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DES

TUBES NERVEUX

La deuxième période de la formation des tubes nerveux à moelle comprend celle pendant laquelle la myéline fait son apparition ; elle commence dans l’embryon de vache, lorsque celui-ci a atteint une longueur de 22 centimètres, c’est-à-dire est âgé de cent vingt jours, et dans l’embryon de brebis, lorsque celui-ci a 11) centimètres 5 millimètres et est âgé de soixante-neuf jours.

Dans le fœtus humain la myéline fait son apparition dès le début du cinquième mois de la grossesse.

La myéline se montre à la fois dans un grand nombre de fibres, mais cejiendant pas dans toutes à la fois; et même, à cette époque de la vie embryonnaire, les fibres sans myéline, mais qui en contiendront, l’emportent sur les fibres en contenant. On retrouve du reste encore de ces fibres après la naissance (lapin, chien, chat, homme).

Comme dans la partie supérieure du sciatique et des

développement des tubes nebveux. io

autres nerfs, les libres sans myéline sont beaucoup moins abondantes que dans les brandies périphériques (comme la branche tibiale dn sciatique par exemple) et comme cette dilTérence se maintient pendant tout le développement embryonnaire et se retrouve même après la naissance, on peut dire que révolution formative des fibres nerveuses est plus avancée comparativement dans les portions des nerfsqiroclics du centre que dans celles de la périphérie et que le degré^de cette évolution est proportionnel au voisinage de la racine.

L’apparition de la myéline dans les nerfs périphériques se fait un peu plus tard que dans les tubes nerveux de la moelle; en eftd, quelques tubes, nerveux formant les cordons^antérieurs possèdent, déjeà de la myéline lorsque l’embryon de brebis a atteint une longueur de 15 centimètres 5 millimètres, et dans celui de la vache on observe, lorsqu’il a 19 centimètres, une fine couche de myéline autour des cylindres d’axe de ces mêmes cordons.

Dans presque tous les tubes, la myéline apparaît sous la forme d’une mince.coucha .en dessous de la cellule connective qui es-Lyenue former l’enveloppe de la fibre nerveuse ; elle apparaît entre celle-ci et le faisceau central de fibrilles ou cylindre d’axe, mais en général, surtout si elle fait son apparition en nappe, elle se moule à la surface du cylindre d’axe — ce fait est important à noter — à cause des déductions qu’on peut en tirer.

Lcscellules connectives, en dessous desquelles la myéline fait son apparition, entourent complètement la fibre nerveuse. Je ne l’ai jamais vue apparaître avant que les cel-- Iules ne forment une enveloppe complète au cylindre d’axe.

11 faut aussi noter que les cellules connectives, en dessous desquelles il est apparu de la myéline, ne présentent plus aucun signe de prolifération, quoique par la suite elles augmentent considérablement de longueur.

Lorsque la myéline apparaît sous la forme de nappe snr les tubes examinés dans le sérum, il est excessivement difficile de saisir la limite des cellules connectives qui forment alors les segments interannulaires ; sur les fibres traitées par l’acide ^smique pendant vingt-quatre heures ou sur les libres fraîches colorées par le bleu de quinoléine

SYSTÈME NERVEUX CÈRÉRRO-SPINAL

(cyanine), ce n’esl qu’à l’aide d’objectifs puissants et à très grand angle d’ouverture qu’on parvient à saisir entre deux noyaux une ligne transversale plus claire, formée par un ciment intercellulaire indiquant la limite de deux territoires cellulaires.

Du moment où la myéline fait son apparition, elle paraît s’étendre dans toute la longueur du segment intercalaire, c’est ce qu’on observe dans la majorité des cas ; mais d’autres fois elle paraît s’arrêter à une distance plus ou moins grande de ces deux extrémités.

Mais comme, à ce moment, la limite exacte de l’espace occupé par la myéline est excessivement difficile à tracer non seulement à cause de la faible quantité de myéline qui se trouve dans le tube nerveux, mais aussi parce que celle-ci prend, sous l’inllueuce de l’osmium et du bleu de quinoléiue, une très faible coloration, il est difficile de déterminer avec précision son étendue; c’est aussi cette faible coloration qui gêne dans la délimitation des segments interannulaires.

Le peu de coloration que prend la myéline sous l'intluence de l’osmium et du bleu de quinoléine me paraît être dû à ce que ce n’est pas de la myéline pure qui existe à cet âge dans les tubes nerveux, mais un mélange de myéline et de matière albuminoïde, c’est-à-dire qu’elle n’est point encore complètement séparée du protoplasma au milieu duquel elle se forme.

A ce propos, je rappellerai que M. Ranvier (1) a vu que, dans les nerfs dégénérant à la suite d’une section, la myéline, qui est fragmentée et divisée en boules de différentes grosseurs, présente des degrés divers de coloration par l’osmium, et l’intensité de la coloration n’est pas en rapport avec le volume des boules, car dans un même tube nerveux on observe des boules relativement volumineuses et à peine teintées au voisinage d’autres beaucoup plus petites qui sont beaucoup plus noires. Comme le fait remarquer M. Ranvier, il est impossible d’attribuer cette dillerence à une pénétration plus ou moins complète de l’acide osmique, car les boules de différentes colorations se

(1) Ranvier, Leçons sur le sijslème nerveux. Paris, 1878, t. Il, p. 9 et 10.

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