MATÉRIAUX POUR L’ÉTUDE DU DEVELOPPEMENT DU SEPS CHALCIDES
1 mm. environ de diamètre, lequel s'élève parfois au niveau de l’ombilic-ombilical. Gross. un peu plus de 3 fois.
Fig. 16. — Œuf c. s. Recueilli près du terme de développement. Vu du côté du sac vitellin. A son axe le plus grand de mm. 19-20, et son plus petit de mm. 9-10. Le sac vitellin réduit de volume est devenu ellipsoïdal, il a 9 mm. de longueur et 3 de largeur, il se trouve toujours, dans sa surface externe, en rapport avec l’involucre séreux , avec lequel il forme un omphalo-chorion et présente quelques fines rides dirigées suivant le plus grand axe. L’aire P FV, qui peut être considérée comme un rudiment de placenta fœtal vitellin, s’est un peu déchirée en séparant l’œuf de la matrice. L’embryon et les autres involucres fœtaux sont simplement indiqués dans la figure. Gross. 3 fois environ.
Fig. 17. — Œuf incomplètement isolé de la chambre incubatrice, vu du côté du placenta fœtal allantoïdien. Recueilli le 9 juillet. Plus grand axe, mm. 15-16, plus petit axe, mm. 9-10. Dimensions du placenta fœtal allantoïdien: longueur mm. 13, largeur mm. 6. Gross. environ 3 fois et demie. Ici les villosités de l’allanto-chorion sont déjà assez développées, et, par conséquent, bien manifestes.
Fig. 18. — Le même œuf que dans la fig. 17, vu également du côté du placenta fœtal allantoïdien et entouré, en partie, par la chambre incubatrice. La portion de paroi de la chambre incubatrice, correspondant au placenta fœtal allantoïdien, a été soulevée et renversée vers la droite pour montrer les plis du placenta maternel PMA, lesquels circonscrivent les cryptes où sont reçus les soulèvements de l’allanto-chorion. En p m, quelques plis très peu développés, qui, parfois, peuvent se rencontrer au dehors de Faire papillaire elliptique maternelle. Gross. 7 fois.
Indications communes.
A — allantoïde unie à l’involucre séreux (allanto-chorion lisse).
SCY — sac vitellin recouvert de l’involucre séreux (à cette région correspond l’omphalo-chorion).
L — limites entre l’allantoïde et le sac vitellin.
P F A — placenta fœtal allantoïdien (allanto-chorion avec soulèvements en forme de papilles ou de villosités).
M — mésomètre.
U — oviducte (utérus qui , là où s’arrêtent les œufs fécondés en voie de développement, forme les chambres incubatrices).
V — pôle végétatif.
De la prétendue réviviscence des Rotifères
Expériences du D'' F. FAGGIOLI, assistant.
(Laboratoire de Pharmacologie de TUniversité de Gênes).
Ce fut Spallanzani qui, le premier, avec des recherches scientifiques, souleva la question de la réviviscence des rotifères (2).
Les rotifères composent une catégorie d’êtres microscopiques découverts par Leuwenhoek (3) , qui les appela animalcula Unis rotulis, et que Spallanzani « a vu s’animer et frétiller dans l’eau, après « qu’il les avait laissés dans le sable desséché pendant l’espace de « presque deux années consécutives ». Après lui, Baker (4) en fait mention ; cependant Leuwenhoek, de même que Baker, ne se sont appliqués qu’à l’étude de leurs caractères zoologiques.
C’est vraiment à notre Spallanzani qu’est dû le mérite de les avoir spécialement étudiés sous le rapport du phénomène de la palingénésie.
Spallanzani affirme:
1° Q’en prenant, dans une gouttière, du sable desséché contenant des rotifères, il suffit de les mettre pendant quelques heures dans de l’eau commune pour les voir reparaître dans la plénitude de leur vivacité;
2“ Que de ce même sable laissé de nouveau dessécher, même pendant des années, on les voit promptement ressusciter, après une simple addition d’eau;
3“ Que toutes les fois qu’on le voudra, on pourra obtenir de sem-
(1) L’auteur a donné, dans ce Mémoire, une bibliographie très étendue sur cet argument. Gomme nous ne donnons qu’un simple résumé, nous omettons de publier la planche.
(2) Spallanzani, Opuscoli di fisica animale e vegetahile. Modena, 1776, op. IV. Osservazioni e sperienze intorno ad alcuni prodigiosi animali cKè in halia del- V osservatore il farli tornare da morte a vita^ vol. II, pp. 181-253.
(3) Leuwenhoek, Epistolae ad Societatem Regiam Anglicam, seu continuatio Arcanorum naturae (Epist. 144 ad H. Bleysvicium. Lugd. Batav., 1719, pp. 388-90).
(4) Baker, Employment for ihe microscope. In two parts, etc. London, 1764.
blables résurrections en opérant toujours sur le même échantillon de sable;
4“ Qu’il n’existe pas de limite fixe de temps nécessaire à la résurrection des rotifères, quelques minutes étant suffisantes pour faire revivre les uns, d’autres, au contraire, ayant besoin de l’espace de quelques heures;
5° Que la durée ordinaire de ce temps n’est pas modifiée par la durée du dessèchement;
6° Que l’eau, légèrement réchauffée, accélère la réviviscence plus que l’eau maintenue à la température ambiante;
7° Que la présence du sable est une circonstance indispensable à la résurrection, le phénomène n’ayant pas lieu si en desséchant les rotifères on les prive des granules du sable (cette condition est aussi mise en relief par d’autres observateurs).
Les restaurateurs de la zoologie admirent les conclusions de Spallanzani. Le rotifère qu’il avait étudié reçut de Lamarck le nom de Furcularia rediviva, tandis que Cuvier, en parlant des furculaires, ajoute que c’est sur une de celles-ci que Spallanzani avait fait ses fameuses expériences de la résurrection: « Couverte de poussière dans « les gouttières, elle se dessèche de manière à reprendre après quel- « ques semaines la vie et le mouvement si on l’humecte d’un peu « d’eau ». C’est aussi Lamarck qui, dans les généralités sur les polypes ciliés, écrit en homme très convaincu: « Le rotifère de Spallanzani, « qui est une furculaire {Furcularia rediviva), est célèbre par la pro- « priété, qu’il a fait voir, le premier, de pouvoir rester desséché et « sans mouvement pendant des années entières, et de reprendre la « vie aussitôt qu’il est de nouveau humecté. Il est probable que les « autres urcéolaires, les autres rotifères et même tous les infusoires, « jouissent de cette même faculté ».
La réviviscence du rotifère prit l’aspect d’un fait indiscutable, et pour lui donner de la vogue se présentèrent des savants illustres : Gmelin, qui donna le nom de Rotifer redivivus au rotifère des gouttières, Dutrochet (1) , Dujardin (2), F. Fontana(3), M. Colombo (4),
(1) Dutrochet H. , Recherches sur les Rotifères [Annales du Muséum d'histoire naturelle, t. XIX, 1812).
(2) Dujardin F. , Sur les Systglides ou Rotifères {Ann. franç. et étrang. d' Anat., 1839).
(3) Fontana F., Trattato del veleno délia vipera. Firenze, 1781, t. I, p. 92.
(4) Colombo M., Opéré. Parma, 1824, vol. II, p. 82; Lettera al Dr Nardi. Concgliano, 178G.
F. FAGGIOLI
Doyère (1), Gavarret (2), se posèrent tous en défenseurs de l’opinion |ti de Spallanzani.
Mais l’opposition ne tarda pas à s’élever; Pouchet (3) ouvrit la S marche. Dans son mémoire, le meilleur après les travaux classiques ii de Spallanzani, il attaqua, par une critique souvent trop accentuée, il le mémoire sur la réviviscence publié par Doyère.
Le mémoire de Pouchet fut suivi de plusieurs autres, également d opposés à la doctrine de la palingénésie.
L. Frédéricq (4), dans une intéressante publication sur la lutte pour l’existence chez les animaux marins, traitant incidemment des \\ animaux réviviscents, exprime ainsi son avis: « Les Rotifères, les Tar- ^ « digrades adultes meurent sans retour quand on les dessèche. Mais ^ « les œufs qu’ils ont généralement dans le corps ne sont pas dans le i « même cas. Ces œufs conservent leur vitalité, malgré l’absence d’eau. ; « Placés ensuite dans un milieu convenable et humide, ils se dévelop* ^ « peut avec rapidité et donnent naissance à une nouvelle génération f « de jeunes animaux, que l’on avait, à tort, considérés comme résul- » « tant de la réviviscence du corps de leurs parents ».
Zaccharias (5) avait déjà soutenu qu’il n’est plus permis, actuelle- l
ment, de parler d’une Faune et d’une Flore proprement dite révivis- |
cente, mais qu'il s'agit d’une simple adaptation des séminules relatifs, qui restent dans le détritus desséché.
En étudiant l’action de quelques alcalo'ides sur les infusoires, il m’est arrivé de rencontrer facilement diverses espèces de rotifères, dont les eaux douces de la Ligurie sont très riches, et j’en tirai profit pour
(1) Doyère, Mémoire sur la révivification {Progrès^ 1859, t. II; Mémoires sur les Tardigrades {Annales des sciences natur. zool., 2® série, t. XVlll); Thèse pour le Doctorat. Thèse de la Faculté des Sciences de Paris 1842, Union médicale, Paris, 1859, Progrès, 1859.
(2) Gavarret J., Quelques expériences sur les Rotifères, les Tardigrades et les Anguillules de Mousse des Toits {Annales des sciences natur., 4® série, t. XI, Zool., 1859).
(3) F. A. Pouchet , Recherches et expériences sur les animaux ressuscitants. Paris, Baillière, 1859.
(4) Frédéricq L., La lutte pour l'existence chez les animaux marins. Paris, Baillière, 1889, p. 31.
(5) Zaccharias O., Kônnen die Rotatorien und Tardigraden nach vollstdndiger Austrochnung wieder aufleben oder nicht'^ {Biol. Centralhlait, VI, p. 230, 1886).
étudier la singulière propriété remarquée par notre Spallanzani, c’està-dire, le pouvoir que possèdent les rotifères de retourner à l’existence au moyen de l’hurnectation, après avoir été desséchés.
Pour les dessécher je me suis servi simplement des températures ambiantes au moyen de l’évaporation naturelle à l’ombre, sans la hâter par aucun artifice, et avec l’addition d’eau de source à la température ambiante. J’ai sans aucun doute employé ainsi plus de soin que la nature elle-même n’en met à cause de ses écarts de température d’été et avec ses dessèchements rapides et prononcés.
Mes recherches ne se sont pas bornées aux systolides rampants et nageants (rotifères vrais), mais aussi à ceux qui ne sont que nageants. Quant aux premiers, tous les 4 genres étaient représentés et j’ai pratiqué mes expériences sur les espèces suivantes: Actinurus Neptunius Ehr.; Rotifer vulgaris Ehr.; Rotifer redivivus Guv. ; Callidina parasitica Gigl. ; Phüodina roseola Ehr.; et quant aux seconds sur les espèces suivantes : Brachionus urceolaris Müll. ; Lepadella patella Bory ; Lepadella rotundata Duj ; F'urcularia furcata Duj ; Furcularia furficala Ehr. ; Pterodina elliptica Ehr. ; Pterodina patina Ehr.; Apsilus lentiformis Metsch.
Pour faire ma récolte du Rotifer vulgaris Ehr., je me suis servi d’une cuvette de marbre, ayant la forme d’une coquille, exposée au soleil et plantée dans un vieux mur de jardin; elle est très riche de rotifères communs toutes les fois que les pluies la remplissent d’eau. Elle se trouve ainsi exposée à toutes les alternatives de dessèchement et d’irrigation, de même qu’aux écarts les plus remarquables de température. Le fond de la cuvette, grâce à l’eau, présente le revêtement habituel de confervacées, de protococcus et de diatomées.
Je plaçais dans de petits cristallisoirs de verre, dans l’eau commune, parmi les conferves, les rotifères que je recueillais, et au moyen d’une pipette, je pus en réunir, dans des verres de montre, des quantités exceptionnelles. C’est dans ces verres de montre que je puisais les gouttes de liquide nécessaires pour mes recherches, en les transportant dans le porte-objet à cuvette. Sous le microscope je pouvais noter avec précision le nombre des rotifères soumis à l’expérience. Gela fait, j’abandonnais la préparation au dessèchement naturel par évaporation, j’ajoutais l’eau et je suivais, au microscope, les modifications et le nombre des rotifères.
De cette manière j’ai fait des expériences sur 300 rotifères, dont 180 appartenaient au Rotifer vulgaris, 65 à la Callidina parasitica.
F. FAGGIOLl
15 à la Philodina roseola, et le reste à d’autres espèces. Mes recher- ' i ches remontent aux premiers jours du mois d’août 1889, et je les ai j continuées jusqu’au mois de juillet de l’année courante. De tant de i: rotifères sur lesquels j’ai entrepris les expériences susdites, nul n'a : pu revivre.
Je rapporte seulement quelques expériences.
!• — ^0 septembre 1889 (Garpeneto d’Acqui). — Ayant trouvé des Actinurus i Nepiunius Ehr., dans de l’eau croupissante, puisée dans une vasque avec une pe- i; tite pipette, j’en porte 3 sur un porte-objet à cuvette. J’abandonne la préparation j au dessèchement naturel et je la laisse à sec pendant une semaine sous une cloche ? de verre.
27 septembre. — Au moyen de la même pipette on remplace la goutte d’eau |i et on met la préparation dans la chambre humide. Une heure après, l’examen mi- y croscopique (100 diam.) laisse voir le 3 Actinurus encore recoquillés. Après 12 ï heures , une nouvelle observation ne fait constater aucun signe de réviviscence. ;i
28 et 29 septembre. — Mêmes conditions. j
30 septembre. — Signes évidents de désagrégation. j
Dans cette série de recherches, ni en laissant les rotifères au seul 1 et naturel dessèchement à l’omhre, ni en bornant ce dessèchement à un seul jour, il n’a été possible de les faire revivre. !
II. — 18 février 1890 (Gênes). — Ayant pris avec une petite pince un Asellus | aquaticus entre les pattes duquel était nichée une vraie colonie de rotifères {CaU lidina parasitica), on le place dans un porte-objet à cuvette , avec deux gouttes d’eau commune et on le laisse s’y agiter pendant quelques minutes. On le reprend
et l’on constate que de nombreux rotifères s’en étaient détachés: j’arrive à en compter jusqu’à 29. Ceux-ci se meuvent en toutes directions rampant sur le fond ou nageant vivacement à roues déployées. J’abandonne la préparation au dessèchement naturel. Cinq heures après, en l’observant à sec, on voit les rotifères immobiles, recoquillés sur eux-mêmes, subsphériques ou ovulaires, réfringents, les uns isolés, d’autres réunis en groupe et disposés l’un à côté de l’autre , comme les pièces d'un pavé. On rajoute deux gouttes d’eau commune et l'on remet la préparation dans la chambre humide. Après 30' l’examen microscopique ne laisse pas constater un seul réviviscent, et il en est de même, soit après 5 heures, soit après 10 heures. On les voit moins raccroupis, la cuticule est plus renflée, les organes internes mieux distincts, mais pas le moindre mouvement, soit du mastax , soit d’un seul cil.
19 février. — Pas un seul ressuscité; mêmè résultat le 20 et le 21 février.
22 février. — Constatation des signes non équivoques de désagrégation.
III. — 28 juin 1890 (Gênes). — D'un cristallisoir très peuplé je puise l’eau pour 12 préparations, en mettant dans chacune une goutte, pu moyen d’une pi-
pette. L’espèce qu’on y rencontre est précisément le Rotifer redivivus Cuv. Aucune autre espèce n’est là pour la contrarier. Les préparations sont limpides; pas le moindre grain de sable, pas de détritus végétaux. Je les passe dans la chambre humide, et je les examine patiemment l’une après l’autre au microscope. Elles sont toutes très riches de rotifères: dans certaines on en compte jusqu’à 32.
Au total, on a jusqu’au chiffre assez considérable de 126 rotifères, qui sont abandonnés au dessèchement naturel.
Cinq heures après, on trouve toutes les préparations desséchées. On les place sur un appui sous une cloche de verre.
4 juillet. — Dans chaque préparation on verse une goutte d’eau commune et on les remet toutes dans la chambre humide.
6 juillet. — L’examen microscopique ne montre, dans aucune des préparations, un seul rotifère ressuscité. Ils gisent tous immobiles, globuleux ou ovulaires; l’extrémité antérieure et l’appendice caudal sont rentrés, la cuticule est vidée; chez quelques-uns elle est soulevée par le paquet viscéral.
7 juillet. — Conditions identiques.
8 juillet. — Chez quelques-uns, on voit commencer le processus de désagrégation.
J’ai aussi fait quelques recherches sur un seul rotifère, calculant la durée minimum de dessèchement compatible avec la reprise de l’activité du rotifère. La durée de la permanence à sec était évaluée depuis le moment oii, sous le microscope, le rotifère prenait l’aspect d’un globule facetté réfringent, à stries irrégulières, et d’un fond d’une teinte jaunâtre, iridescente.
IV. — On place un rotifère {Rotifer vulgaris) dans un porte-objet à cuvette, avec une goutte d’eau , et *on abandonne la préparation à l’évaporation naturelle. A partir du premier moment du dessèchement on calcule la durée de siccité du rotifère en 15^ au bout desquels on rajoute la goutte d’eau. Néanmoins la réviviscence ne se manifeste ni aussitôt, ni après 15', ni après 3(7, ni après 1 heure, 2 h., 4 h., ni même 24 heures.
On répète l’expérience sur un autre rotifère, et l’on constate un phénomène aussi inattendu que nouveau; la petite bête semble revêtue d’une zone d’une substance demi-transparente disposée en rayons irréguliers. En ajoutant de l’eau, cette forme de pseudokyste disparaît, et l’on ne voit plus que le rotifère aux contours nets, immobile, ramassé, piriforme, la cuticule soulevée en quelques points par le paquet viscéral. Ni sur le champ, ni ensuite, aucun indice de vie. Après plusieurs jours qu’on le garde en observation le résultat reste toujours négatif.
On répète l’expérience avec un troisième rotifère de la même espèce, en suivant le même procédé , avec cette seule différence que le temps du dessèchement est calculé en raison de 1'. On rajoute l’eau, après 15', sans obtenir aucun signe d’activité, et il en est ainsi après 30' et après 1 heure; mais, en observant après 4 heures, on voit qu’il est réellement retourné à la vie active; tantôt il s’avance en rampant, tantôt il nage dans la préparation, et tantôt, fixé sur l’appendice
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caudal, il s’agite en tous sens tenant tendu l'appareil à roues dont les cils se meuvent vivement en tourbillon circulaire.
On répète la même expérience avec un autre rotifère de la même espèce; on calcule à 2' le temps du dessèchement. On rajoute l’eau, et, après 1 heure, on ne constate aucun signe d’activité: il gît immobile, ramassé et globuleux. Cinq heures après, on constate la réviviscence; le rotifère se meut énergiquement dans la préparation.
On répète la même expérience avec la même espèce, mais on prolonge le dessèchement jusqu’à 5'. Cette fois, le résultat reste négatif pendant toutes les observations microscopiques successives, faites à la distance de 2, de 4, 8, 24 et 46 h. de l’addition de l’eau.
Cette expérience est répétée plusieurs fois et à plusieurs reprises, avec la même durée de dessèchement de 5^ et on n’obtient que des résultats négatifs.
Ces expériences nous montrent que les mêmes rotifères, qui avaient repris l’activité après un très bref dessèchement (2'—!'), n’ont pas résisté quand le dessèchement s’est prolongé quelques instants de plus. S’ils possédaient vraiment la faculté de ressusciter après avoir été desséchés, il n’y aurait aucun motif plausible pour qu’ils pussent revivre après 2' de dessèchement et que leur réviviscence fût impossible après 5'. La seule raison de résultats si contradictoires dérive du fait que, même chez un être minime, tel qu’un rotifère, la vie ne s’éteint pas d’un trait, et que celui-ci, en se pelotant en forme de boule, concentre en lui-même une légère quantité d’eau capable de le tenir encore humecté, de manière à pouvoir maintenir l’inaltérabilité physico-chimique de ses tissus intimes pendant la courte durée de dessèchement, telle qu’est effectivement celle de 2'. En résumé, la période de temps, dont la moyenne pour nos expériences se trouve entre 0' et 5', est celle qui est constatée alors que nous voyons un rotifère se ramasser en sphère, restant à sec jusqu’à ce point de déshydratation de ses tissus compatible avec les manifestations vitales. Il est donc évident que, en deçà de cette moyenne, on pouvait vérifier le retour à la vie active. On comprend aussi que cette moyenne ne doit pas être constante, mais qu’elle varie suivant les conditions extérieures telles que température, état hygrométrique etc.
