‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 116 sur 355 · NOTRE PIQUE-NIQUE SCOLAIRE · texte numérisé non relu

NOTRE PIQUE-NIQUE SCOLAIRE

Notre dernier pique-nique scolaire a eu lieu le 7 juillet 1875 à la ferme de Leudermann. Il faisait très-chaud ce jour-là. On

(1) Aussi plusieurs copies d'élèves sont-elles rempiles du récit des indispositions, maux d'estom»fi ei autres suites de ce régime alimentaire.

140 GRAMMÀR SCHOOLS.

avait loué des omnibus pour emmener les enfants, chacun d'eux payait dix cents, moyennant quoi il avait un billet pour se faire reconduire chez lui.

Nous sommes parties de bonne heure le matin, vers neuf heures, par des omnibus qui défilaient les uns après les autres. Nous nous sommes bien amusées dans l'omnibus, car il y avait loin. En arrivant au rendez-vous, nous avions toutes bien chaud et nous étions bien fatiguées. Nous avons joué à toute espèce de jeux et chanté des cantiques et des chansons. 11 est venu un homme qui nous apportait un jeu de croquet et d'autres jolis jeux. On a dansé aussi. Deux petits Italiens étaient venus avec des harpes et des violons. Le plancher où Ton dansait étant très -vieux, il faillit se défoncer. Il était environ onze heures, ou plus tard, lorsque nous vîmes arriver une voiture apportant une provision de bonbons et d'autres choses à manger. Dans l'après-midi il vint d'autres personnes, qui toutes parurent s'amuser beaucoup. C'est dans l'après-midi que l'on vit un gros ballon s'élever dans les airs, et un instant après tout le monde courut à travers l'herbe haute pour le voir; il paraissait y avoir dans la nacelle des hommes qui agitaient leurs chapeaux; il franchit le lac et nous le perdîmes de vue longtemps après.

11 faisait presque nuit quand les omnibus vinrent nous prendre pour nous ramener chez nous ; mais il n'y avait pas assez de place pour tout le monde, et quelques personnes étaient obligées de se tenir debout. Il y en eut beaucoup qui, ne voulant pas se tenir debout, refusèrent de prendre les omnibus, mais les conducteurs leur dirent qu'il n'en viendrait pas d'autres. Tout finit par s'ar.v^ nq^er, et nous rentrâmes chez nous sains et saufs.

RosA R.

Âge; quatorze ans.

Milwaukee (Wisconsin).

87. — COMPTE RENDU D'UNE CONFÉRENCE PUBLIQUE FAITE PAR l'instituteur.

Nous sommes fiers de nos écoles publiques. Nous avons fait de rapides progrès pendant le siècle qui vieni de s'écouler. Mais, parmi les études que nous faisons à l'école, nous négligeons la plus importante, celle de nous-même^. Nous appre-

LA VIE DE l'École décrite par les écoliers. 141

nons aux enfants à suivre le cours des fleuves de TAfrique et de l'Inde avec beaucoup d'exactitude, mais ils ne connaissent rien des fl\iuves de la vie. La mode a trop de part à nos éludes. Tous les plaisirs qu'on permet à un petit garçon, on défend à une petite fille de les partager avec lui lorsqu'elle a douze ans. Qu'elle devienne une dame et qu'elle soit à la mode ! telle est la prière que toutes les mères font tout bas. Dès que la classe est terminée, le frère peut crier et sauter comme il lui plait, mais il faut que sa sœur retourne à la maison en marchant avec une roidei^r pleine d'affectation, et quand elle arrive, il lui faut s'asseoir avec l'air sérieux d'un vieux propriétaire.

Le matin, lorsque le garçon s'amuse dans la cour derrière la maison, sous les rayons du soleil, avec sa raquette et sa balle, il faut que sa sœur aille au salon se percher sur le tabouret de piano pour étudier et pour essayer de jouer quelque nouveau morceau de musique qui est à la mode, non pas parce qu'elle a du talent ou du goût pour la musique, mais parce que c'est à la mode. La mère désire qu'elle ait l'épine du dos faible, qu'elle ait la taille fine, parce que si elle est vigoureuse, elle lui trouve un air vulgaire. Faut-il s'étonner qu'elle paraisse triste et sombre, la pauvre enfant !

John Q.

Age : dix-huit ans.

Leiperville, comté de Delaware (Pennsylvanie).

Page 1