‹ Devoirs d'ecoliers americainsChapitre 82 sur 330 · A UN COUSIN · texte numérisé non relu

A UN COUSIN

Mon cher cousin Jacques,

Votre lettre du 24 février m'est parvenue samedi dernier. Vous ne sauriez croire combien j'ai été content de recevoir de vos nouvelles. Je commençais à croire que vous ne m'écririez plus. La nouvelle de la maladie de mon oncle David m'a fait beaucoup de peine. Ce n'est pas dangereux, n'est-ce pas? Je ne crois pas que je puisse jamais l'oublier, parce qu'il était plein de bontés pour moi quand j'étais tout petit. Espérons qu'il se rétablira bientôt et qu'il vivra encore de nombreuses années pour nous rendre tous heureux. Je suis content d'apprendre que vous vous portez bien et que vous allez à

l'école. Vous voulez savoir si j'y vais aussi, ce que j'étudie et à quoi je vais travailler cette année. Eh bien, je m'en vais vous le dire.

J'ai commencé d'aller à l'école vers le l^"" décembre, et je ne l'ai pas manquée plus de deux ou trois jours. Dans l'histoire des Etats-Unis nous étudions les causes de la Révolution américaine. C'est très-intéressant maintenant. Le peuple souffrit beaucoup. Il eut beaucoup de courage. Si quelqu'un de ces soldats, qui combattirent si courageusement, était au Centenaire, je pense qu'on le traiterait avec beaucoup de respect.

Dans la Tenue de livres nous étudions la partie double. C'est assez difficile. C'est quelquefois si difficile de dire si les effets reçus et les effets payés sont au (lébit ou au crédit. Nous avons cependant une règle qui nous aide un peu. Voici celte règle : le débit est ce que coûte la valeur en magasin, et le crédit est ce que produit la valeur.

J'ai terminé mon Arithmétique il y a déjà quelque temps. J'ai travaillé aux Problèmes du Centenaire. Quelques-uns de ces problèmes ont été ratés, comme nous disons quelquefois. Il y en avait de si difficiles que je n'ai pas pu les faire. Il faut que nous expliquions les problèmes après les avoir résolus, et cela est quelquefois assez difficile à faire. Mais je pense qu'il est très-utile de nous forcer à donner la raison de ce que nous avons fait lorsque nous avons trouvé la réponse : cela nous apprend à penser.

Nous nous servons du livre d'Orthographe analytique, et je crois que c'est un très-bon livre; nous venons de le terminer, et nous allons le recommencer. Nous faisons une espèce de recueil des mots difficiles que nous trouvons n'importe où dans nos leçons de lecture. Notre maître nous donne aussi beaucoup de mots difficiles que nous mettons dans ce recueil, je vais en citer quelques-uns : indélébile, médullaire, infranchissable, impassible, Champagne, campagne, jarret.

Je ne suis pas aussi avancé dans la Grammaire que je voudrais l'être, mais je travaille assez bien. On nous donne beaucoup de phrases à écrire, c'est un très-bon exercice, parce que cela nous habitue à mettre nos pensées sur le papier. Mes autres études sont l'Algèbre et la Géographie. En somme, je crois que je travaille assez bien. J'espère aller bientôt à New York pour travailler dans une manufacture de tapis. Je pense, Jacques, que vous ne tarderez pas à répondre à cette lettre et que vous me direz ce que vous étudiez. Présentez mes

respects à votre père, à votre mère et faites mes amitiés à votre petit frère.

Tout à vous,

Edward M.

Age : dix-sept ans.

Perrinevilie, comté de Monmouth (New Jersey). District n° 27.

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