Il est bon de noter que, dans cette série d’expériences, les préparations étaient faites avec de l’eau limpide, ayant eu grand soin de ne pas y laisser pénétrer la moindre impureté visible, soit de sable ou d’autres détritus. Cette précaution était absolument nécessaire, du moment qu’un grand nombre des partisans de la palingénésie affirment que pour assurer la réussite du phénomène, la présence des
granules de sable est indispensable. Pour certains même elle constitue la condition sine qua non. Spallanzani lui-même (1) a écrit « que la « présence du sable est une circonstance essentielle à leur résurrec- « tion » et il lui sembla, d’après les expériences expressément faites à ce sujet (p. 495), que l’absence de sable abolissait, chez les rotifères, la faculté innée de ressusciter.
La condition de la présence des granules de sable devient un artifice qui sert à maintenir autour des rotifères qu’on suppose desséchés, une atmosphère d’humidité capable de les préserver, ou à cacher quelque ovule prêt à s’éclore dès qu’on ajoute l’eau; et dans ce cas on n’a plus le droit de parler de palingénésie, de retour de la mort à la vie, d’un phénomène de résurrection vraie. Il semble que cette dernière hypothèse ne soit pas dépourvue de fondement. Pouchet (2) relate quelques-unes de ses expériences dans lesquelles, ayant placé, parmi les granules de sable, un nombre de rotifères bien fixé, il obtint les réviviscences d’un nombre plus élevé.
J’ai voulu m’assurer d’une façon définitive si les rotifères, après avoir subi le dessèchement, étaient réellement morts avant que l’addition de l’eau vînt les humecter. Dans ce but, j’ai mis à profit le fait signalé par Ranvier (3), à savoir, que le protoplasme ne prend les teintes des solutions colorées, qu’après la mort. Certes (4) a indiqué deux substances colorantes qui font exception, c’est-à-dire, le bleu de qu inoléine (cyanine) et le brun d’aniline (brun de Bismarck). Avec celles-ci on peut colorer même les cellules vivantes, lesquelles toutefois, tant qu’elles restent en vie, ne prennent aucune coloration avec les autres substances colorantes.
La solution de violet de méthyle produit chez les rotifères vivants et rampants, une légère teinte dégradante de couleur magenta-clair sur la cuticule seule, dans la partie qui sert à protéger le petit animal ramassé sur lui-même, et laissant ainsi décoloré l’appendice caudal et la partie antérieure jusqu’au niveau du mastax. Les détritus environnants prennent au contraire une coloration violette intense.
(1) Œuv. et opus. cit., p. 493.
(2) Mém. cité, p. 30.
(3) Ranvier, Traité technique d' Histologie, pp. 172 et 237, Paris, F. Savy, 1882.
(4) Certes, Sur un procédé de coloration des Infusoires et des éléments anatomiques pendant la vie {Comptes-rendus de V Acad, des sciences, p. 424, 1881).
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Par contre, si l’on ajoute à la même quantité d’eau qui contient des rotifères desséchés et réhumectés, la même solution, et en proportion identique, on obtient une coloration violette de tout le rotifère, coloration qui se manifeste plus intense en correspondance du paquet viscéral. Les rotifères qui se colorent dans tout le tissu, et non seulement sur la cuticule externe, prouvent donc qu’ils ont tous cessé de vivre.
Par la solution de safranine la seule partie des rotifères susceptible de coloration est la portion de la cuticule, qui, partant de la base de l’appendice caudal, va jusqu’au niveau du mastax, portion qui prend une nuance dégradante couleur de vin de marsala; au contraire, chez les rotifères qui ont déjà été desséchés et réhumectés, le corps entier prend une coloration sanguine qui apparaît plus intense en correspondance du paquet viscéral. Le contraste entre la coloration des rotifères vivants et celle des morts devient très frappant. A côté du rotifère ramassé en sphère et d’une coloration sanguine très prononcée, l’on voit passer rampant ou nageant, l’appareil rotateur déployé, le rotifère n’ayant qu’une teinte jaune sombre sur la cuticule seulement.
Au moyen de cette méthode j’ai démontré que les rotifères périssent réellement par le dessèchement. Je puis donc affirmer que la faculté de pouvoir ressusciter après le dessèchement n’existe pas.
Pour achever cette étude je relate quelques autres observations qui, bien que se référant à d’autres organismes, se trouvent néanmoins en harmonie avec celles que je viens d’exposer.
J’abandonne à l’évaporation naturelle quelques préparations très riches de colpodes, glaucomes et stylonichies (Colpoda cucullus , Glaucoma scintülans, Stylonichia myiilus) ^ en ne laissant durer le dessèchement que 5' seulement; après avoir baigné la préparation, on ne rencontre ni immédiatement, ni dans la suite aucun des ciliés susdits qui soit retourné à la vie. Le jour suivant on remarque des signes évidents de désagrégation. On obtient le même résultat avec deux autres préparations, l’une riche de Paramaecium aurelia, l’autre ayant un fil d’herbe sur lequel adhèrent de splendides CarchesiuWy.
R. Blanchard (1) a cité les Colpodes comme étant « surtout remar- « quables par l’état de vie latente dans lequel ils tombent, lorsque « les conditions extérieures deviennent défavorables, par exemple,
(1) Blanchard R., Traité de zoologie médicale^ t. I, p. 107. Paris, Baillière, 1889.
« quand la mare qui les renferme vient à se dessécher; ils s’enkystent « encore et peuvent garder ainsi leur vitalité pendant un temps très « long ». Et il conclut ensuite : « Les colpodes nous offrent donc un « intéressant exemple de réviviscence, semblable à celui qu’on peut « constater aussi chez certains Vers, comme les Anguillules et les « Rotifères ».
La réviviscence, telle qu’elle a été formulée pour les rotifères et les anguillules, n'a rien de commun avec l’enkystement pour la protection de l’individu, dont nous avons des exemples dans plusieurs infusoires ciliés, parmi lesquelles colpodes sont surtout remarquables. La formation du kyste, eut elle-même pour but la conservation, appartient à un tout autre ordre de phénomènes: il est impossible de la mettre en relation avec les cas supposés de la suspension de la vie par dessèchement et de la reprise de l’activité vitale par l’hydratation. Un rotifère qui se ramasse en globule ne saurait être comparé à un infusoire qui s’enkyste: le premier se protège par sa propre cuticule, tandis que le second sécrète un liquide, qui en se solidifiant forme une membrane de nature chitineuse très résistante aux dissolvants ordinaires micro-chimiques (potasse, acide sulfurique concentré), comme l’ont démontré Balbiani (1) et Fabre-Domerque (2).
Il me semble naturel de ne pas mettre au nombre des réviviscences le phénomène de l’enkystement des infusoires et leur consécutive sortie des kystes, sous l’influence favorable du liquide ambiant renouvelé. De même que l’enkystement n’est pas déterminé par le seul fait de l'évaporation, ainsi la sortie des kystes n’est pas l’effet de la seule addition de l’eau, et on peut rencontrer des kystes qui, replacés dans l’eau, après être restés à sec pendant un très long temps, tardent néanmoins à éclore. Pour les rotifères, au contraire, la seule évaporation détermine la rétraction en globule, et la simple addition de l’eau est considérée comme suffisante pour rétablir toute activité suspendue. Il s’agit donc de deux sortes de phénomènes divers, non seulement par leur nature, mais aussi par les causes mêmes dont ils dépendent.
J’ai fait des observations analogues, et en suivant la même méthode, sur d’autres classes d’animaux choisis parmi les Métazoaires, dans les
(1) Balbiani, Leçons sur les protozoaires {Journal de micr.^ 1881).
(2) Fabre-Domerque , Recherches anatomiques et physiologiques sur les Infu^ soires ciliés (Thèse présentée à la Faculté des sciences de Paris, Masson, 1888).
Archives italiennes de Biologie. — Tome XVI.
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limites des invertébrés, et je me suis toujours adressé exclusivement li aux especès aquatiques.
En passant aux espèces supérieures aux rotifères je me suis arrêté i à deux crustacés entomostracés, le Cyclops quadricornis Lin. et la Daphnia pulex Müll., mais eux aussi, une fois desséchés, n’ont pu ; revivre., J’ai souvent suivi au microscope les battements du cœur d’une : i daphnia mise à sec: l’animal avait fermé ses deux valves et conti- i nuait à vivre tant qu’il était pourvu de liquide. J’en ai observé, de h cette manière, pendant l’espace d’une heure et d’une heure et demie; ■ mais à mesure que, par l’évaporation, l’eau interne venait à manquer, P! le petit crustacé se ridait, les pulsations du cœur devenaient moins il fréquentes, arythmiques, et cessaient entièrement; et après qu’il avait il été réellement desséché, on avait beau ajouter de l’eau, aucune des ^ activités qui manifestent la vie ne se montrait plus.
J’ai fait des recherches semblables sur un acaride aquatique,
V Hydrachna globosa Müll., qu’on trouve facilement dans les vasques i des jardins parmi les conferves, mais les résultats ont toujours été ) négatifs. V Hydrachna sentant que l’eau diminuait se ramassait en ; forme de petite sphère aussi grosse qu’une tête d’épingle: en rempla- ■ gant aussitôt l’eau il y nageait avec activité, mais si le dessèchement se prolongeait davantage, la mort s’ensuivait définitivement.
Faute de sujets, il ne m’a pas été possible de répéter, sur un némathelminte, l’expérience de la résurrection que Fontana affirme lui avoir toujours réussi d’une manière positive. Le fait, pourtant, n’est guère croyable, si l’on veut tenir compte du cas cité par Fiori (1): celui-ci prétend que, ayant trouvé un Gordius dans les déjections d’un individu affecté d’ankylostomiasis, il put le conserver vivant dans l’eau, mais que le gordius étant, par hasard, sorti hors du récipient et s’étant desséché, il n’y eut plus moyen de le rappeler à la vie en le replaçant dans la même eau.
De plus, en prenant acte de la déclaration de Certes (2), qui dit que les expériences sur la réviviscence sont plus faciles avec de l’eau d’une composition chimique spéciale, qu’avec des eaux douces ou simplement saumâtres, je n’ai pas manqué de faire quelques observations sur les protistes marins du genre Condylosioma et Euplotes que j’ai
(1) Un caso di parassitismo di Gordius adulto nelVuomo {Atti delta R. Accad. di medicina di Torino^ vol. XXIX, 1881).
(2) Comptes-rendus de V Acad, des sciences., p. 750, 1881.
obtenus des macérations d’algues marines dans l’eau de mer. Les recherches étaient faites avec la même méthode que celle que j’ai indiquée pour les espèces d’eau douce, seulement on remplaçait le liquide avec de l’eau distillée, en quantité égale à celle de l’eau de mer que la préparation contenait avant d’être abandonnée au dessèchement. Malgré toutes ces précautions, les résultats ont été les mêmes que ceux qu’on avait obtenus avec les espèces d’eau douce.
Je me suis aussi servi de quelques êtres marins inférieurs, très proches de la famille des rotifères, les échinodères de Dujardin, que je découvris en raclant des pierres de rocher situées à fleur d’eau le long de la plage près de Sestri Ponente. Ces échinodères ne valurent pas mieux que les rotifères communs: il ne fut pas possible d’en faire revivre un seul.
J’ai plus tard répété des essais analogues sur quelques turbellaires némertinides, provenant des eaux saumâtres, mais, cette fois encore, les résultats négatifs n’ont pas été démentis.
J’ai, en dernier lieu, voulu essayer si quelque organisme du règne végétal pouvait revivre après le dessèchement.
On sait qu’on a cité de nombreux cas de réviviscence parmi les végétaux (1). On a aussi affirmé la réviviscence du Nostoc (schizophyte chlorophyllien) après l’avoir laissé desséché pendant plusieurs mois dans un exsiccateur et l’avoir ensuite réhumecté.
Je l’ai moi aussi obtenu revivifié après le séjour d’une semaine dans un exsiccateur à SO^ dans lequel il s’était réduit au 48“® du poids initial.
On connaît des cas de réverdissement de plantes supérieures desséchées dans un herbier. De Candolle rapporta celui d’un Sempervivum cœspitosum, qui produisit un bouton à l’extrémité du stèle après dix-huit mois de conservation dans un herbier. A. Braun a cité ^'Isoetes setacea, plante du désert algérien, comme étant capable de revivre après 2 ans de séjour dans l’herbier. Bureau (2) cite le Polypodium încanum Pluck , ainsi que d’autres cryptogames vasculaires, qu’il a reconnus réviviscents, dès 1836, par les expériences qu’il fit en collaboration avec. Paul Bert; ce sont deux fougères, le Ceterach
(1) Belardi, Sur la revivification d’une petite fougère desséchée (Atti délia R. Accad. di Torino).
(2) Bureau, Sur une nouvelle plante réviviscente (Comptes-rendus de VAcad. des sciences^ n. 7, 1890).
372 F. FAGGIOLI i
officinarum Willd., et V Asplénium Ruia muraria L. et une lycopo-j diacée, la Selaginella lepidophijlla Spring. Daniel Hanbury a assuré f que d’autres fougères possédaient la même propriété, savoir: le Po-\ lypodium vulgare L., la Cheilanthes odora Sw., V Asplénium lanceo- ^ latum Lin. et VAdianhtum Capillus-V eneris L.
C’est ainsi, que, dans le règne végétal, on a trouvé la réviviscence, depuis les infimes tallophytes jusqu’aux cryptogames vasculaires. j
Je ne saurais dire si tous ces exemples de réviviscences de végé- i taux méritent vraiment un tel nom, si l’on veut se servir du langage | propre de la science. |
Dans mes observations sur les végétaux, je m’en suis tenu à une seule algue unicellulaire d’eau douce, appartenant à la classe des Conjuguées, une Desmidacée, le Closterium lunula. J’ai préféré cette espèce gracieuse à cause de la facilité avec laquelle on la rencontre et aussi parce qu’elle présente le phénomène si intéressant du mouvement intracellulaire visible à un grossissement de 300 à 400 diam. On comprend la valeur de cette manifestation appréciable de la vie dans les opérations du genre de celle que je viens d’exposer.
Le Closterium lunula est formé par une seule cellule en forme de croissant aplati dans le sens perpendiculaire au plan de l’arc de la | courbe, ayant un protoplasma d’un beau vert de chlorophylle; et, de i même qu’un grand nombre de desmidacées, il est étranglé sur la ligne j médiane transverse, de manière à paraître partagé en deux moitiés symétriques, connues sous le nom di'hèmisomates. Le sommet de chacun d’eux présente, dans l’endochrome, un sillon par lequel et par la membrane cellulaire qui le recouvre, se trouve limité un espace transparent qu’on nomme chambre. Et c’est là précisément qu’on observe un groupe de corpuscules incolores , réunis en masse sphénoïdale et animés d’un vif mouvement de rotation; on en voit aussi d’autres isolés, et s’agitant entre l’endochrome et la membrane cellulaire, surtout dans le côté concave du Closterium.
La méthode consiste à isoler le Closterium dans une goutte d’eau commune sur un porte-objet, à le laisser sécher par l’évaporation naturelle, à maintenir à sec la préparation et à ajouter l’eau après un certain laps de temps.
Je dois néanmoins avouer que quoique j’aie souvent réitéré l’expérience, jamais le résultat n’a été favorable à la réviviscence. Apres avoir été desséché , le Closterium , quoique humecté, présentait son endochrome avec des contours irréguliers et presque modelés sur la
membrane cellulaire, mais contracté et frangé sur les marges; et ni après quelques heures , ni après des jours entiers de séjour dans la chambre humide on ne voyait les corpuscules caractéristiques reprendre leur premier mouvement vivace, mais ils restaient gisant çà et là immobiles et disséminés.
L’hydratation n’avait pas suffi à rendre la vitalité au protoplasme de Closteriwn. Il s’était donc produit quelque désordre irréparable dans les principes immédiats qui, par leur commixtion complexe, par leur usure et leur réintégration, constituent la base du processus physico-chimique de la vie. C’est justement par suite de ces altérations que , selon Gaskell et Hering (1), les phénomènes capables de nous manifester la vie restent interrompus. La perte d’une certaine quantité d’eau de constitution , en produisant l’altération de la structure intime du protoplasme, rend impossibles les phénomènes de la réintégration organique, autant que devient impossible l’action des siimult
C’est l’opposé de ce que C. Bernard affirmait, en disant qu’étant donné que les réviviscences eussent réellement lieu, on ne trouvait d’autre manière de les interpréter, que la réactivation des phénomènes de destruction organique, par la réhydratation. Ici, au contraire, on assure, que les réviviscences ne se produisent pas, parce que, par le seul fait de la réhydratation, on ne réussit pas à rétablir les phénomènes de la synthèse organique. Et on ne vient pas à bout de les rétablir, parce que le protoplasme, par la déshydratation, a perdu toute faculté de ressentir l’action des excitants {stimuli).
La doctrine des réviviscences ne devient-elle une exception inconcevable, mal soutenue par un langage impropre? Les faits mêmes qui lui servent de base ne résistent pas au contrôle d’une expérience consciencieuse.
Les recherches que j’ai faites sur les rotifères, pour m’en tenir exclusivement à elles seules, du moment qu’elles constituent la somme des observations personnelles que je viens d’exposer, ont démontre, avec toute évidence, que:
Les rotifères morts par dessèchement ne peuvent être rappelés à la vie par la réhumectation;
(1) Gaskell, Ueher die elektr. Yerànderungen welche in dem ruhenden Herzmuskel, etc. {Beitrâge zur Physiologie. G. Ludwig zu seinen Siebzigst. Geburtst. Leipzig, 1887); Hering, Zur Théorie der Yorgânge in der lehendigen Suhstanz. Prague, 1888.
2° Ceux qui ont soutenu le contraire, ont été induits en erreur iv en voulant considérer comme rotifères ressuscités les représentants iü d’une nouvelle génération. |
Cette génération peut naître des ovules restés dans les détritus, iii dans le sable, et dans les restes mêmes des parents morts et en dé- i sagrégation. *
Les résultats négatifs que je viens des signaler, soit sur les rôti- fï fères, soit sur d’autres métazoaires d’une organisation inférieure, ainsi ! i que sur les protozoaires d’eau douce et salée, et même sur les pro- i! topbytes, ajoutent la plus ample confirmation à l’assertion tranchante II de Zaccharias, qui veut, qu'il ne soit plus permis actuellement de j. parler sérieusement d’une faune et d'une flore propy'ement dites “ rèviriscenies.
Sur les plaquettes du sang des Mammüères
Nouvelles recherches du Prof. G. BIZZOZERO.
I. — Sur la préexistence des plaquettes dans le sang circulant.
En me disposant à rapporter les résultats de quelques-unes de mes expériences sur les plaquettes du sang, je ne crois pas qu’il soit nécessaire de les faire précéder d’une exposition détaillée des arguments qui démontrent que les plaquettes sont un constituant morphologique normal du sang lui-même. En effet, la démonstration que les plaquettes circulent, en même temps que les globules rouges et les globules blancs, dans le sang normal, a déjà été donnée, il me semble, d’une manière qui résiste à toute critique.
Toutefois, comme plusieurs écrivains récents ont cru qu’il pouvait encore exister quelques doutes sur la préexistence des plaquettes dans le sang vivant, je crois qu’il n'est pas inopportun de résumer brièvement l’état de la question.
Lorsque, en 1882, je publiai mon travail détaillé sur les plaquettes (2), j’avais déduit qu’elles préexistent dans le sang normal de l’animal vivant, du fait que, quand, avec les précautions opportunes (distension de la membrane dans une solution indifférente de chlorure sodique, chauffée à 37“ G., etc.), on examine la circulation mésentérique d’un mammifère, on peut y apercevoir les plaquettes, avec une clarté absolue.
Cependant cela ne parut pas suffisant à quelques expérimentateurs. Il me fut objecté que, dans mon expérience, je mettais le mésentère, aussi bien que le sang qui y court, dans des conditions tout à fait anormales, capables de donner lieu à des altérations du liquide sanguin; de sorte que, la conséquence de ces altérations aurait pu être.
