‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 208 sur 355 · MON RÊVE · texte numérisé non relu

MON RÊVE

Sous l'influence sublime et solennelle du repos, pendant que mon esprit gravissait en pleine liberté les hauts sonunets de la perambulation, il me sembla que je m'habillais pour paraître pour la première fois sur l'estrade de Coulter Opéra House, et comme gradué de la High School d'Âurora.

Le premier contre-temps que j'éprouvai, ce fut de voir que mon pantalon était de trois pouces trop long, que les faux plis se voyaient, que je ne pouvais pas cirer mes bottes qui étaient neuves , que je ne pouvais pas lisser mes cheveux, que les manches de mon habit, qui étaient trop longues, cachaient mes manchettes, et que rien n'allait bien. Si le respect pour le Maître ne m'avait pas retenu, j'aurais tout abandonné.

Lorsque les autres élèves m'appelèrent, je les fis attendre près de quinze minutes, de sorte que lorsque nous fûmes tous prêts, nous étions d'une demi-heure en retard. Gomme nous étions tous assis sur l'estrade, il semblait que le succès de toute l'affaire dépendît entièrement de moi. J'avais travaillé beaucoup pour écrire et pour apprendre mon Essai, et je pensais que si je pouvais seulement le débiter bien, j'emporterais le ruban bleu. Mais il faisait si froid! Dans mon empressement à m'habiller» j'avais laissé mon maimscrit à la maison, et je

ti*y pensai qu'au moment où on annonça : c Frank Thatcher, Déclamation sur ï Immigration > (1).

La pensée de l'avoir oublié me perça comme une flèche, l'étais là, et il n*y avait pas moyen d'en sortir. Je me levai donc à contre-cœur, je fis mon plus beau salut et je restai muet, cherchant mon commencement. Je regardai rassemblée, je regardai le plafond, je mis mes mains dans mes poches, je me touchai le front, mais je ne4)us pas trouver ce commencement. Je me disposais à quitter Testrade, lorsque j'ouvris tout à fait les yeux, et je vis maman qui, une cuiller à pot pleine d'eau d'une main, et me secouant de l'autre, me demandait si j'allais me lever.

O vous tous qui voulez prendre vos grades, que ceci vous serve de leçon !

Frank T.

Age : seize ans.

Aurora (Illinois).

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