SURIE D
Grand'maman chantait dans le choeur quand elle était jeune.
Hattie S.
Lorsque la Nouvelle-Angleterre fut colonisée, les hommes
140 GRAMMAR SCHDOLS.
étaient obligés d'emporter leurs fusils à l'église, pour se défendre si les Indiens venaient les attaquer. Lorsque les voitures étaient rares, on allait à l'église à cheval ^ les femmes montaient en croupe. Les enfants n'avaient en général qu'une paire de souliers, et ils devaient les faire durer longtemps. Les petites filles étaient obligées de marcher pieds nus.
Mame L.
Lorsqu'ils allaient à pied à l'église, ils portaient leurs chaussures à la main et ne les mettaient à leurs pieds qu'au moment
d'entrer à l'église.
LizziE IS.
On voyait rarement des étrangers dans les petites villes, et on apprenait aux enfants à les saluer respectueusement s'ils les ^rencontraient sur la route. Les vieilles gens conservent cette habitude encore maintenant, et maman dit qu'à Sydney on dit aux enfants de le faire, et que ceux qui ne le font pas sont regardés comme des enfants mal élevés,
SusiE D.
Ils étaient plus polis dans ce temps-là que nous ne le sommes aujourd'hui.
Emily L.
Les vieilles gens disaient alors : « Les murs ont des oreilles. »
Mary B.
Et maintenant les vieilles gens disent : «, 11 faut que l'on voie les enfants et qu'on ne les entende pas. ))
Maugie h.
Chaque [armer contluisait à son tour à l'école ses enfants et ceux de ses voisins. Lorsqu'il avait fait une grande tempête de neige et que les routes étaient obstruées, il prenait un grand traîneau, y attelait ses bœufs et allait de maison en maison jusqu'à ce qu'il eut chargé son traîneau.
Ida B.
Le traîneau était couvert de l)ri(jues chauffées pour leur tenir les pieds chauds.
Sara H L.
LA VIE DE l'École décritî-: par les écoliers. 147
Je me figure qu'ils devaient Lien s'amuser en se rendant ainsi à l'école !
Jeannie C.
Ils emportaient des dîners composés de pain, de fromag-e et de pommes, et s'ils avaient un morceau de pâté par semaine, c'était un grand régal.
Clara M.
Pour les grands garçons et les grandes filles qui avaient à travailler pendant le jour, il y avait des cours d'écriture et des écoles du soir. Ils portaient leur encre, leur plume d'oie et leur chandelle. S'ils n'avaient pas de chandelier, ils faisaient quelquefois dans une pomme de terre un trou assez gros pour tenir leur chandelle, et ils s'éclairaient de cette façon.
JULL\ M. J,
Les horloges dont on se servait à cette époque étaient trèsdrôles. Le maître avait dans son pupitre un sahlier marquant une demi-heure, et quand le sable était tout à fait écoulé, les écoliers criaient : « Le verre est fini. » Alors on le retournait et ainsi de suite jusqu'à midi.
Jessie D.
Lorsque grand'maman était petite, elle demeurait à Fayal et on faisait la classe dans la maison de quelques personnes qu'on voyait à leur aise.
Un homme tenait une classe de garçons dans une maison, et une femme, une classe de filles dans une autre. Le mercredi et le samedi après-midi les filles cousaient et faisaient toute sorte de jolis travaux.
Mary S.
Les carreaux de vitres employés dans les maisons étaient très-petits. On n'avait pas de tapis sur le plancher, on y répandait quelquefois du sable sur lequel on traçait dès chiffres avec un balai de sapin.
Martha.
Certaines personnes n'avaient pas le moyen d'acheter du verre qui coûtait très-cher; alors on clouait des morceaux de drap blanc sur les fenêtres pour remplacer les carreaux.
Anna G.
148 GRAMMAH SCHOOLS.
Lorsqu'on voulait faire bouillir une chaudronnée d'eau, une crémaillère en fer fixée sur Tun des côtés de la cheminée se balançait au-dessus du feu.
Sarah g.
Il y a cent ans, beaucoup d'endroits où s'élèvent des villes aujourd'hui étaient couverts de bois ; il n'y avait pas de routes; on ne voyait que des sentiers et il fallait faire des marques sur les arbres pour trouver sa route.
Hattik t.
Les pianos s'appelaient alors des épinetles.
Jl'Lia II.
On avait alors des chaises à dossier haut et droit et des escabeaux de bois.
Flora M' ï..
On n'avait pas alors de tapisseries comme nous en avons dans nos maisons.
Margie h.
On se servait de vaisselle d'étain et de bois.
Emma L. .
Ma mère demeurait à Sydney Mines (cap Breton). Elle n'avait pas tous les avantages dont je jouis aujourd'hui. D'abord elle n'avait pas de si bons habits. Si elle avait une robe neuve en calicot, elle se trouvait très-bien habillée, car c'était une étoffe très-rare. Les écoliers écrivaient sur l'écorce des arbres pour économiser le papier.