(1) Archivio per le scienze mediche^ vol. XV, n. 27.
(2) Bizzozero, Bi un nuovo élemento morfologico del sangue e délia sua importanza nella tromhosi e nella coagulazione. Milan, Vallardi, 1883, et aussi
Yirch. Arch.^ vol. XC, p. 261.
G. BIZZOZERO
p. ex., la précipitation de quelques substances qui se seraient ainsi | i présentées sous forme de plaquettes (Lôwit) (1), ou bien la destruction i;i d’un certain nombre de leucocytes, avec résidu de détritus sous forme r,' de plaquettes (Weigert).
Il est vrai que j’avais prévu cette objection. En effet, dans mon o travail déjà cité (2) après avoir dit que, étant donné la vélocité avec f . laquelle les éléments du sang courent dans les vaisseaux, on ne peut 1 1 voir les plaquettes que dans les vaisseaux où le courant, pour une i raison quelconque, est ralenti, j’avais ajouté: « Le fait que, pourvoir les plaquettes, il est nécessaire de les examiner dans les vaisseaux où L| le sang circule lentement, pourrait faire naître le soupçon qu’elles ne i] sont pas préexistantes dans le sang, mais qu’elles sont, p. ex., le pro- m duit d’une altération à laquelle ont été soumis les globules blancs ou j les globules rouges dans les vaisseaux du mésentère à courant ralenti, i Mais le doute disparaît facilement en établissant l’existence des pla- j quettes dans le sang qui arrive directement, et rapidement, des centres i circulatoires. Dans ce but, on ajuste au foyer de l’objectif à immer- • sion, un petit tronc artériel; le courant y est si rapide que l’on ne [ distingue rien. Or, si avec un bâtonnet de verre, ou avec un autre I
(1) Selon Lôwit (Virch. Arch., vol. GXVII, p. 566) «sind die Blutplâttchen nicht als ein prâexistirendes Formelement des normalen Blutes, sondern wahrscheinlich als ein Product des Zerfalles der weissen Blutkôrperchen , oder als einen Niederschlag aus dem Blute anzusehen ». Wooldridge est d’une opinion à peu près semblable. En effet, ce dernier a trouvé que, dans le plasma de sang peptonisé, précipite une substance à laquelle il a donné le nom de A. Fibrinogen, et qui aurait beaucoup d’importance dans la coagulation. Touchant cette substance, il écrit: « Das mikroskopische Bild, unter dem dièse Substanz auftritt, ist der Art, dass es nicht unterschieden werden kann von den Blutplâttchen , welche im Peptonblut auftreten ».
Je connais cette substance depuis 1882, c’est-à-dire depuis le moment où je faisais, sur le sang peptonisé, une série d’études sur lesquelles, jusqu à présent, je n’ai publié qu’une courte note préventive (Bizzozero , Ccntralhl f. d. med. Wissensch., 1883, n. 30). Il est facile, cependant, de distinguer, dans une même préparation, les granules de cette substance d’avec les plaquettes; en effet, celles-ci sont granuleuses, plutôt pâles, réunies en amas, et, traitées par l’eau ou par l’acide acétique dilué, elles se différencient dans les deux substances, l’une, hyaline, gonflée en sphère , l’autre , granuleuse , disposée en demi-lune à la périphérie de la précédente, tandis que les corpuscules de Wooldridge sont homogènes, plus réfringents, disposés, le plus souvent, en chapelet, et que traités par l’acide acétique dilué, ils deviennent plus brillants et plus marqués, tandis que, traités par 1 eau, ils disparaissent à la vue.
(2) Pag. 275 de l’édit, allemande, et p. 16 de l’édit, italienne.
instrument adapté, on exerce une pression sur le tronc artériel principal, au point de sa sortie de la blessure pratiquée dans les parois abdominales, on peut arrêter ou ralentir à volonté le courant dans le petit tronc artériel que l’on examine. De cette manière, il sera facile de s’assurer que ce sang également, à peine sorti du cœur, est riche de plaquettes ».
Mais, à cela aussi Weigert (1) répondait parles paroles suivantes : « Wenn aucli das physiologische Vorkommen der Blutplâttchen im lebenden Blute nicht bestritten werden soll, so finden doch gerade bei der von Bizzozero geübten Manipolation so viele Gefâsslâsionen statt, dass dadurch z. B. der Zerfall weisser Blutzellen eingeleitet oder verstârkt werden kann. Wenn dann deren Produkte reichlich in den Kreislauf gelangen, so kônnen auch an jenen arteriellen Stâmmchen, also im Blute « welches eben aus dem Herzen kommt » sehr viele solcher Zerfallsproducte zu sehen sein, n. b., wenn die Blutplâttchen, wie wahrscheinlich, Zerfallsproducte der Leucocythen sind ».
A dire vrai, il ne me semblait pas que cette explication de Weigert fût acceptable, puisque, si les faits se produisaient réellement comme il le supposait, avec la durée de l’expérience, c’est-à-dire avec le passage continu et la destruction de globules blancs, dans le mésentère extrait de l’animal, nous devrions voir continuellement augmenter le nombre des plaquettes circulantes, tandis qu’au contraire, en fait, cela n’a pas lieu.
Toutefois, pour écarter toute objection, je jugeai nécessaire d’examiner la circulation des mammifères dans une partie transparente et conservée dans ses conditions normales. Après différentes tentatives, je suis parvenu à mon but, en employant, pour mes observations, l’aile de la chauve-souris (2).
Si l’on distend l’aile sur un porte-objets adapté, en bois ou en liège, et que l’on soumette au microscope les parties qui se prêtent le mieux par leur transparence, on parvient à distinguer nettement les éléments qui circulent dans les vaisseaux sanguins ; de sorte que, dès les premiers moments de V observation, il est facile de s’assurer que, dans ces vaisseaux, courent, non seulement les corpuscules rouges et les corpuscules blancs, mais encore les plaquettes.
(1) Weigert, Fortschritte der Medicin, 1883.
(2) Bizzozero, Gazzetta degli Ospedali, 1884, n. 57.
G. BIZZOZERO
A cette expérience on ne peut faire les objections qui ont été soulevées contre l’expérience faite sur le mésentère. Ici la partie n’est pas dépouillée de ses involucres naturels, elle n’est offensée en aucune manière; pour l’examiner on n’a besoin de la baigner avec aucun liquide et il n’y a même pas nécessité (bien qu’il soit bon de le faire) d’appliquer un couvre-objets entre elle et l’objectif. L’aile est simplement distendue, de la même manière que lorsque l’animal la distend pour voler. Et l’on ne peut même pas dire que les plaquettes dérivent d’une hypothétique altération du sang, due à la distension trop prolongée de l’aile, ou à l’immobilité de l’animal, d’abord parce que cette hypothèse n'aurait aucun fondement dans des faits analogues, ensuite parce que les plaquettes se voient dès que l'animal est lié et l’aile distendue, et qu’elles ne tendent pas à augmenter en nombre, si longtemps que l’on prolonge l’observation.
L’importance de cette expérience n’échappa pas à Lôwit, qui tenta de la répéter, mais sans y réussir (1).
Laker (2) eut, au contraire, un résultat bien différent. Il constata parfaitement l’existence de plaquettes dans le sang des vaisseaux de l’aile de deux espèces de chauves-souris murinus Qi Pie-
cotus aurüus), et il remarqua, avec raison, que ces vaisseaux de l’aile offrent, pour l’expérience en question, le grand avantage de présenter des ralentissements rythmiques du courant sanguin. Bien que ces ralentissements soient de courte durée, toutefois ils durent suffisamment pour que l’œil parvienne à discerner les plaquettes parmi les globules circulants.
Pour enlever de la valeur à ces expériences, sur l’aile de la chauvesouris, Lôwit (3) émet la supposition qu'il peut y avoir eu « trotz der scheinbar so einfachen, den normalen Verhâltnissen so nahe kommenden Versuchsbedingungen eine Schâdigung der Circulationsverhâltnisse ». Il avoue, cependant, qu’il n’a pas pu réussir « diese zu ermitteln » n’ayant pu se procurer les animaux nécessaires pour l’expérience. Il est difficile de dire de quel droit Lôwit suppose l’existence d’une altération circulatoire que, ni moi, ni Laker n’avons jamais remarquée dans nos expériences. Du reste, supposons que, dans quelques-uns des vaisseaux de l’aile, ait eu lieu un ralentissement de la circulation; si
(1) Lôwit, Arch. f exper. Pathol., vol. XXIII, p. 5; Yirch. Arch., vol. GXVII, p. 547, 1889.
(2) Laker, Yirch. Arch., vol. GXVl, p. 18.
(3) Lôwit, Yirch. Arch., 1888, vol. GXVII, p. 547.
cela suffisait pour produire des plaquettes, celles-ci, à plus forte raison, devraient être un constituant normal du sang, puisque, normalement, il se produit, certainement, des modifications plus considérables, à tout moment, chez tout animal et chez l’homme, suivant les mouvements respiratoires, les contractions des muscles, etc., et suivant que l’individu, en s’asseyant, en se levant, en s’étendant, comprime les territoires vasculaires, relativement très étendus, des parties sur lesquelles appuie le poids du corps.
Les observations sur l’aile de la chauve-souris fournissent donc un argument positif, direct, pour la démonstration de la préexistence des plaquettes dans le sang vivant, normal.
Contre cet argument positif, les arguments indirects, négatifs, mis en avant par Lôwit, ne peuvent avoir aucune valeur. Quand, dans ses expériences, il trouve que, dans des conditions déterminées, le sang manque de plaquettes, on ne peut en déduire que celles-ci n’existent pas dans le sang normal, vivant, et qu’elles soient le produit d’une altération de ce dernier ; on doit, au contraire, rechercher pour quelles raisons les plaquettes, dans les expériences de Lôwit, ne sont pas apparues aux yeux de l’observateur.
A dire vrai, j’ai consacré volontiers mon temps à confirmer mes observations précédentes sur l’existence des plaquettes dans le sangvivant, et je suis heureux d’y avoir pleinement réussi, dans l’aile de la chauve-souris; mais je n’ai ni le temps ni la volonté de répéter toutes les expériences de Lôwit, parce que, comme je l’ai dit, cette étude ne concernerait plus le nœud de la question, et qu’elle pourrait, tout au plus, éclairer quelques-uns des faits secondaires se rattachant à la vie ou à la constitution des plaquettes elles-mêmes. Et je me sens d’autant moins enclin à cette étude, que les expériences de Lôwit donnent, en général, des résultats si variables, suivant les circonstances dans lesquelles elles sont faites, et exigent, pour donner les résultats voulus par lui, le concours d’un tel nombre de conditions accessoires, et un tel cortège de précautions (1), que si on voulait les
(1) L’énumération, p. ex., des précautions pour l’examen du sang dans l’huile de ricin (une expérience dont je parlerai plus loin) n’occupe pas moins de 5 pages d'imprimerie {Yirch. Arcli., vol. GXVll, pp. 548-553), et, cependant, l’auteur a soin d’ajouter que cette énumération n’est pas encore complète; en effet, il écrit: «Hat man nun nach Rinhaltung dieser und nach zahlreicher anderer Vorsichtsmaasregeln, die im Folgenden noch nâher angeführt werden sollen, ein Blutprâparat hergestellt ... ».
G. BIZZOZERO
répéter on pourrait difficilement avoir la conscience tranquille et être >) certain de s’être placé dans toutes les conditions voulues par l’auteur. ’
Je me crois cependant en état de porter un jugement fondé sur les f trois expériences capitales de Lôwit. Elles concernent l’examen de la circulation dans le mésentère du rat blanc ( Wezssen Maus), l’examen { du sang recueilli dans une solution 20-25 7», de chlorure sodique, et t l’examen du sang dans l’huile. i
Pour l’examen du mésentère, il distendit la membrane dans l’huile ^ de ricin, et il affirme que, dans ces conditions, chez quelques animaux ’p « wâhrend der ersten Zeit der Beobachtung ausser rothen und vereinzelten weissen Blutkôrperchen ist sicher nichts Geformtes in dem i Gefâssinhalt vorhanden ». Les plaquettes deviennent visibles quand i on prolonge plus longtemps l’observation, mais elles ne sont jamais aussi I nombreuses que quand l’observation du mésentère se fait en employant, i au lieu de l’huile, la solution indifférente de chlorure sodique. j
Meme en voulant admettre que cette observation de Lowit ait été j faite d’une manière rigoureuse, elle n’autorise pas à en déduire, comme il le fait, qu’il n’existe pas de plaquettes dans le sang normal. Si on | pense à la constance et à la régularité avec lesquelles on voit les plaquettes circuler dans le mésentère tenu dans une solution indifférente, tiède, de chlorure sodique, et plus encore si l’on considère les i résultats obtenus de l’étude de l’aile de la chauve-souris, on devra en conclure simplement, que le mésentère, sous l’huile de ricin, se trouve en conditions anormales, et l’on pourra étudier quelles sont plus précisément les conditions qui, tantôt font disparaître les plaquettes, tantôt les laissent apparaître en quantité variable. Il pourrait se faire, p. ex., que la manière dont le mésentère fut extrait et préparé pour l’expérience, ou encore que l’application de l’huile de ricin donnassent lieu à des altérations des parois des gros vaisseaux qui distribuent le sang dans le mésentère, de manière que les plaquettes, retenues contre les parois des artères, n’apparussent pas du tout, ou n’apparussent qu’en quantité restreinte, dans les capillaires respectifs, aux yeux de l’observateur.
J'ai écrit plus haut les paroles: «même en voulant admettre que cette observation de Lowit ait été faite d’une manière rigoureuse » ; ces paroles renferment un doute sur la rigueur avec laquelle Lowit a conduit ses expériences, et ce doute trouve son explication dans l’étude, que j’ai faite, d’une autre des expériences sur lesquelles Lowit appuie son opinion, touchant la non-préexistence des plaquettes dans
le sang vivant. Il affirme (1) que si l’on mêle du sang de lapin ou de chien avec une solution 20-25 °/q, de chlorure sodique, on ne peut plus y reconnaître les plaquettes avec certitude. Cette absence des plaquettes ne peut être attribuée à la disparition de plaquettes existant précédemment dans le sang, puisque les plaquettes ne se dissolvent pas dans les solutions susdites de chlorure sodique ; de sorte que, selon Lowit, cette absence ne peut s’expliquer qu^ui admettant « dass unter Einwirkung des genannten Salzes das Amtreten von Blutplâttcben im Blute verhindert wurde ». D’après cela doit tomber, toujours selon Lowit, l’opinion que les plaquettes « prâformirte Gebilde des normalen circulirenden Blutes darstellen ».
Or, qui que ce soit , en répétant l’expérience , peut se persuader facilement (comme, du reste, l’a déjà remarqué Baker) que le résultat qu’on en obtient est tout à fait différent de celui qui a été exposé par Lowit. Même en usant de toutes les précautions suggérées par ce dernier, c’est-à-dire en faisant en sorte que « das Einfliessen des Blutes in die Kochsalzlôsung in ununterbrocbenem Strahl und die Vermiscbung beider Flüssigkeiten rasch und ohne Verzug erfolge », on verra toujours que, dans le mélange qui en résulte, les plaquettes sont clairement démontrables. En soumettant une petite goutte de ce mélange au microscope, on voit, çà et là, dans la préparation, des amas de fins granules pâles, dans lesquels se trouvent, d’ordinaire, plusieurs plaquettes. D’abord les plaquettes conservent la forme de disque et sont uniformément granuleuses. Cependant, elles présentent bien vite l’altération que, depuis longtemps déjà (2), j’ai observée dans les plaquettes traitées (sans parler d’autres réactifs) par les solutions 10 ”/(,, de chlorure sodique, c’est-à-dire que la substance des plaquettes se divise en deux portions, l’une très pâle et hyaline, l’autre granuleuse. Les granules de la plaquette se groupent dans une portion limitée de celle-ci, tandis que la substance homogène se gonfle et devient plus pâle et plus transparente. Nous avons, de cette manière, la transformation de la plaquette en une sphère pâle, hyaline, peu colorée; à un point de sa périphérie se trouve un petit amas granuleux, brillant, coloré assez fortement en violet. Cet amas est quelquefois de forme tout à fait irrégulière et peut faire saillie à la périphérie de la sphère; plus souvent, au contraire, il a une forme aplatie, de sorte que, quand
(1) Lowit, Wiener Sitzungsberichte, S. III, \ol. XG, p. 89.
(2) Bizzozero, Tirch. Arc/i., vol. XC, p. 281, et p. 22 de l’édit, italienne.
G. BIZZOZERO
il se trouve en position d’être vu de flanc, il apparaît sous la forme ; d’une demi-lune qui, dans un point donné, grossit le contour de la sphère; quand, au contraire, il est en position d’être vu à plat, il est moins brillant et de forme irrégulièrement circulaire.
A raison de cette altération il est bon, quand on veut s’assurer plus clairement de la présence de plaquettes dans le sang recueilli dans le chlorure sodique 20 °/o , de faire l’examen microscopique dès que le sang est extrait. Si l’on attend un peu, les plaquettes, en s’altérant, deviennent un peu moins visibles; en effet, la portion hyaline est très transparente, et échappe facilement à l’œil de l’observateur, et la portion granuleuse se confond facilement avec les granules pâles, albumineux qui, comme il a été dit, sont précipités par la solution saline ajoutée au sang, et se réunissent en amas autour des plaquettes.
Par l’action de la solution sodique, un grand nombre de globules rouges deviennent sphériques, perdent leur substance colorante qui sé répand dans le liquide, et deviennent ainsi comme de petits cercles pâles, à peine visibles avec de forts grossissements. Ils ressemblent aux plaquettes altérées de la manière qui a été indiquée plus haut; toutefois, on ne peut jamais les confondre avec ces dernières. En effet, j les plaquettes sont généralement plus petites et une portion de leur I corps est toujours constituée par une substance granuleuse.
Du reste, pour se persuader que l’observation de Lowit est inexacte, il n’est pas nécessaire de recourir à une expérience sur le lapin ou sur le chien. Dans son travail (1), Lowit écrit: « Lasst man Menschenblut aus der angestochenen Fingerspitze direct in 10-25 ®/o igen Kochsalzlosungen in der bekannten Weise einfliessen, so überzeugt man sich, dass auch für diese Blutart das Gleiche, wie für Kaninchenund Hundeblut gilt ». J’ai répété plusieurs fois cette observation, et, toujours, en examinant la préparation avec un bon objectif à immersion homogène, j’y ai vu très clairement les plaquettes; je ne puis com- ' prendre qu’elles aient échappé à l’observation de Lowit. Ici encore, dès le commencement elles sont discoïdes et granuleuses, ensuite elles s’altèrent comme les plaquettes des animaux, et se divisent en les deux substances, hyaline et granuleuse.
La 3® expérience sur laquelle Lowit s’appuie pour nier la préexistence des plaquettes est, en résumé, la suivante (2): On distend une
(1) Lowit, Wiener Sitzungsher., vol. XG, p. 91.
(2) Lowit, Virch. Arch., vol. GXVII, p. 548.
couche d’un mélange convenable d’huile de ricin et d’huile de foie de morue sur un porte-objet chauffé à 37°-38“ G. , et l’on y laisse tomber une petite goutte de sang humain dès qu’il est extrait du bout d’un doigt; le doigt a été piqué à travers une couche de la même huile, de manière que le sang sortant de la blessure se trouve immédiatement en contact avec cette huile. Le sang, sur le couvre-objet, reste ramassé, en une goutte opaque, et ne peut, par conséquent, être examiné au microscope. Toutefois, si le mélange d’huile est fait en proportions convenables, après 2-3 minutes, la goutte de sang descend dans l’huile et se distend sur la superficie du verre porte-objet. De cette manière « bildet sich am Rande des Tropfens eine derartig dünne Randzone von wechselnder Breite, dass in derselbe die kôrperlichen Elemente des Blutes mit voiler Klarheit und Schârfe erkannt und untersucht werden hônnen ». Or dans cette « Randzone kann man sich mit voiler Sicherheit davon überzeugen , dass Blutplattchen in derselben nicht vorhanden sind ». Selon Lôwit, cela veut dire que, en dehors des globules rouges et des globules blancs, il n’y a pas d’autres éléments morphologiques dans le sang vivant.
