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LA SEULE VRAIE REPUBLIQUE

La République des États-Unis est la seule vraie République ({ui existe. Oue sa croissance et ses progrès ont été grands et merveilleux pendant les cent années qui viennent de s'écouler! 11 nous serait complètement impossible de mentionner tous les ouvrages qui ont contribué à faire ce pays ce qu'il est maintenant : l'un des plus grands du monde. Mais avant d'aller plus loin, jetons les yeux sur d'autres pays. •

Voilà d'abord l'Angleterre, notre mère patrie, qui a surpassé tous les autres en accumulant des richesses, et qui, depuis le jour où elle a eu un gouvernement chrétien, n'a cessé d'augmenter sa puissance et sa grandeur, jusqu'au moment oîi elle a possédé le superbe titre de maîtresse de la mer.

Voilà maintenant la France, le pays des Charlemagne, des Louis, des Napoléon et de tant d'autres qui ont rendu son nom si illustre; la France d'aujourd'hui, la France républicaine, qui se dresse dans sa robe rouge et qui élève si haut le bonnet écarlate de la liberté ! Autour d'elles sont des colonnes brisées et les monuments ruinés du passé, qui ont sans doute pour mission de la protéger, comme les statues presque parlantes de ses anciens héros !

Et la Russie, terre de neige et de glace, l'empire des tsars, l'amie fidèle de notre nation en Europe pendant la dernière guerre civile ! C'est la Russie qui a produit un des grands législateurs modernes, un homme du peuple qui fonda son pays, Pierre le Grand, qui a donné au peuple un exemple dont les législateurs modernes feraient bien de profiter.

Puis, de l'autre côté des Alpes recouvertes de leur manteau de neige, voilà l'Italie, l'Italie avec sa ceinture de montagnes ! C'est là que Rome, sa capitale, Rome, jadis la maîtresse du monde, est située. Lorsque Rome est tombée, l'Ralie l'a suivie, et les pays dont elle était la maîtresse sont devenus ses maîtres. Enlin lorsque toutes les formes de gouvernement eurent échoué, le pape monta dans sa chaire épiscopale surmontée d'une croix, saisit d'une main les rênes de l'Etat et de l'autre les clefs sacrées de saint Pierre. 3Iais les Etats du pape sont passés un à un de son sceptre à celui du roi d'Ralie, et on l'a forcé à se contenter du gouvernement de l'Église.

Voici venir maintenant l'Espagne, la terre des Maures ; c'est

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la même Espagne toujours révoltée, toujours mécontente : rien ne sam\ait la satisfaire. T.e monarque, recouvert de ses vêtements (le satin et d'or, est promptement chassé du pays, suivi j»ar la populace tumultueuse des brigands espagnols; on élève bien haut le bonnet rouge de la liberté. Le moment d'après, nous le voyons ti'aîné sous les pieds de la foule, et le monarque rentre en Espagne précédé d'un héraut et vêtu de ses plus l'iches ornements. Mais l'Espagne d'aujourd'hui n'est plus l'Espagne des siècles passés. Alors un ))rince brave et d'une intelligence merveilleuse lui faisait acquérir le premier rang intellectuel parmi toutes les nations voisines. Aujourd'hui elle dresse l'étendard orné de tours, l'étendard illustré par Charles V, Philippe 11 et l'illustre Colomb, qui le porta dans le chemm de la gloire et de la renommée.

Nous pouvons nous représenter l'Afrique montée sur les « vaisseaux du désert », nous la voyons s'avancer du sud au nord sous l'ardeur brûlante de son soleil ; de tous côtés retentissent les sifflements des serpents. Nous voyons ses esclaves ramasser ses trésors d'ivoire et d'or au milieu des rugissements des lions, à l'ombre de ses anciennes ruines : et pendant que les « vaisseaux du désert » s'avancent sur les sables jaunes et pénètrent dans la terre des Pharaons, au milieu des Pyramides, pendant qu'ils côtoient les rives du Nil, et qu'ils foulent le sol oi!i Livingstone est mort abandonné, nous sommes plongés dans l'étonnement.

