‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 223 sur 355 · EXERCICES O^UTOIRES EN PUBLIC · texte numérisé non relu

EXERCICES O^UTOIRES EN PUBLIC

c'est poui^quoi ne nous empressons pas de jeter nos liens, mais cherchons toujours à éclairer nos esprits.

L'oisiveté est stérile. Les merveilleuses découvertes dans les sciences et dans les arts n'ont pas été faites par des hommes qui regardaient la vie comme un jour de congé pendant lequel ik pouvaient rester oisifs.

Si vous voulez acquérir de la gloire, si vous voulez occuper une place dans la société et en faire Tomement, si vous voulez conserver le respect de vous-même, souvenez- vous qu'il faut encore travailler, encore étudier.

Aucune de celles qui^ lorsque leurs années d'école sont terminées, s'appliquent à augmenter leurs connaissances, n'a sujet de se décourager : toiit ce qu'elle acquiert £^insi est un trésor réel que rien ne peut lui enlever.

Mes chères camarades, la vie est courte, nos années sont si morcelées qu'elles ne suffisent pas pour nous procurer la moitié des choses nécessaires. Mais tout en nous occupant ainsi de développer notre esprit, il ne faut pas négliger ces vertus et ces affections morales qui donnent à la femme un charme sans nom et qui répandent, pour ainsi dire, un rayon de soleil sur le foyer domestique.

Les charmes extérieurs peuvent captiver les yeux, mais lorsque nous considérons leur naiure périssable, nous nous surprenons à soupirer après ces beautés de l'âme, qui nous sont dispensées par la Providence, qui n'ont pas de bornes et qui sont éternelles.

Ce soir, lorsque nous franchirons le seuil de cette salle, nous nous embarquerons sur l'océan inconnu de l'avenir, où nous; n'avons pas encore navigué. Nos cœurs heureux palpitent. Depuis longtemps nous attendons avec amour cette soirée, partagées entre le doute et la crainte; nos espérances ont failli faire naufrage, mais nous nous sommes fermement accrochées au bon navire et nous sommes enfin entrées dans le port saines et sauves. Notre vie s'est écoulée agréablement pendant ces an* nées, mais nous avons eu aussi des moments de chagrin ; et ce chagrin nous paraissait si violent que nos cœurs saignaient. Mais, avec l'élasticité de la jeunesse, nous reprenions vite courage. Je me plais à me reporter, ce soir, en imagination, à l'époque où nous avons franchi pour la première fois les portes de cette saUe. Les années ont fui si rapidement, que je suis surprise de me trouver ce soir au milieu de vous, vous adressant, d'une faible voix, mes tendres adieux. Chères camarades,

(cndres amies de mon enfance, adieu, adieu! Mon cœur est Irop plein pour que je puisse exprimer tout ce que je voudrais vous dire avant notre séparation; mais mon amitié et mes meilleurs souhaits vous accompagnent, et je vous dis à toutes : Dieu vous aide ! Adieu !

Et vous, chères camarades de première et de deuxième année, je dis adieu à chacune de vous. En laissant nos places vides, nous espérons qu'elles seront remplies plus dignement qu'elles ne Tétaient. Hélas I chères compagnes, il y a parmi vous une place vide ; celle qui l'occupait était notre amie et nous la voyions avec plaisir tous les jours, mais nous ne la verrons plus. Elle entend maintenant des accents plus doux que les nôtres et elle habite dans des régions plus belles.

Nous devons dire à notre directrice que nous la prions d'exercer en notre faveur la divine vertu du pardon. Si nous ne nous sommes pas toujours conduites à son égard comm« nous devions nous conduire ; si nous n'avons pas toujours obéi à ses moindres ordres, et si, par notre conduite, nous avons rendu sa tâche plus pénible, nous espère is qu'elle nous pardonnera, et nous la prions seulement, lorsqu'elle pensera à nous dans l'avenir, de ne pas noujs en vouloir, et de se rappeler que nous avons fait mal sans le savoir.

Nous devons adresser la même prière à nos autres maitresses. Elles sont venues parmi nous ignorant que nos cœurs saignaient encore de nos pertes récentes, et nous ne pouvions pas effacer si promptement les images que nous y avions précieusement conservées pendant des années. Le temps n'aurait pas tardé à montrer combien nous désirions rendre justice à leurs nobles efforts.

Nous prions notre digne surintendant et les membres du Comité de recevoir nos remerciements pour les marques de bonté et d'intérêt qu'ils nous ont constamment données.

Et maintenant nous demandons à nos parents, qui nous entourent, s'il n'y a pas de place au milieu d'eux pour recevoir notre jeune troupe. Ne nous recevront-ils pas avec bonté pour nous aider et nous guider dans notre nouvelle vie?

Camarades, maîtresses, amies, je vous dis maintenant à toutes on tendre adieu, espérant que nous pourrons nous retrouver plus tard dans quelqu'un des sentiers de la vie.

Ada B.

Nouvelle-Orléans (Louisiane). École supérieure de filles.

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