‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 55 sur 163 · CS · texte numérisé non relu

CS

5® ce H -s;

rn.

Kgm,

Kgm.

234 A. MAGGIORA

De ces données, il résulte qu’il n’y a qu’une petite différence entre | la quantité de travail mécanique produit par les muscles par suite de la percussion et celle que donne le frottement, tandis que l’on constate une augmentation bien sensible après le pétrissage; il en résulte encore i ({ue les meilleurs effets sont obtenus par le massage mixte, c’est-à-dire | en appliquant alternativement les trois manœuvres.

J’obtins des résultats analogues à ceux que je viens d'exposer dans j des expériences faites au moyen de l’irritation directe des muscles, | ou de leurs nerfs; pour rester dans les limites de mon résumé, je me dispense de les décrire, et je me borne à publier ici trois tracés i obtenus avec l’irritation directe des muscles fléchisseurs du médius ; de la main droite. — De ces tracés, le premier (fig. 7) a été obtenu > dans des conditions normales, le deuxième après 5' de percussion et le troisième après 5' de massage mixte.

Fig. 7. Fig. 8. Fig. 9.

Irritation directe des muscles.

Fig. 7, — Courbe normale de la fatigue des muscles fléchisseurs du médius de la main droite avec le poids d’un kg. et le rhythme de 2'h Fig. 8. — Courbe de la fatigue des mêmes muscles après 5' de percussion.

Fig. 9. — Id. id., après 5' de manœuvres alternées de percussion, de frottement i et de pétrissage.

Si nous cherchons la raison de la diverse intensité de l’action des différentes manœuvres de massage, nous devons nous persuader qu’elle I

action physiologique du massage sur les muscles de l’homme 235

doit essentiellement être rapportée à la régularité et à l’énergie avec lesquelles le pétrissage et les manœuvres alternées peuvent agir sur la circulation dans toutes les parties du muscle.

B) Action du massage

sur les muscles affaiblis par différentes causes.

Jeûne, fatigue et massage.

Dans mon mémoire sur les lois de la fatigue j’ai prouvé qu’il est possible d’améliorer notablement, par le massage, les conditions de résistance au travail dans les muscles affaiblis par le jeûne. — Mes recherches avaient été faites uniquement sur les muscles qui se contractent par ordre de la volonté et sous l’influence de l’irritation électrique de leurs nerfs; par d’autres expériences, j’ai pu constater que cet effet bienfaisant du massage se manifeste aussi, lorsque l’excitation électrique agit directement sur les muscles eux-mêmes. — Pour abréger, j’omets la description de ces expériences, et je me limite à dire que le massage peut procurer aux muscles qui se trouvent dans ces conditions un soulagement, temporaire, à la vérité, mais si puissant, qu’ils peuvent donner un tracé normal de la fatigue.

Action du massiige sur les muscles fatigués d’niie maulère indirecte.

Dans mon mémoire sur les lois de la fatigue, j’ai aussi étudié, dans une série d’expériences, le phénomène sur lequel R. Mayer (1) avait déjà arrêté son attention, savoir, « que la fatigue, quand elle n'est pas produite par un excès momentané de travail, s’étend uniformément à tout

le système des muscles; et que, après une marche fatigante, les

bras, comme les jambes, sont moins aptes à un travail ultérieur ». J’ai cherché à savoir, moyennant d’autres expériences, si la fatigue des bras, produite de cette manière, par l’effet d’une cause indirecte et d’action générale, est influencée par le massage. Je reproduis une de mes expériences.

(1) Die organische Bewegung in ihrem Zusammenhange mit dem Stoffwechsel

A. MAGGIORA

Expérience 8®. — Le 5 septembre 1890, à 9 h. et à 11 h. 15' du matin, j’ins- i : cris le tracé normal de la fatigue des muscles fléchisseurs du doigt médius de la i main gauche, et ensuite de la main droite, avec un poids de 3 kg. et le rhythme * i de 2". — Les contractions sont au maximum et volontaires.

A U h. 15' je fais mon déjeûner, et puis, accompagné de mon ami M. le D** Grandis, je m’en vais à pied jusqu’à Soperga, localité qui, par la route que j’ai suivie, est éloignée d’environ 7 klm. de l’enceinte de l’octroi de Turin, avec une différence de niveau de plus de 400 m. dans les 3 klm. derniers. — Arrivé là-haut, , ^ je me repose un quart d’heure, je bois un demi-litre de bière, et puis je refais le ^ même chemin, et j’arrive au laboratoire à 5 h. 45' de l’après-midi, après avoir par- : ( couru à pied, à peu près, 17 klm., dont une partie en montant.

