‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 194 sur 355 · NOS ÉCOLES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

NOS ÉCOLES PUBLIQUES

Le système de nos écoles communales est tel que tout entfant peut les suîvre et qu'il a le droit de profiter de l'éducation qu'on y donne, qu'il ait ou non de l'argent pour payer la rétribution scoMrcf." '* ' •■'^'- '^ * 1 .

Ces écoles permettent d'instruire le peuple et empêchent notre nation de se laisser gouverner par la superstition et par le fanatisme.

Elles nous débarrassent du bûcher, et donnent aux hommes la liberté de parler selon leur croyance.

C'est grâce à elles que nous n'employons pas les expressions de c Votre Majesté > et de c Mon Seigneur ».

Sans ce système, qui répand les maisons d'école dans tout notre pays, la masse des habitants ressemblerait à des troupeaux de bêtes brutes, conduites, persuadées et trompées par des démagogues, par des voleurs, par des cocpiins, jusqu'à ce que notre gouvemem'ent républicain se fût changé en monarchie.

Alors, comme autrefois, nous entendrions parler d'excommunications et de sentences de mort pour désobéissance aux lois de religions établies. Alors des centaines et des milliers de personnes seraient jetées au feu ou'' conduites à l'échafaud à cause de leur foi religieuse .

Celui-là seul qui ne craindrait pas la mort oserait exprimer une pensée contraire à la croyance établie. On verrait se renouveler ces voyages vers les rives lointaines, où Ton irait braver les dangers, et vivre dans la terreur des sauvages pour pouvoir adorer le SeÛLMsuU^Rci!^^

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)1 n'y a rien de si dangereux pour la liberté que l'établisse ment d'une Église nationale, qui ne peut subsister que par l'ignorance du peuple. Cet établissement est dangereux; car, à moins que le monde ne devint meilleur, aucune Église existante ne tolérerait longtemps que Ton fit de l'opposition à ses croyances si elle avait le pouvoir de l'empêcher. Or, pour obtenir ce pouvoir, elle emploierait tous les moyens de renverser notre gouvernement.

Si l'on peut juger de Tavenir par le passé, sans nos écoles, et sans l'instruction qui est généralement répandue dans notre peuple, il arriverait que certains hommes feraient tout leur possible pour devenir très-populaires, et alors ils se déclareraient les cbefs de cette nation, et traîneraient dans la poussière le drapeau rayé et semé d'étoiles.

Sans nos écoles, la sagesse serait le partage d'un bien petit nombre, et l'ignorance serait la condition de k grande majorité : on verrait partout le vice; l'anarchie et le désordre régneraient dans notre pays.

Si la masse du peuple était ignorante, comme il serait facile aux tyrans de détruire ce droit sacré de vote, droit cher au citoyen et qui doit être protégé comme tous ceux qui lui sont chers, et sans lequel il ressemble à la paille emportée et brisée par le vent.

D'un autre côté, grâce à nos écoles, d'un pauvre enfant tout déguenillé on fait uù grand homme d'État, d'un écolier aux mains sales on fait un grand orateur ; et, au lieu d'un pays plein de pauvres êtres vivant dans la dépendance, nous avons une nation dont chaque membre peut dire et dit en effet : c Je ne reconnais pas de supérieur. > Au heu d'une armée faible contre les envahisseurs étrangers, nous pouvons nous vanter d'avoir une armée dont chaque soldat est un habile général, une armée capable de résister aux forces du monde réunies, une armée qui, à l'abri du cher vieux drapeau, marcherait à la mort plutôt que d'accepter l'autorité d'un monarque ou d'unefoi religieuse.

Mes amis, aujourd'hui on fait des efforts désespérés pour détruire ce système, et un jour pourra venir où cette question : € Écoles publiques ou non», sera posée devant le peuple. Si ce jour arrive jamais, rendons par nos votes ce système si fort que, lorsque le brillant soleil se lèvera pour la dernière fois dans l'Orient et accomplira sa carrière pour aller se jeter dans le lit doré de l'Occident, les plis de soie de notre bannière

constellée puissent flotter sur c le foyer des braves et la terre des libres institutions > .

U est vrai, personne n'en peut douter, que notre système d'écoles conamunes est la base sur laquelle repose notre Gouvernement actuel, et il est également vrai que, si cette base n'était pas maintenue, le Gouvernement tomberait. Mais j'espère que vous vous lèverez tous avec moi pour soutenir cette liberté et que l'on verra les générations à venir soutenir également les écoles communes amsi que tous nos autres droits et notre drapeau rayé et constellé d'étoiles, et j*espére :

€ Que la gloire de ces étoiles augmentera jusqu'à l'accomplissement des temps, jusqu'à ce que le monde ait terminé sa mission sublime et que toutes les nations de la terre soient réunies en une seule. >

M. Henry.

Age : quinze ans.

West des Moines (Iowî-.).

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