« Wenn man nun aber, nachdem man sich in einem Prâparate von der Ahwesenheit der Blutplattchen ueberzeugt hat, auf dasselbe rasch ein mit erwârmtem Oele gut bestrichenes Deckglas vorsichtig unter moglichster Vermeidung eines stârkern Druckes auflegt, so wird man stets die Gegenwart zahlreicher Blutplattchen in dem gleichen Pràparate, in dem vor dem Auflegen des Deckglases keine Plâttchen sichthar waren, an allen Stellen, \vo das Blut in hinlânglich dünner Schicht gelagert ist, constatiren kônnen. Durch die walirsclieînlicli mechanische WirUung des DecUglases sind also BlutplôMchen im Blute zum Vorschein gelwmmen ».
J’ai rapporté l’expérience de Lôwit, laissant de côté toutes les particularités qui concernent son exécution, lesquelles, comme je l’ai dit, occupent plus de 5 pages, et j'ai donné ses conclusions. Je ne soulève aucun doute sur les résultats de l’expérience, mais, l’ayant répétée plusieurs fois, je me crois autorisé à en donner une explication et à en tirer des conclusions qui sont bien différentes de celles de Lôwit.
L’huile n’est pas une substance indifférente, pour le sang. En effet, Lôwit lui-même a observé qu’elle occasionne, dans un temps variable (5-7 minutes), « eine Auslaugung des Hamoglobins aus den rothen Blutkôrperchen ». Même en laissant cela de côté, et en faisant abstraction de toute action chimique, l’huile agit sur les éléments du sang
G. BIZZOZERO
comme un corps étranger; en se trouvant en contact avec elle, les plaquettes s’altèrent, se groupent en petits amas, et, après peu de | temps, la coagulation se produit dans la goutte de sang. Nous pou- h vous nous persuader de ce fait en disposant une couche d’huile sur j différents porte-objet, en déposant une goutte de sang dans l’huile, sur [ chacun de ces derniers (1) et en couvrant la goutte avec un couvreobjet, à des intervalles de temps différents après que la goutte a été : déposée dans l’huile. Le résultat que l’on obtient est différent suivant le temps écoulé entre la déposition de la goutte dans l’huile, et l’ap- ; plication du couvre-objet sur elle. Si, par ex., le couvre-objet est ap- : pliqué après une minute, on verra que le sang, sous la pression de celui-ci, s’échappe presque tout vers les bords du petit verre et laisse, au point où il se trouvait d’abord, une tache rouge assez transparente pour pouvoir être examinée au microscope. Or, dans cette tache, on verra encore, outre les globules rouges et globules blancs, de nombreux amas de plaquettes, déjà devenues anguleuses.
Si le couvre-objet est appliqué après un temps plus long (2), on observe les mêmes faits, mais le sang s’échappe plus difficilement et, parmi les plaquettes devenues plus anguleuses, on remarque déjà des réseaux fibrineux évidents.
Si l’on attend encore davantage, la goutte est transformée en un caillot compact et, par conséquent, elle s’aplatit, mais ne peut s’é- i chapper sous la pression. Cette coagulation a lieu, même, si l'on a soin d’enduire le porte-objet avec de la vaseline avant d’y étendre l’huile.
Gela établi, il est facile d’expliquer comment Lowit a obtenu ses résultats. Quand il dépose la goutte de sang dans l’huile, elle est toute rassemblée en une sphère opaque, dont les éléments, pour cette raison, ne peuvent être distingués au microscope. La « Randzone » trasparente ne se forme qu’après 2-3 minutes , c’est-à-dire à un moment où les plaquettes se sont déjà réunies en amas et se sont déjà fixées, par le moyen de fils de fibrine, dans l’intérieur de la goutte de sang. Elles ne peuvent donc apparaître dans la Randzone transparente qui se
(1) Naturellement le sang était obtenu en piquant le doigt à travers une couche d’huile, il était déposé sur le porte-objet aussitôt sorti de la blessure, et le porteobjet était maintenu à 37o-38° G.
(2) On ne peut préciser le temps, parce que, comme on le sait, la rapidité de la coagulation d’un même sang varie suivant de nombreuses circonstances qu il est difficile de préciser.
forme autour de la goutte de sang; la Randzone est formée seulement par le sérum et par les éléments qui sont encore libres des réseaux fibrineux, c’est-à-dire par les globules rouges et par les globules blancs (1). — Quand Lowit (2), en agitant la goutte avec une « feine Stahl- oder Glasnadel », voit aussi apparaître des plaquettes dans la Randzone, ce n’est pas, comme il le veut, que celles-ci apparaissent parce qu’elles se sont produites ga; novo, sous l’influence mécanique du corps étranger. Le fait s’explique en considérant que le corps étranger déplace violemment les plaquettes déjà fixées, et en pousse une partie jusqu’à la Randzone.
Ensuite, quand Lowit applique le couvre-objet sur la goutte de sang, il est nécessaire, pour obtenir que celle-ci, tout à fait opaque, devienne aussi transparente qu’il le faut pour être examinée au microscope, il est nécessaire, dis-je, qu’en la comprimant avec le couvre-objet, il la réduise en une couche très mince ; en faisant ainsi, les éléments encore libres, c’est-à-dire les globules rouges et les blancs, s’échappent sous le couvre-objet, mais les plaquettes, ainsi qu’il a été dit, ne le peuvent pas, de sorte qu’elles apparaissent à l’œil de l’observateur. Elles ne se forment donc pas par l’application du couvre-objet; cette application ne sert qu’à les rendre visibles en chassant les autres éléments qui rendaient opaque la couche de sang dans laquelle elles étaient contenues.
De ce qüe j’ai exposé il me semble pouvoir déduire les conclusions suivantes: 1° les observations faites sur l’aile de la chauve-souris démontrent que les plaquettes sont un constituant normal du sang vivant de cet animal ; 2'’ les observations et les expériences de Lowit ne démontrent pas qu’il n’en est pas de même chez les animaux qui furent l’objet de ses. études; 3“ au contraire, les observations faites sur le mésentère et sur le sang extrait de plusieurs mammifères, permettent de regarder, comme un fait général, que les plaquettes sont un constituant morphologique normal du sang vivant des mammifères.
(1) Selon Lowit (loc. cit., p. 555), si l’expérience se fait à une température seulement de 30o-35° G., on voit, dans la Randzone, non seulement les globules rouges et blancs, mais encore des plaquettes. Je ne puis confirmer que l’apparition des plaquettes dépende de la température. On ne peut voir les plaquettes dans la Randzone que dans les cas où celle-ci s’est formée avant que les plaquettes aient été fixées dans la goutte de sang par la coagulation initiale.
(2) Lowit, loc. cit., p. 554.
Archives italiennes de Biologie. — Tome XVI.
G. BIZZOZERO
IL — Sar la possibilité de déponiller le sang de ses plaquettes et sur la rapidité de reproduction de ces dernières.
Dans le courant de l’année dernière, mon assistant, le D" Salvioli, U» désirant approfondir quelques questions concernant la pathologie des brûlures par 'l’eau chaude, me demanda par quelle méthode il pour- tii rait dépouiller le sang d’un animal vivant de toutes, ou presque toutes, ses plaquettes. Pour répondre à sa demande j’ai dû revoir une série d’expériences que j’avais faites en 1884 et que, avec quelques autres, H absorbé par d’autres travaux, j’ai laissées inédites jusqu’à présent; une I fois que je les ai eues en mains , il m’a semblé opportun de les pu- [i blier. C’est ce que je fais aujourd’hui, toutefois après avoir contrôlé fl pleinement ce que j’avais vu il y a 6 ans, en répétant, cette année, f les mêmes expériences.
Je m’étais proposé un triple but: je voulais voir si l’on pouvait | priver entièrement, ou presque entièrement, le sang des mammifères \ de ses plaquettes, quelles en étaient les conséquences, et avec quelle \ rapidité les plaquettes se régénéraient. 1
Pour donner suite à mon projet, j’ai tiré parti d’un fait que j’avais découvert il y a plusieurs années, et publié dans mon travail sur les plaquettes (1); dans la défibrination du sang par le battage, on peut distinguer deux périodes: dans une première, sur les baguettes qui servent pour le battage, se précipite une grosse couche de plaquettes ; dans une seconde période, sur la couche de plaquettes, déjà fondues en une masse granuleuse, se précipite une couche de fibrine. Avec le battage, le sang se prive donc, non seulement de sa fibrine, mais encore de ses plaquettes.
Si, donc, il était possible , chez un animal , d’enlever tout le sang, de le défibriner et de l’injecter de nouveau, on obtiendrait facilement un animal avec du sang transitoirement privé de plaquettes. Mais comme l’extraction complète du sang, à un animal vivant, n’est pas possible, il est nécessaire de procéder par degrés. D’abord, il faut pratiquer seulement l’extraction de sang qui est encore compatible avec la conservation de la vie (c’est-à-dire environ la moitié du sang de l’animal), le défibriner et l’injecter de nouveau dans l’animal, et répéter cette opération autant de fois qu’on le croit nécessaire pour
(1) Bizzozero, Virch. Arch., vol. XG, S. 310 et p. 52 de l’édit, italienne.
arriver au but et que cela est possible sans compromettre la vie de l’animal. Si l’on admet que, dans l’intervalle entre une opération et l’autre, le sang défibriné se mêle uniformément avec le sang resté dans l’animal, il est clair que, après la première opération, la quantité des plaquettes contenues dans tout le sang correspondra à la moitié de celles qui y étaient contenues à l’origine; après la seconde opération, elle correspondra à la quatrième partie; après la troisième, à la 8“® partie; après la quatrième, à la 16® partie; après la cinquième, à la 320, et ainsi de suite, de sorte que, p. ex. , après la dixième extraction de sang, celui-ci contiendra encore des plaquettes, mais en quantité extrêmement petite.
La durée de l’opération est plutôt longue (plus de deux heures), mais les animaux peuvent la supporter assez bien, et après 24 heures ils peuvent être gais et nullement souffrants. Dans les jours qui suivent l’opération, on remarque souvent, hémoglobinurie ou hémorragies intestinales, légères et de courte durée. Dans quelques cas seulement l’issue est fatale, et, de cela, il a déjà été rendu compte ailleurs (1). Le sang était extrait de la carotide, recueilli dans une capsule de porcelaine maintenue tiède au bain-marie, défibriné avec des baguettes de bois, filtré à travers de la toile et injecté dans la jugulaire externe par le moyen d’un appareil très simple. Celui-ci, en effet, consistait en un grand entonnoir de verre tenu à la hauteur de 50-60 cm. au-dessus du plan de la table sur laquelle on opérait et se terminant, au bas, en un tube de gomme élastique qui, à son tour, se terminait, à l’extrémité inférieure, en une canule de verre qu’on introduisait dans la jugulaire.
Avec le renouvellement des saignées, le sang devient toujours moins coagulable ; à la 7® ou à la 8®, en laissant le sang à lui-même dans une capsule de porcelaine, on constate que, ou bien il ne coagule plus, ou bien, s’il coagule, la fibrine est réduite à de rares trabécules que l’on voit seulement quand on traverse la couche de sang avec un bâtonnet ou une petite pince. Si l’on examine ce sang quelque temps après son extraction, on y aperçoit, extraordinairement rares, de petits groupes de plaquettes anguleuses et pourvues de multiples prolongements filiformes qui s’entrecroisent entre eux. Les leucocytes y sont également très rares.
(1) Bizzozero et Sanquirigo, Sul destina dei glohuli rossi nella trasfusione di sangue defihrinato {Arch. per le scienze med., vol. IX, 1886).
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Pour compter les plaquettes du sang, je n’ai pas voulu, comme rî d'autres, me servir simplement du compte-globules, parce que, dans n ces appareils, les éléments du sang doivent passer par les instruments i . mesurateurs dès qu’ils sont extraits des vaisseaux, et avant d’être i) fixés avec des réactifs opportuns. Dans ces conditions les plaquettes ii restent adhérentes, en grand nombre, aux surfaces des instruments i| avec lesquels elles sont mises en contact, et donnent ainsi une erreur, : | en moins, dans la numération. — Ainsi que l’ont déjà fait Laker (1) !j et Fusari (2), j’ai pris une voie un peu plus longue, mais plus sûre. !
Pour connaître le nombre des plaquettes contenues dans l’unité de i mesure (1 mm^) de sang, je faisais deux observations distinctes dans f deux préparations différentes, c’est-à-dire: 1° dans une préparation, je t déterminais le rapport numérique entre les globules rouges et les i plaquettes; 2» avec le compte-globules je déterminais le nombre des \ globules rouges contenus dans 1 mm^ du sang à examiner. Après avoir \ obtenu ces données, au moyen d’une simple proportion j’obtenais le nombre des plaquettes. Si, p. ex., j’avais trouvé que pour chaque plaquette on comptait 20 globules rouges, et que dans 1 mm^ de sang étaient contenus 4.000.000 de globules rouges , il est clair que 20 : 1 = 4.000.000 ; X • Pai* conséquent, dans 1 mm^ de sang, on comptait 200.000 plaquettes.
Pour déterminer le rapport entre plaquettes et globules rouges, j’opérais de cette manière: Après avoir bien rasé le point de l’oreille d’où je voulais extraire le sang, j’y déposais une goutte d’un liquide formé de
solution d’acide osmique 1 % parties 1,
solution de chlorure sodique 0,70 % ... parties 3,
puis, avec un bistouri ou une lancette, à travers la couche de liquide, je blessais un vaisseau de la peau placée en dessous; le sang qui en sortait se trouvait ainsi directement en contact avec le liquide fixateur. — Ou bien, après avoir rasé l’oreille, je blessais le vaisseau et je faisais tomber la première goutte de sang qui sortait, dans deux grammes de solution, 14 7o > de sulfate de magnésie, et je mêlais rapidement avec un bâtonnet de verre. — Une petite goutte de l’un ou de l’autre de ces mélanges était portée sur un porte-objet, puis recou-
(1) Laker, Wien. Akad., S. 111, vol. XGIII, 1886.
(2) Fusari, Arch. per le scienze med.^ vol. X, 1886, p. 235.
verte avec un couvre-objet dont les bords étaient entourés d’un filet d’huile d’olive qui servait à empêcher l’évaporation et à supprimer les mouvements fréquents qui, sans elle, ont lieu dans les éléments de la préparation. A ce point, la préparation était soumise au microscope. Pour faciliter la numération, j’employais un oculaire quadrillé et j’armais le microscope d’un objectif à immersion homogène, afin qu’aucune plaquette ne m’échappât et que je pusse bien distinguer ce qui était plaquette de ce qui ne l’était pas.
Tout d’abord j’essayai le même sang, aussi bien avec la méthode à l’acide osmique qu’avec celle au sulfate de magnésie, et la concordance des résultats que j’en obtins me persuada de leur bonté. Je ne veux pas nier qu’avec ces méthodes il ne se perde des plaquettes, mais, de toute manière, avec elles, beaucoup mieux qu’avec celles qui sont appliquées avec les compte-globules, on limite le contact des plaquettes avec les corps étrangers et, en outre, ce contact a lieu quand elles ont déjà subi l’action du liquide fixateur.
Le même vaisseau qui m’avait fourni le sang pour compter les plaquettes, m’en fournissait aussi pour compter les globules rouges; et pour cela, j’employais le compte-globules de Thoma-Zeiss.
Je transcris maintenant deux expériences qui donneront une idée da la manière avec laquelle j’ai procédé et des résultats que j’ai obtenus. La première est choisie parmi les expériences faites, en 1884, la seconde, au contraire, fut faite il y a quelques mois.
Expérience I. — 17 mai 1884.
Chien robuste, campagnard, poids kg. 17. A jeun depuis hier.
Avant l’opération le sang donne, par mm^, globules rouges, 5.224.000, et, plaquettes, 210.640 ; c’est-à-dire 1 plaquette chaque 24,8 globules.
On extrait, de la carotide, la moitié, ou un peu plus, du sang de l’animal, on le défibrine, on le filtre et on l’injecte de nouveau à l'animal. On répète par neuf fois cette opération. L’animal y résiste très bien. — A la troisième saignée, la fibrine précipite encore en certaine quantité sur les bâtonnets qui battent le sang. Le sang de la 9® saignée , laissé à lui-même dans une capsule de porcelaine, acquiert, après 6 m', une consistance légèrement crémeuse, et, en en examinant au microscope une petite goutte, additionnée d’eau (pour rendre invisibles les globules rouges), on voit quelques filaments striés de fibrine, avec des leucocytes. Cependant, en le laissant à lui-même jusqu’au jour suivant, cette consistance crémeuse disparaît et le sang se présente tout liquide, et divisé en deux couches, la couche plasmatique et la couche inférieure, des globules rouges.
Sang de l’oreille dès que l'opération est finie:
G. BIZZOZERO
1 plaquette sur 1280 globules rouges, par mm^: globules rouges, 5.833.000 plaquettes 4.557.
18 mai. — Depuis hier le chien n'a ni mangé, ni bu, ni émis d’urine ou de fèces. 11 est vif et, apparemment, en bonne santé. Dans le sang de l’oreille je comptai les globules rouges aussi bien que les plaquettes et les leucocytes. Sur 1200 des premiers je trouvai 8 leucocytes et 4 plaquettes. Dans cette période, les dernières sont donc moins nombreuses que les premiers, le contraire de ce qui a lieu normalement
1 plaquette sur 300 globules rouges par mm^ : globules rouges 5.800.000 plaquettes 19.333.
Un peu après l’examen on alimente l’animal ; il mange et boit avidement.
19 mai. — Le chien continue à manger avidement ; il est assez vif. Urine claire.
Sur 3456 globules rouges, je compte 37 plaquettes et 38 leucocytes.
1 plaquette sur 93,4 globules rouges par mm^ : globules rouges 4.375.000 plaquettes 46.842.
20 mai. — Le chien continue à se bien porter. Toutefois, tandis que jusqu’à hier (48 heures après l’opération) les urines étaient claires, celles de cette nuit sont d’une couleur rouge sombre, et, au spectroscope, elles donnent la réaction de la méthémoglobine.
Sur 2089 globules rouges je compte 59 plaquettes et 7 leucocytes.
A cette heure, les plaquettes sont donc déjà plus nombreuses que les leucocytes.
1 plaquette sur 35,4 globules rouges par mm^: globules rouges 4.420.000 plaquettes 124.860.
22 mai. — Le chien s’est touiours bien porté. Depuis hier les urines sont redevenues claires. Je trouve
1 plaquette chaque 13,3 globules rouges par mm^; globules rouges 4.861.000 plaquettes 365.000.
En cinq jours, le nombre des plaquettes du sang a donc dépassé celui que l’on avait avant l’opération.
Expérience II. — 15 juillet 1890.
Chien adulte, à poil long; poids kg. 5,75.
Avant l'opération :
1 plaquette sur 12 globules rouges par mm^: globules rouges 4.794.500 plaquettes 399.540.
On pratique 8 saignées chez l’animal, lui extrayant respectivement 150-120-120-
160-135-180-130-130 grammes de sang. L’opération est très bien supportée. A partir de la 6® saignée le sang cesse de coaguler.
Après l'opération, les plaquettes sont si rares dans le sang, que je regarde comme superflu d’en faire l’énumération. En effet, dans chaque préparation microscopique de sang (faite avec la solution osmique) je ne parviens à voir qu’une dizaine de plaquettes, et même, elles apparaissent déformées , pourvues de courts prolongements filiformes.
16 juillet. — L’animal est vif.
Dans le sang de l’oreille:
1 plaquette sur 106 globules rouges par mm^: globules rouges 4.117.700 plaquettes 38.847.
17 juillet. — Depuis hier le chien a eu un peu de diarrhée, légèrement sanguinolente. Urines normales.
1 plaquette sur 47 globules rouges par mm^: globules rouges 4.166.700 plaquettes 88.655.
18 juillet. — L’animal se porte très bien ; il mange avec appétit ; les urines se maintiennent claires.
1 plaquette sur 35 globules rouges par mm^: globules rouges 2.723.400 plaquettes 106.390.
19 juillet. — Animal vif comme hier.
1 plaquette sur 22 globules rouges par mm^: globules rouges 3.684.200 plaquettes 167.470.
20 juillet. — 1 plaquette sur 18 globules
par mm^: globules rouges 3.804.400 plaquettes 211.400.
21 juillet. — Le chien, comme les jours précédents, se porte toujours très bien.
1 plaquette sur 11 globules par mm^: globules rouges 4.516.100 plaquettes 410.560.
