‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 320 sur 355 · SUSAN M · texte numérisé non relu

SUSAN M

Age : dix-sept ans.

Bloomsburgh, comté de Golumbia (Pennsylvanie). ~ École normale de rÉtat.

t. — hk BIBLE DANS LES ÉCOLES PUBLIQUES.

Sujet — La lecture de la Bible dans nos écoles publiques doit-elle être interdite par la loi ?

Négative,

Est-il possible que nous, qui vivons dans une terre chrétienne, nous répondions affirmativement à une telle question? r^otre histoire tout entière ne nous montre-t-elle pas qu'on a toujours fait usage de la Bible ?

Il y a plusieurs siècles, on lisait la Bible au lieu de lire des livres f comme nous disons maintenant. On l'a lue de moins en moins, et aujourd'hui on voudrait interdire complètement cette lecture. On ne saurait nier qu'on fait en ce moment de puissants efforts pour modifier complètement le système des écoles publiques d'Amérique au point de vue religieux. Quelques personnes craignent d'offenser les catholiques en faisant usage de* la Bible dans les écoles. Mais devons-nous leur céder sur ce point ? Je répondrai : t Non, aussi longtemps que les lois de notre pays seront égales pour tous. » Il est aisé de voir que nos écoles, privées de la Bible , ne plairont pas plus aux catholf* ques cpi'elles ne leur plaisent maintenant. Faire subventionner leurs propres écoles par les États, voilà leur but. Ce qu'ils

proposent, c'est un système universel d'écoles confessionnelles entretenues aux frais de l'État.

Mais nous soutenons que l'éducation dont la religion ne fait pas partie est une éducation impie et nuisible. L'éducation dépourvue de religion ne peut produire aucun bon résultat. Âssm^ément l'intelligence est une partie très-importante dans l'bofnme. Mais Tbomine intelligent qui n'a pas de morale est un matérialiste. C'est un être dangereux pour la société. Il est à souhaiter que les vérités chrétiennes se répandent dans la nation et inspirent au peuple des sentiments de charité^ afin que les enfants de la prochaine génération trouvent des instituteurs et des institutrices doués d'assez d'abnégation et d'ardeur pour leur enseigner le christianisme pratique.

C'est là le seul moyen d'introduire la religion dans nos écoles et de l'y maintenir. C'est ce que nous espérons faire.

Je crois que les bonnes raisons ne manqueront {.as pour soutenir qu'il faut conserver l'usage de la Bible dans nos écoles.

Beaucoup de parents qui enxroiejiU ^ur^ enfants à l'école ne savent pas lire. Ils ne peuvent donc pas apprendre à leurs enfants à lire la Bible. Mais, parce qu'ils ont toujours ignoré les saintes vérités, faut-il que personne ne les enseigne à leurs enfants ?

Où donc pourraient-ils connaître la Bible si Oii ne la leur enseigne ni che? eux ni à l'école ?

On pourra me dire : c Nous avons des églises et des ministres qui sont payés pour enseigner le nom de Dieu au peuple. C'est leur affaire, qu'ils s'en occupent. Nous n'irons pas payer i |;rands frais l'instructjion de nos enfants pour qu'ils passent Jeur temps à écouter les maîtres leur lire la Bible. »

Hais le ministre les instruit une fois par semaine peut-être. L'impression faite sur l'écrit des enfants ne s'effacera-t-elle pas dans l'intervalle d'un dimanche à l'autre?

On a dit aussi que si nous faisons usage de la Bible à l'école, BOUS devrions également l'employer dans les magasins, les boutiques, etc. Mais y a-t-il un établissement jcommercial 90! ressemble autant à l'église que l'école ? Les fonctions du professeur ne se rapprochent -elles pas beaucoup de celles du mi- ,mstrje? I^'ont-ils pas tous les deux i s'occuper de l'esprit de l'enfant, à l'instruire ? Qui osera donc dire (jja il faut l>annir la Bible des écoles ?

