PRÉFACE
Ce Tolume n'est pas un livre sur les écoles des États-Unis, c'est un livre écrit par ces écoles elles-mêmes.
Les divers États de TUnion américaine, ceux du moins qui prenaient part aux fêtes du Centenaire, avaient envoyé à Philadelphie, avec les plans d'écoles et les documents officiels, de nombreuses collections de travaux d'élèves de tous les degrés. Dérogeant par exception à leurs habitudes d'indépendance absolue, ils avaient consenti à accepter pour cette exposition de devoirs scolaires une certaine uniformité de programme. Ils s'étaient plies à quel(iues règles commu^^es judicieusement proposés par le Bureau national d'éducation du Washington et par les Surintendants de plusieurs États. On était convenu, par exemple, (jue l'instituteur ou l'institulrice, exposant les travaux manuscrits de ses élèves, remplissait un formulaire imprimé en tête du cahier. Ce formulaire indiipiait le nombre total d'élèves qui composent la classe, leur âge moyen, le temps qu'ils y ont passé ; si Ton ne produisait pas les copies de tous les élèves, le cahier portait le titre : copies choisies, et une note en gros caractères sur la première page, prévenant tout malentendu, disait combien d'élèves pour cent étaient représentés dans ce choix. Enfin chaque copie portait avec sa date le nom et l'âge de l'élève, la mention du temps employé
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à ce devoir et rattestation signée par Tenfant, contre -signée par le maître ou la maîtresse, que cette composition d'examen avait été faite et copiée en classe par Télève seul, sans aucun secours et sans correction.
Si nous relevons ces diverses précautions prises pour assurer Tauthenticité des travaux exposés et Téquité des comparaisons, ce n'est pas que nous nous en exagérions l'efficacité, c'est pour faire connaître en quelle forme et dans quelles conditions chaque État entendait mettre sous les yeux du public ces milliers de cahiers émanant de ses Common Schook, Â ne prendre que l'ensemble, et abstraction &ite des inexactitudes et des infidélités de détail, on nous donnait bien là le travail normal et moyen de l'école américaine, pris sur le vif, non trié, non paré, vu par grandes masses et non pas seulement dans une élite.
Le dépouillement de cette volumineuse collection de manuscrits faisait évidemment partie de la mission confiée par le Ministère de l'instruction publique de notre pays aux délégués qu'il envoyait, conformément au vote des Chambres, à l'exposition de Philadelphie. C'est en nous livrant à cette étude que nous avons eu l'idée d'extraire de ces innombrables cahiers quelques centaines de devoirs, représentant le type ordinaire des principaux genres d'exercices de tous lés degrés. Il nous a semblé qu'en plaçant sous les yeux des lecteurs français ce dossier de témoignages irrécusables, on les mettrait en mesure de se former à eux-mêmes une opinion, de contrôler, de réformer peut-être plus d'un jugement tout fait sur l'éducation américaine et d'en mi^ux apprécier les qualités et les défauts propres.
L'idée môme dans laquelle ce recueil a été conçu déterminait d'avance la manière dont se ferait le choix des morceaux. Tout parti pris d'éloge ou de blâme en est également absent. La seule ambition qu'on ait eue est de réunir des documents vraiment caractéristiques, exprimant bien l'état des choses et
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Vèlat des esprits, la direction généralement suivie et la moyenne des résultats atteints.
Aussi ne trouvera-t-on ici ni appréciations ni conclusions. Les notes mêmes se borneront aux explications nécessaires pour rintelligence du texte. Le lecteur est laissé à ses propres impressions, et nous ne serons point surpris si elles sont trésoontradictoires, s'il est tour à tour charmé et offusqué par tout ce qui passera sous ses yeux : nous n'avons fait aucun effort pour lui épargner ces alternatives de sentiments divers. Nous imitons les Américains eux-mêmes en laissant dans ce livre, comme eux dans leur exposition, chaque école, chaque enfant, parler librement son langage et se peindre d'après nature.
Ce n'est pas, du reste, pour nous réfugier dans un facile scepticisme que nous nous abstenons dans ce volume de tout jugement. 11 n'appartient pas à l'auteur de présenter ici en son nom personnel les conclusions de l'enquête à laquelle il a pris part sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique, le Rapport de la Commission scolaire déléguée à Philadelphie. €e recueil n'est, pour ainsi dire, qu'une annexe de ce Rapport, une collection de pièces justificatives, ou mieux encore, de matériaux pour servir à l'étude d'un système scolaire qu'on ne saurait examiner de trop près^ puisqu'il a entre tous le privilège de provoquer et les plus vives admirations et les plus ardentes critiques.
La traduction a été faite dans le même esprit. On s'est appliqué à reproduire le texte de Télève jusque dans les négligences de la rédaction. Ce travail délicat a été confié à un homme qui, ayant par ses fonctions dans l'enseignement l'expérience des enfants, de leur langage et de leur esprit, s'est efforcé de conserver, autant que possible, aux écoliers américains de tout âge et de tout sexe leurs allures originales de pensée et de style, leur spontanéité, leur franc parler, leurs hardiesses.
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Celui qui prendra la peine de parcourir ces pages, rassemblées de tous les points de l'Union, pourra s'imaginer à bon droit qu'il fait une sorte de voyage d'inspection rapide à travers ces fameuses écoles des États-Unis ; il les voit ici, à certains égards, plus exactement qu'il ne lui serait donné de le faire en les visitant : il assiste à la marcbe ordinaire de la classe, il y surprend le secret des méthodes dans leur application quotidienne, il feuillette librement les cahiers des élèves, il écoute leurs confidences sur le va-et-vient de la vie scolaire, et peut-être apprendra-t-il de leur bouche plus d'un détail qu'il ignorait sur l'état vrai de l'école, de la famille et même de la société américaine.
PRIMARY SCHOOLSX
{Correspondant à nos salles d'asile et à la classe élémentaire de nos écoles primaires,)
Age moyen : de six à neuf ans.
!• — lierons de choses (!)•