I RECHERCHES SUR LA PERMÉABILITÉ DE LA PEAÜ
(l’iode qu’elle contient; c’est pourquoi, je dus faire usage d’un microtome à congélation pour avoir des sections à frais.
La peau du chien offre trop peu de résistance au couteau pour lobtenir des sections avec la rapidité nécessaire. C’est pourquoi je fis iL'ncore usage du mamelon qui permet d’avoir des sections très nettes let dans le plus court espace de temps. Il présente de plus un véritable développement papillaire très adapté pour l’étude de la circulation lymphatique dans la peau. En outre, sur le mamelon, la couche cornée i'st plus développée que sur le reste de la peau, et laisse mieux voir •les différentes couches dont elle est composée.
Je fis trois expériences pour voir le passage de l’iode à travers la peau de chien. Les badigeonnages se faisaient une fois chaque 24 heures let pendant 10 jours consécutifs. Dans le doute que le passage de l’iode à travers la peau fût très fugace, j’eus soin, dans la troisième expéirieiice, de faire un badigeonnage une demi-heure avant de tuer l’animal.
Avec ces expériences j’ai pu vérifier les faits suivants:
La couche cornée superficielle ainsi que le stratum lucidum se ■colorent fortement en jaune orangé. La couche granuleuse se colore de la même teinte, mais plus faiblement. Dans l’épithélium sous-jacent ije vis une coloration jaune paille, légère et diffuse, seulement à la ibase des espaces interpapillaires. Les anses lymphatiques qui débou- :dient dans les papilles sont admirablement injectées. Il en est de même te autres vaisseaux lymphatiques du chorion. Tous avaient une couileur jaune paille très marquée et donnaient une idée si claire de la rcirculation lymphatique de la peau que, si la coloration n’était pas si ifugace, cette méthode serait préférable à toute injection sous-cutanée, (pour démontrer le système lymphatique de la peau.
Les corpuscules rouges du sang prennent la couleur rouge vin ca- ■ractéristique de leur réaction avec l’iode. Les conduits galactophores ■ prennent une faible couleur jaune paille.
On pourrait supposer que tout l’iode qui pénètre dans la peau passe jpar ces conduits. Cependant cela n’est pas admissible, d’abord parce que si ces derniers étaient spécialement aptes à faire pénétrer des liquides sous la peau, dans les expériences que j’ai faites avec le carmin jct avec le ferrocyanure de potassium, j’aurais certainement dû trouver ides traces de carmin, et plus encore de bleu de Prusse, lequel pénètre dans les follicules, où je le trouvai toujours abondamment. Il serait
164 M. TRAUBE MENGARINI — RECHERCHES SUR LA PERMEABILITE, ETC.
donc plus qu’invraisemblable que l’iode passât par les canaux galactophores dans les anses lymphatiques, à la périphérie de la peau.
L’iode se retrouve également dans les follicules où il colore la gaine interne d’une couleur orange foncé tendant plus au rouge que celle de la couche cornée. Les poils eux-mêmes sont quelquefois incolores dans le follicule, d’autres fois ils y ont la même couleur que sur la peau. Tous les poils hors du follicule se colorent indifféremment en orange foncé; les poils coupés se maintiennent pendant des mois à l'air sans perdre l’iode, et pour les en débarrasser on doit les traiter par l’alcool bouillant. En les chauffant avec précaution on peut obtenir la décoloration de la partie corticale du poil, tandis que la moelle reste colorée avec intensité.
On ne peut exclure que, par les follicules, l’iode passe dans les glandes qui y débouchent, bien que, jusqu’à présent, je n’aie pas trouvé] d’indices de ce fait.
Les différents expérimentateurs qui étudièrent la peau, la considé-l rèrent, ou comme perméable, ou comme imperméable, suivant les résultats de leurs recherches. Je crois que le problème doit être posé] autrement.
Les couches cornées, c’est-à-dire la partie protectrice de la peau,! sont perméables. Une solution pénètre avec une certaine facilité jusqu'à la couche granuleuse, parfois encore dans les cellules superficielles de la couche granuleuse. Quand les couches cornées sont imprégnées] d’une substance, elles lui ferment le passage, et les bains et les badigeonnages successifs sont inutiles. Mais il n’en est pas ainsi pour les] corps qui, comme l’iode, « attaquent la peau », c’est-à-dire qui forment des composés chimiques avec elle ou avec des substances qu’elle con-| tient. L’iode forme des combinaisons chimiques, malheureusement peu étudiées, avec des substances contenues dans la peau, comme la graisse et le sang; je ne crois pas improbable qu’il en forme une avec lal kératine. Et l’on ne peut pas dire que ce soit la graisse seule, laquelle] a cependant tant d’importance dans la peau , qui y retienne l’iode. Après avoir dégraissé des poils et les avoir exposés pendant longtemps] aux vapeurs d’éther bouillant, dans l’appareil Sohxlett, je trouvai] qu’ils se coloraient ensuite avec l’iode comme les poils non dégraissés] et que, comme ceux-ci, ils conservaient la teinte caractéristique.
Sur là reproduction de là muqueuse de Tutérus
Étude expérimentale du L. M. BOSSI Privat-docent d’Obstétrique et de Gynécologie à l’Université de Gênes.
(Institut de Pathologie générale de TUniv, de Gênes).
(Avec une planche)
Les recherches dont nous allons parler font partie d’une étude sur la reproduction totale de la muqueuse utérine et sur le mode révolution du processus réparateur, après sa destruction par le raclage et par les caustiques.
Après avoir ouvert l’abdomen, chez des chiennes, et après avoir pratiqué une incision linéaire sur la ligne médiane longitudinale de ila paroi antérieure du corps de l’utérus, depuis le fond de cet organe ausqu’au commencement du col, et à toute substance, avec un bistouri convexe bien aiguisé, je raclais fortement sur sa paroi interne en suivant une direction longitudinale du col à l’extrémité opposée et je continuais ce raclage jusqu’à ce qu’une résistance spéciale et le grincement du tranchant m’annonçassent que j’arrivais sur la partie musculaire. Alors, après la désinfection de la cavité par le sublimé corrosif, je faisais la suture des lèvres de la plaie utérine et ensuite des parois abdominales. J’ai opéré de cette façon sur 20 chiennes, qui furent tuées après 2-4-5-1-8-9-12-13-14-15-20-23-27-28-31-38-40-53-71 et 90 jours.
Sur 10 chiennes, je fis le raclage avec la cuillère de Volkmann; tet sur 5 de ces animaux j’introduisis, dans la cavité de l’utérus, des bâtonnets de Pâte de Ganquoin, préparés d’après les indications de 'Polaillon. Pour être plus sur d’une exacte application, j’ouvrais la
(1) Typ. Sordo-Muti. Gênes.