l’acide urique, est trop petite, relative-

(1) Ueber die Yerànderungen welche namentlich organische Stoffe hei ihrem Uebergang in den Harn erleiden {Ann. der Chem. u. Pharm.., XLV, p. 335, 1848).

(2) Ann. Chem. Pharm., XGIV, 206.

(3) Ann. Chem. Pharm., Supp. Td. II, p. 326 (1862-63).

(4) Zur Oxalsâure Ausscheidung aus dem Harn. {Acad. Hbil. Schrift., 1876).

(5) Salkowski, Ber. deutsch. chem. Ges., vol. IX, p. 719.

ment à l’urée, pour représenter tout l’acide oxalique provenant de 'l’oxydation de l’acide urique.

' Quand l’acide oxalique apparaît dans l’urine, après ingestion de véjgétaux, il semble qu’on doive attribuer sa présence à un processus I d’oxydation qui n’est pas arrivé à ses derniers termes (Gorup-Besainez) (1). Une augmentation de l’acide oxalique éliminé s’explique aisé- |ment par l’incomplète oxydation de cet acide qui s’est formé dans ‘ l’organisme.

Mes expériences.

j J’ai fait les expériences sur moi-même, en déterminant séparément 'l’acide oxalique éliminé par l'urine et par les selles. Pendant l’expé- ^rience je suivais un régime constant (pain, viande, œufs). Je prenais '.l’acide oxalique ou l’oxalate dilué avec de l’eau distillée. Pour être i certain de l’exactitude des méthodes, j’ai .fait des recherches préliminaires.

' A. Rechey^che de Vacide oxalique dans Vurine. — J’ai recueilli l’uirine des 24 heures (cc. 1250). A 250 cc. de cette urine j’ai ajouté ICC. 10 d’une solution titrée d’acide oxalique correspondant à gr. 0,106 d’acide oxalique cristallisé. J’ai traité cette urine, pour la détermination de l’acide oxalique, suivant la méthode de Neubauer légèrement I modifiée. J’ai saturé avec de l’ammoniaque. J’ai ajouté du chlorure Ide calcium et ensuite de l’acide acétique pour dissoudre les sulfates tet les phosphates.

Après 24 heures je recueillis le précipité qui s’était formé, je le ! lavai avec de l’eau distillée, puis je le fis dissoudre avec de l’acide ; chlorhydrique pour séparer l’oxalate de calcium de l’acide urique inj soluble. Je filtrai, j’ajoutai à chaud de l’ammoniaque et j’acidifiai léîgèrement avec de l’acide acétique. Le précipité fut recueilli, après j 12 heures, sur le filtre sans cendres, lavé avec de l’eau distillée et séché à 100“ ; puis il fut transformé en oxyde de calcium dans le î creuset de platine. J’obtins ainsi GaO = 0,0467 = gr. 0,105 d’acide oxa- • lique cristallisé.

Pour déterminer la quantité d’acide oxalique contenu normalement I dans mon urine, j’en traitai 500 cc. suivant la méthode de Neubauer. ' J obtins GaO =: 0,003 = gr. 0,0067 d’acide urique cristallisé, .c’est-à-dire

(1) Gorup-Besanez, Traité de cliim. physiologique.

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que Turine des 24 heures (cc. 1250) contenait 0,01625 d’acide oxalique cristallisé.

Les 250 cc. de la même urine, à laquelle on ajouta gr. 0406 d’acide urique cristallisé, en contenaient déjà gr. 0,0033. J’ai donc eu une perte de gr. 0,0043.

Une seconde détermination de l’acide oxalique contenu normalement dans l’urine donna, pour 500 cc., GaO = 0,0032, c’est-à-dire, pour l’urine des 24 heures (cc. 1400), gr. 0,02 d’acide oxalique cristallisé.

B. Recherche de V acide oxalique dans les matières fécales. — Aux selles de 24 heures diluées avec de l’eau distillée, on ajouta cc. 7 d’une solution titrée d’acide oxalique contenant gr. 0,0742 d’acide oxalique cristallisé. On chauffa au bain-marie, et on ajouta une grande quantité d’acide chlorhydrique.