A peine arrivé au laboratoire j’inscris le tracé de la fatigue de ces mêmes , | muscles, et une demi-heure après je répète les mêmes tracés, toujours avec le poids \ ; de 3 kg. et le rhythme de 2", mais en les faisant précéder d’un bon massage i . mixte de la durée de 10'. — J’obtiens ainsi 8 tracés, dont je ne veux reproduire, ' . par brièveté, que le 2® (fig. 10), le 4® (fig. 11) et le 8® (fig. 12), relatifs à la main : I

Fig. 10.

Fig. 10. — Courbe normale volontaire de la fatigue des fléchisseurs du médius de ' la main droite. — Poids: 3 kg. Rhythme: 2".

droite; ces tracés démontrent successivement le cours normal de la fatigue des \ fléchisseurs du médius dans les conditions d’un repos complet, puis la fatigue * produite indirectement dans ces muscles par la marche de 17 klm., et enfin l’effet i

1 action physiologique du massage sur les muscles de l’homme 237 du massage sur ces muscles affaiblis. — Le tableau 4 présente toutes les données 4 numériques de l’expérience.

Fig. 11. Fig. 12.

iFig. 11. — Courbe des mêmes muscles après une marche de 17 klm.

■Fig. 12. — Influence du massage pendant 10' sur les muscles déjà affaiblis indirectement par la marche.

Tableau 4. — Poids: 3 Kg. Rhythme: 2".

Tracés

Heures

Conditions du travail

Main gauche

Main

droite

Hauteur

de

soulèvement

Travail

mécanique

Hauteur

de

soulèvement

Travail

mécanique

Kgm.

9 h. du matin

normales

Kgm.

:2fig. 10

5 » 45 du soir

marche de 17 Klm.

,6fig. Il

massage pendant 10'

■8 fig. 12

A. MAGGIORA

L’examen des figures 10, 11, 12 et des chiffres qui indiquent le travail produit par les muscles, nous démontre que le massage peut faire cesser momentanément la lassitude indirecte des muscles fléchisseurs des doigts de la main, causée par une marche longue et fatigante (1). L’action du massage dans l’expérience susmentionnée apparaît avec d’autant plus d’évidence que, entre le pénultième et le dernier des tracés de chaque main , il n’y a pas eu cette période de repos qui est nécessaire pour qu’un muscle, en conditions normales, puisse se reposer du travail accompli et continuer, s’il ne survient aucune autre cause nuisible, à donner, pendant toute la journée, des courbes normales de la fatigue. Cette période de repos ne varie, comme il résulte de mes recherches (2), qu’entre d’étroites limites et l’on peut calculer qu’il est, en général, de la durée de deux heures.

ff

Action dn massage snr les mnscles affaiblis par la veille.

Il est notoire que lorsqu’on ne dort pas un nombre d’heures suffisant, nos muscles perdent sensiblement de leur résistance au travail. Sur i ce fait, que nous avons tous occasion de constater par nous-mêmes, r j’ai fait une série d’observations avec la méthode graphique (3). La i fatigue des muscles, produite par la veille, a, comme celle causée par t le jeûne, quelque chose de caractéristique; de même que la fatigue ) causée par le jeûne ne trouve aucun soulagement dans le repos, quelque long qu’il soit, ainsi la résistance à la fatigue, amoindrie par la , veille, n’est pas modifiée d’une manière appréciable, par la nourriture. I .J’ai recherché par d’autres expériences si la résistance du muscle i épuisé par la veille était susceptible d’être modifiée par le massage. ï Pour n’être pas trop long, je m’abstiens de les décrire, me bornant à reproduire deux tracés, dont l’un (fig. 13) montre la courbe de la

(1) Cette marche de 17 kilom., je ne la dis longue et fatigante que par rapport à moi, qui, à cause de ma vie alors très sédentaire, ressentais facilement la fatigue des marches. Gomme je l’ai démontre dans mon mémoire sur les lois de la fatigue, il y a beaucoup de personnes, par exemple, la pluspart de nos soldats d’infanterie, qui après des marches, même plus longues, ne présentent pas encore des symptômes de diffusion de la fatigue, sensibles à l’ergographe.

(2) Loc. cit.

(3) Loc. cit.

action physiologique du massage sur les muscles de l’homme 239

fatigue du muscle affaibli par la veille d’une nuit, et l’autre (fîg. 14) faction du massage appliqué pendant 10' sur le même muscle.

Fig. 13. • Fig. 14.

