‹ Devoirs d'ecoliers americainsChapitre 214 sur 330 · PEUT-ON JAMAIS JUSTIFIER UN MENSONGE V ('i'^ année · texte numérisé non relu

PEUT-ON JAMAIS JUSTIFIER UN MENSONGE V ('i'^ année

Non, jamais! Jamais on ne peut justilier un mensonge. Dites toujours la vérité; quand même ce serait une question de vie ou de mort, dites toujours la vérité.

L'expérience m'a démontré que le vieux proverbe : « L'honnêteté est la meilleure politique (1), » est bon et vrai, et je

(1) Honestij is the hest poUcij.

conseillerais à tous ceux qui ont quelque doute ù ce sujet, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, de le suivre fidèlement.

Si vous allez passer la soirée quelque part et que vous ne teniez pas à ce que vos parents sachent où vous avez été, il ne faut pas, en revenant chez vous, vous mettre aussitôt à en parler et dire où vous avez été, avec qui vous f avez été, tout ce que vous avez fait : l'honnêteté n'exige pas cela de vous. Mais si votre père vous demande où vous avez été, il faut le lui dire, lui dire tout sans rien cacher.

Si vous avez accepté un présent pour faire quelque chose que vous ne deviez pas faire, avouez-le franchement lors(ju'on vous accuse, comme l'a faitM"'* B. (1), sans vous inquiéter de ce qu'on pourra dire ; vous savez bien qu'il faut toujours que le monde cause.

S'il y a eu quelques malversations dans un service public dont vous étiez chargé (2), avouez-le et supportez-en les conséquences, ne forcez pas le gouvernement à faire des dépenses inutiles pour payer des jurés qui devront siéger et entendre les témoins qui viendront vous accuser. Puisque vous savez que vous êtes coupable, avouez-le, et tout s'arrangera beaucoup plus facilement.

Si vous avez coupé le cerisier de votre père avec votre hachette toute neuve (3), avouez-le, et alors vous pourrez regarder le monde en face sans trembler, mais autrement vous ne pourrez pas regarder un chien en face sans rougir.

Voyez à quelle haute position s'est élevé George AVashington. Peut-être la haute estime qu'on a maintenant pour son nom est-elle due principalement à ce fait, qu'il ne pouvait pas mentir.

Frédéric B.

Age • quinze ans.

Milwaukee (Viscoiisiii).

1 i. — HONNEUR AUX MAINS CALLEUSES.

Les palais en marbre de Venise, avec leurs sculptures élaborées et leurs riches mosaïques, se dressent comme un rêve

{1 et 2j Allusions à de célèbres procès de ces derniers temps. (3) Allusion à une aventure célèbre de l'enfance de Washington (voir ci-dessus, page 168. i

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de beauté sous les yeux du touriste ; mais qui peuse aux forêts majestueuses qui leur ont servi de foudeiucnts?

Dans la société, nous portons toute notre attention sur la splendeui- des g-rands monuments et nous oublions ce que nous devons au trav.iil des mains du pauvre. Nous ne songeons pas qu'il y a dans l'univers des millions de travailleurs qui sont nos bienfaiteurs personnels.

Je m'assieds dans mon petit salon et je me demande à qui je dois le bien-être et les sinqdes ornements dont je suis entouré. Celte plume dont je me sers pour écrire, c'est du minerai de quelque mine profonde qu'une main singulièrement habile l'a tirée. C'est encore de ces sondjres cavernes qu'on a extrait tous les petits clous, toutes les vis et même les cordes du piano, et la planche sur laquelle on a gravé ma douce madone. Le charbon qui répand dans la maison la température de l'été nous a été donné par des hommes qui demeurent dans les ténèbres pour que d'autres puissent avoir de la lumière et de la chaleur. Honneur au mineur qui, avec une énergie héroïque, tire delà terre des trésors cachés pour enrichir ses semblables! Sa vie se passe souvent au milieu des scènes les plus sublimes! Les montagnes sont sa patrie; elles ont toujours une sublime beauté, sous l'éclat du soleil, ou pendant l'orage, lorsqu'elles semblent se faire signe l'une à l'autre, tandis que leurs rochers répercutent les roulements de la foudre. Des scènes sublimes ne peuvent manquer de faire aimer la nature et adorer le Créateur.

