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A PROPOS DL' CENTENAIRE

que les hommes et les femmes supportaient jadis, et si nous avons un général qui ressemble au général Putnam et qui puisse, en quittant la charrue, prendre le commandement des troupes comme il le fit.

Y a-t-il parmi nous des mères et des sœurs qui éveilleraient leurs fils et leurs frères à minuit pour les envoyer combattre pour l'Indépendance ?

La lecture de quelques-uns des exploits audacieux accomplis à cette époque fait courir dans mes veines un frisson patriotique.

Nous sommes un peuple intelligent, oui, mais sommes-nous aussi honnêtes qu'intelligents ?

J'arrive maintenant à la fin de cette composition qui, m'a-t-on dit, a été donnée à l'occasion du Centenaire. J'espère qu'on ne la critiquera pas trop sévèrement, car elle est due à la plume d'une écolière.

Je puis répondre de l'originalité de ce travail ; quant à ses mérites, je me soumettrai au jugement de meilleurs juges.

Laura D.

Age : dix ans.

Patterson, comté de Passaïc (New Jersey). District n** 5. — École rurale.

9i. — DANS CENT ANS.

Si notre pays prospère autant pendant le siècle prochain qu'il l'a fait dans le siècle passé, qui peut prédire l'avenir de l'Amérique? 11 serait certes très-intéressant de savoir exactement comment il sera. Voyons en imagination les États-Unis dans cent ans d'ici.

Il fait un jour charmant et beaucoup de personnes se promènent en goûtant la fraîcheur de l'air. Les demoiselles, au lieu de porter les robes-fourreaux si étroites qu'elles peuvent à peine marcher à leur aise, et d'immenses paniers, et des bottines à hauts talons (avec des bas zébrés) et des chapeaux sur le derrière de la tète, marchent avec des chaussures qui ont la forme de leurs pieds. Elles ont des vêtements assez amples pour leur permettre de faire des pas ordinaires, et mettent leurs chapeaux où il faut. Elles s'avancent gracieusement jusqu'à une fraîche retraite où elles s'assoient; là elles écou-

tent une agréable musique qui se fait entendre dès qu'on pousse un ressort.

Elles ne sont pas forcées de se tenir assises droites trois heures par jour pendant cin(| ans pour apprendre à jouer un peu, si peu, qu'elles ont toujours « perdu l'habitude! » Nous remarquons aussi })eaucoup de petites filles parmi les autres, qui paraissent toutes bien heureuses, et je pense que cela tient à ce qu'on ne leur fait pas laver la vaisselle comme les petites fdles faisaient autrefois. Au lieu d'avoir cela à faire après un repas, il suflit simplement de mettre la vaisselle dans une machine d'où elle sort lavée et séchée, le tout en deux ou trois minutes. Tous les lég^umes pour le dîner sont préparés de la même manière, prompte et facile.

Mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est la manière de voyager. En 1876, on regardait comme une chose merveilleuse les Pullman Palace Cars (1) qui marchaient avec une vitesse de quarante milles à l'heure. Maintenant nous pouvons aller en Europe en trois jours, non pas par terre ou par eau, mais par les airs, en ballon. Il y a des stations de ballons dans tous les endroits importants ; des lignes de ballons partent des villes toutes les heures.

Ce mode de voyager est maintenant préféré par presque tout le monde, car il est plus prompt, et cause moins d'accidents qu'il n'en arrive sur terre ou sur mer.

Au lieu d'envoyer les lettres par les chemins de fer qui vont si lentement, on ne se sert que • des pigeons voyageurs ; les ballons et les pigeons répandent beaucoup d'animation dans l'air. Les navires font voile sous l'eau et on les emploie beaucoup à la place des anciens navires qui allaient si lentement. Ils ont de grandes fenêtres en verre, près desquelles on peut rester assis toute la journée et contempler les curieux habitants de la mer, les belles herbes marines et les milliers de coquillages.

11 n'est pas probable qu'aucun de nous soit vivant dans cent ans d'ici, et naturellement nous ne pourrons pas jouir de ces perfectionnements, mais nous espérons que les personnes qui assisteront au pi'ochain Centenaire vivront dans un charmant confort et verront tous leurs souhaits réalisés par les machines.

Et cependant, malgré tous ces progrès du vingtième siècle,

(1) Système américain de wagons-lits, wagons-salons, etc.

nous préférons vivre au dix-neuvième, et particulièrement à l'époque actuelle.

Maggie s.

Age : douze ans.

Comté de Mercie (New Jersey). — District n" 5.

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