Ainsi qu’il ressort de ces expériences, la régénération des plaquettes du sang est, sans comparaison, plus rapide que celle des globules rouges, et s’accomplit en 5 ou 6 jours. Gela concorde avec ce qu’ont déjà trouvé Hayem (1), Fusari (2) et d'autres expérimentateurs, en
(1) Hayem, Leçons sur les modifications du sang, etc. Paris, 1882.
(2) Fusari, 1. c.
392 G. BIZZOZERO — SUR LES PLAQUETTES DU SANG DES MAMMIFERES h
pratiquant des saignées chez les animaux, ou en étudiant ce qui a lieu, dans des cas pathologiques, chez l’homme. , ;
Je ne sais comment s’accomplit cette régénération, et, à dire vrai, je n’ai pas fait de recherches spéciales pour la solution de cette ques- jpi tion. — En énumérant les plaquettes je devais , naturellement , en examiner la forme pour m’assurer de leur véritable nature. Eh! bien, \i en le faisant, je n’ai jamais rencontré de figures qui indiquassent le il processus de karyokinèse que quelques observateurs récents veulent ^ également admettre comme mode de régénération dans les plaquettes il du sang. J’ai remarqué seulement que, dans les jours qui suivaient la fi saignée, on trouvait, en certain nombre, des plaquettes plus grandes que M les normales, même du double, parfois allongées, et quelques-unes |l aussi en forme de biscuit. Mais il ne serait nullement justifié d’inter- f' prêter simplement ces formes comme étant les différents stades d’un ) processus de scission des plaquettes. !
En résumant le résultat de ces expériences, et en laissant de côté i' tout ce qui, en elles, concerne la très grande résistance des globules j rouges aux extractions répétées, battages, filtrations, etc. (puisqu’il j en a déjà été parlé ailleurs (1)), je crois que l’on peut affirmer ce j qui suit: ,
1° En alternant plusieurs fois, chez les chiens, la saignée et ensuite la transfusion du sang, ainsi enlevé et défibriné, le sang arrive à être dépouillé presque complètement de ses plaquettes et devient incoagulable;
2° Cette altération du sang peut être facilement supportée par l’animal, ce qui démontre que les plaquettes ne sont pas indispensables à la vie, ou, du moins, que celle-ci peut continuer alors même que leur nombre est considérablement diminué ;
3° La régénération des plaquettes est très rapide, puisque, dans un sang qui en a été presque entièrement dépouillé, leur nombre, en 5 jours, peut, non seulement égaler, mais dépasser celui qu’on avait avant l’opération.
(1) Bizzozero et Sanquirico, loc. cit.
E'V'XJ E s
Quelques recherches pharmacologiques sur l’éther éthyl*salicjlique (1)
par le L. SABBATANI.
L’éther salicylique ou salicylate d’éthyle a des propriétés générales peu différentes de celles de l’acide salicylique. Il peut être administré à un homme, à la dose de 1 gramme, sans produire aucun trouble; il laisse seulement une saveur nauséabonde. Des doses un peu plus fortes (3 gr. en 12 heures) produisent des selles, sans cependant jamais déterminer une véritable diarrhée. Dans ces cas, on obtient des sueurs profuses qui, toutefois, se présentent longtemps après l’administration de cette substance. Même en ce qui concerne son action anti-pyrétique, elle n’est pas à préférer au salicylate de soude.
Si l’éther éthyl-salicylique est administré à un chien, à une dose non supérieure k un demi gramme par kilog., on obtient diarrhée, inappétence et vomissement le jour suivant, mais l’animal se rétablit vite. Si la dose arrive à un gramme par kg., alors on a une véritable gastro-entérite hémorragique, et même la mort.
Le salicylate d’éthyle est absorbé par les voies digérantes, cependant il est d’abord décomposé, dans le tube gastro-entérique, par le suc pancréatique, et il entre dans la circulation, sous forme d’acide salicylique, ou libre ou combiné aux alcalis, puis il se répand dans toutes les parties de l’organisme et passe dans les urines en même temps que l’acide salicylurique.
Si l’on injecte un gramme de salicylate d’éthyle, rendu soluble dans l’eau avec une adjonction d’hydrate sodique , dans la circulation sanguine d’un chien de 14 à 20 kilog., on obtient la mort rapide par paralysie cardiaque. Au contraire, on peut, sans aucun préjudice, injecter des doses même plus fortes, pourvu que, dans l’injection, on procède lentement et à plusieurs reprises. Le salicylate d’éthyle, mis dans les terrains de culture , empêche le développement des microorganismes séminatifs, montrant ainsi qu’il possède un fort pouvoir antiseptique; c’est pourquoi il serait très bien indiqué comme désinfectant du tube digérant.
(1) Annali di chimica e di farmacologia, vol. XIII, n. 5, 1891.
REVUES
Snr les propriétés de Pantîtoxlne dn tétanos (1)
par les Prof. G. TIZZONI et G. CATTANI.
Dans cette note les AA. rapportent une série de recherches faites dans le but ,i d’étudier les propriétés de l’antitoxine du tétanos, c’est-à-dire de la substance qui, r* dissoute dans le sang des animaux rendus réfractaires, empêche le poison tétanique i ' d’agir. Ils prenaient du sérum de sang de chien rendu réfractaire au tétanos, et ; ils le conservaient dans des éprouvettes stérilisées, ensuite ils le soumettaient à divers agents physiques et chimiques, puis ils mélangeaient le contenu des difFé- il rentes éprouvettes avec Yg cmc. de culture tétanique, et recherchaient si les cul- Ij tures étaient encore virulentes chez les lapins. Les faits observés par les AA. sont les suivants: L’antitoxine du tétanos présente peu de résistance à la chaleur, puis- î que, à 65° G., son pouvoir antitoxique est affaibli, et, à 68° G,, complètement éteint ; ce fait engage à croire que l’antitoxine appartient aux substances albuminoïdes. i
L’antitoxine n’est pas dialysable. L’acide chlorhydrique, dans la proportion de î de goutte pour 5 gouttes de sérum, détruit le pouvoir de cette substance; seul l’acide lactique agit dans des proportions plus fortes.
Les alcalis, s’ils sont à petite dose, n'ont aucune action sur l’antitoxine; au contraire, ils la détruisent s'ils sont à doses fortes. Les sels neutres n'ont aucune I action sur elle, et elle peut précipiter ou être entraînée mécaniquement par ces I sels, sans perdre ses propriétés. En suivant la méthode de Schmid et Willich, les AA. purent se convaincre que cette substance a tous les caractères d’un ferment qu’on ne doit cependant pas confondre avec le fibrino-ferment , puisqu’ils ont vu que ce ferment, à l’opposé du fibrino-ferment, n’est pas décomposé par l’extrait de sangsues.
Recherches ultérieures sur l’antitoxine du tétanos (2)
par les Prof. G. TIZZONI et G. CATTANI.
Dans la note précédente, les AA. avaient examiné quelques-unes des propriétés de l'antitoxine du tétanos. Maintenant, continuant les expériences habituelles, ils se sont proposé d’étudier si cette substance appartient aux sérines ou aux globulines, et si elle se trouve, non seulement dans le sang, mais encore dans les muscles et dans les viscères des animaux rendus réfractaires au tétanos. Parmi les nombreuses méthodes conseillées pour isoler les globulines du sérum du sang, ils se sont conformés à celle qui a été conseillée par Hammarsten, c’est-à-dire en précipitant les globulines avec le sulfate de magnésie. De cette manière ils ont obtenu un précipité qui, séparé du sel de magnésie, par le moyen de la dialyse, détrui-
(1) Atti délia R. Accad. dei -Lincei, vol. VII, fasc. 8, l®*" sém.
(2) Atti délia R. Accad. dei LineeU vol. Vil, fasc. 9, l®*" sém.
REVUES
sait complètement le poison du tétanos. Ce résultat a quelques points de ressemblance avec celui qui a été obtenu par Hankin, lequel trouva dans la rate de rats charbonneux, une globuline capable d'arrêter le développement du bacille. Outre d’autres caractères différentiels, la substance trouvée par Hankin est germicide, tandis que l’antitoxine du tétanos est antitoxique.
Relativement aux autres questions, les AA. ont vu que le sang, même s’il est recueilli de l’artère sous alcool, est actif contre le poison du tétanos, tandis que le caillot qui reste après la séparation du sérum n’est pas actif. — L’antitoxine du tétanos ne se trouve ni dans les muscles, ni dans le foie, ni dans la rate; dans le sang, elle se trouve principalement dans le sérum.
En dernier lieu les AA. voulurent voir si l’antitoxine conservait ces propriétés, même si on l’injectait à l’animal, par diverses voies, avant ou après l’injection de poison tétanique; mais ici, les résultats obtenus, aussi bien chez le lapin que chez le Mus decumanus alhinus, sont un peu contradictoires : chez le lapin, le poison tétanique agit avec l’intensité habituelle; chez le Mus decumanus alhinus, l’injection intra-péritonéale d’antitoxine sèche, dissoute dans l’eau, lui confère l’immunité; immunité qui, toutefois, dure très peu. Cependant, quand le tétanos s’est déjà développé, le rat même ne peut plus être sauvé par les injections d’antitoxine, pas plus du reste qu’il ne pouvait l’être par les injections de sérum de sang de chien réfractaire.
Sur le développement des prolongements de la pîe-mère dans les scissures cérébrales (1)
par le Prof. G. VALENTI.
L’A., après avoir rappelé que la question concernant la genèse des prolongements de la pie-mère est très débattue entre les différents histologistes et anatomistes, rapporte le résultat de ses observations. 11 étudia de préférence le cerveau des lapins auxquels, pour mettre les vaisseaux sanguins en évidence, on injectait, ou du sang, ou du liquide de Millier, ou du nitrate d’argent à 0,50 %, ou du bleu de Prusse. Quand les scissures cérébrales sont à peine visibles, comme dans le cerveau des lapins de 25 à 26 jours de développement embryonnaire, la pie-mère, non encore différenciée de l’arachnoïde, suit les dépressions du cerveau en envoyant des vaisseaux dans ce dernier; de plus, elle est retenue adhérente à la substance cérébrale, au moyen de nombreuses cellules pourvues de prolongements qui , probablement, représentent les éléments mésenchymaux destinés à devenir, en partie, névroglie. Chez le lapin à terme, la pie-mère commence à se rendre indépendante de la superficie cérébrale, parce que les éléments cellulaires diminuent, et, au niveau des sillons, elle se divise en deux feuillets qui laissent un espace triangulaire lequel, avec la progression du développement, se remplit de filaments connectivaux
(1) Atti délia Società Toscana di scienze naturali. Mémoires, vol. Xll.
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et vasculaires. On voit ensuite que le feuillet interne de la pie-mère suit passivement les modifications de la superficie cérébrale, à cause des adhérences qui unis- üj sent ces deux parties entre elles, et que le prolongement connectival n’est pas dû e à une plus active prolifération des éléments cellulaires au niveau des sillons. L’A. a également dirigé son attention sur la substance cérébrale, mais il n’a jamais pu voir aucune différence histologique dans les points de la vésicule cérébrale correspondant à la formation des scissures.
Action (le Peau oxygénée sur le sang (1)
par le IK L. FINAZZI. : ;
L’A. a entrepris des recherches sur l'HgOg, dans le but de combler quelques il lacunes qui existent sur ce sujet, et principalement d’établir quel rôle joue, dans f
l’empoisonnement par l’eau oxygénée , l’action chimique de l’oxygène sur le sang *
et sur les tissus.
11 fit des expériences sur des grenouilles, des lapins et des chiens, en fixant plus ' particulièrement son attention sur les altérations du sang, et sur les échanges respiratoires.
Il constata que l’eau oxygénée exerce une action puissante sur le sang, qui de- ■ vient noir, présente une nouvelle raie d’absorption, et diminue en quantité. Les diverses classes d’animaux réagissent différemment à l’action de l’Hg Og. Les grenouilles, à la température ordinaire, sont peu sensibles à l’Hg Og, mais si on élève la température jusqu’à 35“ G., elles se comportent comme les autres animaux. Les lapins résistent très faiblement à l’Hg Og , et , pour cette raison , on ne peut pas analyser avec précision l’action du poison sur ces animaux. Chez les chiens, on a un tableau phénoménique clair et bien marqué. Dans une première période, qui suit l’injection de l’Hg Og, on a, dans l’échange respiratoire, une augmentation considérable de la quantité de GOg émise , augmentation qui est probablement due à une puissante oxydation des tissus, produite par l’O naissant. Ensuite la quantité de GOg émise descend au-dessous de la normale, parce que les oxydations trop considérables de la première période ont été faites aux dépens des matériaux du sang et des tissus.
L’A. conclut que , dans l’empoisonnement rapide, la mort est due à une cause mécanique (embolie gazeuse). G’est seulement dans l’empoisonnement lent qu’on peut constater l’action particulière de l’eau oxygénée. On a, dans ces cas, une destruction lente et graduelle des éléments du sang, qui aboutit à un état de marasme. La mort arrive sans phénomènes remarquables, et n’a rien de commun avec celle qui est produite par l’oxygène comprimé.
(1) Sicilia medica, ann. II, fasc. 9.
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Les altérations dn sang dans les infections expérimentales (1) par B. PERNICE et G. ALESSI.
Les AA. ont étudié les altérations du sang dues k la présence de quelques microorganismes des mieux définis, pour les mettre en rapport avec celles qui ont été trouvées chez l’homme dans quelques maladies produites par les mêmes agents. Ils ont entrepris aussi des recherches sur quelques microorganismes non pathogènes.
Les expériences furent faites avec des cultures pures de bacilles du charbon, du typhus, de la diphtérie, du choléra, de la tuberculose, du tétanos et de micrococcus de la pneumonie (pneumococcus de Fraenkel et de Friedlânder), staphylococcus pyogènes aureus. Des microorganismes non pathogènes ils choisirent le micrococcus prodigiosus, la sarcina lutea et le micrococcus flavus.
Ils expérimentèrent aussi avec des cultures stérilisées et sur des animaux auxquels on avait extirpé la rate.
Ils conclurent, de nombreuses expériences, qu’on a toujours des altérations du sang. Ils purent constater: diminution des globules rouges avec augmentation des leucocytes, même chez les animaux auxquels on avait préalablement extirpé la rate. Ils observèrent aussi une diminution dans la quantité d’hémoglobine.
Ces altérations sont dues, suivant les AA., à une action directe des agents pathogènes sur le sang; et il faut admettre aussi que les bactéries agissent sur le sang, plus par eux-mêmes, que par leurs produits, comme il est démontré par la rapidité avec laquelle on constate les effets, et par le fait que les cultures stérilisées ne produisent que très peu d’altérations.
Action de l’hydrate de chloral snr les reins (2) par le V. GRANDIS.
Les urines des animaux chez lesquels le sommeil fut provoqué au moyen du chloral, sont, en général, très denses et fortement acides; elles ont une couleur jaune brunâtre avec reflets d’un rouge plus ou moins vif selon le cas. Examinées au spectroscope, elles présentent souvent, très distinctes, les deux stries d’absorption caractéristiques de l’hémoglobine; dans le sédiment se trouvent, plus ou moins abondants, les corpuscules rouges dont quelques-uns se conservent inaltérés, tandis que d’autres sont gonflés ou ratatinés, et, assez souvent, des cylindres hyalins et granuleux et quelques cylindres épithéliaux. L’urine contient egalement de 1 albumine.
Pour ce motif l’A. rechercha si, dans le rein, il y avait des altérations capables
(1) La Sicilia medica. Ann. III, fasc. 5, 6, 7.
(2) Giornale d. R. Acc. di medicina. Ann. 1889, n. 6-7.
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d’expliquer tous ces phénomènes. Il s’assura toujours que les animaux soumis à ; l’expérience étaient en état de santé parfaitement normal.
Le résultat des expériences peut se résumer comme il suit:
Le chloral, en traversant les reins, donne lieu à de telles altérations qu’il passe ► tr
toujours de l’albumine dans les urines, et, très souvent, aussi, des globules rouges. M'
Quand le chloral est administré à doses élevées, alors, en tenant compte, comme Ut
il convient, des grandes différences individuelles, on peut avoir des phénomènes il beaucoup plus graves. Les altérations du rein deviennent très évidentes, on a dila- i j!
tation des capsules de Bowmann, avec dépôt, dans l’intérieur, de substance albu- 1 1
mineuse, congestion très forte des glomérules, destruction de l’épithélium et infil* tration de petites cellules dans le connectif interstitiel. Bien que TA. ne croie pas [i
devoir faire grand cas de la présence de la graisse dans les cellules des tubes ^
droits (car on sait que la graisse peut se trouver, normalement, dans les reins de chien), toutefois, il lui semble que ce fait a aussi une certaine importance, si l’on p
tien compte de l’énorme quantité et du mode dans lequel elle se présente. 11 ne s'agit pas seulement ici de petits granules épars çà et là, mais de grosses gouttes p
qui occupent tout le corps de la cellule et, par conséquent, doivent certainement j:
influer sur sa fonction. I
De ce qu’il a dit, l’A. croit pouvoir conclure que l’hydrate de chloral, après avoir j'
traversé l’organisme, arrive dans les reins sous une forme qui agit en irritant l’épi- i
thélium de la capsule et des canalicules. ’ 1
Dans toutes les expériences, on remarquait toujours un haut degré de congestion; | celle-ci pourrait, à elle seule, expliquer la filtration de l’albumine et la sortie des 1 globules rouges hors des anses des glomérules de Malpighi, et peut-être même l’apparition des foyers d'infiltration parvi-cellulaire. Cependant l’A. ne croit pas qu’on puisse aussi lui attribuer la destruction partielle de l’épithélium des tubes à contours, et encore moins la nécrose de ces derniers. Ces altérations ne peuvent être dues qu’à une substance irritante qui soit venue en contact direct avec les cellules, et les ait détruites.
Les recherches de Musculus et Mering, et celles de Kulz (1), ont démontré que le chloral, en traversant l’organisme, se convertit en acide urochloralique, lequel abandonne rapidement l’organisme, spécialement par la voie des reins, sans subir aucune modification et sans donner aucun symptôme de malaise.
On doit admettre que, quand l’administration du chloral est faite rapidement en quantité considérable, il ne peut être entièrement converti en acide urochloralique pendant qu’il traverse l’organisme, mais qu’une certaine quantité arrive, inaltérée, dans les reins, où elle serait capable de produire les altérations rencontrées. Les altérations les plus graves s’observent précisément dans le cas où l’on administre, en une seule fois, une dose de gr. 0,50/qo, tandis qu’en l’administrant à doses réfractées, on peut dépasser gr. 1 %<,, en un jour, sans produire des altérations aussi graves.
(1) Kulz, Pflüger's Archiv, vol. XXVIII, p. 507.
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Action de l’hydrate de chloral snr les reins par E. CAVAZZANI.
Récemment le D’’ A. Gavazzani (1) reprenant letude de cette question, a obtenu aussi, dans les reins, des altérations des épithéliums des tubes à contours et, dans les cas graves, de tous les épithéliums rénaux. Toutefois, il n’observa jamais d’altérations de la capsule de Bowmann, des glomérules et du connectif interstitiel; de même aussi, il n’observa jamais d’albumine dans les urines. Ces différences de degré proviennent probablement de ce qu’il employait des doses de chloral un peu inférieures, c’est-à-dire de 0,20 — 0,40 par chaque kg. de poids de l’animal.
La sécrétion chlorée de l’estomac (2) par G. CAVALLERO et S. RIVA-ROCCI.
C’est la publication récente de Hayem-Winter, sur le « chimisme stomacal » (3), qui engagea les AA. à s’occuper de cette question, et, dans le but de contrôler les résultats obtenus par Hayem-Winter, ils étudièrent, eux aussi, la nature de la sécrétion chlorée gastrique, les différents états du chlore du chyme stomacal, et la valeur de ce que Hayem nomma quotient a.
