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Que peut-on dire du journalisme aux États-Unis

Rép. — L'Amérique est la patrie du journalisme. M. Bennettlui a donné une nouvelle impulsion, en y introduisant des changements importants et en y faisant de nouvelles additions. Grâce à lui, le principal but de la presse fut de se procurer des nouvelles. Elle eut des correspondants en Europe, et publia ce qu'on appelle « money-articles ».

10. — Comparez Prescott et lîancroft comme historiens. Rép. — Prescott (i) est le plus grand historien d'Amérique

qui ait écrit sur l'histoire des pays étrangers.

Bancroft (5) est le plus grand historien (juiait écrit sur notre histoire d'Amérique.

Ella 15.

Lewisburg, comté tle l'Union (i»ennsylvuniei.

(1) La Case de V oncle Tom. On sait que le héros de cet émouvant récit vient de parcourir l'Angleterre sous le nom de Ilévérend Josiah Henson. (Xote du Traducteur.)

(2) Sous les saules.

(3) Au milieu de mes livres; la Fenêtre de mon cabinet.

(4) Auteur d'ouvrages sur la conquête du Mexique et du Pérou, sur le règne de Ferdinand et d'Isabelle d'Espagne.

(5) Auteur d'une Histoire générale des Colonies anglaises d'Amérique, et d'une Histoire de la guerre de l'Indépendance.

{Notes du Traducteur.)

2. — LES SCIEN'CES CONTRE LES CLASSIQUES. Plan de la dissertation : Introduction. — Progrès de la civilisation.

Discussion :

Mérite comparatif des classiques et des sciences.

Par rapport aux classes laborieuses.

Par rapport au progrès général.

Besoin d'un nouveau système d'éducation.

Besoins du siècle actuel.

Conchision :

Par rapport à la culture intellectuelle. Par rapport à la religion.

Par rapport à la superstition.

(Développement.)

Les sciences sont les interprètes de la nature. L'étude des sciences a pour objet de prouver que la nature n'est que la « pensée de Dieu » ; que les opérations des lois naturelles ne sont que les opérations d'une main divine ; le plan d'un Père sage et bon pour satisfaire les besoins de la famille humaine.

Les révélations des sciences ont conduit à des recherches dont on peut voir le résultat dans la civilisation du siècle actuel. 1^'ignorance et la superstition disparaissent. Le développement intellectuel s'est répandu si rapidement, que les masses ellesmêmes sont familiarisées avec des lois scientifiques qui, il y a cent ans, n'étaient connues que d'un petit nombre de personnes.

Grâce à leurs institutions scientifiques, les États-Unis se sont placés à la tète de toutes les nations amies du progrès. Mais si le peuple des États-Unis veut continuer à progresser, il faut qu'il maintienne ce système d'éducation qui l'a fait ce qu'il est, et qu'il ne laisse pas déraciner et supplanter l'étude des sciences par l'étude des classiques.

L'étude des sciences n'implique pas la négligence de la langue. Nous devons beaucoup aux études classiques, qui nous ont révélé l'histoire des siècles passés et nous ont donné tant de chefs-d'œuvre en poésie, en sculpture et en peinture.

Mais la langue n'est que l'image de la pensée, l'ombre du

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réel, la persoiinilicalion de l'ânie. Quand même toutes les langues seraient anéanties, les sciences nous parleraient encore par la voix de l'orage, par les soupirs du puissant océan, par l'harmonie des sphères, par le silence majestueux de la croissance et de la décadence.

La science traite des faits et non des formes. Les sciences sont aujourd'hui ce qu'elles étaient hier et ce qu'elles seront demain; la langue change avec les occupations et les habitudes de l'homme. Quoique la correction de la langue soit nécessaire pour exprimer la pensée, elle ne sert que de marche-pied pour atteindre quelque chose de plus élevé. Il ne faut pas se rendre esclave de la forme.

Cette question a une très-grande importance pour les classes laborieuses, car le pain quotidien de l'ouvrier dépend de ses connaissances scientifiques.

Le travailleur paye ses impôts avec .joie pour que son enfant reçoive l'instruction dont il a besoin pour pouvoir gagner sa vie par le travail. 11 sait qu'ignorance est synonyme de pauvreté, tandis que science est synonyme de bien-être.

