‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 102 sur 355 · l'exemple vaut MlEtlX OUS LE PRÉCEPTE · texte numérisé non relu

l'exemple vaut MlEtlX OUS LE PRÉCEPTE

L*exemple vaut mieux que le précepte : c'est ce que peut voir quiconque a du bon sens. Les petits garçons disent gêné* ratement : c Je ferai comme papa, car papa est un homme et il sait se conduire en homme ; et si je fais comme lui, Je serai bientôt un homme aussi. >' Et les petites filles disent : c Je ferai comme maman, car maman est une femme et elle sait se con« duire en femme ; et si je fais comme elle, je serai bientôt une femme aussi. > Les parents ne savent pas avec quelle attention leqrs enfants épient et imitent leurs moindres mouvements. Je crois que lorsque les parents conduisent leurs enfants partout où ils vont, dans les bons et dans les mauvais endroits, ils devraient veiller soigneusement sur leur propre conduite.

Vous pouvez juger les parents assez exactement d'après leurs enfants. Les parents peuvent dire à leurs enfants ce qui est bien et les punir s'ils font mal ; mais cela sera inutile à moins qu'ils ne leur donnent l'exemple. Combien de fois n'arrive-t*il pas qu'un père jure devant son enfant et le punit ensuite s'il répète ces jurements? L'enfant pourrait bien lui dire : t Mais, mon père, je ne sais pas pourquoi vous grondez ainsi votrs petit enfant, puisque tous les vilains mots que je dis, vous les prononcez devant moi chaque jour. »

I^G GRAMMAR SGHOOLS.

ÏjCs personnes qui ont assez de jugement pour prendre soin d un enfant doivent en avoir assez pour savoir se conduire comme elles veulent que l'enfant se conduise.

L'opinion générale semble être que si on fouette un enfant toutes les fois qu'il fait mal, c'est tout ce que les parents peuvent faire. Rien ne me paraît plus absurde que de voir un homme tirer de sa poche une chique de tabac ou sa pipe devant ses fils, et leur dire ensuite : c Si jamais je vous prends à faire usage de tabac, je vous secouerai d'importance : le tabac ne vaut rien pour les enifants. » (S'il ne vaut rien pour les enfants, pour qui est-il bon? les enfants sont-ils tenus d'être plus propres que les hommes?) Et ces parents agiront de même pour les boissons enivrantes, qui sont bien plus mauvaises (|ue le tabac. Cependant un animal, privé de la parole, estimerait ces deux choses bien au-dessous de lui. Il y a des hommes qui disent : c Les enfants ne sont pas assez âgés pour savoir faire usage des liqueurs ; » mais je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de personnes qui sachent en faire usage, sans cela on n'en verrait pas une goutte dans les États-Unis.

J'ai entendu un jour un prédicateur dire que c alcool signifie le démon ou le malin esprit ». C'est un très-bon nom, je crois. Dans les Proverbes, au chapitre XX, verset 1, vous trouverez ces paroles : c Le vin est un railleur, les liqueurs fortes exercent des ravages, et quiconque se laisse tromper par cek choses n'est pas sage. >

Mais jurer, chiquer et boire ne sont que trois des choses que les pères font devant leurs enfants, tout en essayant de les en dissuader. Beaucoup de personnes disent : c Eh bien, si mes enfants ne tournent pas bien, je ne saurai qu'y faire; j'ai fait tout ce que j'aîpu : je leur ai toujours dit ce qui était bien et je les ai fouettés quand ils ne l'ont pas fait. >

Mais je crois qu'on fouette trop dans ce monde ; il me semble vraiment qu'il n'y a pas un enfant sur douze qui ne pourrait pas être élevé sans être fouetté. Si les parents étaient patient^ bons, tendres, s'ils ne s'emportaient jamais et s'ils faisaienV sentir à leurs enfants qu'ils les aiment et qu'ils veulent qu'ils deviennent des hommes et des femmes honnêtes et utiles ; en un mot, s'ils se servaient de leur esprit de la meilleure manière et non de la plus mauvaise comme beaucoup de personnes semblent faire, pour leur donner le bon exemple, ils auraient de meilleurs enfants qu'on n'en a généralement. L'exemple vaut mieux que le précepte, à tous les points de

Là VIE DOMESTIQUE. 127

vue. Vous savez que jusqu'au xvP siècle il en coûtait la vie pour prononcer le nom du Christ, mais maintenant tout le monde est libre d'adorer Dieu selon l'inspiration de sa conscience; et pourquoi cela? Je crois que c'est parce que les nobles martyrs nous ont donné un si grand exemple en souffrant les plus horribles tortures plutôt que de désavouer le nom du Christ. Supposez que ces martyrs aient dit que nous n'aurons jamais honte de proclamer le nom du Christ, quelles qu'en pussent être les conséquences, et qu'ils ne nous eussent pas donné ces exemples, quel bien aurait été fait? Aucun, au contraire.

Amanda m.

Âge : quatorze ans.

Comté de Burlington (New Jersey). District n<* 87.

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