‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 25 sur 163 · L. SABBATANI · texte numérisé non relu

L. SABBATANI

verdâtre, d’autant plus vite qu’ils ont plus de vitalité. Ainsi, tandis qu’en faisant une injection hypodermique de ditiocarbonate à des souris, on voit les muscles et la peau verdir localement au bout de quelques minutes, si on enlève un muscle à un animal vivant et qu’on le place de suite dans la solution, on le voit verdir très lentement. Enfin, si le muscle a été pris sur un animal mort depuis longtemps, la coloration verte peut même manquer. Il y a donc un rapport étroit entre la vitalité des tissus et la formation d’acide sulfhydrique.

J’ai pu donner une démonstration directe de la décomposition du ditiocarbonate de sodium dans l’organisme animal.

On fit la trachéotomie à un lapin de 426 gr. et on le laissa respirer de manière que l’air expiré, en passant par des valvules à eau , gargouillât dans une solution de chlorure de palladium ; 15 minutes après l’injection intraveineuse de gr. 0,01 de ditiocarbonate de sodium, la solution devenait noire.

Action generale.

Chez les rats , des doses de gr. 0,05 , par voie hypodermique , ne produisent ancun phénomène, ni général, ni local. Si on injecte, sous la peau, gr. 0,10 en cc. 1 d’eau, au bout d’une heure on voit que la peau qui entoure le point d’injection, a pris une couleur verte; les poils et l’épiderme se détachent comme dans les cadavres putréfiés; les muscles sous-jacents sont verts, flasques, inexcitables; en même temps on s’aperçoit que l’animal est moins vif. Le lendemain, pourtant, le rat a repris sa vivacité, et, au point de l’injection, on trouve une escarre, qui tombe au bout de peu de jours, et l’animal guérit.

En injectant, sous la peau, gr. 0,20 de ditiocarbonate de sodium en 2 cc. d’eau, ou voit que, au bout de quatre minutes, le rat reste étendu sans mouvements et les réflexes sont très faibles ; la respiration est lente et superficielle, le cœur bat avec lenteur. Peu à peu les réflexes disparaissent et la respiration s’arrête. Enfin le cœur aussi cesse de battre et l’animal meurt.

Si, quand la respiration est près de s’arrêter, on pratique la respiration artificielle, le cœur continue à battre, et parfois on réussit, par ce moyen, à sauver l’animal.

Quand la respiration s'est arrêtée, les nerfs moteurs et les muscles sont encore capables d’être excités. Cela démontre que le ditiocarbonate de sodium agit principalement sur les centres nerveux en les paralysant.

recherches pharmacologiques sur le DITIOGARBONATE DE SODIUM 147

En plaçant des vers de terre dans des solutions à Va — 4 on note aussi des phénomènes de paralysie ; mais ils sont précédés d’un état d’excitation, qui est d’autant plus long que la solution est plus diluée.

Chez les lapins, on a les mêmes symptômes que chez les rats ; on a pourtant, au début, une courte période d’excitation.

Il faut remarquer que chez des lapins de 400 gr., en injectant tout d’un coup, dans les veines, gr. 0,01 de ditiocarbonate , la respiration s’arrête et la mort s’ensuit si on ne recourt pas à la respiration artificielle, qui, elle-même, devient inutile si la dose arrive à gr. 0,05. Si, au contraire, on fait l’injection peu à peu, on peut en injecter des quantités beaucoup plus grandes.

Action sur le cœur et sur la circulation.

D’après les recherches manométriques, on voit que quand le ditiocarbonate de sodium pénètre dans le sang (gr. 0,02 — 0,04 chez un lapin de 400 gr.) le cœur s’arrête de suite pendant quelques secondes, et la pression descend rapidement à zéro. Ensuite il recommence à battre avec lenteur, en accélérant peu à peu.

Si on maintient en vie l’animal , au moyen de la respiration artificielle, au bout de 10 minutes le cœur reprend sa fréquence normale et la pression retourne à son niveau primitif. Si on atropinise au préalable l'animal, on a un ralentissement très considérable du cœur, qui, pourtant, ne s’arrête plus, et la pression baisse de très peu.

On peut donc en conclure que le ditiocarbonate de sodium excite les appareils modérateurs du cœur, et, en même temps, paralyse le muscle cardiaque; celui-ci, en effet, reste inexcitable quand on tue l’animal avec une dose un peu élevée.

Le ditiocarhonale de potassium se comporte comme celui de sodium ; seulement il est un peu moins actif.

Ce fait peut dépendre de ce que le sel potassique est décomposé plus lentement par l’acide carbonique; il peut dépendre aussi du poids atomique qui est plus grand pour le potassium que pour le sodium ; de manière qu’on obtient moins d’acide sulfhydrique du sel de potassium que de celui de sodium.

Pour étudier le ditiocarbonate de phényle je le fis dissoudre dans l’huile et j’émulsionnai celui-ci avec une infusion de pancréas de veau. Avec gr. 0,02 de ditiocarbonate de phényle , par injection intraveineuse , on produit la mort avec des convulsions asphyxiques. En ou-

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vrant rapidement la poitrine, on trouve les poumons d’un blanc de cire; la moitié droite du cœur est flasque et inexcitable, pendant que la moitié gauche se contracte rythmiquement , comme dans un cœur normal.

Je crois que ce fait peut être dû à ce que la substance injectée par la jugulaire a agi dans le cœur droit , et ensuite , arrivée aux poumons, s’y est arrêtée, par embolisme; ainsi elle n’a pu arriver dans le cœur gauche.

On voit donc que le ditiocarbonate de phényle agit sur le cœur comme le ditiocarbonate de sodium.

Il est naturel de se demander si les phénomènes qu’on observe sont dus au ditiocarbonate de sodium ou plutôt à l’acide sulfhydrique qui se forme. Il est difficile de pouvoir donner une réponse sûre ; mais en confrontant les symptômes de l’empoisonnement par le ditiocarbonate de sodium avec ceux de l’empoisonnement par l’acide sulfhydrique (1) on trouve une telle ressemblance, qu’on est poussé à croire que l’action de ce corps est due à l’acide sulfhydrique.

Action antiseptique.

De nombreuses expériences avec des microorganismes pyogènes, j’ai pu constater que le ditiocarbonate à 1 °/o peut en empêcher le développement, mais qu’il n’est pas capable de les tuer.

(1) J. PoHL, Arch. f exp. Path. und Pharmakol.., vol. XXII, p. 1.

Sur les transformations de quelques acides de la série oxalique dans l’organisme humain

par le PIO MARFORI.

(Laboratoire de Chimie Pharmacol. et de Toxicol. de TUniversité de Turin).

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