Le plâtre qui recouvre le mur a subi bien des modifications depuis le moment où il gisait dans la carrière de pierre à chaux. Le verre de la fenêtre était jadis du sable que le vent faisait voler çà et là. Le miroir fut inventé il y a bien longtenq)S dans une ville entourée par la mer. Il a fallu les soins d'un berger, d'un fdeur et d'un teinturier pour confectionner le tapis qui recouvre mon plancher.

Reconnaissons ce que nous devons à tous les hommes qui transforment les matériaux bruts fournis par la nature, et qui les rendent propres à nos usages ([uotidiens.

Paruji les bienfaiteurs du monde n'oublions pas les « tailleurs de bois ni les tireurs d'eau ». Pour que le charpentier bâtisse une maison, il faut que le bûcheron coupe le bois dans la forêt. Il faut que ce bois soit adapté aux différentes parties de l'édifice. La vue du bois qui vient d'être coupé et celle de la charpente d'une maison ont beaucoup de charmes» L'ouvrage

devient de plus en plus compliqué jusqu'à ce qu'on le termine en creusant le puits ou en construisant Taqueduc.

La vie du fei'mier est pleine de poésie. Les champs suggèrent de nobles pensées. Pendant que Robert Burns (l) labourait un matin, à l'aube, sa charrue coupa tout à coup une pâquerette qui aussitôt refleurit dans un poème.

« Petite fleur uiodeste, aux pétales teintés de rouge, tu m'as rencontré dans une heure fatale; il m'a fallu écraser dans la poussière ta tige élancée : t'épargner, maintenant n'est plus en mon pouvoir, ô la perle desfleurs!... Nos jardins fournissent les fleurs superbes qui ne peuvent croître que sous les dômes de verdure ou près des hautes murailles; mais toi, solitaire et cachée sous l'abri que t'ofl"re d'aventure la n)olte de terre ou la pierre, tu ornes le champ où le moissonneur n'a laissé que les chaumes (2). »

Hawthorne dit de son jardin :

« C'était un des plus beaux spectacles qu'il y eût au monde de voir une petite colline de fèves repousser le sol, ou une rangée de pois précoces qui sortaient de terre assez pour former une ligne d'un vert tendre. »

Les domesti([ues qui lavent notre vaisselle, qui font nos chand)res et qui préparent nos aliments, sont dignes de notre respect s'ils font bien leur travail. Ce qui est utile est toujours honorable, et l'humble travailleur est souvent encouragé par la pensée que c'est Dieu qui distribue toutes les tâches , et

(1) Poëte écossais, vécut de 1759 à 1796. Il a écrit en écossais des poëmes, des chansons et des lettres. (Note du Traducteur.)

(2) Wec, modest, crimson-tipped flow'r, Thou's met me in an evil hoiir ; For I maun crush among the stoiire

Thy slender stem :

To spare tliee now is past my pow'r,

Thon bon aie 2;em.

The llaimting flow'rs our gardons yield, High shell'ring woods and wa's maun sliield; ^ But ttiou, lieneath Ihe random bield

O'clod or stanc, Adorns tlie histie stibble-field,

Unseen, alane,

(Stanzas to a Mountain Daisy).

{Texte rétabli par le Traducteur.)

qu'il tient compte de tous les efforts que l'on fait fidèlement.

Beaucoup de sottes personnes pensent cju'il y a de la honte à travailler, et quelques mères sont fières de dire que leurs filles ne savent faire que des ouvrages de fantaisie. Une femme qui avait deux lilles les avait élevées dans cette fausse idée pendant (ju'elle travaillait durement })our les entretenir. Enfin l'aînée se maria et alla vivre chez elle. Elle écrivit à sa mère que si elle voulait faire une dame de Ahby, il était temps de commencer. La petite fille avait treize ans et, en disant d'en faire une dame, sa sœur voulait dire de Thahiller à la mode et de la laisser s'asseoira la fenêtre du salon.

