L. M. BOSSI
Quant à l’origine de cet épithélium de néoformation, qui constituera i l’épithélium de revêtement de la nouvelle muqueuse utérine, s’il est certain qu’ici, comme dans la reproduction de la muqueuse gastrique, elle dérive surtout de l’épithélium glandulaire prolifère des tuhuli des i bords plus ou moins atteints par le bistouri, je ne puis pas cependant ! exclure que l’épithélium de revêtement de la muqueuse préexistante i n’y contribue pour une légère part, ayant observé, à une période peu : avancée, près des bords de la solution de continuité, quelques cellules i de l’épithélium interglandulaire en mitose. Mais on peut facilement i comprendre que je ne veuille pas attacher une grande importance à ce , fait, reconnaissant les difficultés qui se présentent pour une constatation i précise; et, selon moi, on ne devrait pas non plus donner beaucoup de valeur au fait que l’épithélium de revêtement n’a pas, comme celui « de la muqueuse gastrique, les caractères d’un vieil épithélium mu- | queux: car, d’une part, cet épithélium est assez sujet à subir, sous 1 l’influence d’irritations relativement légères, les dégénérescences mu- : queuse et adipeuse, et, d’autre part, dans les glandes de la muqueuse I utérine normale, on observe, non seulement dans les parties profondes, j mais aussi dans les parties relativement hautes, bon nombre de cel- i Iules en mitose, qui démontrent qu’il se fait un actif renouvellement ( de l’épithélium glandulaire, et qu’il est probable que ces cellules glan- i dulaires prolifères contribuent aussi à remplacer les cellules de revê* ! tement qui se détruisent physiologiquement.
Bien avant que la solution de continuité soit complètement tapissée | d’épithélium, celui-ci, près des bords, prend la forme cubique, puis i cylindrique, et ce changement s’effectue graduellement à distance, par | le passage des cellules de la forme pavimenteuse très plate, à la poly- I gonale, et successivement à la cubique basse, à la cubique et enfin à I la cylindrique. Ce changement de forme est dû à la prolifération I abondante des cellules épithéliales et à leur solide adhésion, par leur | base, au tissu connectif, laquelle s’effectue après qu’elles ont pris la t forme cubique et fait que, ne pouvant plus être déplacées par les ; nouvelles cellules, qui se forment toujours, quoique en moins grande ! quantité, elles opposent une forte résistance à l’accroissement dans le j sens de la surface, et partant, se comprimant réciproquement, elles I s’allongent vers la surface libre.
Quand l’épithélium de revêtement de la solution de continuité a, sur ! une certaine étendue, acquis les caractères de l’épithélium cylindrique, on y observe des phénomènes qui annoncent la formation des premières ;
SUR LA REPRODUCTION DE LA MUQUEUSE DE l’UTÈRUS
ébauches glandulaires, dont le mode de reproduction est parfaitement semblable à celui qui a été décrit par les Prof’’’ Griffini et Vassale pour la reproduction de la muqueuse gastrique. En effet, dans les parties profondes de l’épithélium cylindrique, on observe çà et là, quelquefois à de courtes distances, une ou deux cellules en mitose, ou bien, dans une seule section (fîg. 3), des groupes de trois, quatre noyaux plongés dans une masse protoplasmatique claire, qui ne permet pas de voir distinctement, même avec un fort grossissement, les limites cellulaires. Par le fait de la présence, dans les parties profondes de l’épithélium, de ces grandes cellules en mitose, ou des groupes de cellules dérivant de la scission des premières, les cellules cylindriques voisines sont fortement écartées à leur base ou point d’implantation, rapprochées à leur extrémité libre et un peu étirées en bas, ce qui fait que, si les groupes cellulaires situés dans les parties profondes de l’épithélium cylindrique sont à peu de, distance les uns des autres, comme dans la fig. 3 &, d, les cellules épithéliales cylindriques interposées s’étalent en éventail, de manière que, en correspondance de ces groupes cellulaires, la surface libre de l’épithélium présente un enfoncement en entonnoir, tandis que sa surface inférieure fait plus ou moins saillie dans le tissu connectif sous-jacent. C’est cet enfoncement en entonnoir, ayant, à la base, des cellules épithéliales prolifères, qu’il faut considérer comme la première ébauche glandulaire.
On peut aussi observer une période précédente ou préparatoire, des amas cellulaires dans les parties profondes; en effet, on voit, sur quelques points de l’épithélium cylindrique (v. fig. 2 &, c), deux cellules épithéliales cylindriques fort grossies, à protoplasma clair, homogène, ayant un grand noyau à gros nucléoles et chargé de granules de chromatine, cellules qui se préparent à la scission indirecte pour la formation des groupes cellulaires dans les parties profondes de l’épithélium. Les cellules réunies en petits groupes dans les parties profondes de l'épithélium cylindrique de revêtement, se multiplient activement par scission indirecte, écartent toujours davantage, à leur base d’implantation, les cellules cylindriques voisines, qui, par ce fait, s’inclinent et tendent à prendre, dans leur diamètre longitudinal, une direction presque perpendiculaire à l’axe de l’enfoncement en entonnoir, tandis que les cellules prolifères se développent toujours davantage vers le jeune tissu connectif. Ensuite les cellules épithéliales prolifères prennent peu à peu la forme cylindrique, et alors on a un bouton épithélial ptus enfoncé dans l’épithélium et muni d’un large canal limité par