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LA CHINE

La Chine est un pays très-ancien, très-peuplé et très-riche ; probablement le plus ancien, le plus peuplé et le plus riche qui existe au monde. Elle se divise en 18 provinces, qui sont arrosées par les grands fleuves Yang-tse-Kiang et Hoang-Ho ou Jaune ; le. premier est le quatrième des plus grands fleuves du monde.

La Chine produit du thé et du riz en grande abondance ; le riz est hi principale nourriture des habitants, et elle fournit du tlié au monde entier; la partie méridionale produit d'excellents fruits.

A Torigini;, la civilisation de ce pays fut très-avancée : ce sont des Chinois qui inventèrent les premiers la boussole longtemps avant 1303. C'est aussi en Chine que la soie, la poudre et la porcelaine furent faites pour la première fois. Mais beaucoup d'arts merveilleux se sont perdus, entre autres celui de faire le verre plus clair, plus mince et plus fort qu'on ne le fait nulle part maintenant. Le pont sur lequel on traverse le fleuve Min est construit de pierres si grandes et si fortes, qu'il n'y a pas de machine qui puisse les soulever aujourd'hui, et on suppose que ce pont a plus de mille ans d'existence. Il est encore si sobde que les grandes crues du fleuve ne le font pas bouger, quoiqu'il soit quelquefois couvert par les courants rapides.

Le bas peuple de la Chine est très-laborieux, surtout les feruîiers dans le sud, car ils font deux récoltes par an. L'usage de l'opium est le plus grand mal, le gouvernement a essayé d'en arrêter l'importation, mais l'Angleterre l'a forcé méchamment à la tolérer, grâce à la supériorité de ses armes.

Les Chinois s'efforcent de conformer leur vie aux maximes de Confiicius (le grand philosophe), qu'ils regardent comme un homme parfait. Il vécut environ 500 ans avant Jésus-Christ et fut très-sage et très-bon. Après sa mort vint Mincius qui enseigna la même doctrine que son prédécesseur, mais on ne le regarda que comme un sage, tandis que Confucius passa pour un saint.

La vie de ces deux sages, qui est écrite en cinq livres (iïoii on tire des sujets de composition) avec leurs écrits et leurs poésies, est étudiée par les étudiants chinois. Celui qui lit la meilleure composition sur un sujet donné, lors

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d'un concours ouvert à Pékin, olHicnl un certain rang; il y en a sept en tout qui doivent être obtenus les uns après les autres. I/examen a lieu une fois tous les trois ans, et les étudiants s'y rendent par milliers.

Il y a plusieurs siècles que la Chine est en décadence. L'Angleterre et la France, qui voudraient régner sur le monde entier, ont aussi troublé notre tranquillité. Mais c'est une loi de la nature (jue les pays doivent s'élever et tomber, comme nous l'apprend l'histoire. Lorsque la Perse, la première grande nation, parvint à son apogée, elle tond)a. La Grèce s'éleva ensuite, et elle eut le même sort, la puissance a passé successivement à toutes les nations, et maintenant elle appartient aux États-Unis, dont les citoyens vont célébrer le Centenaire cette année même, en souvenir du grand événement qui a eu lieu il y a cent ans, lorsqu'ils ont rejeté le joug des tyrans. La Chine ne pourra-t-elle pas se relever à son tour, comme l'ont fait d'autres nations ? Assurément les lois de la nature existeront jusqu'à la lin.

TsoY Ceun Chiang.

Age : dix-sept ans.

^Vashington (Connecticut). — -i*^ année de séjour.

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