‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 248 sur 355 · LES € DÉTECTIVES > ÛË l'hISTOIRÊ · texte numérisé non relu

LES € DÉTECTIVES > ÛË l'hISTOIRÊ

Les prétendus < détectives > de l'histoire dépouillent les ï^ gendes traditionnelles de toute apparence de réalité, et noiw privent ainsi d'un de nos plaisirs les plus vifs.

Un village a-t-il précieusement conservé le souvenir de

(1) Petit bfitiment à un seul mât.

quelque illustre exploit, pour le transmettre aux générations futures comme un exemple éclatant de courage et de fidélité, un de ces c détectives » viendra prouver que cet exploit fameux n'est qu'un mythe.

Avec quelle tristesse les Suisses n'ont-il pa3 dû entendre annoncer qu'Arnold de Winkelried (1), ce héros dont ils célèbrent les exploits, n'était qu'un personnage légendaire, qui se re* trouve dans les traditions de tous les pays !

A peine remis de cette émotion, ils entendent ce cri, qui les glace d'effroi : c Quel est ce Guillaume Tell, dont vous êtes si fiers? Moi, le Professeur X, je puis vous prouver, au moyen de pamphlets que j'ai en ma possession, qu'il n'a jamais existé! >

Les habitants du petit village de Domrémy, patrie de Jeanne d'Arc, ne furent pas peu surpris, au milieu des fêtes qu'ils faisaient comme d'habitude en l'honneur de l'héroïne, lorsqu'ils apprirent que cette Jeanne d'Arc qui avait sauvé la France et qui était morte sur ua bûcher, n'avait jamais existé que dans leur fertile imagination.

Un mythe aussi, Pocabontas, cette charmante Indienne dont nos livres classiques nous racontent l'histoire comme un événement véritable, histoire que les écoliers lisent toujours avec un nouveau plaisir t

On commence maintenant à révoquer en doute l'existence d'Homère et d'Ossian, ces noms qui ont été pour nous la source de tant de joies intimes et sur l'authenticité desquels tout le monde était d'accord.

Mais ce qu'il y a de plus triste, et ce qui tend le plus à nous faire perdre toute croyance dans les événements rapportés par la tradition, c'est l'opinion de quelques personnes sur les pièces de Shakespeare ; ces pièces, dit-on, ne sont pas de Shakespeare, elles furent écrites par François Bacon (2).

(1) Héros suisse du xiv* siècle. À la bataille de Sempach, 6 juillet 1386, les chevaliers autrichiens formant une phalange impénétrable, il saisit une quantité de lances qui le blessèrent mortellement; mais en les entraînant dans sa chute, il ouvrit une brèche à ses compagnons et leur procura la victoire. On lui a élevé une statue qui le représente au moment où il accomplit cet exploit.

{Note du Traduclear),

(2) Cette opinion paradoxale tut émise au commencement de ce siècle par Smith, littérateur anglais peu connu.

(Note du Traducteur)*

Pendant longtemps, on a discuté très-vivement la question de savoir comment Shakespeare, qui n'avait aucune instruction scientifique, avait pu écrire des ouvrages que le monde savant admire encore pour les vastes connaissances qu'ils révèlent chez Tauteur. Quel qu'ait été son génie, disait-on, il n a pu aller jusque-là. On pense maintenant avoir trouvé le mot de cette énigme. L'auteur de ces pièces, disent les c détectives i, c'est François Bacon, qui vivait à l'époque de Shakespeare, et qui avait assez de génie et assez de science pour écrire de pareils ouvrages.

Cependant, comme la question n'est pas encore décidée, i faut espérer qu'en 1976 quelque savant américain pourra, par un effort de génie, éclaicir ce point douteux.

Elizabeth t.

Age : dix-huit ans.

Milwaukee (Wisconsin).

VIII* — CompodUlons politiques^

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