1. Nature de la sécrétion chlorée gastrique. — Les AA. croient que l’estomac sécrète, non du Na Cl, mais du H Cl libre, parce que, 1® les expériences in vitro leur démontrèrent que, ni l’albumine, ni l’acide lactique, ni la pepsine, ni l’Oxygène ne sont capables de décomposer le Cl Na et de donner lieu, ainsi, à du H Cl libre et à du chlore organique; 2° l’adjonction de Chlorure sodique aux aliments n’augmenta jamais ni l’H Cl libre ni le Chlore organique du chyme stomacal ; 3° le Chlore fixe qui se trouve dans le chyme, diminué de celui du repas d’essai, est toujours une quantité constante, quel que soit le repas employé (eau dist., eau album., eau et chair musc., repas de Jaworki et Gluzinski, repas de Ewald), tandis qu’avec la variation des repas , la valeur de la somme du Chlore organique et du H Cl libre varie aussi; 4° le Chlore fixe et le Chlore organique ont, dans les différents moments de la digestion, une marche absolument indépendante; en effet, tandis que le Chlore organique présente une période d’augmentations, une d’état et une de diminution, le Chlore fixe va toujours en augmentant, depuis le commencement jusqu’à la fin de la digestion (résultats de 200 expériences sur trois individus sains); 5° parce que, ayant précédemment lavé l’estomac avec de l’eau distillée, dans le repas d’eau distillée administré ensuite il est possible de démontrer la présence de H Cl libre, même un très petit nombre de minutes après son
(1) Riforma medica, 177. Août 1891.
(2) Gazzetta medica di Torino, n. 30, 1891.
(3) Hayem-Winter, Chimisme stomacal-Masson. Paris, 1891.
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ingestion, et il est en quantité à peine suffisante pour donner la réaction avec la fluoro-glycinvanilline.
II. Les différents états du Chlore du chyme stomacal. — Les AA., eux aussi, se servant, au besoin, de la méthode de Winter, constatèrent, dans le chyme, les trois différents états du Chlore: Chlore fixe (F), Chlore organique (C), Chlore libre (H), auxquels, cependant, ils donnent une interprétatiion différente de celle de Hayem. — Pour les AA., F ne représente pas la sécrétion chlorée gastrique active, mais un élément chloré accessoire, puisque, selon eux, il dérive du Chlore fixe du repas et de la salive ingérés, ainsi que du peu de chlore que la sécrétion gastrique contient, au même titre que toute autre sécrétion. — C est produit par la combinaison du H Cl sécrété, avec les albuminoïdes ingérés, et cette combinaison est immédiate. L’estomac normal produit une quantité de H CI supérieure à la quantité nécessaire pour chlorurer tous les albuminoïdes d'un repas ordinaire (repas d’Ewald), cependant cette quantité n’est sécrétée que dans un certain espace de temps; c’est pourquoi la valeur maximum de C, c’est-à-dire la chloruration complète de tous les albuminoïdes ingérés, ne s'observe qu’à la fin de la première demi-heure. La valeur de C reste à peu près constante jusqu’au terme de la première heure de l’ingestion, ensuite, à cause de l’absorption, elle diminue. La chloruration des albuminoïdes exprime, au point de vue du chimisme stomacal, l’acidification de ceux-ci, en raison de laquelle ils peuvent subir l’action ultérieure de la pepsine, et se transformer en peptones. D’après les AA., cependant, il n'est pas vrai que les peptones abandonnent le H Cl; l'expérience démontre le contraire. C’est pourquoi C ne représente pas la valeur de l’activité digestive, mais une quantité de H Cl sécrétée en combinaison avec tous les albuminoïdes du chyme stomacal. — Pour les AA., H est la quantité de H Cl que l’estomac a sécrété en plus de la quantité nécessaire à la chloruration des albuminoïdes ingérés. 11 est présent dans le contenu stomacal, seulement quand le repas d’essai est privé d’albuminoïdes , il manque quand ce repas contient des albuminoïdes en grande quantité. Normalement, et avec le repas d’Ewald, il apparaît au commencement de la seconde demi-heure , pour atteindre sa valeur maximum à la fin de cette demi-heure, c’est-à-dire à la fin de la première heure après l'ingestion. H apparaît au commencement de la seconde demiheure, précisément parce que, à ce moment la chloruration des albuminoïdes est complète, ou à peu près; il augmente jusqu'à la fin de cette demi-heure parce que la sécrétion gastrique continue encore pendant cette période.
La valeur maximum de G, avec le repas d’Ewald, est, en moyenne, de 1.6 la valeur maximum de H est de 0,4-0,5 ®/oq , en moyenne.
III. Le quotient a. — Si, avec le repas d’Ewald, et en conditions normales, le quotient a démontre, dans le chyme stomacal, l’existence de Chlore organique neutre (Gn), on ne doit pas croire, cependant, selon les AA., qu'il se soit produit dans l’estomac. Le Chlore organique neutre, que l’on trouve normalement, avec le repas d’Ewald, est en quantité parfaitement égale à celle qui est contenue dans le pain; c’est pourquoi le Chlore organique qui s’est formé dans l’estomac, est seulement acide. En substituant au repas d’Ewald, un repas d'albuminoïdes, privé de Chlore organique (repas de Jaworki et Gluzinski), les AA. trouvèrent, normalement,.
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seulement du Chlore organique acide (Ga). — La formule — ^ — a, selon les
AA. , ne permet de déterminer la valeur absolue de Gn, qui s’est produit éventuellement dans l’estomac, que quand nous connaissons la valeur des acides organiques, et le Gn du repas d’essai.
De ces résultats, les AA. tirent les corollaires pratiques suivants;
1° En déterminant les valeurs maximum de G et H, ainsi que le moment où ces valeurs maximum sont atteintes, nous serons en état de juger de l’intensité et de l’activité de la sécrétion stomacale; il est cependant nécessaire de déterminer en même temps l’état de la fonction d’absorption, parce qu’elle influe sur G et H.
2° La présence de Gn , d’origine stomacale , dans le chyme gastrique , représente un fait morbeux; il résulte, selon la plus grande probabilité, de l’union d’une partie du H G1 sécrété, avec des bases dérivées de la décomposition des albuminoïdes ingérés; s’il en est ainsi, sa détermination permet de doser l’intensité de cette décomposition.
La réfractariété des singes, et des animaflx en général, à IMnfection des hémoparasftes malariques de l’homme (1)
par le D>- A. ANGELINI.
Dans un intéressant mémoire paru dans le Fortschritte der Medicin de 1890,
L. Pfeiffer admet, d’une manière certaine, que par le moyen de la transfusion, les parasites malariques se reproduisent, non seulement chez l’homme, mais aussi chez les singes (2). Comme on le sait, la reproduction , chez l’homme, a été indiscutablement démontrée, mais, pour ce qui concerne les singes, l’A. de cette note ne connaît pas d’expériences d’une grande valeur démonstrative, et Pfeiffer lui-même ne mentionne nullement cette démonstration. D’autre part Gelli et Sanfelice, dans un travail récent, s’expriment ainsi à ce propos: On sait également que toute tentative ‘pour inoculer la malaria chez les animaux, voire même chez les singes, a été inutile (3).
La chose ayant paru d’un certain intérêt à l’A., spécialement pour l’utilité que pourrait en retirer l’étude sur les recherches de cet élément pathogène en dehors de l’organisme humain , et sur la détermination du mode avec lequel il infecte l’homme, il a voulu tenter l’expérience sur un singe qu’il a pu avoir à sa disposition.
L’animal qu’il soumit à l’expérience est un jeune singe de l’espèce Gynocephalus
(1) Ri forma medica, vol. IV, ann. Vil.
(2; L. Pfeiffer , Yergleichende TJntersuchungen uber Schwarmsporen , und Bauersporen bei den Coccidininfection, etc. {Forschritte der Med., p. 948, 1890).
(3) Gelli et Sanfelice, Sui parassiti del globulo rosso nelVuomo e negli animali. Contrihuto alV emoparassitologia comparata (Extr. des Ann. di agric., n. 183, Rome, p. 34, 1891).
Â.rchites italiennes de Biologie. — Tome XVI.
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Sphynx; il provient des environs de Massaua (plaine de Sabarguma), où ils vivent j r en grandes familles. Le poids du corps de l’animal est de 4300 grammes. i
On commence par le tenir en observation pendant 8 jours avant l'expérience, afin de s'assurer, avant tout, qu’il ne se trouvait pas, en lui, d’hémoparasites ma- [| lariques, ou analogues à ceux-ci, et ensuite pour déterminer la moyenne de la jj température rectale, à l'état sain, pour servir de comparaison au cas où la repro- W duction du parasite inoculé aurait réussi. Quant au 1®'' point, l’examen microsco- Ij pique répété du sang a fait exclure, d’une manière absolue, la présence d'hémo- \\ parasites; et quant au 2® point, la température rectale a oscillé entre 38®-38®,6.
Le 14 juillet 1891, on inocula, dans la veine axillaire gauche de l’animal, préalablement mise à découvert, avec toutes les précautions antiseptiques, environ 2 cc. | de sang récemment enlevé, au moyen d’une seringue Tursini stérilisée, de la veine |i basilique d’un malade dans l’acmé du stade fébrile , et fébricitant depuis 2 jours. [ Un résidu de ce sang présente, au microscope , un certain nombre de plasmodes ji de la variété qui accompagne ce que l’on nomme fièvres estivo-automnales , quel- | ques-uns dans la phase amœboïde, d'autres dans la phase annulaire. |
Après cela l’animal est tenu en observation pendant 26 jours, durant lesquels il i ne présente jamais le moindre trouble. L’examen microscopique du sang, pratiqué 1 presque tous les jours, sans faire jamais moins de 3 préparations, à partir du 16 |
juillet jusqu’au 8 août, inclusivement, a toujours donné un résultat négatif. |
Alors, pour éloigner le doute possible que l’insuccès fût dû, en partie à la pauvreté en parasites du sang inoculé, et en partie à l’absence, dans ce sang, de formes parasitaires résistantes, telles que les formes de sporulation ou celles qui s’en rapprochent, le 9 août l’A. procède à une 2® inoculation dans la veine axillaire droite du même animal. Il put, cette fois, disposer d’un sang très riche en hémoparasites de la même variété, et, non seulement dans les phases amœboïde et annulaire., mais encore dans la phase de sporulation et dans celle qui s’en rapproche beaucoup (forme avec noyau central de pigment, parfois déjà avec commencement visible de segmentation du protoplasma périphérique). Afin de faire mieux ressortir la grande richesse en hémoparasites et la virulence de ce sang , l’A. ajoute que le malade duquel il fut tiré, malgré les promptes et généreuses injections sous-cutanées de quinine , tomba en coma environ deux heures après , et malgré tous les secours opportuns qui lui furent prêtés, mourut environ 60 heures après.
Or, cette 2® inoculation a eu aussi un insuccès complet ; l’animal n’a présenté aucun trouble, et l’examen du sang, exécuté presque journellement, et avec tous les soins possibles, depuis le 12 août jusqu’au l®*" septembre , a toujours eu un résultat négatif, même quand le sang était pris directement de la rate (1 fois, 22 août).
Pour justifier la recherche microscopique du sang, chez l’animal, malgré l’absence de tout phénomène morbeux après l’inoculation, l’A. croit opportun de faire remarquer qu’il a eu pour but, moins de reproduire l’infection malarique de l’homme que de cultiver, dans le sang vivant du singe, l’hémoparasite spécifique, qu’il donnât lieu ou non aux phénomènes morbeux qu’il produit chez l’homme.
La réfractariété de ce singe (et, vraisemblablement, de toute cette espèce) à l’in-
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fection des hémoparasites malariques, restait, à son avis, déjà assez démontrée par la 1® inoculation. Les conditions d’expérience , mises en comparaison avec celles dans lesquelles on eut, chez l’homme, un résultat positif, étaient même plus favorables; 1° parce que la quantité de 2cc. de sang inoculé, par rapport au poids de l’animal, compensait de beaucoup la rareté relative des hémoparasites, et 2° parce qu’il n’est pas improbable que leur reproduction, dans des milieux favorables, puisse aussi avoir lieu par suite de l’inoculation de seules formes jeunes. Mais la 2® inoculation sert à une constatation plus sûre du fait, et met la réfractariété absolument hors de question, pour cette espèce d’animal.
Mais, est-on pour cela autorisé à conclure que la transmission de l’infection malarique, ou, pour mieux dire, des hémoparasites qui lui sont relatifs, n’est pas possible dans toutes les espèces et variétés de singes et chez les animaux en général ?
Il faut avouer qu’après les nombreux insuccès sur les animaux les plus variés, la foi dans la réussite est un peu ébranlée, d’autant plus que l’étude de la biologie comparée de ces microorganismes et les résultats des inoculations d’espèce à espèce, et entre espèces différentes, obtenus par Gelli et Sanfelice, tendraient à établir (1), que V inoculabilité est tout au plus possible d’animal à animal de la même espèce et variété.
Sur le rapport entre la constitution chimique (lés corps et leur action pharmacologique (2).
Sur l’ammoniaque et ses dérivés.
Première note par le C. LAZZARO, Assistant.
(Laboratoire de Pharmacologie de l’Université de Palerme).
L’A. a étudié, sur les grenouilles et sur les lapins, les modifications de l’action physiologique de l’ammoniaque quand on substitue en elle un ou plusieurs atomes de son hydrogène.
Le premier groupe d’expériences comprend l’ammoniaque et les produits de substitution d’un hydrogène de l’ammoniaque par un radical gras ou phénolique. L’A. a trouvé que l’ammoniaque NH3 HCl est convulsivante :
que la méthylamine (chlor.) CH3 NHg HCl,
» l'éthylamine G2H5 NH, HCl,
» et l’éthylendiamine (NH2)2 HCl,
produits de substitution de l’H par un radical gras, ont perdu 1 action convulsivante de l’ammoniaque, mais que cette action est, au contraire, renforcée dans
(1) Gelli et Sanfelice, loc. cit., p. 35.
(2) Archivio per le scienze mediche, vol. XY, n. 16.
Archives italiennes de liiolotjie. — Tome XVI.
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l’aniline CgHs NH^ HCl, dans laquelle un hydrogène de l’ammoniaque est substitué par un noyau phénylique.
Le second groupe comprend les amines secondaires , c’est-à-dire les produits de substitution de deux hydrogènes de l’ammoniaque. L’A. a trouvé:
que la méthylaniline GgHs NH GHg HGl,
» réthylaniline GgHs NH GgHg HGl,
» et l’amilaniline GgHj NH GgHn HGl,
déploient une action stupéfiante, résultat identique à celui qui a déjà été obtenu par Jolyet et Gahours (1) : quand deux hydrogènes de l’ammoniaque sont substitués, l’un par un radical phénylique et l’autre par un radical gras, l'action convulsive typique de l’ammoniaque ne se conserve pas dans la nouvelle substance.
Dans le troisième groupe se trouvent les expériences sur les anilines substituées.
L’action convulsive se perd quand la substitution d’un hydrogène du phényl de l’aniline a lieu par le moyen d’un groupement atomique complexe, comme dans la (meta) phénylendiamine NHg G6H4 NH^ HGl et dans l’acide sulfo-anilique SO3 HG^H4 NHg. L’action convulsive se conserve quand la substitution se fait avec un corps simple comme dans la (para) bromo-aniline Br GgH4 NHg HGl.
L’A. n’ayant pas trouvé d’action convulsive
dans l’amido-phénol
W ti4 <^OH~ ’
dans l’acide sulfo-anilique Gg H4 H,
et dans la phénylendiamine GgH4
corps dérivés de l’aniline, au moyen de la substitution d’un hydrogène par un oxydrile, par un sulforile et un amidogène, émet l’hypothèse que l’introduction de ces groupes atomiques transforme sensiblement la symétrie de la molécule, ce qui n’aurait pas lieu par la substitution d’un corps simple.
Enfin, il attribue l’action convulsive de la toluïdine GH3 GgH^ NHg HGl, à ce que le radical gras, dans la toluïdine, est étroitement lié au carbone, de sorte qu’elle est représentée aussi par la formule NHj G7 H7 ; c'est-à-dire, que la toluïdine n’est pas autre chose que l’ammoniaque dans laquelle un hydrogène est substitué par le tolile homologue supérieur du phényl ; c’est pourquoi, non seulement elle doit conserver les caractères de l’ammoniaque , mais ceux-ci doivent encore être plus marqués.
L’A. en déduit les conclusions générales suivantes;
1° L’ammoniaque est convulsivante ;
2‘’ La substitution d’un H dans le NH3 , par un radical gras, lui fait perdre l’action convulsivante ;
3® La substitution d’un hydrogène par un radical phénylique renforce cette action ;
(1) Comptes-rendus, t. LXVI, p. 1131.
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4° Les anilines dans lesquelles un H de l’amidogène est substitué par un radical gras, perdent leur action convulsivante ;
5“ Si, dans les anilines, la substitution se fait dans l’hydrogène du noyau phénylique, alors l’action convulsivante se perd quand cette substitution est faite par un groupement atomique complexe, elle se conserve quand elle se fait par un corps simple, elle se renforce quand elle a lieu par un radical alcoolique qui soit directement lié au carbone du noyau phénylique.
I>e quelques particularités de structure des fibres nerveuses myéliniques (1)
par G. MARENGHI et L. VILLA.
Dans ces recherches histologiques, les AA. ont employé différentes méthodes de préparation, parmi lesquelles ils déclarent que la meilleure et la plus sure est celle qui est basée sur l’action successive du mélange osmio-bichromique. et du nitrate d’argent ; l’autre méthode, également de Golgi, de l’action successive du bichromate et du nitrate d’argent, puis de l’exposition des morceaux à une température de 37M0° est moins sûre, mais d’un effet plus durable.
Les préparations ainsi obtenues ont démontré que la myéline, en aucune portion de la fibre, ne manque de l’appareil de soutien, et que, dans quelques fibres nerveuses périphériques, la neurokératine est parfois représentée, non seulement par les formes à entonnoir, mais encore par une forme à spirale continue. Ils se proposent encore, à ce sujet, des études ultérieures, pour décider si cette particularité de structure est, dans quelques fibres, propre à différents stades de développement, ou si elle s’observe dans des catégories déterminées de fibres nerveuses.
En outre, ils ont obtenu des colorations isolées, de la gaine périaxile et de la gaine périmyélinique. La connexion intime entre la gaine périaxile et les entonnoirs kératiniques leur a été clairement démontrée, ayant pu observer des cylindraxes , dépourvus de la gaine de Schwann et de la gaine myélinique , auxquels étaient encore appliquées de nombreuses séries d’entonnoirs. Ils ne se prononcent pas d'une manière absolue sur la structure de la gaine de Sch^vann, parce que, tandis qu’ils ont vu de minces et délicates fibrilles, apparemment de nature élastique, courir à l’externe et le long de l’axe des fibres, ils n’ont pas pu établir si elles représentent un système à l’externe de la fibre nerveuse, ou bien si elles appartiennent à la gaine de Schwann. — Dans les nerfs de grenouille, soumis à l’action directe du nitrate d’argent, ils ont vu la strie de Frommann s’élargir dans le sens transversal, c'est-à-dire de la gaine périaxile à la gaine de Schwann; ils disent que ce fait confirme le doute, déjà émis par Golgi, que les stries de Frommann soient l’expression de l’existence des entonnoirs.
(1) La Riforma medica, ann. 7®, vol. II, n. 99. Naples, 1891. (Résumé traduit du Monitore zoologico italiano, ann. II, n. 12).
REVDES
Sur les filaiiients de Pépitliélium épendymaîre dans le bulbe de l’homnie (1)
par G. MAGINI.
En modifiant un peu la jnéUio^ jleJWm de la manière que TA. se ré-
serve de communiquer dans une autre note, on parvient à mettre très distinctement en évidence le cours des fibres nerveuses les plus minces, invisibles autrement, et, en même temps, les filaments des cellules épithéliales de l’épendyme bulbaire ressortent très nettement dans leur cours. L’A. présente des préparations dans lesquelles on. ap^rçoit-les^ filaments provenant des cellules épithéliales qui tapissent la portion médiane de tout le plancher du 4® ventricule, dans le bulbe de l’homme; ils se réunissent en un faisceau bien distinct et se dirigent vers la ligne médiane du raphé , et là s'associent au cours des fibrae rectae. On dirait qu’un grand nombre des fibrae rectae du raphé ne sont pas autre chose que des filaments épithéliaux. Ceux-ci se ..comportent , avec la méthode de W.eigert-Pal modifiée, comme les^res nerveuses les plus minces. Ces observations et d’autres analogues, induisent à croire qu’on ne doit pas attribuer aux rejetons filiformes et richement ramifiés de l’épithélium cérébro-spinal , un simple office de soutien des éléments nerveux, mais une fonction plus élevée, de nature nerveuse.
Sur la régénération partielle de l’œil chez les tritons.
Histogenèse et développement (2)
par V. L. COLUCCI.
