‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 33 sur 163 · L. M. BOSSI · texte numérisé non relu

L. M. BOSSI

les extrémités libres des cellules de revêtement fort inclinées, et, plus bas, par les extrémités libres des cellules, qui, après leur prolifération, ont pris une forme cylindrique et se sont fixées à la paroi connective de renfoncement. La fig. 4 représente une de ces ébauches glandulaires, où l’on voit une grosse cellule en mitose (&), située profondément, et, à chacun de ses côtés, deux grandes cellules, de forme cylindrique, à gros noyau arrondi et poussé vers la large base des cellules, à protoplasma très granuleux et plus obscur que les cellules épithéliales de revêtement. Ces cellules (c, d, e, f) diffèrent un peu des premières cellules cylindriques de revêtement et des autres cellules voisines qui forment la partie plus élevée de l’ébauche glandulaire, parce qu’elles ont un protoplasme moins granuleux et plus clair, un noyau ovale, et qu’elles sont plus longues et plus effilées ; c’est pourquoi, tandis que ces dernières cellules qui forment la partie plus haute de la glande ébauchée ne sont autre chose que des cellules de l’épithélium de revêtement simplement inclinées et étirées en has, les autres, au contraire {c, d, e, f) , qui constituent le fond de l’ébauche et qui proviennent des cellules prolifères primitives, ont déjà acquis, en prenant la forme cylindrique, le caractère spécial des cellules glandulaires.

D’après ce que j’ai observé touchant la formation des ébauches glandulaires, je me crois autorisé à admettre qu’elles s’effectuent d’une manière semblable à celle qui a été constatée par les Prof ® Griffini et Vassale dans la reproduction de la muqueuse gastrique, c’est-à-dire par la prolifération, en chaque point, de quelques-unes des cellules de l’épithélium de revêtement, qui engendrent de petits groupes de 2-3-4 cellules prolifères, et plus, lesquelles, placées dans les parties profondes de l’épithélium de revêtement, tendant à s'avancer vers le tissu connectif, déplacent et font descendre quelques cellules de cet épithélium, et déterminent ainsi la formation d’un bouton ou bouchon épithélial muni d’un canal disposé en entonnoir. Successivement, les cellules les plus profondes de cette première ébauche glandulaire continuant leur prolifération, l’ébauche va en s’allongeant, pendant que les cellules des parties supérieures, toujours plus inclinées, se rapprochent par leurs extrémités libres et rétrécissent le canal. On passe ainsi peu à peu des glandes ébauchées à de véritables tubuli très courts et à canal bien étroit, et bientôt, grâce à la continuation de la prolifération dans quelques-unes des cellules les plus profondes des tubuli primitifs, à des tubuli un peu plus longs, à canal encore

SUR LA REPRODUCTION DE LA MUQUEUSE DE l’UTÈRUS

étroit, comme on peut le voir dans la flg. 5, où Ton observe aussi que les cellules de la portion profonde des tubuli conservent les caractères sus-énoncés des cellules glandulaires.

Ces tubuli glandulaires vont ensuite en s’allongeant, ce qui est dû à la prolifération des cellules épithéliales des parties les plus profondes des tubuli, où l’on observe toujours des cellules en mitose. Jusqu'à ce qu’ils aient atteint une certaine longueur ils continuent d’être droits (fig. 6 g)', mais, en s’allongeant davantage, ils deviennent tortueux (flg. 7), et à une période plus avancée, ils le sont tellement, qu’il est difflcile, même dans des sections très épaisses, de les prendre dans toute leur longueur.

Les premières ébauches glandulaires, je les ai trouvées vers les bords de la solution de continuité et en petit nombre, du 15® au 23® jour après l’extraction de la muqueuse; et comme elles ne se produisent pas simultanément, mais successivement, le processus de formation se répétant aussi dans les parties d’épithélium de revêtement interposées entre des tubuli qui sont arrivés à un degré de développement assez avancé, j’ai pu. observer, au 31® jour, diverses phases de développement des ébauches et des tubuli glandulaires dans des points voisins d’une même section, comme on le voit dans la flg. 6, où la lettre c indique une ébauche glandulaire en voie de formation et, tout à côté, les lettres d, e, g, des tubuli glandulaires déjà bien formés et de différente longueur.

Plus tard, aux périodes de 40, 53 et 71 jours, le nombre des tubes glandulaires longs et tortueux est assez grand, et de l’épithélium interglandulaire on voit çà et là partir des tubuli plus courts; mais, même trois mois après l’extraction totale de la muqueuse utérine, le nombre ‘de tubuli glandulaires est un peu inférieur au normal, et la muqueusef encore constituée par un tissu connectif plus jeune et plus riche en cellules qu’à l’état normal, présente une épaisseur un peu moindre que l’ordinaire, ce qui fait qu’elle offre une légère dépression en correspondance de la solution de continuité. Dans la figure 8, on a la représentation d’une portion de muqueuse néoformée prise en correspondance de la partie moyenne d'une large solution de continuité, 90 jours après que celle-ci fut pratiquée. Jusqu’ici, je n’ai jamais pratiqué d’examen, à une période de temps plus longue de 3 mois, dans le but de déterminer si le nombre des glandes croît et si l’épaisseur de la muqueuse augmente.

De cette description succincte des faits principaux qu'on observe

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