Disons avec les vieillards qui ont toujours eu l'habitude de

PÉDAGOGIE. 4âl

Jjre )a Bible lorsqu'ils étaient à l'école : c Puissent nos yeux ne janiais voir le jour où les écoles de notre pays seront devenues trop sages pour avoir besoin de chercher des conseils dans les paroles sacrées, et pour leur préférer la science ou la politique. >

Cejpendant on veut interdire la lecture de la Bible à lamulti* tude, peut-être parce que quelques personnes regardent cette lecture comme dangereuse. Car, comme je l'ai dit, on craint d^offenser les catholiques. Ne devrait-on pas craindre plutôt d'ofionser le Qréateur, ce Dieu qui, dans sa sagesse, a voulu que lottte créature i'aimàt et l'adorât plus que tout ce qu'il y a siMT ia terre* Mais si nous vivons dans un pays Ubrte, pourquoi ae pas faire ce qu'il nous plaît ? Et notre pays est libre : il y a «eut ans qu'on l'a dédaré tel. Si les catholiques ne peuvent pas SfWitffrir l'emploi de la Bible dans nos écoles, qu'ils fondent des écol€# pttur leur usage, et qu'ils nous laissent la liberté de lire tous les jours les Saintes Ecritures I De nombreux exemples mms montrent que «ous devons prendre à toiU moment et dans toutes les circonstances la parole de Dieu pour guide. Lorsque les Israélites quittèrent l'Egypte pour se rendre dans la terre promise. Dieu leur ordonna d'attacher ses commandements sur leur front, «ur leurs maÎAS, atc., et de les avoir toujours sous tes feux. No^ savons que les Israélites prospérèrent pendant fU'ilsobiéirfiQt à «es commanie^oents ; mais lorsqu'ils les oubliéf^9t, ils M^^mbér^pt dansravilissegientot furent en proie aux maux delaifu^eire.

t^ crains Iiien que notre nation, qui est cependant à sage et 19 f>r^père, m si^^iii^ le més9^ sort si elle suit uniquement les conseils terrestres et si elle abandonne le Livre saustit g&^ fy^ des ron^ns-

Pourquoi la cinlisation de la France et de l'Espagne, aim>uyée et soutenue par tous ks i^^vantages extérieurs, s'est-elle affai* li^lia et éteinte dans notre ^continent ? Pourquoi continue-t-elle ^ lUaparai^e iws les jour^ 4?ii^nt la lumière âe la civilisation anglo-saxonne? Pourquoi la Nouvelle-Angleterre a-t*elle été le centre étincelaot de la littérature, de la politesse et des fcienoes dans ce opntinent ? Parce que nous avons fondé notre ^^isatipn #ar les di|L commandements de la loi mosaïque, enseignés dans nos écoles pendant deux heures tous les jours. ^p4f les avons a^tts^chés, ix>mme le bandeau des Pharisiens, . 4I^Be 008 yeuaç, et ^3i>iis #ous sommes fermement o^iposés â toute innovation qui aurait pu ies affaiblir. Quels sont les

hommes politiques qui façonnent Topinion publique aujourd'hui aux États-Unis? Ce sont ceux qui dans leur jeunesse passaient six heures tous les jours à écouter l'enseignement austère des premiers puritains.

L'éducation devrait être pour chaque enfant de ce pays comme l'air que nous respirons. Si nous voulons mener à bien l'excellent plan d'éducation qui a été tracé par notre fondateur, nous devons faire reposer notre enseignement moral sur le décalogue.

Cependant on dit : c Supprimez la Bible, fermez-la, nous n'en avons pas besoin, nous n'avons pas le temps de nous en servir. J'emploie mon temps et mon argent pour m'instruire afin d'être utile à ceux qui m'entourent. > Mais l'àme ne vautelle pas plus que toutes ces richesses mondaines ?

Songez au bon exemple que le maître donne à ses élèves lorsqu'il prend la Bible, qu'il prononce le nom de Dieu et qu'il leur lit les saintes promesses. Il n'est pas obligé de lire un chapitre entier; il peut lire quelques versets.

