PAR. LEE
Turcs (1908) peuvent et doivent être considérées comme les fruits tardifs des idées de 1789.
Cette seule considération suffirait à nous faire adopter comme point de départ 1789. Ajoutons que si les idées constitutionnelles avaient depuis longtemps pris racine en Angleterre c’est, sans contredit, la Révolution Française qui a ébranlé les fondements sur lesquels reposaient les Etats du Continent. On n’exagérerait pas en disant que nul peuple n’a pu échapper à l'influence de la Grande Révolution.
Si nous considérons que la Constitution de Midhat Pacha est la première influence concrète de la Révolution qui ait apparue en Turquie nous constaterons que cette influence a mis quatre-vingtsept ans pour arriver de Paris à Constantinople.
Nous ne pouvons pas cependant dire que la Turquie n’ait rien su de la Révolution. L'opinion publique, il est vrai, n’a même pas appris les terribles convulsions qui faisaient trembler la France, mais les hommes d'Etat étaient plus ou moins au courant de ce qui s’y passait.
C'est justé au commencement du règne de Sélim II, considéré dans l’histoire Ottomanecomme le premier Sultan à idées avancées, que la Révolution Française avait éclaté. Le 5 Mars 1789, date à laquelle les Etats Généraux se sont réunis pour
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se constituer peu après en Assemblée Nationale, il y avait à peine quarante jours que Sélim II était monté sur le trône.
Avait-on, à ce moment-là, été informé de ce grand évènement ? Rien ne le laisse supposer. Cependant l'historien Djevdet Pacha dit textuellement :
« Vers ces dates Sélim ILL le créateur de l'Ordre Nouveau (nom: donné à une armée nouvelle) en Turquie, venait de monter sur le trône des Oficrnans. Tout en continuant d’un côté les campagnes contre la Russie et l'Autriche, des paroles de réformes nouvelles avaient commencé à circuler à Constantinople aussi».
Quelles sont ces réformes toutes nouvelles dont Constantinople aussr avait été contaminé? Etaitce le même esprit qui avait soufflé en France? Nous ne le pensons pas: le despotisme régnait dans toute sa rigueur chez nous; le pays sombrait sous le poids des exactions et des illégalités ; le peuple était considéré comme un troupeau à exploiter ; d’un côté le Gouvernement et ses agents, de l’autre’le peuple, deux clans ennemis. Donc les Réformes nouvelles auxquelles fait allusion l'historien ne peuvent pas être dans le sens que nous recherchons. En parlant de Sélim II on l’appelle le créateur du «Nizami Djedid» ce qui veut dire littéralement «l'Ordre nouveau»; on serait
tenté de croire qu'il a introduit en Turquie une institution moderne quelconque. Il n’en est rien. Par «Nizami Djedid» l’on comprend en Turquie l’armée nouvelle que Sélim III a voulu créer, les Janissaires s'étant refusés de toutes leurs forces — et cela comptait! — à introduire dans leur corps, soit au point de vue de l’organisation intérieure, soit au point de vue des armes et des méthodes de guerre, quelque réforme dans le sens des besoins de l’époque.
Sélim III que quelques historiens s’obstinent à considérer comme un rénovateur, a commencé son règne en faisant décapiter, pour lui avoir déplu, un personnage et le fils de celui-ci, et en confisquant tous leurs biens. ,, Vers ces dates, dit Djevdet Pacha, pour servir d'exemple aux autres, l’on a procédé à quelques pendaïsons“. Ce seul fait montre quel était l’état d'esprit du temps. La situation publique ne pouvait pas être comparée à celle de la France d’avant 1789.
Peut-être attribue-t-on à Sélim III le titre de Rénovateur parce qu'il a fait réunir un Conseil en vue de remédier à la situation critique du pays et où avaient pris part les hauts personnages de l'Etat. Sur ce point il y a lieu de lui reconnaître de l’audace. Toute réforme ne pouvait commencer que par la réorganisation des Janissaires et ceux-
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ci, ombrageux, voyaient de très mauvais œil toute réunion convoquée dans ces vues. La convocation n’en fut pas moins lancée par un rescrit impérial adressé au Grand Vézir intérimaire. L’Assemblée se réunit le 20 Chaban 1208, la veille de la réunion des Etats Généraux à Paris. Sélim III y fit un discours terrifiant dans lequel il menaçait de ,, couper la téte à quiconque trahirait la religion et l'Etat“ même s'il s'agissait de ses propres enfants.