Après deux heures on laissa refroidir; on filtra au moyen de la pompe de Bunsen, on jeta sur le filtre la partie qui n’était pas soluble, tit on lava avec de l’eau distillée et de l’acide chlorhydrique, jusqu’à ce que le liquide filtré donnât un précipité complètement soluble dans l’acide acétique.

On évapora alors le liquide filtré jusqu’à 500 cc., puis on décolora avec du charbon animal. Le liquide se décolore très bien quand il est acide, mais en ajoutant de l'ammoniaque il s’embrunit.

On ajouta alors de l’ammoniaque jusqu’à réaction alcaline, puis du chlorure de calcium. On recueillit sur un filtre le précipité qui s'était déposé pendant 24 heures, et on lava avec de l’eau distillée; on le traita avec de l’acide chlorhydrique, et, au liquide filtré, on ajouta de nouveau, à chaud, de l’ammoniaque jusqu’à réaction alcaline, et ensuite on acidifia avec de l’acide acétique. Au bout de 12 heures je recueillis le précipité sur un filtre sans cendres, je le séchai à 100® et je calcinai dans un creuset de platine. Une grande quantité de phosphate de fer précipite ainsi avec l’oxalate de calcium, c’est pourquoi il est nécessaire de traiter de nouveau avec de l’acide chlorhydrique (en faisant attention de ne pas en employer en excès), de diluer avec de l’eau distillée, et d’ajouter de l’acétate de sodium, pour précipiter tout le phosphate de fer. On filtre alors et l’on alcalinise avec de l’ammoniaque jusqu’à réaction alcaline; on ajoute enfin de l’acide oxalique en solution. L’oxalate de calcium se déposa ainsi : après 12 heures il fut recueilli sur le filtre sans cendres, calciné et pesé. J’obtins CaO = 0,0302 = gr. 0,06795 d’acide oxalique cristallisé. Il y avait donc une perte de gr. 0,0063.

Je m’assurai, par une autre expérience faite avec la même méthode, que les matières fécales ne contenaient pas, normalement, d’acide (oxalique.

Expérience. — Depuis 7 du matin jusqu’à 10 ’/2 du soir je prends 100 cc. de la solution titrée d’acide oxalique, par doses de 10-20 cc. Je prends ainsi gr. 1,06 i d’acide oxalique.

Cette fois, je n’éprouvai aucun trouble; j’eus seulement une légère migraine et un peu de faiblesse, notamment aux jambes.

Urine. — L'urine des 24 heures suivantes (cc. 1450) était faiblement acide, elle j se troublait peu de temps après l’émission. Elle fut traitée par la méthode décrite.

J’obtins GaO = gr. 0,0677 = gr. 0,1523 d’acide oxalique cristallisé. En ôtant 1 l’acide oxalique contenu normalement dans mon urine, c’est-à-dire, gr. 0,018 ; (moyenne de deux expériences), on trouve que l’acide oxalique passé dans l’urine ( s’élève à gr. 0,1343.

Je recueillis aussi l’urine du jour suivant, et j’obtins GaO = gr. 0,0067 = gr. 0,015 d’acide oxalique cristallisé, quantité qui est de très peu au-dessous de la f normale.

Matières fécales. — Les matières fécales des 48 heures qui suivirent l’ingestion > de l’acide oxalique, donnèrent GaO ~ gr. 0,0539 = gr. 0,1212 d’acide oxalique.

; L’acide oxalique absorbé fut donc de gr. 0,9388 dont il passa, dans l’urine, seule- » ment gr. 0,1343, c’est-à-dire, 14,30 o/g.

J’ai fait encore deux expériences en ingérant de l’acide oxalique et de l’oxalate I de sodium.