E.-II. Chapin, dans le sermon qu'il lit ici l'hiver dernier, dit que les travailleurs forment la véritable noblesse, et que les oisifs forment les classes inférieures. C'est peut-être à deux lois que la Russie doit sa supériorité intellectuelle : l'une de ces lois exige que chaque enfant reçoive de l'instruction, la seconde force chaque homme à apprendre un métier. Le Prince héritier est imprimeur. L'oisiveté est la mère du crime, et tous ceux (|ui aiment le bon ordre voient avec plaisir que notre assemblée législative vient de faire une loi pour proléger la société contre les mendiants, qui sont devenus si nombreux et si dangereux dans toutes les parties de ce pays.

Lorsqu'un homme travaille sérieusement, il est comparativement à l'abri des maux qui l'entourent. Les mauvaises pensées ne trouvent pas de place dans son cœur, son unique préoccupation est de rendre sa famille heureuse. Après son travail, il jouira des simples amusements du foyer domestique, qui sont très-nécessaires pour entretenir sa bonne humeur.

Sir Thomas More, dans son Utopia, dit qu'il voudrait passer la moitié du jour au travail et le reste en une honnête récréation. Aristote dit : « Le but du travail c'est de jouir du loisir. » Toujours travailler sans jamais jouer est presque aussi mauvais que de toujours jouer sans jamais travailler. Jl y a des personnes qui croient (ju'elles seules doivent prendre de la récréation et que leurs inférieurs n'en ont pas besoin.

La gouvernante de 1' « Old curiosity shop » pensait que les enfants de l'aristocratie devaient seuls aller au spectacle.

Elle soutenait que les vers du docteur Watts : « Que mes premières années se passent au milieu des livres, au travail, ou dans des jeux salutaires, » ne s'appliquaient qu'aux enfants de bonne famille , mais que, pour les enfants pauvres, ils devaient être :

DISSKUTATIONS. 3:27

« Ouenips premières années se passent au travail, au travail, au travail, toujours au travail, pour qu'à la lin je puisse rendre bon compte de chaque jour. »

La récréation est surtout goûtée p;ir ceux (jui l'ont d'abord gagnée par le travail.

La sagesse de Dieu, qui se^ voit partout, est manifeste dans le fait du travail. Il a voulu que ses enfants fussent dans une dépendance mutuelle les uns à l'égard des autres. Chacun doit à la société tout ce qu'il peut lui donner.

Le Créateur les a pourvus des matériaux dont ils ont besoin et les a doués de facultés qui se développent par l'usage. Le travail est une loi divine et, en s'y conformant, l'homme trouve >on bonheur et son plus grand bien.

Beaucoup d'hommes, qui ont vécu du travail de leurs mains, ont acquis pendant leurs heures de loisir une haute culture intellectuelle. Hugli Miller passa quinze ans dans une carrière et fut ensuite commis dans une banque; et, pendant tout ce temps, il employa ses soirées à composer et à écrire ses importants ouvrages sur la géologie.

ElihuBurrett, surnommé le savant forgeron, savait cinquante langues. Robert Collier, de Chicago, est aussi habile à ferrer un cheval ({u'à composer un sermon. Le jeune sculpteur, plein

d'avenir, S (1), apprit sa grammaire latine pendant que

ses mains poussaient la navette sur le métier. M""'' Emily C. Judson ( 2j, cet écrivain élégant et ce missionnaire dévoué, était ouvrière de fabrique à douze ans; après avoir, par de patients efforts, acquis une bonne instruction, elle tint une école à soixante-quinze cents par semaine.

>'otre pays pourrait fournir un grand nombre d exemples d'hommes qui ont obéi aux plus nobles impulsions de leur être pendant qu'ils étaient obligés de se livrer au travail manuel, pour subvenir à leurs besoins de chaque jour.

-Nous honorons spécialement dans notre école ceux qui, tout en s'entretenant par leur travail, prennent place aux premiers rangs. Nous sommes sûrs que le monde leur réserve des positions d'honneur et de confiance, et que les fardeaux qu'ils sup-

(l) Nom illisiblt'.

f2j 1 81 7-1 85 i, pins connue sous le nom de Fanny Forester, sous lequel parurent la plupart de ses Poëmes et de ses Nouvelles.

328 HIGII SCHOOLS.

portent actuellement ne font que les préparer à la responsabilité dont on les chargera plus tard.

Katie m.

Portsmouth (New Hampsliirc).

3c SECTION : COMPOSITIONS HISTORIQUES ET POLITIQUES. %II. — Histoire.

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