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PSYCHO- PHYSIOLOGIE DES SPHINCTERS

C’est par des notions résumées de physiologie, ou, pour mieux dire, de psycho-physiologie des sphincters que nous tenons à commencer, si nous voulons comprendre mieux les processus pathologiques, tout en suivant l’ordre logique des choses.

Toutes nos fonctions physiologiques, dit M. Janet (1), existent suivant des lois naturelles auxquelles elles sont forcées d’obéir. Des sensations sjiéciales tellement nettes et précises qu’il nous est impossible d’en méconnaître le sens, nous avertissent à tout moment des actes à accomplir pour assurer le fonctionnement régulier de nos or- . ganes. Parmi ceux-ci, les uns échappent entièrement à notre contrôle : ce sont les organes purement végétatifs, comme l’appareil circulatoire, l’appareil respiratoire. Ils fonctionnent indéfiniment sans que nous ayons le moins du monde besoin de nous en préoccuper. Les autres, au con-

1. Jane:. Tli3Se de ParP, 1890. Troubles psycliopalhiques de la million.

traire, sont laissés à notre entière disposition, tels nos innscles. Entre les deux extreines, il existe des organes (pii Ibnctionnent en dehors de notre action personnelle, niais ont besoin de notre intervention à un moment donné pour Tentamer ou pour le finir : tel l’appareil di- (jestil’, tel aussi l’appareil urinaire. Pour entrer en relation avec nous, pour pouvoir nous avertir du moment où notre intervention leur est indispensable, ils déterminent d’ailleurs une sensation spéciale, vaijue d’abord, mais bientôt impérieuse, qui nous obliije à nous en occuper.

l^a faim nous avertit qu’il est temps de prendre de la nourriture. De même le besoin d’aller à la selle nous avertit que nous avons des excréments à rejeter, et le besoin d’uriner, que notre vessie refuse d’admettre une plus grande quantité d’urine.

— La vessie n’ayant pas de capacité anatomique, mais une capacité jiliysiologlque (Guyon et Ducbastelet) (i), c’est suivant cette capacité physiologique, dépendant de sa résistance à la tension, qu’elle se considère comme pleine, et nous avertit par la sensation du besoin d’uriner (sensibilité à la distension). — Souvent, et trop souvent, nous ne l’écoutons [>as : les convenances sociales, les affaires qui nous préoccupent, nos travaux nous empêchent de la satisfaire à la [iremière indication ({u’elle nous donne : elle se lasse momentanément de nous avertir, pour revenir à la charge au bout de quelque temps. Trop souvent aussi nous attendons pour lui

1. Ducliastelet. Capacité et tension de la vessie. Paris, 188G.

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obéir qu’elle se révolte et ({ii’elle déteriniue en nous un besoin vraiment im|)érienx (besoin cuisant), produit par le contact de Turine avec la muqueuse prostatique, et la contraction réllexe du sydiiucler uréthral, renforcé, par la suite, de la contraction volontaire de ce sphincter.

D’autres fois, sans nous préoccuper des indications qu’elle doit nous fournir, nous urinons, alors qu’aucune sen sation spéciale ne nous y invite. Nous choisissons pour vider notre vessie, l’heure qui nous est le plus commode, souvent même par politesse ou par esprit d’imitation, l’heure qui convient à nos compagnons de route (Janet) (1) ! Voilà des micturitions où l’influence de la volonté se montre le plus nettement, puisqu’elle est seule en cause.

A coté de ce rôle, l)ien connu, de la volonté, insistons maintenant sur le rôle de V attention.

L’influence de l’attention se manifeste doublement dans la miction normale : d’abord par le choix du moment de la micturition, où elle est mise en jeu d’une manière banale. Ensuite, au moment de l’acte, par la suspension momentanée de l’action des muscles volontaires, du sphincter externe en particulier. L’annihilition de son tonus semble en effet s’obtenir à la suite du relâchement de toutes les musculatures (Janet) (2).

Iléfécntioii. — La psycho-physiologie de la défécationest calquée sur celle de la miction, avec cette restriction qu’elle est moins compliquée, les organes étant disposés

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