' On doit conclure de ces expériences : que V acide oxalique et Voxa- \ laie de sodium administres à V homme par la voie gastrique, ne [passent qu'en petite quantité dans Vurine.

i On pourrait penser que l’acide oxalique qui disparaît n’était pas oxydé, et qu’il se transformait en acide oxalurique pour être éliminé sous cette forme. Afin d’écarter ce doute, à l’urine recueillie pendant I les 24 heures qui suivirent l’ingestion de l’acide oxalique, et dans la- I quelle on avait déjà déterminé cet acide, j’ajoutai une grande quantité d’ammoniaque et du chlorure de calcium; après quoi je fis bouillir pendant une heure. On sait qu’en présence des alcalis ou des acides et à une température élevée l’acide oxalurique se transforme en acide oxalique, qui, avec du chlorure de calcium, donne de l’oxalate de calcium (Salkowski et Leube). Après quelque temps je recueillis le précipité, qui était entièrement soluble dans l’acide acétique. Donc, dans l’urine il n’y avait pas d’acide oxalurique.

Mes expériences sur la transformation de l’acide oxalique, concor-

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dent avec celles de Piotrowski et Buchheim; mais, pour* l’oxalate de calcium, j’ai trouvé qu’il est brûlé en plus grande quantité que l’acide oxalique libre.

Ce dernier résultat confirmerait l’opinion de Wôhler sur la grande oxydabilité des sels des acides végétaux. Ce fait est peut-être dû au pouvoir de diffusion, qui serait plus grand pour l’acide libre que pour les sels. A l’appui de cette manière de voir il y a le fait que l’acide est plus toxique que les sels de sodium et de potassium (Heymans), fait que l’on pourrait difficilement expliquer autrement. L’acide oxalique, parvenu avec une grande rapidité dans le sang, pourrait échapper, en partie, au processus d’oxydation, et pour ce motif apparaîtrait dans l’urine en plus grande quantité.

Une dernière question, c’est de savoir quels sont les produits de l’oxydation de l’acide oxalique. Les oxalates doivent passer dans l’urine à l’état de carbonates ; l’acidité de l’urine devrait donc diminuer. Ce fait avait été déjà noté par Wohler; et j’ai pu constater dans toutes mes expériences que l’urine était très peu acide.

Je fis des recherches pour déterminer la diminution de l’acidité de l’urine après ingestion d’acide oxalique. Cette acidité était reportée à l’acide oxalique, et déterminée avec une solution titrée de soude. J’employai une solution de soude dont cc. 5,3 correspondaient à 5 cc. de la solution d’acide oxalique, qui, pour chaque cc., contenait gr. 0,006285 d’acide oxalique cristallisé.

A une quantité déterminée d’urine diluée avec un volume égal d’eau distillée, j’ajoutais quelques gouttes de phénolftaléine, et je laissais tomber à gouttes, d’une burette graduée, la solution de soude, jusqu’à ce que le liquide prît une coloration violette bien marquée.

I* Expérience. — Je recueille furine, de 7 à 9 h. du matin (à jeun). 50 cc. de cette urine sont saturés par 14 cc. de la solution de soude (moyenne de deux expériences). Donc l’urine des 24 heures (cc. 1500) a une acidité moyenne égale à gr. 2,4 d’acide oxalique.

A 9 heures du matin (toujours à jeun) je prends gr. 0,3 d’acide oxalique dans. 100 cc. d’eau distillée. De l’urine recueillie à 11 h. 30, 50 cc. sont saturés par cc. 6,6 de solution de soude. L’acidité de l’urine des 24 heures calculée en acide oxalique est donc égale à gr. 1,1.

II® Expérience. — A 8 h. ,20 du matin (à jeun) je recueille de l’urine , dont .50 cc. sont saturés par cc. 11,5 de la solution de soude. Donc l’acidité de l’urine des 24 heures est égale à gr. 2 d’acide oxalique.

Je prends ensuite gr. 0,3 d’acide oxalique dans 100 cc. d’eau distillée. 50 cc. de ’ l’urine recueillie à 10 heures du matin sont saturés par 7,3 cc. de la solution de < soude; c’est-à-dire que pour 1500 cc. d’urine l’acidité est égale à gr. 1,2.

