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l'exemple vaut mieux que le précepte

L'exemple vaut mieux que le précepte : c'est ce que peut voir quiconque a du bon sens. Les petits garçons disent généralement : (( Je ferai comme papa, car papa est un homme et il sait se conduire en homme; et si je fais comme lui, je serai bientôt un homme aussi. » Et les petites filles disent : « Je ferai comme maman, car maman est une femme et elle sait se conduire en femme ; et si je fais comme elle, je serai bientôt une femme aussi. » Les parents ne savent pas avec quelle attention leurs enfants épient et imitent leurs moindres mouvements. Je crois que lorsque les parents conduisent leurs enfants partout où ils vont, dans les bons et dans les mauvais endroits, ils devraient veiller soigneusement sur leur propre conduite.

Vous pouvez juger les parents assez exactement d'après leurs enfants. Les parents peuvent dire à leurs enfants ce qui est bien et les punir s'ils font mal ; mais cela sera inutile à moins qu'ils ne leur donnent l'exemple. Combien de fois n'arrive-t-il pas qu'un père jure devant son enfant et le punit ensuite s'il répète ces jurements? L'enfant pourrait bien lui dire : « Mais, mon père, je ne sais pas pourquoi vous grondez ainsi votre petit enfant, puisque tous les vilains mots que je dis, vous les prononcez devant moi chaque jour, b

Les personnes qui ont assez de jugement pour prendre soin d'un enfant doivent en avoir assez pour savoir se conduire comme elles veulent que l'enfant se conduise.

L'opinion générale semble être que si on fouette un enfant toutes les fois qu'il fait mal, c'est tout ce que les parents peuvent faire. Rien ne me paraît plus absurde (jue de voir un homme tirer de sa poche une chique de tabac ou sa pipe devant ses fils, et leur dire ensuite : « Si jamais je vous prends à faire usage de tabac, je vous secouerai d'importance : le tabac ne vaut rien pour les enfants. » (S'il ne vaut rien pour les enfants, pour qui est-il bon? les enfants sont-ils tenus d'être plus propres que les hommes?) Et ces parents agiront de même pour les boissons enivrantes, (jui sont bien plus mauvaises que le tabac. Cependant un animal, privé de la parole, estimerait ces deux choses bien au-dessous de lui. 11 y a des hommes qui disent : « Les enfants ne sont pas assez âgés pour savoir faire usage des liqueurs ; » mais je ne crois pas qui! y ait beaucoup de personnes qui sachent en faire usage, sans cela on n'en verrait pas une goutte dans les États-Unis.

J'ai entendu un jour un prédicateur dire que « alcool signifie le démon ou le malin esprit 'J). C'est un très-bon nom, je crois. Dans les Proverbes, au chapitre XX, verset 1, vous trouverez ces paroles : « Le vin est un railleur, les liqueurs fortes exercent des ravages, et quiconque se laisse tromper par ces choses n'est pas sage. »

Mais jurer, chiquer et boire ne sont que trois des choses que les pères font devant leurs enfants, tout en essayant de les en dissuader. Beaucoup de personnes disent : « Eh bien, si mes enfants ne tournent pas bien, je ne saurai qu'y faire ; j*ai fait tout ce que j'ai pu : je leur ai toujours dit ce qui était bien et je les ai fouettés qjiand ils ne l'ont pas fait. »

iMais je crois qu'on fouette trop dans ce monde ; il me semble vraiment qu'il n'y a pas un enfant sur douze qui ne pourrait pas être élevé sans être fouetté. Si les parents étaient patients, bons, tendres, s'ils ne s'emportaient jamais et s'ils faisaient sentir à leurs enfants qu'ils les aiment et qu'ils veulent qu'ils deviennent des hommes et des femmes honnêtes et utiles ; en un mot, s'ils se servaient de leur esprit de la meilleure manière et non de la plus mauvaise comme beaucoup de personnes semblent faire, pour leur donner le bon extmiple, ils auraient de meilleurs enfants qu'on n'en a généralement.

L'exemple vaut mieux que le précepte, à tous les points de

vue. Vous savez que jusqu'au xvi^ siècle il eu coûtait la vie pour prononcer le nom du Christ, mais maintenant tout le monde est libre d'adorer Dieu selonl'inspirationde sa conscience; l't pourquoi cela? Je crois que c'est parce que les nobles martyrs nous ont donné un si grand exemple en souffrant les plus horribles tortures plutôt que de désavouer le nom du Christ. Supposez que ces martyrs aient dit que nous n'aurons jamais honte de proclamer le nom du Christ, quelles qu'en pussent être les conséquences, et qu'ils ne nous eussent pas donné ces exemples, quel bien aurait été fait? Aucun, au contraire.

x\manda m.

Age : quatorze ans.

Comté de Burlington (New Jersey). District n^ 87.

tô. — LA MODE.

Je vais vous dire ce qu'était la mode il y a plusieurs années, et ce qu'elle est à présent.

Il n'y a pas très-longtemps, on ne connaissait pas les enveloppes. Alors on enfermait la lettre que l'on voulait envoyer dans une feuille de papier pliée soigneusement, et on en cachetait une des extrémités avec de la cire.

On se servait de plumes d'oie, et, à l'école, les maîtres étaient obligés de les tailler, ce qui demandait beaucoup d'habileté. Les élèves tâchaient de se procurer des plumes d'oie de Hollande, qui étaient meilleures que toutes les autres. Mais comme ces plumes coûtaient très-cher, ils étaient souvent obligés de s'en passer. Lorsqu'un élève avait réussi à s'en procurer une, tous ses camarades l'entouraient et vendaient leurs toupies et leurs couteaux pour Tacheter.

11 n'y a pas encore bien longtemps, on ne connaissait pas les bottines à boutons. On portait des bottines à lacet et des guêtres. Mais aujourd'hui on ne veut plus porter d'autres bottines que les bottines françaises en chevreau et surmontées de nœuds de rubans.

En Chine, on porte les cheveux tombants sur le dos, ce qui est assurément une manière très-commode de se coiffer. Mais ici, les femmes se surchargent le front d'une si grande quantité de crêpés et de frisures, qu'elles en sont presque aveuglées.

La façon des robes diffère aussi beaucoup aujourd'hui de ce qu'elle était jadis. Alors on portait des robes toutes simples;

maintenant, elles sont presque entièrement couvertes de garnitures.

On raconte qu'une femme qui avait laissé tomber son portefeuille ne put pas se baisser pour le ramasser, parce que sa jupe de dessus était trop serrée, et elle aurait été obligée de prier quelqu'un de le ramasser, si elle n'avait pas eu une ombrelle à manche recourbé.

l.es modes de 1770 sont bien différentes de celles de 187G. Au Centenaire, on fera une exposition de diverses modes de 1776. On y verra aussi quelques-unes des choses qu'on avait il y a cent ans. A Philadelphie, on prépare des hôtels pour recevoir les personnes qui se proposent d'aller voir les modes d'autrefois.

Beaucoup de personnes passent plus de temps à lire leur journal de modes qu'à lire leur Bible. Elles ont tort, car la mode de ce monde n'a qu'un temps.

Mattie B.

Age : quatorze ans.

Newport (Rhode Island).

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