Faites régner le BONHErn au foyer domestique
Pour faire régner le bonheur au foyer domestique nous devons essayer d'avoir un air joyeux dans toutes les circonstances, voir toujours le beau côté de tout ce qui arrive, et nous rappeler que, si telle est la volonté de Dieu, nous devons nous y soumettre.
Une mère est la principale personne qui fait régner le bonheur au foyer domestique ; c'est l'amie la plus sincère et la plus chère que nous ayons. Lorsque nous avons de grandes peines, lorsque l'adversité remplace la prospérité, lorsque les amis nous al)andonnent, lorsque nous sommes soumis à de ter-
ribles épreuves, elle reste toujours avec nous, nous encourageant de ses conseils.
Les charmes de la musique, d'innocents jeux et l'aimable conversation sont encore des moyens de faire ré.ifner le bonheur au foyer domestique. Qui n'aime pas la nuisique? Elle peut, par ses charmes, adoucir les bêtes sauvages elles-mêmes. Nous pouvons ainsi passer bien des heures heureuses. Ces anuisements peuvent retenir les jeunes gens à la maison et les préserver de plusieurs habitudes ruineuses. La fdle aînée a une merveilleuse influence sur la famille. C'est elle que les petits frères et les petites sœurs se proposent comme exemple en toute chose. Le père et la mère complent aussi sur elle.
Le mot « home » suggère une infinité de pensées joyeuses et heureuses. Les Français n'ont pas de mot pour traduire home. Payne, l'auteur de « Home, sweet home (1) », n'avait pas de « home ». « H n'est rien de tel que le foyer domestique, quelque pauvre qu'il soit. » Hélas, combien de maisons n'ont pas de foyer domestique! Combien de maisons n'ont que des visages tristes et des sourcils froncés!
Faisons du foyer domestique un lieu autour duquel puissent toujours se grouper nos plus chers souvenirs, jusqu'à ce que nous allions rejoindre nos pères dans le séjour céleste. .Je ne connais pas de paroles qui soient plus expressives que celles ({ue l'on lit sur la tombe de M""^ Wilson : (( Elle fit régner le bonheur au foyer domestique. » Oh! qui pourra ranimer cette main qui est froide et faire parler cette voix qui est muette!
Bertha s.
York (Pennsylvanie).
7. — L'AUGMENTATION DE LA RICHESSE l'RODLlT-ELLE UN BON EFFET SUR NOS MŒURS?
Pourrais-je mieux répondre à cette question qu'en compa-
(1) Home, home!
Sweet home !
Tliere's no place like iiome, There's no place like home.
Payne (Joliii Howard), né à New York, 1792-185:2.
{Note (lu traducteur.)
rant les mœurs d'aujourd'hui à celles qui existaient il y a cent ans, à celles auxquelles croyaient nos intrépides ancêtres et qu'ils pratiquaient fidèlement, se confiant entièrement à leur foi tranquille et inébranlable. Mes amis, arrêtons-nous un moment et considérons le genre de vie effrayant que nous menons. Jetons les yeux sur nos ancêtres d'il y a cent ans dans l'histoire de notre pays ; nous les voyons travailler bien péniblement pour se procurer les choses indispensables à la vie. Malgré toute leur diligence, ils ne pouvaient tirer leurs ressources que de leurs fermes sans culture, et c'était là, je le répète, le seul moyen qu'ils eussent de gagner leur vie. Dans ce temps-là on ne voyait pas la moitié des habitants exploiter, pour vivre, l'autre moitié, en soignant inutilement des corps malades ou, ce qui est pis, des esprits malades. Non, ils étaient trop fiers, ils avaient des principes moraux trop élevés pour accepter de l'argent lorsqu'ils n'avaient rien fait pour mériter une récompense.
Nous apprenons qu'en 1770 l'armée du Nord traversa le pays de Land East (New Hampshire), à Northfield, (Massachusetts); ce fléau détruisit la plupart des récoltes et causa, par conséquent, de grands inconvénients aux nouveaux colons. Les anciens colons, dont les gains ou les pertes pour une seule année étaient relativement peu considérables, profitèrent-ils de cet ('"vénement pour mettre quelques dollars dans leur poche? Ils ne le firent pas; au contraire, ils montrèrent leur humanité en secourant leurs frères et en partageant avec eux.
Nous autres, qui vivons aujourd'hui, en ferions-nous autant? Ah non! nous préférons être assis bien à notre aise dans un bureau, et causer de l'échec de nos. malheureux frères qui ont fait banqueroute. Ils ont été réduits à cet état non pas par leur propre dissipation, par exemple des dépenses de club, de courses, de cigares et de vins fins, etc., mais par les extravagances de leurs femmes et de leurs filles, qui dépensent si follement leur argent. Elles achètent de la soie, de belles dentelles et de riches bijoux pour se donner plus d'attraits. 3Iais je suis sûre que si elles sont plus belles, elles ne sont pas aussi heureuses que nos grand'méres, avec leurs vêtements simples, filés et cousus de leurs blanches mains.
Voyez la fiancée de l'année 1800. Elle mettait son orgueil à faire elle-même son trousseau, elle eût été jalouse qu'une autre aiguille que la sienne en eût cousu un seul point. Hélas ! la fiancée de l'année 1876 est trop insouciante, trop indolente
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pour s'occuper de la composilion de son trousseau. Elle se contente d'informer la couturière qu'elle ait à lui fournir tout ce dont elle a besoin, en lui recommandant de faire venir tout de l'étranger et de veiller à ce que chaque article soit élégant. On enverra, dit-elle, la note... à papa.
Alice G.
Age : dix-huit ans.
Littlctoii (New llampshire).