Mais ce n'étaient guère là que de grands mots. Les réformes furent à peu près nulles: des mesures de rigueur contre l’emploi de l'alcool, des ordres sévères aux provinces pour conseiller en termes très vagues une bonne gestion, et ce fut tout. On ne parle même pas de la question de l'instruction publique. Ainsi, au moment même où les Assemblées de la Révolution livraient une lutte définitive au nom de toutes les libertés, où des combats pour un idéal abstrait prenaient des tournures d’épopée, en Turquie l’on formait des Commissions privées et l’on se contentait de lancer quelques circulaires.
Pour l’armée, le résultat des campagnes en cours, résultat malheureux, faisait sentir de façon pressante le besoin de la réformer, mais, dit un historien turc, comme il n’est pas possible qu’un
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organisme (l'Etat) lui-même en décomposition, puisse être à même de présider et de diriger l’armée qui doit être un organisme parfait et complet, il a été décidé que l’on devait s'occuper d’une organisation générale et radicale de toutes les branches de l’administration afin d'arriver par la même conséquence, à posséder une armée parfaite. Le Sultan fit appel à toutes les bonnes volontés et demanda que des mémoires lui fussent soumis. Ce fut, pendant quelques années, une floraison d’épitres tantôt comiques, tantôt hypocrites. Chacun croyait y trouver le moyen de s'élever aux yeux du Maître et plusieurs commandèrent des mémoires à des scribes, qui se plaisaient à développer des thèses que l’on croyait être dans les vues du Sultan.
Ces mémoires ont été réunis en volumes. La lecture en est suggestive. Mais aucun des auteurs n’a pensé à indiquer une réforme visant un changement radical dans la constitution du Pays. Pas un mot exigeant certains droits pour le peuple. On se borna à préconiser des Conseils et quelques traductions d'ouvrages militaires, à élaborer quelques règlements pour limiter les excès dans les impôts, mais aucun ne fut appliqué. L'ordre nouveau, c’est-à-dire la loi concernant la nouvelle
armée ne fut pas non plus mis en vigueur. Les
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Janissaires s’y étaient opposés de toute leur force sous prétexte que c'était là des actes de Ghiaours.
Cependant, bien que les préoccupations turques fussent alors très loin de celles ‘de l’Europe, les évènements de France et ses répercussions, la,
Coalition, l'exécution de Louis XVI, ne passèrent : :
cependant pas inaperçues chez nous. C’est à l’oc-
casion de la Coalition que la Turquie a, pour la.
première fois, envoyé un représentant en Europe. Cet envoyé devait s'installer à Londres pour trois: ans. Les historiens turcs parlent des événements qui se succèdent en France. Ils racontent que le Sultan du Maroc avait décidé (suivant l'exemple de Sélim III qui a refusé de recevoir l'Ambassadeur des Français) de participer à la coalition. En fait, la Turquie reste neutre et adopte même une attitude quasi bienveillante à l'égard de la Révolution.
Les Français de Constantinople avaient suivi,
en effet, avec intérêt ce qui se passait à Paris et.
pris part, à leur manière, à la joie nationale. Ils avaient commencé par destituer, à la suite de la proclamation de la République, l'ambassadeur royaliste Choiseul-Gouffier, et l'avaient remplacé par le vieux Couton, premier drogman en retraite de l'Ambassade. Ils arborèrent des cocardes civiques et organisèrent des banquets, toutes manifestations qui ne laissèrent pas de provoquer des ré-
clamations de la part des ambassadeurs royalistes. Mais le Grand Seigneur refusa d'interdire aux Fran. çais de manifester leur zèle républicain. Il observa, en la circonstance, la plus bienveillante neutralité, allant même jusqu’à entretenir, en secret, des relations quotidiennes avec l'ambassadeur Decours, envoyé par la Révolution, qu'aucune Puissance n'avait reconnu.