Conclusions:
1° L’œil des tritons exporté totalement ne se reproduit pas;
2® Dans les exportations partielles de cet œil, qu’elles soient très étendues ou qu’elles le soient peu, pourvu qu'il y reste au moins un quart des deux membranes les plus externes du globe oculaire, près de l’insertion du nerf optique, les parties enlevées se reproduisent constamment;
3'» Les differentes parties qui se régénèrent ne tirent pas leur origine d’un unique tissu embryonnaire, qui se différencie dans chacune d’elles, mais, celles dont il est resté une portion, sont régénérées, en grande partie, par prohfération des éléments cellulaires de cette portion , et celles qui sont exportées totalement renaissent et se développent comme à l'état embryonnaire, excepté, apparemment le cristallin, et ainsi:
(1) Boll. d. R. Accad. medica di Roma^ ann. XVII, fasc. 4 et 5. Rome, 1891. (Résumé traduit du Monitore zoologico itnliano, ann. 11, n. 12).
(2) Memorie d. R. Accad. d. scienze di Bologna., série 5, t. I. Bologne, 1891 (avec pl.).
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à) La cornée, partiellement exportée, se régénère par un nouveau tissu qui prend origine des éléments cellulaires de la partie qui a été laissée, et si la cornée a été entièrement exportée , avec une partie de sclérotique , le tissu qui la reproduit naît des lambeaux de cette dernière, seulement en petite partie, et, pour le reste, du connectif péri-sclérotical et des leucocytes émigrés spécialement des vaisseaux choroïdiens. L’épithélium qui revêt la nouvelle cornée provient de l’ancien, qui est resté, ou de celui de la conjonctive palpébrale;
b) La choroïde se reproduit, par néoformation vasculaire, des bords de la partie laissée, néoformation à laquelle participent les vaisseaux péri-scléroticaux. Avec la progression de celle-ci et le pigment se déposant graduellement, les processus ciliaires, le canal de Schlemm et l’iris se régénèrent;
c) A la régénération de la rétine concourent l’épithélium rétinique resté adhérent à la choroïde , et le moignon du nerf optique. Les éléments du premier prolifèrent antérieurement sur le bord de la choroïde sectionneé, formant un bourrelet cellulaire qui, successivement, est distendu et poussé à la périphérie interne du bulbe, et, postérieurement, sur le fond de celui-ci, d’où les nouveaux éléments commencent à faire partie d’un tissu de néoformation provenant du nerf optique, lequel, s’élevant en forme de colonne, va s’unir au bourrelet cellulaire susdit. La vessie résultant de la distension que produit la masse cellulaire du bourrelet, suite de la pénétration, en lui, d’un tissu muqueux provenant de celui de la nouvelle cornée, s’étend graduellement sur la surface interne de la choroïde, où ses éléments se confondant avec ceux qui dérivent de l’épithélium des parties latérales de celleci, forment une couche cellulaire entièrement continue. Par eux est régénérée la rétine, dont les différentes couches se différencient peu à peu par suite des modifications suivantes: 1° les cellules les plus profondes deviennent allongées, ensuite se divisent chacune en deux , dont l’une devient cellule épithéliale et l’autre se transforme en bacille', 2“ les cellules périformes deviennent des cènes; 3° la limitante externe apparaît ensuite , formée par les prolongements fibrillaires des éléments connectifs existant dans la masse cellulaire; 4“ dans une période avancée du développement des bacilles, dans laquelle leurs segments externes sont bien différenciés, se montre la limite entre les cônes et la couche granuleuse, formée par un plan de fibrilles nerveuses, correspondant à la couche moléculaire externe et en rapport direct avec le segment interne des bacilles; 5° dans cette phase de développement, se forme également la couche moléculaire interne; et l’unique couche granuleuse reste distincte de celle des cellules superficielles, et 6° enfin, ces derniers éléments, en grossissant, deviennent des cellules nerveuses d’où partent les fibres dirigées vers le fond de l’œil , où elles se continuent avec celles du nerf optique et forment la couche la plus superficielle de la rétine, à laquelle, en dernier lieu, se superpose la limitante interne, dérivant elle aussi, des éléments connectifs;
d) Le cristallin tire son origine de l’épithélium qui revêt la face interne du bord pupillaire régénéré, de la partie supérieure duquel se développe un petit corps qui devient vite pédonculé et se tourne vers la cavité de l’œil. Il est d’abord constitué par une masse de cellules à limites indistinctes, au point de former comme
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une cellule géante, ensuite on y distingue un noyau de cellules polyédriques fermé par des fibres stratifiées auxquelles est adossée la capsule. L’accroissement continuant, le cristallin régénéré ferme parfaitement le trou pupillaire, restant uni au bord de l’iris par une simple adhésion épithéliale, et tenu en place par l’humeur vitrée ;
e) Dès que le rapport normal entre l’iris et le cristallin est établi, par la fusion du tissu muqueux existant entre la cornée et l’iris, se forme la chambre antérieure, dans laquelle restent la membrane de Descemet et la membrane pupillaire ;
4® 11 n’existe pas de différences réelles et notables entre le développement normal et le processus régénératif des parties de l’œil totalement exportées , et , pour ce qui peut sembler étrange , touchant l’origine et le développement de la nouvelle rétine, il faut considérer que l’épithélium rétinique proliférant lorsque la choroïde se complète, il se forme une vessie parfaitement analogue à la vessie oculaire primitive, laquelle, par une introflexion, forme la coupole ou vessie oculaire secondaire; d’où la régénération de la rétine. Quant à l’origine du cristallin, reproduit par l’épithélium rétinique, on peut trouver l’analogie avec le développement normal, en ce que cet épithélium et le cristallin ont une origine embryogénique commune dans l’épiblaste.
Sur la forme primitive des os uasanx chez Porang {Satyrus) (1)
par le Prof. L. MAGGI.
Les os nasaux de l’Orang {Satyrus Orang) présentent differentes formes qui, cependant, proviennent de deux formes principales, c’est-à-dire, l’une triangulaire, l’autre rectangulaire. A la première correspondent ce que l’on appelle les os nasaux larges, à cause de leur portion inférieure qui s’élargit beaucoup; à la seconde se rapporte ce que l’on appelle les os nasaux étroits, dont la forme rectangulaire est très allongée. — Les os nasaux larges, aussi bien que les os étroits, de l’Orang, originairement, sont au nombre de deux, comme les os nasaux des autres anthropoïdes. Toutefois, de bonne heure, le droit se soude avec le gauche, parfois complètement , parfois incomplètement. Ce sont les os nasaux larges qui montrent le plus fréquemment differentes modalités de soudure incomplète; les os étroits sont plus souvent ankylosés complètement entre eux. — Il existe aussi des os nasaux larges et des os nasaux étroits chez les jeunes et chez les très jeunes Orangs, et, dans ce dernier cas, ils peuvent se réduire aussi à de simples rudiments.
L’A. s’est proposé le problème suivant; quelle est la forme primitive des os nasaux chez rOrang? D’après l’observation d’une série de 10 crânes d’Orangs, il est
(1) Rendiconti del R. Istituto lomh. di sc. e lett., ann. 1891, série II, vol. XXIV, fasc. 12. (Résumé traduit du Monitore zoologico italiano, ann. II, n. 12).
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porté à conclure que la forme primitive est celle des os larges, c’est-à-dire des os triangulaires , très élargis dans leur bord libre. Cette forme , étant celle que l’on observe aussi chez les Chimpanzés {Troglodytes) et chez les Gorilles {Gorilla), devient pour cela la forme primordiale des os nasaux des Anthropoïdes. Ensuite, parmi les Orangs , quelques-uns , comme les Maias Kassà et les Maias Pappan, à cause d’un élargissement plus grand des apophyses montantes de leurs sus-maxillaires, passé en hérédité, ont eu une réduction dans la largeur de leurs os nasaux, de manière à former des os nasaux étroits, même chez de très jeunes Orangs. Toutefois, chez ceux-ci, il existe des parties rudimentaires plus ou moins manifestes, qui rappellent, dans l’ontogenèse, les conditions philogénétiques et, par conséquent, la forme primordiale d’os nasaux larges.
Qnelques observations de Basiotique ou Prébasîoccîpital (1)
par U. ROSSI.
L’A. fait un rapport sur deux crânes qui présentaient cette rare et intéressante anomalie. Le premier est un crâne de femme de Terre de Labour, brachicéphale (ind. céph. 82,26), régulièrement conformé. La portion basilaire de l’occipital présente, sur le bord gauche, une incisure transversale large de 1 mm., longue de 11 mm. ; à droite, sur la même ligne transversale, se trouve un sillon bien distinct, et un trou de 1,5 mm. de diamètre, qui traverse le basioccipital à toute substance, et est situé à côté du tubercule pharyngien. Le basioccipital est long de mm. 28,4 ; son segment postérieur mesure environ 16 mm. — Le second crâne est celui d’une jeune femme de Sienne, avec ind. céph. de 83,13, régulièrement conformé dans l’ensemble ; on y remarque une saillie, plus forte que la normale, des bosses pariétales ; de plus, l’apophyse basilaire et les portions condyloïdiennes sont légèrement déprimées et poussées vers la cavité crânienne ; il y a synostose entre l’occipital
et l’atlas. Le basioccipital est formé de deux segments, l’un, antérieur, fondu avec
le corps du sphénoïde, et l’autre postérieur, réunis entre eux par un pont intermédiaire. La division est déterminée par deux fissures, larges de moins d’un mm. ; la droite, longue de mm. 11,5, la gauche, de mm. 9, situées sur une même ligne transversale. En calculant à mm. 24 la longueur du basioccipital, son segment
postérieur mesure mm. 9,5. — Enfin, l’A. rappelle un cas de Basiotique , dans un
crâne Péruvien, déjà étudié par le D‘‘ Lanzi(2), cas oublié par les auteurs qui, en dernier lieu, se sont occupés de la question. — Dans une série de crânes, appartenant à difierentes races et populations et à diverses époques, et comprenant 3712 exemplaires, l’A. a trouvé le Basiotique une fois sur 1237.
(1) Arch. per VAntrop. e VEtnol., vol. XXI, fasc. 2. Florence, 1891. (Résumé traduit du Monitore zoologico italiano, ann. II, n. 12).
(2) Arch. di Antropologia, vol. XIV.
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L’A. pense que le nom de prébasioccipital, proposé par Sergi pour désigner l'élément ostéologique qui, dans l’anomalie en question, correspond à la portion antérieure de l’apophyse basilaire, n’est pas bien approprié, parce que cette dénomination fait penser à l’existence d’un élément morphologique nouveau, intercalé entre le basisphénoïde et le basioccipital , tandis qu’en réalité il s’agit seulement de la résolution de ce dernier en deux parties.
Partant du concept que l’occipital basilaire représente un certain nombre de centres vertébraux qui, par cénogenèse, se montrent, dès le commencement du développement, fusionnés en une production unique, et que le centre ossificatif du basioccipital représente, pour ce motif, un ensemble de centres ossificatifs, l’anomalie en question est explicable en admettant que le basioccipital a une tendance, dans quelques cas particuliers, à se résoudre dans ses composants morphologiques primitifs et, pour cette raison, s’ossifie, non par un centre, mais par deux centres d’ossification, représentant chacun un ensemble de centres vertébraux. Ce phénomène se présente, en général, au moins d’une manière plus complète, dans des crânes monstrueux, ce qui démontre qu’il s’agit d’une véritable anomalie de développement, laquelle, probablement, a besoin, pour se produire, d’une cause perturbatrice d’intensité notable. Il s’agit ici d’une véritable anomalie plutôt que d’une simple variété anatomique ; nous en avons la confirmation dans le fait qu’il n'a pas son correspondant dans des états normaux de vertébrés inférieurs.
Sur une diminution numérique des dents chez POrang {Satyrus Qrang) (1)
par L. MAGGI (avec fig.).
L’A. a observé, dans un crâne d'Orang qui se trouve au Musée Civique de Pavie, une diminution numérique de dents, laquelle, jusqu’à présent, n’avait pas été trouvée chez cet anthropoïde. Le nombre des dents de l’Orang, comme chez les autres anthropoïdes et chez l’homme, est de 32, divisées en 8 incisives, 4 canines, 8 prémolaires et 12 molaires; le crâne d'Orang, étudié par Maggi, en a, au contraire, 31, et cette diminution numérique dépend du manque de l’incisive latérale, supérieure, droite. Cette anomalie doit être rangée parmi les plus rares, puisque, suivant les études de Magitot, sur les variétés numériques des dents, le manque, qui n’est pas très rare pour les incisives, frappe d’ordinaire, simultanément, les deux dents homologues d’une même mâchoire.
Quant à la cause qui peut avoir amené l’anomalie en question, 1 A. croit qu on doit la voir dans l’absence de l’os incisif externe {mesognatus d Albrecht) qui est destiné à porter la dent incisive latérale. On tire cette induction de l’état des sutures ainsi que des mesures comparatives des inter-maxillaires des deux côtes. Le
(1) liendiconti del R. Istituto lomh. di sc. e lett., Série II, vol. XXIV, fasc. 8. Milan, 1891. (Résumé traduit du Monitore zoologico italiano, ann. 11, n. 12).
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manque de l’os dans lequel aurait dû se localiser le germe de la dent n’avait pas été, jusqu’ici, rangé; parmi les causes de variétés numériques des dents, et, par conséquent, le fait odontologique relevé par Maggi a une double importance , par sa rareté et par la raison qui l'a déterminé.
Anastomose angnlaire des artères ombilicales (1) par G. D'AJUTOLO.
L’observation se rapporte à un jeune garçon de quatorze ans. Les artères ombilicales, bien développées, en montant vers l’ombilic, se rapprochaient entre elles plus que d’ordinaire, et, parvenues à une distance de 1 cm. et demi de l’ombilic, elles confluaient complètement ensemble. Aussi bien avant qu’après la confluence, leur lumière se présentait, comme d’habitude, oblitérée. L’A. fait remarquer, s’appuyant sur l’autorité de Taruffi, ce que ces caractères ont d’exceptionnel, spécialement dans le cas particulier, la confluence des artères ombilicales ayant été observée dans l’abdomen , tandis que, dans le petit nombre de cas connus, elle a été rencontrée de long du funicule.
Recherches expérimentales
snr le diabète par suite de Pablation du pancréas (2) par N. DE DOMINICIS.
Dans le courant des trois dernières années, un grand nombre de recherches expérimentales furent publiées sur l’extirpation du pancréas chez les animaux, et sur le diabète qui en résulte. Les expériences de Mering et Minkowsky, et celles qui ont été faites en même temps par De Dominicis, bien que les premiers aient publié leurs expériences un mois plus tôt que le second, ont démontré péremptoirement le rapport constant entre l’exportation du pancréas et le développement de la forme clinique classique du diabète.
Ces résultats furent confirmés par d’autres expérimentateurs: De-Renzi, Hédon, Lépine, Rémond, Gaglio, Lamereaux.
De Dominicis, qui a présenté une plus large série d’expériences, faites de préférence sur les chiens, les lapins, les brebis, les porcs, les jeunes chats, qu’il privait du pancréas, a beaucoup élargi la question, aussi bien au point de vue clinique et anatomo-pathologique que par rapport à la pathogenèse du diabète.
(1) Boll. di SC. mediche, série VII, vol. II, fasc. 10. Bologne, 1891. (Résumé traduit du Monitore zoologico italiano^ ann. II, n. 12).
(2) Giorn. intern. di scienze med. — Bollett. d. R. Acc. med. chir. di Napoli.
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11 fait remarquer une différence digne de considération, touchant les résultats qu’il a obtenus de l’extirpation du pancréas, comparativement à ceux de Mering et Minkowsky, comme aussi relativement aux constatations anatomiques et aux opinions concernant la pathogenèse du diabète et de la glycosurie.
Tandis que les expérimentateurs allemands ont vu constamment la glycosurie suivre l’ablation du pancréas. De Dominicis l’a vue manquer presque dans le tiers des animaux qu’il a opérés.
Et l’on ne peut pas penser, ainsi que l’ont fait quelques-uns, que cela soit dû ou puisse être attribué à l’exportation incomplète du pancréas, puisque, l’autopsie des animaux privés du pancréas, exécutée, non seulement par lui, mais par des anatomistes pathologistes très compétents, comme, par exemple, Armanni, Boccardi, Gaparini, lesquels firent aussi l’examen avec le microscope, ont démontré le manque absolu d’éléments pancréatiques. De Renzi, en répétant les expériences, a confirmé de nouveau les résultats de De Dominicis, et Hédon lui-même a observé une glycosurie intermittente, chez un chien auquel le pancréas avait été enlevé entièrement.
En attendant, chez tous les animaux privés du pancréas, et qui maintenant dépassent 70, l’A. a observé invariablement les mêmes phénomènes, c’est-à-dire: polyphagie, polyurie, polydipsie (ces deux dernières, pas toujours à la même époque et avec la même intensité), amaigrissement notable, dermatose, azoturie, phosphaturie, acétonurie, etc., moins la glycosurie qui, comme on l’a dit, a manqué plusieurs fois, ou s’est présentée en très petite quantité, et d’une manière intercurrente.
Les lésions anatomiques ont été, sans exception, les mêmes chez tous les animaux assujettis à l’expérience.
Les recherches anatomiques dont s’est occupé le Prof. Boccardi ont révélé, jusqu’à présent, que les lésions les plus considérables se rencontrent dans le foie et dans la moelle épinière : forte atrophie et dégénérescence graisseuse dans le premier, dégénérescence grise et formes tout à fait semblables à la syringo-myélie dans la seconde.
Les altérations du foie se montrent de très bonne heure, dès le troisième jour après la pancréotomie (l’A. en avait pratiqué une série dans la même journée), tandis?que celles de la moelle se font attendre 20 à 30 jours.
Cependant, le foie, malgré les altérations notées, conserve toujours une quantité de glycogène que l’A. n’a pu doser.
Après cela, se présentait la question de la pathogenèse du diabète et de la glycosurie.
De Dominicis, à raison des altérations précoces rencontrées dans le foie, et qui sont tout à fait semblables à celles que produit l’empoisonnement par le phosphore, pensa que, par le manque du pancréas, l’organisme subit une intoxication positive ou négative, et il en référa à l’Académie de Naples, dans la séance du 25 mai 1890.
Quant au mécanisme des modifications organiques que présentent les diabétiques, il a institué différentes séries d’expériences.
1® Diète. — 11 a nourri les chiens privés du pancréas et glycosuriques, avec une alimentation mixte, exclusivement carnée, de seuls hydrates de carbone, de peptone seul, et il les a traités également par le jeûne absolu pendant une semaine.
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Avec ces différents traitements, la glycosurie a seulement plus ou moins diminué, mais elle n’a jamais cessé entièrement d’une manière définitive ; il y a eu seulement quelques suspensions temporaires chez deux chiens, mais non chez ceux qui avaient été tenus à jeun.
2* A une autre série d’animaux, en maintenant invariablement la diète , il a administré de l’iodoforme (5 à 15 centig. par jour), de la saccharine sodique (25 à 30 centig. par jour), du tannate de cuivre (5 à 12 centig. par jour), de la glycérine, de l’huile de foie de morue (celle-ci aussi par injection hypodermique), de' la pancréatine, du pancréas frais de veau, de l’antipyrine, etc.
Les graisses, la pancréatine, l’antipyrine et le pancréas de veau n’ont pas apporté de modifications dignes de remarque aux phénomènes diabétiques.
Au contraire, les effets de l’iodoforme, de la saccharine et du tannate de cuivre sont dignes d’attention. Les deux premiers ont fait augmenter du triple ou du quadruple la quantité journalière de l’urine, sans que la quantité procentuelle du sucre se soit modifiée ; le troisième a produit l’effet opposé, mais avec dépérissement très sensible des animaux, plus que chez les autres animaux, compagnons d’expériences.
3° Des injections, dans la veine jugulaire, d’une solution de carbonate sodique à 0,75 o/o, ont suspendu temporairement la glycosurie.
4® Des injections, dans la veine splénique, d’un mélange de 20 centigrammes d’acide lactique et d’acide chlorhydrique en solution, n’ont pas produit de glycosurie ou d’autres faits importants pour l’économie. Les urines ont simplement pris, temporairement, un aspect brunâtre comme après l’usage du naphtol.
