‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 218 sur 355 · LES SCIENCES CONTRE LES CLASSIQUES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES CONTRE LES CLASSIQUES

Plan de la dissertation ; Introduction. — Progrès de la civilisation.

Disctission :

Mérite comparatif des classiques et des sciences.

Par rapport aux classes laborieuses.

Par rapport au progrès général.

Besoin d'un nouveau système d'éducation.

Besoins du siècle actuel.

Conclusion :

Par rapport à la culture intellectuelle. Par rapport à la religion.

Par rappoi*t à la superstition.

(Développement.)

Les sciences sont les interprètes de la nature. L'étude des sciences a pour objet de prouver que la nature n'est que la € pensée de Dieu » ; que les opérations des lois naturelles ne sont que les opérations d'une main divine ; le plan d'un Père sage et bon pour satisfaire les besoins de la famille humaine.

Les révélations des sciences ont conduit à des recherches dont on peut voir le résultat dans la civilisation du siècle actuel. L'ignorance et la superstition disparaissent. Le développement intellectuel s'est répandu si rapidement, que les masses ellesmêmes sont familiarisées avec des lois scientifiques qui, il y a cent ans, n'étaient connues que d'un petit nombre de personnes.

Grâce à leurs institutions scientifiques, les États-Unis se sont placés à la tête de toutes les nations amies du progrès. Mais si le peuple des États-Unis veut continuer à progresser, il faut qu'il maintienne ce système d'éducation qui l'a fait ce qu'il est, et qu'il ne laisse pas déraciner et supplanter l'étude des sciences par l'étude des classiques.

L'étude des sciences n'implique pas la négligence de la langue. Nous devons beaucoup aux études classiques^ qui nous ont révélé l'histoire des siècles passés et nous ont donné tant de chefs-d'œuvre en poésie, en sculpture et en peinture.

Mais la langue n'est que l'image de la pensée, l'ombre dii

réel, la personnification de Tâme. Quand même toutes les langues seraient anéanties, les sciences nous parleraient encore par la voix de forage, par les soupirs du puissant océan, par l'harmonie des sphères, par le silence majestueux de la croissance et de la décadence.

La science traite des faits et non des formes. Les scienceb sont aujourd'hui ce qu'elles étaient hier et ce qu'elles seront demain ; la langue change avec les occupations et les hahitudes de l'homme. Quoique la correction de la langue soit nécessaire pour exprimer la pensée, elle ne sert que de marche-pied pour atteindre quelque chose de plus élevé. Il ne faut pas se rendre esclave de la forme.

Cette question a une très-grande importance pour les classes laborieuses, car le pain quotidien de l'ouvrier dépend de ses connaissances scientifiques.

Le travailleur paye ses impôts avec joie pour que sou enfant reçoive l'instruction dont il a besoin pour pouvoir gagner sa vie par le travail. 11 sait qu'ignorance est synonyme de pauvreté, tandis que science est synonyme de bien-être.

Mais si l'enfant, après avoir perdu son temps à étudier les classiques, ignore la vie pratique de notre siècle» ce sacrifice de temps et d'argent devient inutile.

Puisque nous vivons dans un siècle de sciences et d'inventions, l'étude des classiques doit nécessairement cesser. Ge qui est vieux doit toujours faire place à ce qui est nouveau.

Le latin et le grec servent à nommer les éléments scientifiques; mais leur mission s'arrête là. I^s écrits d'Horace, d'Homère et de Virgile ne construiront jamais un chemin de fer et ne perceront jamais une montagne. Ils ne nourriront jamais ceux qui ont faim, ils ne donneront jamais d'ouvrage à ceux qui en demandent.

Les classiques sont limités, tandis que les sciences sont illimitées. A chaque instant de nouvelles découvertes révèlent de nouvelles sources de richesse que l'homme peut employer pour économiser ses efforts ou pour faciliter le travail des machines.

Si, grâce aux sciences, nous avons pu enchaîner la foudre et lui faire porter nos messages, si nous avons pu utiliser la force et la puissance de la vapeur et la transformer en un coursier docile qui transporte nos marchandises, si nous avons pu forcer la terre à nous fournir la chaleur et la lumière dont nous avons

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