Mais ne tirons pas de ces faits plus de conséquences qu’ils n’en comportent. En réalité, la Tur- ,Quie ne comprit à peu près rien à l'esprit de la - Révolution française. Bien suggestif à cet égard est le mémoire adressé au Sultan par Atif Effendi, ministre des affaires étrangères du moment. L’au- teur voue à l’exécration ,,/es athées indignes ‘comme Voltaire et Rousseau“, qui se sont permis des critiques contre les Saints Prophètes et des insultes contre les grands souverains; il qualifie la déclaration des Droits de l’homme de ,,r1anifeste pour exciter à la révolte“. En fin de compte, Atif effendi recommande à son souverain de s’allier aux autres Etats pour faire revenir la France à son état d'avant la Révolution.
Tels ont été les effets de la Révolution Française en Turquie. Juste au moment où le pays avait à sa tête un Souverain qui désirait à tout prix le réformer, personne chez nous n’a pu tirer
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le moindre profit des leçons profondes que la Révolution contenait. Rien n’a été fait en faveur du peuple; aucun droit ne lui a été reconnu: les Assemblées qui se réunissaient n’avaient rien d’électif. Aussi, Sélim assassiné, les quelques efforts qu’il avait faits pour les réformes administratives sont restés sur le papier et même l’organisation de l’armée nouvelle a été abandonnée comme étant une inspiration de l'esprit des infidèles.
La grande réforme de son successeur, le Sultan Mahmoud, l’anéantissement des Janissaires, ne doit pas être considérée comme un mouvement libéral, le Sultan n'ayant eu en vue que de faire disparaître un parti militaire. C’est au contraire parce que cet organisme s'était trop émancipé de la dictature Souveraine qu’il à été anéanti. Si d’ailleurs, on veut se rendre compte de l’état d'esprit qui animait à cette époque les chefs du pouvoir en F Turquie, on n’a qu’à puiser dans les mille anecdotes que nous ont transmises les historiens, par exemple celles qui concernent Halet effendi, l’éminence grise de Mahmoud. |
Un jour, au Conseil des Ministres l’on se préoccupait des bruits tendancieux qui circulaient en . ville. Halet effendi trouva immédiatement un re-
mède radical.
— ,,Faisons couper la tête au coiffeur du coin
de la Rue Okdjiler. Tous les bruits cesseront“. L'un des présents s'étant écrié :
— ,,Mais c'est mon coiffeur!“ Halet effendi d'ajouter, sans s’'émouvoir :
— ,Je ne tiens pas à celui-là. Faisons pendre son voisin. Le but sera atteint“.
En somme, au cours des trente-huit ans qui sont écoulés de la Révolution française à l’Action Bienfaisante (c’est ainsi qu’on appelle l’anéantissement des Janissaires), la Turquie n’a tiré aucune leçon des évènements européens, n’a compris aucune des idées pour lesquelles des milliers de gens périssaient, et malgré les promesses de réformes, n’a fait que s enfoncer dans le despotisme. Au point de vue Constitutionnel et des droits accordés à la nation, c'est la nuit.
L'ère de réformes qui vient après est connue sous le nom de ,Tanzimat“. Elle commence effectivement par le Rescrit Impérial de Gulhané promulgué au commencement du règne du Sultan Medjid. Des écrivains disent que vers la fin du règne du Sultan Mahmoud, un projet de Constitution avait été préparé dont la dualité des Chambres formait la pierre angulaire. Le vieux Sultan aurait adhéré en principe à cette réforme révolutionnaire pour son époque, réforme que la mort aurait empêché de réaliser. L’on m'’assure
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même qu'il existerait dans une des bibliothèques de la ville un exemplaire de ce projet que je n’ai pas retrouvé.