Cette question de la suppression de la Bible me rappelle l'histoire de cet homme qui était pressé de rentrer sa récolte. Il loua plusieurs hommes de journée pour l'aider. Il avait l'habitude de faire la prière en commun avec toutes les personnes de sa maison. Mais ce matin-là il pensa qu'il n'avait pas le temps de prier, et, comme les hommes qu'il avait loués étaient là, il voulut commencer immédiatement son travail. Ils se rendirent donc au champ; mais à leur grand étonnement ils ne purent pas travailler. Ils furent obligés de retourner à la maison où ils firent la prière en commun. Ils se mirent ensuite à la besogne, et ils ramassèrent plus de blé ce jour-là qu'ils n'en avaient jamais ramassé.

Il en serait de même de nos écoles. Sans la Bible elles pourraient prospérer pendant quelque temps, mais il n'est pas probable que cette prospérité durât.

N'entendons-nous pas souvent parler de maîtres pieux et citer les bons exemples qu'ils donnent au peuple en le conduisant dans la voie du Christ.

Nous remarquons, en général, que si un maître vient à perdre son autorité sur ses élèves, il peut faire plus d'impression sur leur esprit avec la Bible que par tout autre moyen. (II n'y a évidemment pas de règle sans exception.)

On regarde, en général, la règle d'amour comme étant beaucoup plus puissante que la règle de crainte. On pense que la

persuasion vaut mieux que la rudesse, que le raisonucment vaut mieux que les coups. Nous démons nous attirer le respect de nos élèves, g^agner leur confiance et prendre ainsi sur eux une influence qui est presque saiis bornes. On peut démander comment il est possible d'obtenir ce résultat. Je dirai que c^éât en prenant pour guide lé noin de Dieii, en allant chercher du secours â la source de toutes les grâces.

11 y à des élèves tellement endurcis, qu'ils n'ont de respect ni poui* eux-mêmes, ni pour aucun de ceux qui les entourent. Cependant, par moments, des éclairs dé conviction luisent à leurs yeux et alors ils prennent là résolutioti de s^amender. tl faut chercher à hâter ces moments en leur parlant de Dléii et en leur lisant la Bible qui contient la parole sacrée.

Il me semble qu'il est tout â fait inutile d^envoyer des Bibles chez les païens ëi nous sommes assez sages pour nous en passer. Us se diroht que si nous ne voulons pas nous servir de ce livré, ils ne s'en serviront pas noii plus.

Je pense donc que si ndus excluons la Bible de nos écoles, il y aura plus de danger poiir nous dé dévenir païens qiie pour les païens de devenir chrétien^. Car, après avoir retiré la Bible de l'école, nous penserons que nous n'en avons plus besoin ni à l'église, ni ailleurs.

Maià houâ espérons ne Jamais vôfa* S'établir dans notre pays une loi assez impie ]^our iilterdire la lecture de la Bible dans nos écoles publiques.

ÉDIB K.

Age : dix^neuf ans* Cloomsburgh, comté de Golumbia (Ponne^lvanie) .— Ëeol« ttomiftte de rfitai.

â. — LES FEMMES OOIVENt-ELLBS ÊTRE ÀOlflSEE DANS NOS COLLÈGES?

Pourquoi ne procureraii-on pas aux femmes les moyens de s'instruire et de se mettre ainsi en état de reildre les services qu'elles ne pourraient pas rendre autrement ? Si cette idée était universellement admise, et si les femmes non mariées pouvaient se préparer â l'enseignement supérieur, on verrait des femmes instruites briller comme des astres au firmament de notre histoire. Il y aurait moins de mariages précipités et le célibat dos femmes serait plus décent.

434 KORMAL SCHOOLS.

On «st beaucoup trop disposé à tourner en ridicule le célibat des femmes. La plupart d'entre elles sont les anges gardiens du lit des mourants. Leurs paroles ressemblent à des accents prophétiques destinés à guider l'âme tremblante et à lui Caire traverser en sûreté le fleuve de la mort.

Ouvrez aux femmes tous les établissements d'enseignement, et vous verrez diminuer sensiblement le nombre de ces vieilles filles si redoutées. Elles deviendront de bonnes et de nobles fenmies, accomplissant joyeusement et noblement jusqu'au tombeau leur importante mission.