Mais si l'enfant, après avoir perdu son temps à étudier les classiques, ignore la vie pratique de notre siècle, ce sacrifice de temps et d'argent devient inutile.

Puisque nous vivons dans un siècle de sciences et d'inventions, l'étude des classiques doit nécessairement cesser. Ce qui est vieux doit toujours faire place à ce qui est nouveau.

Le latin et le grec servent à nommer les éléments scientifiques; mais leur mission s'arrête là. Les écrits d'Horace, d'Homère et de Virgile ne construiront jamais un chemin de fer et ne perceront jamais une montagne. Ils ne nourriront jamais ceux qui ont faim, ils ne donneront jamais d'ouvrage à ceux qui en demandent.

Les classiques sont limités, tandis que les sciences sont illimitées. A chaque instant de nouvelles découvertes révèlent de nouvelles sources de richesse que Thonnue peut employer pour économiser ses efforts ou pour faciliter le travail des machines.

Si, grâce aux sciences, nous avons pu enchaîner la foudre et lui faire porter nos messages, si nous avons pu utiliser la force et la puissance de la vapeur et la transformer en un coursier docile qui transporte nos marchandises, si nous avons pu forcer la terre à nous fournir la chaleur et la lumière dont nous avons

})esoin pour notre bien-être, qui peut prévoir les futures découvertes des sciences?

La classe laborieuse forme la majeure partie de notre population et c'est surtout en vue de lui être utile que nos écoles publiques ont été instituées. Les membres de cette classe ont besoin d'une éducation libérale et scientifique pour chasser la superstition, pour pouvoir comprendre les œuvres qui les entourent et y prendre part, pour se rapprocher davantage des classes supérieures. L'éducation classique est inutile à un homme qui gagne sa vie en travaillant à un métier.

C'est la physique et la connaissance intime des lois de la mécanique qui a donné au monde le télégraphe. >»'i l'élégante simplicité des Odes d'Horace, ni les vers sublimes de VOdyssée d'Homère n'auraient pu sonder l'océan pour 3Iorse, et tracer un chemin de fer pour Stephenson.

Sur douze élèves qui suivent la même classe, il n'y en a pas plus d'un qui embrassera une profession libérale; presque tous seront forcés d'adopter la vie pratique des affaires. C'est donc à l'éducation scientifique qu'il faut donner la préférence.

D'un autre côté, on a prétendu que l'éducation classique était nécessaire au développement de la culture intellectuelle.

Si l'étude de l'œuvre d'un homme développe l'intelligence, l'étude des œuvres bien plus sublimes et bien plus belles du Créateur ne doit-elle pas produire ce résultat d'une manière indniment plus sûre. Puisque l'art n'est que l'imitation de la nature, comment peut-il se faire qu'une œuvre d'art, quelle qu'elle soit, soit aussi digne d'admiration et d'étude que son original?

On prétend aussi que les sciences sont en conflit avec ia religion. L'étude des sciences conduit infailliblement à cette conviction qu'il y a un Être suprême (1). La chimie et l'astronomie nous enseignent que la môme main qui rassemble les atomes, guide et dirige les mouvements des planètes. Si les sciences sont en conflit avec la religion, c'est la religion qui est coupable et qui se met en conflit avec Dieu.

Les sciences sont les plus grandes ennemies de la superstition. L'ignorance des sciences faisait que les anciens regardaient les planètes avec une crainte superstitieuse; le moindre

([) « It is triie, tliat a little philosophy inclinelh man's mind to atheism; but depth in philosophy bringeth men's minds about to religion, u Bacon's Essays (Of Atheismi. (Xote du Traducteur.)

288 HIGII SCIIOOLS.

phénomène naturel était pour eux un bon ou un mauvais présage. Ils regardaient une éclipse comme un signe de la colère de Dieu et ils croyaient que la lune rendait lunatiques ceux qui erraient sous ses rayons. Cette croyance subsisterait encore, au grand détriment des jeunes amants, si la science n'avait pas expliqué les mouvements des planètes et rendu compte de tous les changewKMîts naturels.

Partout où lleurissent les sciences, la superstition disparaît. Les sciences ouvrent à tous le livre de la nature, et de la nature elles élèvent l'àme au Dieu de la nature.

AViLLIE P.

Auroru (Illinois).

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