Fig. 13. — Courbe de la fatigue des muscles fléchisseurs du médius de la main droite, après la veille d’une nuit. (Confronter avec le tracé normal, fig. 10). Fig. 14. — Action du massage sur les muscles affaiblis par la veille.

D’après ces tracés l’on voit, sans autre démonstration, que le massage, grâce aux modifications qu'il produit dans les conditions intimes de la circulation dans les muscles, et conséquemment dans leur aptitude au travail, peut faire ce que l’on ne parvient pas à obtenir par la nourriture, ni par l’emploi de certains toniques nervins d’un usage très répandu.

Action du massage snr les muscles affaiblis par le travail intellectuel.

Il est reconnu qu’un travail intellectuel intense et prolongé peut produire un état de lassitude générale. Sur ce phénomène, qui, chez bien des personnes, se manifeste d’une manière très prononcée, et, chez d’autres, est à peine sensible, a beaucoup insisté mon très honoré Maître M. le Prof. Mosso dans le mémoire déjà mentionné, ainsi

A. MAGGIORA

que dans son dernier ouvrage sur la fatigue (1), qui parle aussi de quelques expériences que j’avais faites bien volontiers pour lui. Je suis , malheureusement , du nombre des personnes dont la fibre est très sensible aux conséquences d’un travail intellectuel prolongé plus qu’à l’ordinaire ; mes occupations habituelles, ne dépassant pas les limites de mes forces, ne modifient pas l’aptitude et la résistance de mes muscles au travail, de manière à produire, le soir, un grand affaiblissement; mais quand de nouvelles occupations, qui exigent beaucoup d’attention, viennent s’ajouter à mes travaux habituels, comme p. ex. si je dois tenir une conférence devant un auditoire tout à fait nouveau pour moi, ou si je dois interroger beaucoup d’étudiants aux examens, alors je me sens, le soir, tout à fait épuisé, les jambes sont fatiguées, la pression du sang est diminuée, les pulsations deviennent fréquentes, le mécanisme de la pensée et de sa manifestation se ralentit, la nuit se passe dans l’insomnie, et la courbe de la fatigue de mes muscles démontre qu’ils sont notablement affaiblis.

J’ai exécuté l’expérience suivante, précisément dans le but d’établir si, et jusqu’à quel point, le massage peut renforcer les muscles affaiblis par cette cause.

Expérience 10®. — Le 14 juillet de Tanné courante j’inscris, vers 10 heures du matin, la courbe normale volontaire de la fatigue des muscles fléchisseurs du médius des deux mains; à 2 heures de Taprès-midi, je vais faire passer les examens d’hygiène avec M. le Prof. Bizzozero et M. le D'" Soave. C’était le dernier jour de la section de juillet, et les étudiants qui se présentèrent, ce jour là, aux examens, furent au nombre de vingt. Il me fallut donc interroger tous ces jeunes gens, ce qui m’occupa considérablement depuis 2 heures jusqu’à 7 heures précises, sauf une suspension de (vers les 5 heures), pendant laquelle je bus un verre de bière. — Après les examens, je me sentis très fatigué; je revins aussitôt au laboratoire, où j’inscrivis, sans délai, la courbe de la fatigue des muscles fléchisseurs du médius des deux mains, obtenant les tracés 3 et 4. Après une demi-heure, je répétai les mêmes tracés dans les mêmes conditions, mais en les faisant précéder d’un bon massage mixte pendant lOT Je ne reproduis ici que deux de ces tracés, dont Tun (fig. 15) indique l’effet du travail intellectuel excessif sur la courbe de la fatigue des muscles, et Tautre (fig. 1 6) l’action du massage sur les muscles ainsi affaiblis. (Pour la comparaison avec un tracé normal de la même main, voir la fig.- 10).

Dans le tableau suivant sont exposées les données numériques de l’expérience.

(1) A. Mosso, La fatica. Milan, 1891. Treves édit.

action physiologique du ma,ssage sur les muscles de l’homme 241 Il résulte donc, des figures 15 et 16 et des chiffres qui indiquent la

Fig. 15.

Fig. 16.

Ü Fig. 15. — Courbe volontaire de la fatigue des muscles fléchisseurs du doigt médius de la main droite, affaiblis par l’effet du travail intellectuel, intense et prolongé. Poids : 3 kg. Rhythme : 2".

Fig. 16 — démontrant Faction bienfaisante du massage pendant 10' sur les mêmes muscles.

Tableau 5. — Poids: 3 Kg. Rhythme: 2".

Nü

Heures

Conditions du travail

Main gauche

Main droite

Hauteur

de

soulèvement

Travail

mécanique

Hauteur

de

soulèvement

Travail

mécanique

Kgm.

