HONNEUR AUX MAINS CALLEUSES
Les palais en marbre de Venise, avec leurs sculptures élaborées et leurs riches mosaïques, se dressent comme un rêve
(1 et 2) Allusions à de célèbres procès de ces derniers temps. (3) Allusion à une aventure célèbre de Tenfance de Washington (voir ci-dessus, page 168.)
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de beauté sous les yeux du touriste ; mais qui pense aux forêts majestueuses qui leur ont servi de fondements?
Dans la société, nous portons toute notre attention sur la splendeur des grands monuments et nous oublions ce que nous devons au travail des mains du pauvre. Nous ne songeons pas qu'il y a dans Tunivers des millions de travailleurs qui sont nos bienfaiteurs personnels.
.le m'assieds dans mon petit salon et je me demande à qui je dois le bien-être et les simples ornements dont je suis entouré. Cette plume dont* je me sers pour écrire, c'est du minerai de quelque mine profonde qu'une main singulièrement babile Ta tirée. C'est encore de ces sombres cavernes qu'on a extrait tous les petits clous, toutes les vis et même les cordes du piano, et îa planche sur laquelle on a gravé ma douce madone. Le charbon qui répand dans la maison la température de l'été nous a été donné par des honomes qui demeurent dans les ténèbres pour que d'autres puissent avoir de la lumière et de la chaleur. Honneur au mineur qui, avec une énergie héroïque, tire delà terre des trésors cachés pour enrichir ses semblables! Sa vie se passe souvent au milieu des scènes les plus sublimes! Les montagnes sont sa patrie; elles ont toujours une sublime beauté, sous l'éclat du soleil, ou pendant l'orage, lorsqu'elles semblent se faire signe l'une à l'autre, tandis que leurs rochers répercutent les roulements de la foudre. Des scènes sublimes ne peuvent manquer de faire aimer la nature et adorer le Créateur.
Le plâtre qui recouvre le mur a subi bien des modifications depuis le moment où il gisait dans la carrière de pierre à chaux. Le verre de la fenêtre était jadis du sable que le vent faisait voler çà et là. Le miroir fut inventé il y a bien longtemps dans une ville entourée par la mer. Il a fallu les soins d'un berger, d'un fileur et d'un teinturier pour confectionner le tapis qui recouvre mon plancher.
Reconnaissons ce que nous devons à tous les hommes qui transforment les matériaux bruts fournis par la nature, et qui les rendent propres à nos usages quotidiens.
Parmi les bienfaiteurs du monde n'oublions pas lès c tailleurs de bois ni les tireurs d'eau >. Pour que le charpentier bâtisse une maison, il faut que le bûcheron coupe le bois dans la forêt. Il faut que ce bois soit adapté aux diflérentes parties de l'édifice. La vue du bois qui vient d'être coupé et celle de la charpente d'une maison ont beaucoup de charmas L'ouvrage
devient de plus eu plus compliqué jusqu'à ce qu'on le termine en creusant le puits ou en construisant l'aqueduc.
La vie du fermier est pleine de poésie. Les champs suggèrent de nobles pensées. Pendant que Robert Burns (1) labourait un matin, à l'aube, sa charrue coupa tout à coup une pâquerette qui aussitôt refleurit dans un poème.
c Petite fleur modeste, aux pétales teintés de rouge, tu m'as rencontré dans une heure fatale; il m'a fallu écraser dans la poussière ta tige élancée : t'épargner, maintenant n'est plus en mon pouvoir, ô la perle des fleurs!... Nos jardins fournissent les fleurs superbes qui ne peuvent croître que sous les dômes de verdure ou près des hautes murailles; mais toi, solitaire et cachée sous l'abri que t'offre d'aventure la motte de terre on la pierre, tu ornes le champ où le moissonneur n'a laissé que les chaumes (2). r
Hawthome dit de son jardin :
c C'était un des plus beaux spectacles qu'il y eût au monde de voir une petite colline de fèves repousser le sol, ou une rangée de pois précoces qui sortaient de terre assez pour former une ligne d'un vert tendre. >
Les domestiques qui lavent notre vaisselle, qui font nos chambres et qui préparent nos aliments, sont dignes de notre respect s'ils font bien leur travail. Ce qui est utile est toujours honorable, et l'humble travailleur est souvent encouragé par la pensée que c'est Dieu qui distribue toutes les tâches , et
(1) Poëte écossais, vécut de 1759 à 1796. II a écrit en écossais des poèmes, des chansons et des lettres. (Note du Traducteur,)
(2) Wee, modest, crimson-tipped flow'r, Thou's met me in an evil hour ; For I maun crush among the stoure
Thy slender stem :
To spare thee now is past my powY,
Thou bonnie gem.
The flaunting flow'rs our gardens yield, Iligh shelt'ring woods and wa's maun shicld But theu, beneath the random bield
O'clod or stane, Adorns the histie stibble-ficld,
Unseen, alane,
(Siaozas to a Mountain Daisy).
{Texte rétabli par le Traducteur.)
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qu'il rtieiU compte de tous les efforts que l'on fait fîdékAwst.