Jusqu’à la Constitution de Midhat Pacha c’est le Tanzimat qui règne; Tanzimat voudrait dire : réglementation, mise en ordre et dans un sens plus large, Réformes. Il n’est pas possible d’indiquer les contours définitifs de ces réformes. Le Tanzimat est considéré actuellement comme une expression indiquant un état d'esprit, une attitude politique. Cela répondrait au désir de s’européaniser sans tenir compte du sentiment national. Quelle est donc la place du Tanzimat dans un aperçu d'histoire constitutionnelle turque? Les deux étapes essentielles du Tanzimat sont le Firman de 1839 et l’autre c’est le Firman dont le Congrès de Paris en 1856 a pris acte. Il y a dans l’intervalle et après d’autres firmans dans le même sens et dans le même esprit. Cet esprit a été bien défini par deux Pachas. En 1830 Halil Pacha, Ministre de la Marine, a dit ces mots: ,Je rentre de Russie. Je nourris plus que jamais la conviction que si nous ne nous empressons pas d’imiter l’Europe, il ne nous reste que l'obligation de retourner en Asie“. Un second l’a défini ainsi: .. Nous n'avons plus le droit d'appeler Ghiaour, les Ghiaours“.
Avouons tout d’abord que les quelques ré-
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formes que nous devons au Tanzimat n'auraient pas été possibles si les Janissaires avaient continué à exister. Ennemis de tout changement, leur présence était un obstacle pour toute marche en avant.
Il est absolument certain d'autre part que le premier Firman qui ouvre l’ère du Tanzimat fut inspiré en même temps que par le désir d'assurer au pays les progrès auxquels il avait droit, par la crainte qu'inspiraient aux Turcs les accords des Etats européens en vue d'imposer leur ingérence dans l'Empire sous prétexte de protéger les éléments non musulmans. La question égyptienne aussi préoccupait beaucoup la Turquie et elle a voulu acquérir par une preuve de bonne volonté la bienveillance de l’Europe.
Le 3 Novembre 1839, Abdul Medjid, en personne, entouré des hauts dignitaires civils et militaires, des chefs religieux et du corps diplomatique — parmi lequel la France était représentée par un prince de sang royal, le prince Joinville — donna lecture, au Kiosque de Gulhané, dans l’enceinte du palais impérial, du firman des réformes. Ce firman est connu sous le nom de ,,Rescrit de Gulhané‘“ et accorde aux peuples du pays, à tous les ottomans, tous droits de liberté et d'égalité. Le fait était capital. Les non-musulmans et sur-
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tout les chrétiens — et c’est ce qui intéressait l’Europe — étaient mis, au moins sur papier, sur le même pied d'égalité que les Musulmans. Il serait long de relater ici les faits qui prouvent quel courage il a fallu à l’homme d’État sincèrement libéral qu'était Réchid Pacha pour faire ce pas en avant.
Qu'est-ce que le Rescrit de Gulhané? C’est d’abord une Charte constitutionnelle; le Sultan chargeait divers Conseils de rédiger des lois et de les appliquer ; il reconnaissait l'égalité de tous devant la loi; il interdisait les corvées et les confiscations. Le Sultan faisait serment de respecter les lois du pays et s’engageait à promulguer celles que les Conseils compétents auraient élaborées.
C’est aussi un programme de réformes administratives, de réformes fiscales, de réformes militaires, de réformes judiciaires.
C’est en même temps et surtout un engagement envers l’Europe. Réchid Pacha ne s’est pas contenté d'inviter à la cérémonie de la promulgation de ce Rescrit les représentants diplomatiques, cet acte dit textuellement que ,,/es disposifion susindiquées se proposant de changer et renouveler de fond en comble les méthodes anciennes, notre présent [radé Impérial sera publié et porté à la connaissance de toutes les po-
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pulations de Constantinople et des auires parties de nos domaines et officiellement communiqué à tous les ambassadeurs demeurant à Constantinoble afin que les Etat aussi soient témoins que ces dispositions resteront en vigueur pour l’éter- » nité“. Le Gouvernement assumait donc ces engagements envers ses peuples et prenait à témoins les Gouvernements étrangers. Les réformes donc se faisaient pour ainsi dire sous la tutelle européenne.