10 h. dumatin

normales

Kgm.

7 » du soir

après un travail /

intellectuel intense)

et prolongé ]

4 fig. 15

action du ^ t lO'i

p. lU <

massage ^ (

quantité du travail mécanique, que les muscles fléchisseurs, qui, dans les conditions normales, avaient produit un travail correspondant à

i-rchitea italiennes dt Biologie. — Tome XVI. 16

A. MAGGIORA

Kgm. 5,088, ne peuvent plus produire, sous l’influence d’une occupa- i tion intellectuelle intense et prolongée, qu’un travail de Kgm. 0,906, c’est-à-dire moins du cinquième de la quantité normale. i

Les muscles sont encore capables d’exécuter une première contrac-

tion aussi forte que dans les conditions normales, mais après onze autres contractions ils sont déjà épuisés. — Nous voyons cependant , aussi qu’à peine une demi-heure après, et par l’eflét d’un massage de 10', les mêmes muscles sont redevenus capables de produire un travail, sinon égal, du moins de peu inférieur au travail normal.

La même expérience démontre encore plus que les précédentes la puissance de l’action du massage; car une lassitude telle que celle qui s’est manifestée dans la présente expérience par l’effet du travail intellectuel excessif, il m’est rarement arrivé de la rencontrer, comme conséquence de l’action de causes physiologiques, dans les muscles qui sont l’objet de cette étude.

On voit encore mieux l’efîîcacité du massage, si l’on remarque que, entre le dernier et l’avant-dernier tracé des muscles des deux côtés, il ne s’était écoulée qu’une très courte période de repos.

Gomme appendice à ces observations, je crois à propos de rapporter encore le résultat d’une autre expérience (11“®) que j’eus occasion de faire par hasard, et qui , bien qu’elle n’appartienne pas au sujet purement physiologique, peut cependant contribuer, avec celles qui précèdent, à démontrer toujours davantage l’action du massage sur la fonction musculaire.

Par cette expérience, publiée avec tous ses détails dans le mémoire original, j’ai constaté qu’une légère attaque de fièvre de la durée de 10 h. environ et dans laquelle la température était montée à 38°, 2, avait été suffisante pour affaiblir considérablement, pendant toute la journée suivante, les muscles fléchisseurs des doigts et que le massage était capable d’en modifier l’aptitude au travail au point de leur faire donner un tracé de la fatigue presque complètement normal (1).

(1) J’étais occupé à la correction des épreuves de ce travail lorsque, grâce à une série d’expériences, que mon ami le D*” G. S. Vinaj et moi nous étions en train de faire, sur l’action physiologique des applications hydrothérapiques, nous

action physiologique du massage sur les muscles de l’homme 243

Actîou da massage sar les muscles anémiques.

Dans mon travail sur la fatigue j’ai démontré que l’anémie maintenue pendant un court espace de temps, de 3' à 5', produit, dans les imuscles, des phénomènes semblables à ceux de la fatigue, c’est-à-dire j qu'elle en diminue notablement la force et la résistance au travail.

Pour mieux étudier le mécanisme d’action du massage j’ai recherché js’il était capable de modifier l’état de lassitude ou d’épuisement proiduit par l’anémie.

Expérience 12®. — Le 19 août 1891, à 8 h. du matin, j’ai essayé d’inscrire le itracé de la fatigue des muscles fléchisseurs du médius de la main gauche avec le (poids d’un kg. et le rhythme de 2" (1). — Les eflbrts au maximum s’effectuaient ivolontairement.

Avec un poids si léger mes muscles fléchisseurs du médius, en se contractant ipar ordre de la volonté, ne se fatiguent qu’après un espace de temps très long. I Après 3/^ de tour du cylindre de Bal tzar, et après 265 contractions, je suspends, iparce que celles-ci ne présentent presque pas encore de variation dans leur hauteur ; J les muscles ne paraissent pas être fatigués. Après une période de relâche de deux (heures, je fixe l’avant-bras dans l’ergographe de la manière habituelle, et M. le ID^ Grandis y produit et y maintient l'anémie pendant la durée de 3', moyennant la (compression digitale de l’artère humérale dans la gouttière de l’humérus. Aussitôt •après 3 minutes, l’anémie étant toujours maintenue, j’inscris de nouveau la courbe ide la fatigue des mêmes muscles avec les mêmes poids et rhythme.