Beaucoup de sottes personnes pensent qu'il y a de la lionteà travailler, et quelques mères sont fières de 4ire que leurs filles ne savent faire que des ouvrages de fantaisie. Une lemme qui avait deux ûUes les avait élevées dans cette fausse idée pondant qu'elle travaillait durement pour les entretenir. Enfin Taînée se maria et alla vivre obcix elle. Elle écrivit à sa mère que ^ elle voulait faire une dame de AJbby, il était temps de «om% mencer. La petite fille avait treize ans et, en disant d'eu isàfç une dame, sa sœur voulait dire de rhabiller à la «mode et 4e la laisser s'asseoir à la fenêtre du salon.
Ë.-^H. Ghapin, dans le sermon qu'il fit ici lliiver derniar, dit que les travailleurs forment la véritable noblesse, et que ks oisifs forment les classes inférieures. C'est peut-être à deux lois que la Russie doit sa supériorité intellectuelle : l'une de ces lois exige que chaque enfant reçoive de l'instruction, la seconde force chaque homme à apprendre un métier. Le Prince héritier est imprimeur. L'oisiveté est la mère du crime, et tous ceux qui aiment le bon ordre voient avec plaisir que notre assemblée législative vient de faire une loi pour protéger la société contre les mendiants, qui sont devenus si nomlnreux et si dangereux dans toutes les parties de ce pays.
Lorsqu'un homme travaille sérieusement, il est comparativement à l'abri des maux qui l'entourent. Les mauvaises pensées ne trouvent pas de place dans son cœur, son unique préoccupation est de rendre sa famille heureuse. Après son travail, il jouira des simples amusements du foyer domestique, qui sont très-nécessaires pour entretenir sa bonne humeur.
Sir Thomas More, dans son Utopia, dit qu'il voudrait passer la moitié du jour au travail et le reste en une honnête récréation. Aristote dit : c Le but du travail c'est de jouir da loisir. > Toujours travailler sans jamais jouer est presque aussi mauvais que de toujours jouer sans jamais travailler. Il y a des personnes qui croient qu'elles seules doivent prendre de la récréation et que leurs inférieurs n'en ont pas besoin.
La gouvernante de 1' c Old curiosity shop > pensait que les enfants de l'aristocratie devaient seuls aller au spectacle.
Elle soutenait que les vers du doctein* Watts : c Que mes premières années se passent au milieu des livres, au travail, ou dans des jeux salutaires, » ne s'appliquaient qu'aux enfants de bonne famille , mais que, pour les enfants pauvres^ ils devaient être ;
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€ Que mes premières années se passent au traTail, au travail, au travail, toujours au travail, pour qu'à la ilu je puisse rendre bon compte de chaque jour. >
La récréation est surtout goûtée par ceux qui Font d'abord gagnée par le travail.
La sagesse de Dieu, qui se voit partout, est manifeste dans le fait du travail. 11 a voulu que ses enfants fussent. dans une dépendance mutuelle les uns à l'égard des autres. Chacun doit à la société tout ce qu'il peut lui donner.
Le Créateur les a pourvus des matériaux dont ils ont besoin et les a doués de facultés qui se développent par l'usage. Le travail est une loi divine et, en s'y conformant, l'homme trouve son bonheur et son plus grand bien.
Beaucoup d'hommes, qui ont vécu du travail de leurs mains, ont acquis peiidaat leurs heures de loisir une haute culture intellectuelle. Hugh Miller passa quinze ans dans une carrière et fut ensuite commis dans une banque; et, pendant tout ce temps, il employa ses soirées à composer et à écrire ses importants ouvrages sur la géalogie.
Ëlihu Burrett, surnommé le savant forgeron, sav£Ût cinquante langues. Robert Collier, de Chicago, est aussi habile à ferrer un cheval qu'à composer un sermon. Le jeune sculpteur, plein
d'avenir, S (1), apprit sa grammaire latine pendant que
ses mains poussaient la navette sur le métier. M°*® Emily C. Jttdsûa (5), cet écrivain élégant et ce missionnaire dévoué, était ouvrière de fabrique à douze ans; après avoir, par de patient? efforts, acquis une bonne instruction, elle tint une école à soixante-quinze cents par semaine.
Notre pays pourrait fournir un grand nombre d'exemples i'bpmmes qui ont obéi aux plus nobles impulsions de leur ^tl^è l^ndant qu'ils étaient obligés de se livrer au travail mamiel^ pour subvenir à leurs besoins de chaque jour.
Nous honorons spécialement dans notre écola oeiut qui, toiâ en s'entretenant par leur travail, prennent place aux premiers rangs. Nous sommes sûrs que le monde leur réserve des posi* $ons d'honneur et de confiance, et que les fardeaux qu'ils sup*-
(i) Nom illisible.
(2) 1817-1854, pins connue sous le nom de Fanny Porester, sous lequel parurent la plupart de'ses Poëmes et de ses Nouvelles.
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portent actuellement ne font que les préparer à la responsable iité dont on les chargera plus tard.
Katie m.
Portsmouth (New Hampshire).