SusiE D.
Maman dit qu'on ne s'habillait pas aussi bien que maintenant lorsqu'elle élait jeune. On portait alors des vêtements fabriqués à la maison et des pantalons de calicot rouge, et lorsqu'on avait une robe de laine écossaisse et des pantalons blancs, on se crevait vêtue avec élégance.
Emma D.
Lorsque ma grand'mère était petite lîlle, ses parents étaient farmers et elle allait à l'école pendant l'hiver.
LlLLlE B.
LA. VIE DE l'ÉCULE DÉCRITE i'AU LES ÉCOLIEHS. UO
11 y a cent ans, il n'y avait presf[ue que des farmers.
Annie G.
Ma mère a demeuré en Irlande jusqu'à l'âge de seize ans ; c'est pourquoi elle n'a pu rien me dire sur ce qui se passait ici il y a cent ans.
LizziE ^V.
Les portefeuilles dont on se servait alors étaient faits de peau de mouton ou de gros cuir, on les cousait avec du fil de cordonnier. Ils avaient la forme d'une bouteille.
Nellie g.
Les dames portaient des bourses tricotées et on avait son argent en numéraire.
Gertrude K.
Les messieurs portaient des jabots sur le devant de la chemise, et leurs grands cols droits s'appelaient des chemisettes.
Cor A C.
Les fusils dont on se servait alors s'appelaient des fusils à pierre, et ils avaient des baguettes de bois.
Ellnett J.
Les enfants n'avaient pas autant de récréation qu'aujourd'hui. Les garçons travaillaient aux champs, les filles dans la maison.
Annie G.
Quelques-unes des filles avaient à faire des blanchissages, outre le déjeuner de la famille qu'il leur fallait préparer chaque jour avant d'aller à l'école.
Martha N.
On n'avait pas alors les espèces de jeux qu'on a aujourd'hui.
Annie G.
Les filles n'avaient pas alors de jolies poupées pour s'amuser, elles n'avaient que des bébés faits de chiffons.
LiLLIE B.
On n'avait pas beaucoup de distractions : de loin en loin un cirque venait donner dos représentations.
Emilv I).
Les enfants devaient aller de ferme en ferme éplucher le maïs et peler les pommes, et lorsqu'ils avaient terminé leur besogne, on leur donnait un souper chaud, puis ils jouaient. Ma mère y a souvent été. On appelait ces réunions « paring bées » et « husking bées » (1). Quel([uefois ils trouvaient des épis de blé rouges et alors ils devaient donner des gages.
Ida B.
Il n'y a que vingt-sept ans que ma mère est en Amérique et je n'ai pas pu découvrir ce que l'on faisait ici dans les temps anciens.
Mary M' C.
Gracie Wecks sait quelque chose de ce qui se passait à Boston il y a cent ans.
Sylyia L.
Les habitants de Boston demeurèrent d'abord à l'exl rémité septentrionale deCopp'sHill. Tonte l'aristocratie allait à l'église du Christ dans la rue Salem ; cette église est encore debout, c'est celle qui a le carillon. Le roi George a donné à cette église un service de communion en argent, et une grande Bible de forme ancienne. On a précieusement conservé ces relivques-
On suspendit des lanternes dans le clocher pour faire savoir à Paul Bevere, qui faisait le guet de l'autre côté de Charlestown, si les Anglais partaient par terre ou par mer (2).
Devant Fawnil Hall, à l'endroit oîi s'élève le marché de Quincy, les Anglais et les Américains eurent une querelle dans laquelle deux de nos concitoyens de Boston furent tués.
Un jour, le général La Fayette vint à Boston rendre visite au général Hancock. M™^ Hancock, qui n'avait pas assez de lait j)our son pudding et pour son café, dit à une de ses servantes d'aller sur le domaine communal et de traire les vaches qu'elle y trouverait.
Les vêtements des dames consistaient en jupons de satin piqué et en corsages massifs garnis de dentelle par devant et par derrière.
(1) To husk, éplucher (du maïs) ; to pare, peler (des fruits). Bee, américanisme. D'après le Dictionnaire de ^Vebstcr, on appelle ainsi au Canada et aux États-Unis une réunion de plusieurs personnes pour faire gratuilement quelque travail ou pour aider un de leurs voisins.
(:2) Voir Longfellow, « The Landlord's taie, I^aul Revere's ride. »
(Notefi du Traducteur.)
LA VIE DE l'École décuite par les écoliers. 151
Elles portaient des gants de peau, sur le dos desquels était imprimé le portrait du général La Fayette, qui, lorsqu'il prenait congé d'une dame en lui baisant la main, baisait ainsi son propre portrait.
Gracie W.
Il y a cent ans l'armée anglaise était à Boston, et on souffrait beaucoup du froid et de la faim. On fut obligé de brûler les maisons inoccupées et les bancs de l'église, parce qu'on n'avait pas de bois.