‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 195 sur 355 · LES ÉCOLES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES FRANÇAISES

C'est tout récemment qu'un système d'écoles tolérable s'est établi en France. Sous l'ancienne monarchie, l'éducation était à ce point négligée que bien peu de Français savaient lire ou écrire.

Pendant la première moitié de ce siècle l'éducation, loin de progresser, a plutôt décliné.

En 1789, quand éclata la première révolution, il y avait plus de 72000 élèves dans les écoles, tandis qu'en 1848, avec une population beaucoup plus nombreuse, le nombre des élèves des écoles de France n'était que de 69 000.

Au moment actuel, 30 pour 100 des Français ne savent ni lire, ni écrire.

Dernièrement encore il y avait beaucoup de districts dans la campagne qui ne possédaient aucune école.

Les enfants de parents riches avaient des précepteurs qui les instruisaient chez eux, tandis que les enfants des pauvres recevaient des prêtres une instruction fort négligée, ou n'en recevaient pas du tout.

La sommï d'ignorance qui existe en France est surprenante. J'ai entendu parler d'une Française qui s'imaginait que tous les Américams étaient des nègres. Une autre Française, appar-

tenant à la haute classe de la société, était fort étonnée que les Américains parlassent anglais; elle se figurait que nous avions une langue particulière. Une Française très-élégante était persuadée que les États-Unis étaient dans le Brésil ; une autre croyait qu'ils faisaient partie de TAngleterre.

Telles sont, nous disent les voyageurs, les idées absurdes que se font les Français ; elles prouvent qu'ils n'ont pas reçu ui^e instruction convenable.

Cependant depuis la grande guerre avec la Prusse les hommes d'État français ont vu de quelle importance il était d'avoir de bonnes écoles, et on a établi un nouveau système d'écoles qui permet à chaque petit Français de recevoir l'instruction.

Leurs écoles ne sont pas gratuites comme les nôtres; les parents qui ont le moyen de payer la rétribution scolaire pour leurs enfants la payent, mais ceux qui n'ont pas le moyen de la payer peuvent envoyer leurs enfants à l'école sans frais.

Les écoles ne sont plus, coomie elles l'étaient autrefois, dans la main des prêtres catholiques.

Dans toutes les écoles françaises où les filles et les garçons fréquentent la même classe, l'enseignement ne peut être donné que par des institutrices âgées de vingt et un ans au moins et ayant prouvé leur capacité. Les écoles sont sous la surveillance d'un comité composé du maire du village et de ses conseillers, du prêtre catholique et du ministre protestant.

Outre les écoles publiques^ il y a en France des écoles fondées par des personnes bienfaisantes, et où les enfants de leur secte reçoivent gratuitement l'instruction.

Le gouvernement a aussi établi un grand nombre d'écoles du dimanche (1). Ces écoles du dimanche n'ont pas pour but de donner l'instruction religieuse aux élèves ; elles sont destinées aux jeunes ouvriers sans instruction et que leurs occupations empêchent de suivre les classes ordinaires qui se font dans les écoles pendant la semaine.

Carrie h.

Age : quinze ans.

Sandusky (Ohio).

(1) Cours d'adultes et classas d'apprentis.

ii SECTION : UTTÉRATURE.

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