Que Réchid Pacha ait voulu donner à cet acte le caractère d’une charte constitutionnelle, cela n’est pas douteux; ,Que ceux, dit le Rescrit en terminant, qui agiraient contrairement à ces lots constitutionnelles aient la malédiction d’Allah le Tout Puissant et n’aient jamais de rédemption, Amen !“.
Mais Réchid Pacha devait bien savoir qu’une loi constitutionnelle n’aurait qu’une très piètre garantie si elle dépendait uniquement des Conseils nommés par le Gouvernement. Il savait bien comment les choses se passaient en Europe et comment la présence des Chambres était la seule garantie des droits des citoyens. Pourquoi donc s'est-il contenté de ces méthodes sans envergure ? Sans doute le Grand Vézir n’a pas considéré que le milieu pouvait supporter un changement plus
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radical. Réchid Pacha aurait dit ceci: ,Je comprends bien qu’il faut se presser, qu’il faut courir; mais, la mentalité du pays et les superstitions qui règnent chez nous sont un grand obstacle à notre marche et c’est 1à notre malheur!‘ D’ailleurs l'on voit très bien que Réchid Pacha a senti le besoin de s’assurer autant que possible les bonnes grâces des religieux ou tout au moins de neutraliser leur opposition. C’est pourquoi il commence son rescrit en déclarant que la Turquie avait été forte et puissante tant que les préceptes glorieux du Coran et les règles du Cheri avaient été respectés et que c'était seulement depuis cent cinquante ans que la situation du pays a empiré, et cela surtout par la violation des préceptes religieux.
Cependant, en dépit des concessions faites à l’esprit réactionnaire, en dépit de la prudence extrême du parti libéral qui se contentait pour toute Charte constitutionnelle d’un programme de réformes sans faire intervenir l'élément électif, les vieux partis l’emportèrent et Réchid Pacha dut bientôt leur céder la place.
La seconde date essentielle dans l’ère du Tanzimat c’est le Firman de réformes du 28 Octobre 1852 par lequel fut consacrée l’organisation des Vilayets et l'intervention de l’élément local. C’est ainsi que les non musulmans obtenaient le droit
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de participer aux conseils d'administration. C'est de ce firman que le Congrès de Paris prit acte et qui de la sorte devenait un instrument international.
Entre le rescrit de Gulhané et le Firman de 52 et après cette date d’autres firmans ont été promulgués. Les lois sur l'administration des Vilayets amendées ultérieurement (1884 et 1875) peuvent être considérées comme un pas en avant Vers la participation du peuple à l'administration Publique.
L'ère de Tanzimat, quoique constituant une étape importante dans l’histoire turque, ne produisit pas les résultats que l’on en pouvait attendre. C'est que tous ces efforts n'émanaient pas de la . volonté du pays; bien au contraire, l'esprit de ces réformes répugnait au peuple. Elles étaient voulues non pas même par une minorité mais simplement par quelques hommes isolés qui y voyaient l'unique moyen de faire avancer le pays et pensaient surtout calmer les esprits en Europe. Et puis le Tanzimat est né un peu sous la tutelle des Etrangers et c'était là une raison pour lui faire perdre les sympathies nationales. Enfin, tous les pays de l’Europe n’avaient pas manifesté pour ces tentatives la même bienveillance. Metternich s’acharnaïit à dissuader la Turquie de se rapprocher de tout mouvement constitutionnel et lui conseil-
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lait avec chaleur de s’attacher aux institutions traditionnelles. Seule la France a prêté un concours sincère aux efforts des libéraux turcs dans toutes les branches et surtout dans l’organisation de l’instruction publique. Maïs la défaite de 1871 obligea la France à ne pas s’occuper de la question orientale aussi activement qu'auparavant. On peut dire que la Constitution jeune turque n’a hérité de l’ère du Tanzimat (sauf l’œuvre de Midhat Pacha) aucune tradition constitutionelle.