Après 2 heures de relâche, ayant encore fixé les doigts dans l’ergographe, M. le

(pûmes constater que le massage a aussi le pouvoir de faire disparaître complète- Iment l’épuisement notable des muscles que produit le bain chaud. — Ges re- I cherches, déjà publiées dans L'idrologia e la climatologia italiana, n. 11, 1891, I paraîtront bientôt dans ces Archives ainsi que dans les Blâtter f klin. Eydrothe- Srapie de AL Winternitz.

(1) Je me suis servi exprès d’un poids très petit pour les muscles fléchisseurs du médius qui se contractent volontairement, dans le but de constater facilement I les modifications, même légères, produites par le massage.

11 est établi, d’après mes observations, que les muscles fléchisseurs du doigt médius chez un homme sain, à système musculaire passablement bien développé, peuvent soulever des poids de 10-12 kg. et quelquefois même plus. Mais en expérimentant avec l’anémie l’on voit que, souvent, au bout de 3' seulement les muscles sont déjà impuissants à soulever un poids de 3 kg.

A. MAGGIORA

D*' Grandis renouvelle l’anémie pendant 3' avec la compression de l’ humérale, et: en même temps, M. le D*" Colla me fait un bon massage mixte sur l’avant-bras:, après la 3® minute, l’anémie toujours maintenue, j’inscris le tracé de la fatigue^ J’obtiens ainsi trois tracés, dont je reproduis entièrement les deux derniers (fig. li-; ! et 19), et seulement une partie du premier (fig. 17), à laquelle l’autre partie esii: parfaitement semblable^ '

Je donne, en outre, les chiffres qui expriment la quantité de travail mécaniquefj représentée par chaque tracé.

Nombre

Hauteur

Travail

des contractions

du soulèvement

mécanique

Kgm.

Tracé 1, fig. 17

Fig. 17. — Cette figure représente une petite partie du tracé n® 1 , c est-à-dirch quelques contractions volontaires des muscles fléchisseurs du médius de la mair| gauche, avec le poids d’un kg. et le rhythme de 2".

Fig. 18. — Courbe de la fatigue de ces mêmes muscles avec le même poids et U| même rhythme après 3' d’anémie. |

Fig. 19. — Même courbe après 3' d’anémie et de massage appliqués simultanément |

De l’examen des figures 17, 18, 19 et des données numériquef; exposées ci-dessus, il résulte:

ACTION PHYSIOLOGIQUE DU MASSAGE SUR LES MUSCLES DE l’hOMME 245

1® Que les muscles fléchisseurs du doigt médius, “en se contractant [volontairement dans les conditions normales pour soulever un poids fun Kg. avec le rhythme de 2'', produisent 265 contractions, équivalent à un travail mécanique de Kgm. 17,755 , sans aucune manifesation de fatigue appréciable.

2° Que les mêmes muscles, sous l’action de 3' d’anémie, ne donnent élus que 11 contractions, correspondant à un travail mécanique de ^gm. 0,357.

3® Que, en se contractant sous l’action simultanée de l’anémie et :u massage, ils produisent 9 contractions, équivalent à un travail mécanique de Kgm. 0,276.

Nous voyons donc que, lorsque les muscles sont anémiques, le mas- ^ge n’a plus aucun effet au point de vue de l’aptitude du muscle à e contracter.

Si maintenant nous allons confronter le résultat de cette expérience fvec celui des expériences précédentes, nous trouvons que l’action du aassage consiste essentiellement à réactiver les phénomènes de la cirlulation locale, soit en apportant aux muscles une plus grande quanité de matériaux utiles pour la contraction, soit en éloignant les Toduits régressifs du travail musculaire.

J’ai répété cette expérience et j’ai obtenu le même résultat; en outre, «mme cela était à prévoir, j’ai encore constaté ce fait en expéritientant sur les muscles dans lesquels l’anémie était produite au moyen « la bande élastique de Grandesso Silvestri. Il faut pourtant observer lue, dans ces dernières conditions, on ne peut pas toujours finir l’ex- *érience, parce que, souvent, des crampes très douloureuses se font Entir tout à coup ; et, d’autre part, l’on ne peut pas éviter quelques auses d’erreur qui peuvent modifier les résultats (compression totale

veines du bras, des vaisseaux lymphatiques, ainsi que du nerf iiédian). Ces causes d’erreur sont évitées, lorsque la compression de lartère humérale est soigneusement faite avec les doigts.

En résumé, mes expériences démontrent les faits suivants:

1° Le massage, appliqué sur un muscle en repos, en augmente la résistance au travail et en modifie la courbe de la fatigue, dont il tetarde la manifestation.

2" L’effet bienfaisant du massage est, dans certaines limites, prolortionnel à la durée de son application ; au delà de ces limites l’on

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