L. M. BOSSI
cavité abdominale et la matrice près du fond, et j’introduisais dans I chacune des cornes de cet organe un bâtonnet du diamètre de deux millim. et de la longueur de 2-2 V2 centim. Je désinfectais avec du 1 coton hydrophile imprégné de sublimé et exprimé, puis je cousais la i plaie utérine et les parois abdominales. De ces chiennes, j’en ai tué une 36 heures après l’application des bâtonnets de Pâte de Ganquoin, une autre après 15 jours, deux autres après 25-53 jours et la dernière 1 après 4 mois et 10 jours.
En somme, les chiennes sur lesquelles mes expériences ont donné un résultat satisfaisant pour mes études furent au nombre de 35; j’exclus celles chez lesquelles l’expérimentation, à cause de diverses 1 circonstances, a échoué. ,
Voici le mode de conservation des pièces; immédiatement après l’occision de l’animal, on enlevait l’utérus, et, l’ayant ouvert sur la ligne médiane longitudinale antérieure, on l’étendait avec soin sur une lame de liège; dans les cas où l’on avait opéré le raclage total de la muqueuse, on coupait transversalement, avec un rasoir, l’utérus et le liège vers la moitié de la longueur de la solution de continuité, en se réglant pour cela sur les limites de l’incision linéaire pratiquée sur la matrice. Ayant divisé ainsi cet organe en deux parties et écarté sa face extérieure de la lame de liège, on plongeait une de ces parties dans le liquide de Flemming modifié par Podwyssozki, et l’autre dans de l'alcool à 70° pour un bain de la durée de 12 heures, puis dans de l’alcool à 90®. Les préparations traitées par l’alcool, et durcies furent colorées avec du carmin à l’alun et ensuite enveloppées de paraffine, d’après la méthode ordinaire. Les préparations traitées par le liquide de Flemming ont aussi été recouvertes de paraffine et les sections avaient été colorées avec de la safranine. La plupart des sections ont été faites dans le sens longitudinal afin d’avoir sûrement à une extrémité une petite portion de muqueuse que le bistouri a laissée intacte.
I. Processus de reproduction après le raclage de la muqueuse utérine. — Le premier fait qu’on observe après l’ablation complète de la muqueuse utérine, au moyen du raclage, c’est l’hémorrhagie. Le sang qui s’amasse dans la cavité du corps de la matrice et dans ses cornes et qui se mélange avec des résidus de muqueuse nécrosés, peut subir, sinon une véritable putréfaction, du moips un phénomène de fermentation semblable; et, en effet, il m’est arrivé plusieurs fois,
SUR LA REPRODUCTION DE LA MUQUEUSE DE l’UTÊRUS
imême 12*20 jours après l’opération, de trouver dans la cavité de l’uitérus et de ses cornes, une bouillie épaisse verdâtre qui ne répandait {cependant pas une odeur de putréfaction. Dans ces cas, on constatait ique le processus de reproduction était bien en retard relativement à I d’autres cas de destruction de la muqueuse de l’utérus, même plus • récente, où il n’y avait pas de sang altéré dans la cavité de cet organe.
Si le sang amassé dans la cavité utérine est en petite quantité, il 4 se fait une résorption de la partie liquide et les globules rouges sont ^pris par les leucocytes, qui, non seulement s’infiltrent dans la paroi I utérine, mais se portent même dans le coagulum sanguin. Les peitits lambeaux de tissu connectif nécrosé qui renferment des résidas Ide glandes, sont détachés par la forte infiltration de leucocytes et ‘éliminés. Cependant l’observation directe sur les sections de quelques (pièces à stade relativement récent, et quand le processus régénéra- Iteur a déjà commencé, a démontré que quelquefois des résidus de j muqueuse restent au fond de la solution de continuité; les culs-de-sac (glandulaires qu’ils renferment présentent (au 5®-8® jour) un épithélium qui n’est pas nécrosé mais bien en voie de prolifération plus ou moins É active, et qui est formé de cellules cubiques non vibratiles. Ces restes (glandulaires, à épithélium modifié et en prolifération, font un peu {saillie sur le plan de la solution de continuité et présentent, déjà au î 8e jour, une légère formation de cellules épithéliales pavimenteuses,
Equi tapissent une petite partie de la surface de la solution de continuité. Mais cela arrive rarement, et, le plus souvent, à une très petite distance des bords de la solution de continuité, reste à nu le tissu I musculaire lisse de la paroi utérine, qui souvent subit lui-même, dans ï ses couches superficielles, une perte de substance.
Ce qui arrive après ce phénomène de destruction, c’est une néo- I formation simultanée de tissu connectif et épithélium. Pour l’étude i de cette première phase du processus régénérateur, les sections lon- ] gitudinales sont à préférer, parce qu’on a certainement, vers le fond J de l’utérus, ou bien vers le col, une portion de muqueuse normale,
J de laquelle on peut passer sur la solution de continuité.
I Quand on examine des sections longitudinales pratiquées deux jours
1a près la destruction d’une partie de la muqueuse utérine par le raclage au moyen du bistouri, on observe que les bords de la solution de ^ continuité ne sont jamais taillés à pic, mais qu’ils offrent un plan incliné plus ou moins étendu, formé par le tissu connectif préexistant,
I infiltré de leucocytes, et renfermant, en plus ou moins grande quan-