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A UNE AMIE

Ma chère amie.

J'ai promis de vous raconter ma visite à New York aussitôt mon retour, et je vais essayer de le faire. Le train quitta Boston à dix heures ; j'y fus bientôt installée commodément et emportée au loin avec rapidité. On s'arrêta à Springfield à une heure, et tout le monde se précipita au buffet pour le déjeuner. Le train arriva à New York à cinq heures ; j'allai immédiatement à Sturtevant House, enchantée de trouver le repos.

Le lendemain matin je me réveillai de bonne heure au bruit des grelots des omnibus et du roulement des charrettes. Les hôtels ont une coutume charmante : celle de donner des fruits aux hôtes pendant qu'ils attendent leur déjeuner.

Les bruits des rues, c'est-à-dire les cris du laitier et des marchands de fruits, sont tout à fait différents ici de ceux que nous entendons dans les États de notre Nouvelle-Angleterre. Les rues ne sont pas semblables aux rues biscornues de Boston; les avenues sont du nord au sud, tandis que les rues forment des angles droits de l'est à l'ouest. Elles sont numérotées dans la nouvelle partie de la cité au lieu de porter un nom particulier.

Les éghses y sont très-élégantes, surtout à l'intérieur. Dans une de celles que j'ai visitées, les douze apôtres étaient peints sur les panneaux des murs, et sur la plate-forme il y avait l'image de Jésus sur la croix. Il y a de splendides bâtiments en marbre, entre autres la résidence privée de Stewart, ornée de dorures, les grands magasins et une nouvelle cathédrale catholique, qui, dit-on, pourra rivaliser avec celles de l'Europe.

Si jamais vous allez à New York, n'oubliez pas de visiter le Parc central. En hiver les étangs sont couverts de patineurs et entourés d'une foule immense qui y vient tous les jours. Les

dames ont bon goût et s'habillent à la mode française. Presque à chaque détour d'une rue on est arrêté par un mendiant qui demande l'aumône. Il ne faut pas que j'oublie de vous parler des chiffonniers ; ils tiennent dans leurs mains les limons d'une charrette auxquels sont attachés deux chiens qui traînent tout Je fardeau. Des sonnettes de toutes les dimensions et de tous les ions sont fixées à deux perches qui sont dans la charrette. A chaque mouvement ces sonnettes s'agitent et font un bruit -extraordinaire.

Il faut que je termine ma lettre, car vous devez être fatiguée de lire tout cela. J'espère recevoir bientôt de vos nouvelles et suis

Votre amie affectionnée, Ida Ch.

Age : treize ans.

Boston (Charlestown). Harvard grammar School.

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