50 cc. d’urine recueillie à 11 h. ,30 furent neutralisés par cc. 11,3 de la soluition de soude; c’est-à-dire que l’acidité de l’urine après 3 heures était revenue à i la normale.

On peut conclure de ces recherches :

1° Que l’acide oxalique est, en très grande partie, oxydé dans l’organisme.

2° Que l’oxalate de soude s’oxyde en plus grande proportion que ; l’acide libre.

3° Que, après l’ingestion d’acide oxalique, l’acidité de l’urine diminue notablement, à cause de la présence des carbonates alcalins ; provenant de l’oxydation de l’acide oxalique.

ReGherches sur la perméaMlité de la peau

Note de MARGHERITA TRAUBE MENGARINI.

(Institut d’Hygiène de l’IIniversité de Rome}.

Les recherches qui ont été faites jusqu’à présent sur la perméabilité de la peau, sont parties de trois points de vue différents.

Dans les premières recherches on fit usage de peau morte, et la perméabilité fut considérée seulement au point de vue physique. Une .seconde série de recherches fut instituée dans le but de s’assurer, au moyen du microscope, si, en faisant des frictions sur la peau, avec des pommades contenant du mercure ou d’autres substances, celles-ci passaient à travers la peau. Enfin, au moyen de bains ou de pulvé-

(1) Rendiconti délia R. Accad. dei Lincei, 1890, vol. VII, fasc. 5.

M. TRAUBE MENGARINI

risations rie différents liquides ou de corps en solution, d’autres expérimentateurs cherchèrent à s’assurer du passage de ces corps, soit en analysant les urines, soit au moyen du microscope.

Moyennant des frictions faites avec de la pommade mercurielle, on put constater le passage du mercure dans les follicules. Son passage à travers le tissu, quand la couche cornée de la peau restait intacte, demeura cependant douteux.

Les résultats obtenus au moyen des bains et des pulvérisations de liquides ou de solutions sont beaucoup plus incertains. Ici nous avons deux écoles opposées: les uns affirment avoir retrouvé l’iode, l’acide salicylique, le carmin d’indigo, etc., dans les urines de personnes soumises à des bains ou à des pulvérisations faites avec ces corps; les autres soutiennent que si ces corps se retrouvent dans l’organisme, ils n’ont pas traversé la peau, mais qu’ils ont pénétré par d’autres voies.

Les expériences que je vais décrire, en même temps qu’elles confirment que certains corps ne traversent que les couches cornées, et, parfois, seulement, les cellules superficielles de la couche granuleuse, démontrent, en outre, que l’iode passe, et indiquent la voie qu’il prend à travers la peau.

Je ne trouvai pas convenable l’usage des frictions sur la peau, ni celui des bains; les premières, à cause de la force mécanique avec laquelle elles sont exécutées, peuvent faire pénétrer des corps par l’effet de la pression exercée à la superficie, ou encore par l’état spécial où se trouve la peau soumise aux frictions.

Les bains, même de substance parfaitement indifférente, produisent un ramollissement de la peau qui, certainement, met la couche cornée dans des conditions spéciales.

Pour éviter ces causes d’incertitude, j’appliquai les substances avec un petit pinceau souple, ce qui rendait facile l’usage de liquides à une température à peu près égale à celle du corps, pour éviter les excitations nerveuses que subit la peau chaque fois qu’elle est mise en contact avec des substances plus froides ou plus chaudes qu’elle.

Avec cette méthode, cependant, les liquides ne peuvent agir d’une manière identique sur tous les points de la peau; ils s’arrêtent dans les sillons plus que dans les parties proéminentes.

J’expérimentai avec les trois substances suivantes : Une solution de carmin boracique, préparée selon la formule de la station zoologique de Naples, mais diluée avec de l’alcool et acidulée avec quelques gouttes d’acide acétique;

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