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LA COMMÈRE

Les commères sont des personnes qui vont de tous côtés raconter ce qu'elles voient et ce qu'elles entendent dire sur leurs voisins. Les personnes qui sont toujours oisives ne manquent pas d'être les plus grandes commères. On ne les trouve que bien rarement chez elles. Le matin, avant de terminer leur ouvrage, elles vont cancaner chez leurs voisines.

Il y en a qui balayent le devant de leur porte tous les matins; tout en faisant cette besogne, elles s'appuient sur le manche de leur balai et causent avec leurs voisines.

Il en est de même des écoliers et des écolières. Lorsqu'ils arrivent à l'école, au lieu de s'asseoir et d'étudier leurs leçons, ils vont d'un banc à l'autre et racontent à leurs camarades ce qui s'est passé la veille.

Les cancans et les commérages ruinent la réputation de beaucoup d'honnêtes gens. On peut comparer le commérage à une boule de neige. Si nous la roulons dans la neige , elle deviendra très-grosse, car, àmesureque nous la faisons tourner, la neige s'y attache. Lorsque nous avons fini de la rouler, elle est si grosse que nous ne croirions jamais que c'est la même.

Ainsi font les commères. Lorsqu'elles voient ou qu'elles

apprennent le moindre défaut chez leurs voisins, elles ne manquent pas de Je colporter de tous côtés, et chaque fois qu'elles en parlent, elles y ajoutent quelque chose ; enlin, lorsque l'histoire arrive aux oreilles de la personne intéressée, elle est tellement augmentée, qu'elle n'est plus reconnaissable. C'est pour cela que les commères ont tant d'ennemis. Si, au lieu de courir de tous côtés comme elles font, elles restaient chez elles et faisaient leur travail comme il doit être fait, et si au lieu d'essayer de ternir la réputation des autres, elles songeaient à conserver la leur, elles auraient plus d'amis, et s'exposeraient à beaucoup moins d'avanies. Il faut éviter de telles personnes si nous tenons à notre tranquillité. S'il n'y avait pas tant de commères dans ce monde, on serait bien plus heureux.

Mary K.

Age : treize ans.

York (Pensylvanie).

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