5“ Pour contrôler l’hypothèse du ferment glycosique, émise par Lépine, l'A. a pratiqué la transfusion de sang, de la veine porte de chien sain, en pleine digestion duodénale, après la diète exclusivement carnée, dans la veine jugulaire de chiens diabétiques. Les urines de ceux-ci ont présenté une quantité double de sucre, mais seulement dans les dix premières heures qui suivirent l’expérience, tandis qu’ensuite elles revinrent aux conditions primitives.
L’A., d’après les observations expérimentales mentionnées, dont une bonne partie concordent parfaitement avec la clinique et l’anatomie pathologique du diabète humain, est amené à établir les conclusions suivantes :
1° Le diabète sucré et le diabète insipide ne sont pas deux types différents, mais bien des formes diverses d'un même type, puisqu’elles ont tout de commun, c’est-à-dire aussi bien la lésion originaire que les caractères anatomiques et les phénomènes cliniques, moins la présence de sucre dans les urines, présence qu’il ne considère pas comme phénomène essentiel, étant donné qu’il peut s’alterner et disparaître et que, même chez les hommes, la forme insipide peut se changer en forme sucrée et viceversa ; étant donné, aussi, que des raisons infinies peuvent occasionner une glycosurie.
2® Le diabète consiste en une profonde perturbation générale de la nutrition, et en un processus de désassimilation causé par auto-intoxication et activé ou tempéré, aussi bien par influence de substances alimentaires ou pharmaceutiques, que par le système nerveux, et cette auto-intoxication prend son point de départ de la
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suppression du pancréas par suite de l’altération des conditions chimiques du tube intestinal. ‘
Il croit expliquer ainsi les formes graves et les formes légères du diabète, qui peuvent cesser, ou non, selon que les perturbations de la digestion dépendent de conditions qu’il est possible ou impossible de modifier.
De la vision chez les astigniatiqnes (1) par le D-- P. BAJARDI
Assistant à la Clinique Oculistique de l’Université de Turin.
Tous les Auteurs admettent que la correction dynamique de l’astigmatisme se fait par contraction irrégulière du muscle ciliaire et que le cristallin se déforme ainsi d’une manière asymétrique pour corriger le défaut optique de la cornée. Dans une communication que l’A. a faite avec le Prof. Reymond au Congrès d’Ophtalmologie tenu à Turin en 1887, il avait déjà été établi que ce qu’on appelle la correction dynamique de l’As, se fait par le moyen et dans les limites de Taccommodation relative, et que l’œil jouit de la faculté de ramener, avec une succession très rapide, tous les foyers sur la rétine. Dans le but de mieux analyser ces phénomènes, TA. a fait des expériences d’As. artificiel. De ces expériences et des observations recueillies sur les yeux affectés d’As. il a tiré les conclusions suivantes:
1° L'œil astigmatique ne reçoit jamais simultanément l'impression nette de lignes^ de directions diverses, placées sur un même plan et à la même distance de l'œil. Du reste ce fut à l’occasion de ce fait que Joung et Airy découvrirent l’As., fait que d’autres observateurs constatèrent après eux. Toutefois, l’A. a cru bon d’insister sur ce point, parce que tous, aujourd’hui, croient le contraire.
2° L'accommodation pour une ligne de direction quelconque est subordonnée à la distance où se trouve l'objet de fixation et à l'accommodation relative dont jouit l'œil pour les différentes distances. Ceci explique le fait qu’avait observé Fick, à savoir, que l’œil en regardant naturellement, tend le plus souvent à s’accommoder pour la ligne verticale. Dans les conditions ordinaires, nous observons les objets à une distance pour laquelle nous jouissons d’une accommodation relative telle qu’elle nous rend plus facile l’accommodation pour la ligne verticale. En observant les objets à des distances moindres nous accommoderions, au contraire, de préférence pour la ligne horizontale.
3° En tenant l'objet de fixation à une distance convenable, l'œil s'accommode indifféremment pour la ligne verticale et pour la ligne horizontale , et avec une succession si rapide qu'il semble les voir simultanément. Pour cette distance, l’œil jouit d’une accommodation relative qui rend, non seulement possible, mais facile l’accommodation pour les deux méridiens principaux, et c’est alors qu’a lieu la correction de l’Astigmatisme.
(1) Présenté à la séance du 5 septembre 1888 du Congrès Italien d’Ophtalmologie.
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Une modification à Uophtalmoniètre pour mesurer eu même temps les deux méridiens principaux de la cornée (1)
par le D'’ P, BAJARDI.
En 1888 Javal présenta à la Société française d'Ophtalmologie une combinaison de deux biprismes croisés à angle droit , avec lesquels on pouvait obtenir le dédoublement en deux méridiens principaux, perpendiculaires l’un à l’autre, et il se proposait alors d’introduire cette combinaison de prismes dans la construction de l’ophtalmomètre. La même année, cependant, abandonnant le quadriprisme, il étudia, dans le même but, un prisme triréfringent qu’il adapta à un nouveau modèle d’ophtalmomètre, présenté au Congrès International d’ophtalmologie tenu à Heidelberg. Le dernier modèle que Javal a fait construire en 1889, et qui, maintenant encore, est recommandé par Javal, ne renferme pas le triprisme, ce qui me fait croire que le triprisme, lui aussi, n’a pas donné un bon résultat.
Au commencement de cette année, j’ai étudié, moi aussi, ce problème, sans savoir que d’autres m’avaient précédé. Je fis construire un quadriprisme que je dus abandonner parce que, pour peu que l'œil de l’observateur se déplace par rapport aux prismes , tantôt l’une tantôt l’autre des images cornéales disparaît. Au contraire, j’obtins de meilleurs résultats en laissant en place le prisme biréfringent de Wollaston qui, déjà, se trouve dans l’ophtalmomètre de Schrôtz et Javal, et en ajoutant deux autres prismes en contact par leur base suivant une ligne horizontale perpendiculaire à l’axe de l’ophtalmomètre, et dans une position telle, que quand la lunette est au point pour les images cornéales, on ait un dédoublement égal à celui qui est donné par le prisme de Wollaston, c’est-à-dire de 3 mm. J’ajoutai un arc, perpendiculaire à celui qui fait déjà partie de l’opbtalmomètre, avec ses curseurs portant les desseins qui doivent se réfléter sur la cornée. La combinaison des prismes décrits ci-dessus nous permet seulement de mesurer en même temps deux méridiens à angle droit. Or pour mesurer simultanément les deux méridiens principaux de la cornée, qui ne forment peut-être jamais, entre eux, un angle de 90o, j’ai rendu mobile, autour de l’axe de la lunette, l’arc vertical et la combinaison des prismes qui lui correspond.
Expériences sur l’inflnence de la fatigue dans la TÎsiou (2)
par le D*- DANTE BOCCI.
(Clinique Ophtalmologique de l’Université de Turin).
L’A., considérant, dans la fatigue de l’œil et de ses annexes, deux facteurs jmportants et distincts entre eux , qui sont la fatigue vraiment musculaire et la
(1) Communication faite à l’Académie R. de Médecine. Séance du 27 février 1891.
(2) Giornale délia R. Accad. di medicina di Torino , 1891; n. 9-10.
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fatigue des centres nerveux, a fait une série d’expériences sur des individus normaux, pour voir les effets que la fatigue produit sur la réfraction, sur l’accommodation, sur l’équilibre musculaire, sur la coordination des mouvements; puis, écartant les causes étrangères , il a cherché à voir l’ état d’ impressionnabilité de la rétine dans l’organisme fatigué.
11 a examiné , avant et après de longues marches, les degrés de visus, avec les optotypes de Snellen, et avec les cartels photométriques de De Wecker et Masselon,
l’accommodation relative monoculaire et binoculaire avec la méthode de Donders
avec les tables du docteur Burchart, et l’équilibre musculaire avec le cylindre de Maddox. Ensuite, il a examiné la sensibilité pour les couleurs avec les laines de Holgrem , avec la table de Bull et avec le chromatomètre. Enfin , obtenant des images de diffusion autour de figures géométriques projetées dans la partie centrale d'un miroir cylindrique tournant, il a étudié les variations de lumière nécessaires à la perception de ces images sur le même sujet, dans l’état de repos et dans l’état de fatigue. 11 a aussi observé les variations de lumière nécessaires pour faire disparaître les images de diffusion autour des lettres des optotypes de Snellen, placés à m. 5.50.
L’A., dans ses expériences, est arrivé à avoir des résultats constants pour ce qui regarde la coordination des mouvements , l’accommodation relative et l’équilibre musculaire; mais, dans les faits où l’impressionnabilité rétinique entre en jeu dans une plus large mesure , comme il n’exclut pas que des changements puissent se produire, il n’a pu arriver à interpréter ces phénomènes d'après des lois fixes.
Des tortioiis de l’œil associées aux inclinaisons latérales de la tête (1)
par le D*" L. FERRI.
On est convenu d’appeler torsions les rotations de l’œil autour d’un axe antéropostérieur {rotations axiales^ mouvements de roue). L’A. reconnaît trois espèces de torsions:
Torsions concomitantes des variations de l’accommodation et de la convergence (torsions symétriques);
Torsions concomitantes des directions obliques du regard hors des plans principaux, suivant la loi e Listing (torsions asymétriques ou parallèles);
Torsions concomitantes des inclinaisons latérales de la tête et du corps (egalement parallèles e symétriques).
C’est surtout de la dernière espèce de torsions que l’A. a fait l’objet de sa nouvelle communication. — Après une revue analytique, depuis Hunter (1786) jusqu à Mulder (1875), il conclut, que les deux opinions diverses, qui furent émises dans le débat engagé h ce sujet, n’étaient que l’expression du premier et du dernier temps du même mouvement {torsion immédiate et torsion 'permanente).
(1) Giornale délia R. Accademia di Torino.
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L’A. reprend l’étude de ces torsions, successivement avec les trois principales méthodes expérimentales, savoir: la méthode ài inspection directe de l’œil (qu’on peut exécuter sur soi-même au moyen de miroirs), la méthode des méridiens astigmatiques, et la méthode des images accidentelles ou négatives. L’Auteur mesure les angles de l’œil et de la tête avec un appareil très simple , qui n’est qu’un goniomètre muni d’un fil de visée transversal et d’un fil à plomb suspendu au centre du goniomètre. 11 ajoute une quatrième méthode des mouvements apparents, qui se rattache à une communication antérieure faite par lui à ce sujet (1).
'Voici les caractères généraux qu’on peut tirer des expériences et des observations de l’Auteur :
a) Toute inclinaison latérale de la tête et du corps est accompagnée d’une torsion inverse des yeux;
b) Tant que l'angle d’inclinaison de la tête ne dépasse pas un certain degré
(12° pour TA.), l’angle de torsion des yeux lui est égale et synchrone, c’est-à-dire qu’il le compense exactement (pas de rotation de la rétine devant les images des objets externes, pas d’inclinaison apparente de ces objets). Cet angle est appelé angle limite de la compensation parfaite’, *
c) Lorsque l’inclinaison de la tête dépasse cet angle, la torsion des yeux augmente aussi, mais ne compense plus l’angle de la tête ; les méridiens de l’œil supportent une partie de Tinclinasion de la tête (apparente inclinaison des objets); la torsion de Tœil ne va jamais au delà d’un certain degré, qu’on appelle angle de torsion maxima (21® pour l’auteur).
L’A. distingue donc deux angles (Jb et c) dans la torsion immédiate de Mulder;
d) Quand on arrête la tête dans une inclinaison donnée, Tœil ne garde pas un instant l’angle de torsion immédiate qu’il avait acquis pendant l’inclinaison; cet angle diminue progressivement, le méridien vertical de Tœil s’approche de la position inclinée de la tête, et s’arrête avant qu’il ait atteint cette inclinaison, c.-à-d. qu’il garde toujours un certain angle de torsion dans l’orbite; c’est ce qu’on appelle angle de torsion permanente ;
é) La torsion immédiate n’ a pas toujours lieu , comme paraissaient le croire Hunter, Huek et Mulder; elle se produit quand l’inclinaison de la tête s’exécute avec une vélocité, qui ne soit pas moindre que la vélocité habituelle aux mouvements de la tête de l'expérimentateur. — Dès que la vélocité est très sensiblement plus lente , on ne remarque plus de torsion immédiate ; Tœil se place immédiatement dans son angle de torsion permanente relatif à chaque degré d’obliquité de la tête.
L'A. trouve en d) et é) la cause de toutes les dénégations faites par Ruete, Donders, Nagel, Skebitzki . . . aux amples torsions de Hunter et Hueck ;
La torsion permanente ne garde pas une proportion constante avec l’angle de l’inclinaison de la tête (Nagel). Cette proportion diminue dès les plus petits aux plus grands angles de la tête ; pour l’Auteur, la torsion permanente serait de 3° pour 7“ de la tête, de 10° pour 70*^ de la tête, et ne va jamais au delà de 10°;
(1) Giorn. délia R. Acc. di Torino, n. 3, 1890.
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g) La torsion de rœil ne serait pas un mouvement conscient, tel que le croyait M. Nagel; il s’ensuit qu’elle ne peut pas être un moyen psychique, un avertissement au cerveau pour une juste projection des objets; elle n’en est qu’un moyen mécanique , qui entretient et fixe la rétine devant les images des objets externes, c’est-à-dire, qu’elle empêche l’inclinaison des méridiens devant les images des objets et, par suite, leur apparente inclinaison (Ferri , loc. cit.). — C’est là un but physiologique , qui revient surtout à V angle limite de la compensation parfaite , et non à la torsion permanente (Nagel) ;
h) L’A. trouve l'origine physiologique de la torsion de l’œil dans le sens musculaire des muscles moteurs de la colonne vertébrale; cette excitation centripète transportée au cerveau s’y transforme en excitation centrifuge aux muscles, qui exécutent la torsion de l’œil. Cette torsion est accompagnée d’une torsion égale de tous les tissus orbitaires insérés sur le bulbe (résistances passives). La résistance opposée par ces tissus rappelle constamment le bulbe vers sa position primitive et normale dans l’orbite: c’est elle qui détermine les limites des angles de com/>ensation parfaite et de torsion maxima; la torsion permanente n’est que l’expression de Xètat d' équilibre , qui s'établit en définitive entre les puissances musculaires et la résistance de la torsion immédiate.
Relativement à la ligne qui constitue l’axe des torsions oculaires, les divers auteurs en ont admis trois différentes: l’axe optique, la ligne de regard, et la ligne visuelle.
L’axe optique ne peut pas être l’axe des torsions de l’œil: il s’ensuivrait un déplacement de la macule devant le point de fixation et une étrange difficulté pour la fixation directe. — L’hypothèse (non confirmée), qu’ il existait, pour toute rotation de l’œil, un centre immobile glacé sur Vaxe optique., conduisit M. Helmholtz à imaginer la ligne de regard , qui réunit ce centre immobile au point de fixation. Mais Helmhollz lui-même fusionne cette ligne de regard avec la ligne visuelle., qui serait l’axe des torsions de l’œil. Dès lors l’hypothèse de la ligne de regard devient absurde. En effet, s’il doit exister un centre immobile pour toutes les rotations de l’œil, il doit se trouver sur les trois axes principaux, au point de leur croisement. Si l’axe optique n’est pas un axe de mouvements, si c’est la ligne visuelle qui constitue l’axe des torsions de l’œil, c’est sur cette ligne qu’on doit chercher le centre de rotation: dès lors que devient cette ligne de regard? Sa considération doit être abandonnée.
Les torsions de l’œil s’exécutent autour de la ligne visuelle, ou plus exactement, autour de la ligne qui réunit le point de fixation et la macula. L’A. propose, pour ce mouvement, la dénomination plus rationnelle de rotation circumvisuelle.
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Les processus de sanguiflcatlon étudiés au moyen de la pyrodiue (1).
Recherches du D*" VITTORIO MAZZONI.
L’A. étudia, chez les oiseaux et chez les amphibies, la régénération des éléments du sang détruits par l’administration de la pyrodine.
1. Expériences sur les oiseaux. — Il résulte de ses expériences que; par l’usage de la pyrodine, les hématies diminuent d’abord notablement ; ensuite elles augmentent rapidement si l’on cesse d’administrer cette substance. Les plaquettes augmentent par l’usage de la pyrodine, ainsi que le nombre des leucocytes.
Examen microscopique du sang durant l’administration de la pyrodine. — A l’examen microscopique, le sang présente des globules rouges altérés dans leur forme, et des globules blancs de deux variétés principales; les uns, petits, ayant l’aspect grossièrement granuleux; les autres, plus volumineux, contiennent un noyau grand , très évident , et un protoplasma à granules minces , quelquefois co- ' loré d’hémoglobine, à des degrés différents d’intensité. La couleur que prennent les globules blancs de la 2® variété , est quelquefois assez intense , au point que l’on doute souvent s’il s’agit véritablement d’un globule blanc ou d’un de ces globules rouges jeunes qui ont également une forme ronde et un gros noyau central.
Les plaquettes se montrent également de deux variétés ; les unes plus petites, incolores, reproduisent la forme des globules rouges; les autres, un peu plus grandes, ont une figure tantôt elliptique, tantôt ronde, et présentent constamment leur protoplasma coloré par l’hémoglobine.
Examen du sang après avoir suspendu l’administration de la pyrodine. — Après avoir suspendu l’administration de la pyrodine, on observe une abondante quantité de globules rouges jeunes. Les plaquettes augmentent beaucoup en nombre et deviennent semblables aux globules rouges.
Moelle des os. — D’après l’examen de la moelle des os et de la rate, l’A. constate que l’érythroblaste ne représente pas le premier germe du globule rouge, mais bien le stade de son évolution dans lequel il commence à acquérir une certaine ténacité de vie ; la première ébauche du globule rouge est donc la plaquette ou l’hématoblaste de Hayem, lequel, éminemment altérable au commencement, acquiert, dans son développement ultérieur, toujours plus de résistance jusqu’à ce que, ayant atteint la forme d’érythroblaste et se multipliant, par voie indirecte, il donne origine à de véritables hématies. Dans la moelle des poulets soumis pendant un certain temps à l’action de la pyrodine, on voit, en nombre abondant, des érythroblastes en mitose, et, ce qui importe davantage, c’est que ces éléments ne se trouvent pas exclusivement contenus dans l’intérieur des vaisseaux, mais encore, et en bon nombre, dans le parenchyme de la moelle.
(1) Bullettino delle scienze mediche de Bologne. Série VII, vol. II.
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Les formes évolutives que l’on observe, spéeialement dans la moelle, entre les plaquettes et les globules rouges, l’augmentation numérique des premières, lorsque les globules rouges sont détruits, suivie d’une nouvelle diminution lorsque ceux-ci ont atteint leur limite normale, démontrent à l’A. que les plaquettes. sont les principaux agents formateurs des cellules rouges, de véritables érythroblastes.
L’A. observa également des globules rouges adultes qui se multipliaient activement, par mitose, dans la moelle.
II. Expériences sur les amphibies. — Où l’expérience est de beaucoup simplifiée, c’est chez les amphibies, et spécialement chez les tritons, où l’unique organe hématopoétique est représenté par la rate. L’A. extirpa la rate à plusieurs tritons, et il trouva que l’augmentation des leucocytes et des plaquettes est de beaucoup supérieure à celle qui a été observée ches les tritons pourvus de rate, et bien qu’on eût, dans le sang, de nombreuses formes de globules rouges jeunes, il n’y rencontra jamais d’hématies en karyokinèse. Mais en examinant le sang qui s’écoule d’une section du foie, tandis que l’animal est encore vivant, on remarque qu’il contient un nombre de plaquettes de beaucoup supérieur à celui que l’on observe dans le sang recueilli d’une autre partie du corps.
L’A. déduit que , chez les tritons privés de rate, le foie supplée en partie à la fonction hématopoétique.
Lorsque la rate manque, les globules rouges se reproduisent seulement par une évolution successive et graduelle des plaquettes, et, chez les oiseaux et chez les amphibies , les hématies prennent origine de la division indirecte des hématies elles-mêmes et des éléments que Hayem a appelés hématoblastes et Bizzozero plaquettes.
Chez les oiseaux, la moelle des os est le principal organe hematopoétique; là les globules rouges se multiplient par karyokinèse, et les plaquettes, en se modifiant, acquièrent les caractères de jeunes globules rouges ou à' érythroblastes.
Chez les tritons, la division indirecte des hématies a lieu exclusivement dans la rate. Chez ces amphibies urodèles, les plaquettes concourent également à la formation des globules rouges , de manière que , chez les tritons privés de rate , les globules rouges dérivent des seules plaquettes.