MON RÊVE
Par une chaude journée du mois d'août, j'étais assis dans un jardin et je lisais. Je levai par hasard les yeux, et devinez qui je vis... un homme qui avait environ dix pouces de haut. Je le regardai, il me regarda, et dit : < Mon fils, veux-tu voir ce que jamais homme n'a encore vu avant sa mort? » — «Je crois bien! » répondis-je.
Il ne prononça que ce seul mot : € Suis-moi. y II leva une pierre et découvrit une ouverture à peu près aussi grosse que votre tête. Je me levai et j'entrai dans ce trou : je me sentis tomber au milieu de ténèbres insondables. L'homme, qui disait se nommer Rik, se tenait tout près de moi. Enfin, nous atteignîmes une ouverture dans le cylindre le long duquel nous avions glissé rapidement; je jetai les yeux autour de moi, et je vis une lumière ardente. Mon guide fit entendre un bruit particulier, et aussitôt apparut une voiture traînée par quatre dragons. Rik me dit de monter dans celte voilure : j'ob»^is, et il me suivit. Prenant les rênes, il dirigea la voiture vurs la lumière. En approchant de l'endroit qui avait attiré notre
(1) Voyez plus loin deux dissertations sur le thème auquel il est fait allusion ici.
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attention, je yis que c'était un trou plein de feu et de gens qui avaient jadis vécu sur la terre. J'y vis mitonner, bouillir, se débattre et se tordre des personnes que je connaissais : le prédicateur H.-W. Beecher, Théodore Stilton, M. Story, et un homme qui avait été mon maître d'école autrefois. Je ne l'eus pas plus tôt reconnu, que je devinai que nous étions dans l'Enfer.
On m'avait dit c[ue le centre de la terre était creux, mais je voyais maintenant que c'était une erreur. Je demandai à Rik ce qu'il y avait encore à voir* 11 me répondit : c Regarde ceci pendant quinze minute» et ensuite tu descendras, tu verras, et tu toucheras ce que tu voudras. Nul hooime n'est retourné sur terre après avoir vu ce spectacle, et tu n'y retourneras pas non plus. ik Quelques minutes s'écoulèrent^ je pensai à tout le mal que j'avais jamais fait, mais je résolus de mourir en brave< J'attendis une occasion favorable. Un des dragons se cabra, mon guide se pencha pour assurer les rênes : c'était le moment favorable.
Saisissant Rik autour de la taille, je le lançai loin de la voiture, je pris les rênes et je remontai. Quoiqu'il n'eût pas d'ailes, il me suivit, et il se jeta sur moi au moment même où j'atteignais l'air extérieur.
Je m'éveillai, et je m'aperçus que ce n'était qu'un rêve : c'était Gruiser, mon chien favori, qui m'avait réveillé en se jetant sur moi.
Otis g. • Age : quinze ans*
Âurora (Illinois).