UTTÉRA.TURE ET HISTOIRE LITTÉRAIRE
besoin pour notre bien-être, qui peut prévoiries futures découvertes des sciences?
La classe laborieuse forme la majeure partie de notre population et c'est surtout en vue de lui être utile que nos écoles publiques ont été instituées. Les membres de cette classe ont besoin d'une éducation libérale et scientifique pour chasser la superstition, pour pouvoir comprendre les œuvres qui les entourent et y prendre part, pour se rapprocher davantage des classes supérieures. L'éducation classique est inutile à un homme qui gagne sa vie en travaillant à un métier.
C'est la physique et la connaissance intime des lois de la mécanique qui a donné au monde le télégraphe. Ni l'élégante simplicité des Odes d'Horace, ni les vers sublimes de YOdyssée d'Homère n'auraient pu sonder l'océan pour Morse, et tracer un chemin de fer pour Stephenson.
Sur douze élèves qui suivent la même classe, il n'y en a pas plus d'un qui embrassera une profession libérale ; presque tous seront forcés d'adopter la vie pratique des affaires. C'est donc à l'éducation scientifique qu'il faut donner la préférence.
D'un autre côté, on a prétendu que l'éducation classique était nécessaire au. développement de la culture intellectuelle.
Si l'étude de l'œuvre d'un homme développe l'intelligence, l'étude des œuvres bien plus sublimes et bien plus belles du Créateur ne doit-elle pas produire ce résultat d'une manière infiniment plus sûre. Puisque l'art n'est que l'imitation de la nature, comment peut-il se faire qu'une œuvre d'art, quelle qu'elle soit, soit aussi digne d'admiration et d'étude que son original?
On prétend aussi que les sciences sont en conflit avec la religion. L'étude des sciences conduit infailliblement à celte conviction qu'il y a un Être suprême (1). La chimie et l'astronomie nous enseignent que la même main qui rassemble les atomes» guide et dirige les mouvements des planètes. Si les sciences sont en conflit avec la religion, c'est la religion qui est coupable et qui se met en conflit avec Dieu.
Les sciences sont les plus grandes ennemies de la superstition. L'ignorance des sciences faisait que les anciens regardaient les planètes avec une crainte superstitieuse ; le moindre
(1) « It is true, that a little philosophy inclineth man's mind to atheisra; but depth in philosophy bringeth men*s minds about to religion. » Bacon's Essays (0 Âtheism). {Note du Tradiicteur,)
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phénomène naturel était pour eux un bon ou un mauyais pré* sage. Ils regardaient une éclipse comme un signe de la colère de Dieu et ils croyaient que la lune rendait lunatiqties ceux qui erraient sous ses rayons. Cette croyance subsisterait encore, au grand détriment des jeunes amants, si la science n'avait pas expliqué les mouvements des planètes et rendu compte de tous les changements naturels.
Partout où fleurissent les sciences, la superstition disparaît Les sciences ouvrent à tous le livre de la nature, et de la nature elles élèvent Tâme au Dieu de la nature.
WiLLIB P.
Âurora (Illinois).