Mais lors(jue nous apercevons l'Amérique fraîche, forte et l)leine de jeunesse, l'Afrique disparaît à nos yeux. D'un côté sont les tropiques, avec leurs forêts de fleurs aux couleurs éclatantes ; au sud, est notre voisine, la Piépublique du Mexique, cette Espagne des Américains ; au nord s'étend la région arctique, avec ses amas de neige, plaines solitaires et glacées, vaste désert blanc. Mais oii donc y a-t-il dans tout le monde un pays qui offre un tel champ pour la science ! 11 n'y a pas un arbre, pas une ffeur, pas un être vivant. Mais comme tout ce monde glacial est beau avec ses promesses d'une mer arctique, avec ses tristes souvenirs de Franklin, de Hall et de Kane. Cependant lud œil humain n'a encore vu ce merveilleux pôle caché sous des neiges et sous des glaces éternelles.

Nous arrivons maintenant aux Etats-Unis, à notre Piépublique.

(Juelle n'a pas été sa prospérité pendant les cent années (jui viennent de s'écouler ! Il y a cent ans, elle se composait de

treize États, petits iDais braves ; cMe comptait alors trois millions d'habitants qui bataillaient pour leur droit, qui luttaient pour leur liberté et pour leur indépendance. La liberté fut proclamée dans tout le pays, et depuis le jour oîi ces braves et vaillants patriotes ont triomphé, nous avons fait des progrès rapides dans les sciences, dans l'agriculture et dans le commerce. Notre industrie et notre richesse se sont accrues au delà de ce qu'aurait osé rêver le patriote le plus exalté. A cette époque on n'avait pas encore découvert nos merveilleuses mines de charbon ni nos puits do pétrole ; on ne soupçonnait pas encore les trésors cachés à l'Est ou à l'Ouest des monts Alleghanys. On n'avait pas encore trouvé les merveilleux gisements de charbon ni de fer, ni les mines de cuivre du Nord. On n'avait pas encore trouvé sur le sommet des monts Rocheux jusqu'au Pacifique les plus grands trésors d'or et d'argent, richesses des siècles.

Mais il ne faut pas oublier nos écoles publiques, car c'est là la grande base de notre pays. Elles ont été instituées par les puritains de la Nouvelle-Angleterre et les Hollandais de New York, il y a deux cent cinquante ans. Elles se sont développées graduellement, lentement mais sûrement, et elles sont aujourd'hui l'une des plus glorieuses et des plus brillantes étoiles de notre premier Centenaire. Il y a cinquante ans, l'iowa, « le jardin de l'Ouest », n'avait ni richesse, ni population, il n'y avait pas d'écoles alors. Aujourd'hui vous pouvez voir la belle maison d'école blanche s'élever dans la prairie et au milieu des forêts, et plus loin, dans l'Ouest, au delà des monts Rocheux, au milieu des pics aurifères de l'Arizona, on voit se dresser l'école libre qui, là comme partout, est la sentinelle de la civilisation.

Considérons encore les progrès de ce pays. Il y a quelques années, vous l'auriez pris pour un désert stérile et inhabité; aujourd'hui vous voyez s'élever partout de belles et riches fermes. Elles gémissen^ is le poids de leurs productions et des riches dons que 1' -^ur a faits à l'homme. Le pays est

parsemé de villes qui . poussé au milieu de la prairie comme des fleurs.

Puisse le second anniversaire de l'indépendance de notre nation ■être aussi heureux que le premier ! Puisse notre pays toujours voir s'étendre d'un Océan à l'autre les fils du télégraphe, la plus grande invention américaine. Puissent toujours les chevaux de fer faire entendre leur galop précipité de l'Atlantique au PaciliquelEt puisse notre nation, alors comme aujourd'hui,

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être l'égale dos plus ancie]ine*> et des plus fortes ! O^ie pendant le siècle prochain le sombre nuage de la guerre n'obscurcisse jamais son brillant horizon; mais s'il en est autrement, et qu'il faille avoir recours à la force, qu'elle puisse dire et qu'elle soit lière de dire qu'elle n'a jamais été vaincue ! que l'étendard rayé et semé d'étoiles flotte comme aujourd'hui sur trentehuit États et sur (juarante millions d'habitants l Puisse-t-il flotter sur cent États et couvrir de ses plis cent millions d'habitants prêts à protéger et à défendre cette bannière sacrée ! Et puisse alors le nom de citoyen américain, pour employer les expressions de Benton (L), « jouir du privilège accordé au nom romain pendant la glorieuse période de la république et de l'empire, et servir de passe-port dans le monde entier à tous ceux qui le porteront. »

G.-B. HiPPEE.

Age : seize ans.

West des Moines (lowa).

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