LA MODE
Je vais vous dire ce qu'était la mode il y a plusieurs années, et ce qu'elle est à présent.
11 n'y a pas très-longtemps, on ne connaissait pas les enveloppes. Alors on enfermait la lettre que l'on voulait envoyer dans une feuille de papier pliée soigneusement, et on en ca» chetait une des extrémités avec de la cire.
On se servait de plumes d'oie, et, à l'école, les maîtres étaient obligés de les tailler, ce qui demandait beaucoup d'habileté. Les élèves tâchaient de se procurer des plumes d'oie de Hollande, qui étaient meilleures que toutes les autres. Mais comme ces plumes coûtaient très-cher, ils étaient souvent obligés de s'en passer. Lorsqu'un élève avait réussi à s'en procurer une, tous ses camarades l'entouraient et vendaient leurs toupies et leurs couteaux pour Tacheter.
Il n'y a pas encore bien longtemps, on ne connaissait pas les bottines à boutons. On portait des bottines à lacet et des guèlres. Mais aujourd'hui on ne veut plus porter d'autres bottines que les bottines françaises en chevreau et surmontées de nœuds de rubans.
En Chine, on porte les cheveux tombants sur le dos, ce qui est assurément une manière très-commode de se coiffer. Mais ici, les femmes se surchargent le front d'une si grande quantité de crêpés et de frisures, qu'elles en sont presque aveuglées.
La façon des robes diffère aussi beaucoup aujourd'hui de ce ^*elle était jadis. Alors on portait des robes toutes simples ;
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maintenant, elled sont presque entièrement couvertes de garnitures.
On raconte qu'une femme qui -avait laissé tomber son portefeuille ne put pas se baisser pour le ramasser, parce que sa jupe de dessus était trop serrée, et elle aurait été obligée de prier quelqu'un de le ramasser, si elle n'avait pas eu une ombrelle à manche recourbé.
Les modes de 1776 sont bien différentes de cellei de 1876. Au Centenaire, on fera une exposition de diverses modes de 1776. On y verra aussi quelques-unes des choses qu'on avait il y a cent ans. A Philadelphie, on prépare des hôtels pour recevoir les personnes qui se proposent d'aller voir les modes d'autrefois.
Beaucoup de personnes passent plus de temps à lire leur journal de modes qu'à lire leur Bible. Elles ont tort, car la mode de ce monde n'a qu'un temps.
Mattie B.
Age : quatorse ans»
. Kewport (Rhode Island).
7i. -^ LA MODB.
On peut affirmer que la civilisation d'un pays est propor» tionnée à l'influence que la mode y exerce.
Le principal caractère auquel on peut reconnaître un état de barbarie, c'est le soin trop minutieux avec lequel on conserve les coutumes ancien^aes.
Le mot c mode > s'applique à différentes choses : aux vêtements, à l'architecture, à la manière de vivre, à la table, aux voitures, etc.
C'est ordinairement une personne ou des personnes de haut rang qui déterminent la mode.
Avant la chute de l'empire français, presque tout le monde civilisé suivait les modes de l'impératrice Eugénie et de la princesse de Metternich. Mais depuis la guerre franco-prussienne, la princesse héritière de Prusse a pris leur place.
A une certaine époque, il était de bon ton de n'avoir ches soi que des choses neuves. Aujourd'hui c'est tout le contraire^ et il faut avoir beaucoup de vieux meubles, beaucoup de vieiUe faïence, parce que c'est la mode.