Une autre raison pour laquelle les femmes devraient être admises à partager avec les hommes les avantages de l'instnio tion supérieure des Collèges, c'est qu'elles sont parfaitemeni en état d'en recueillir tous les fruits. L'ancienne objection fondée sur l'infériorité intellectuelle de la femme, qui ne lui permettait pas de suivre le cours supérieur d'études des Collèges, a déjà perdu beaucoup de sa force. Le jour n'est pas loin où l'homme, ce c roi de la création », ayant conscience du mensonge qu'il fait, n'osera plus proférer une pareille objection. Partout où on a admis la femme à suivre le même cours d'études que l'homme, dans nos écoles normales,, et tout dernièrement dans nos Collèges, elle a tenu son rang d'une manière très-satisfaisante. Ses facultés intellectuelles ne sont pas restées au-dessous de celles de l'homme.

Ces expériences, faites dans quelques-uns de nos établissements d'enseignement, tendent à prouver que, malgré l'insuffisance de l'instruction donnée jusqu'ici aux femmes, elles ne sont pas inférieures aux hommes.

On ne saurait nier que les lois qui régissent les écoles publiques de notre pays ouvrent ces écoles aux filles au<^ bien qu'aux garçons. Quoiqu'il y ait toujours eu des écoles pour l'instruction des filles, nous demandons davantage.

Le cours d'études que l'on suit dans ces dernières écoles n'est pas propre à donner aux élèves la force ^e penser ni à développer complètement leur intelligence. Aussi leur faudrat-il un peu de temps pour se préparer aux pensées et aux études plus sérieuses. C'est la loi de la nature humaine. Lorsque l'esprit d'un enfant a été distrait par le jeu ou pai* une étude superficielle, il a besoin de quelque temps pour concentrer toute son énergie intellectuelle sur un problème difficile. Le point le plus important dans l'étude, c'est d'être maître absolu de ses facultés intellectuelles. Lori>qu'on est arrivé là,

on a parcouru la partie la plus difficile et la plus pénible de la route.

La femme ne peut pas effectuer en un seul jour cette conquête qui a coûté tant de peines à Thomme. Nous ne revendiquons pas pour la femme la supériorité intellectuelle, mais nous soutenons, en nous appuyant sur les exemples fournis par l'histoire, et sur les expériences qui ont été faites de nos jours dans les établissements d'enseignement, qu'elle est naturellement régale de l'homme.

Prenez pour exemple Hannah More (4) et M"* Barbauld (2), ces deux grandes institutrices, ces deux grandes femmes poètes. Le père de M*"* Barbauld, qui était principal d'un collège de jeunes gens, fit suivre à sa fille les cours de cet établissement. Elle reçut ainsi une éducation classique et elle passa ses examens avec beaucoup d'honneur.

L'Angleterre regardera toujours M""* Barba«ld conune une de ses plus grandes institutrices.

Dans les sciences nous pouvons citer Mary Sumerville, et, chez nous. Miss Mitchell qui a pris ses diplômes à Vassar Collège et qui s'est acquis une réputation par ses connaissances en astronomie. Il y a d'autres femmes qui ont brillé comme des étoiles dans les profondeurs des sciences abstraites.

Harriet Beedier Stowe (3) occupe peut-être le premier rang parmi les romanciers. Parmi les poètes nous pouvons citer M"* Browning (4) et M"® Hemans (5). Dans les arts nous citerons Rosa Bonheur. Quoique son goût la porte à se livrer à un genre de peinture exclusif, la supériorité qu'elle a acquise dans ce

(1) Mrs. Hannah More, 1745-1833. En 1809 elle publia Cœlebs in tearch of a wife (Cœlebs à la recherche d'une épouse), roman où eUe indique les conditions du bonheur domestique. Elle écrivit plusieurs autres ouvrages religieux et moraux en prose et en versu

(2) Mrs. Anna Laetitia Barbauld était fille du révérend J. Aikin. Elle écrivit, en collaboration avec son frère, le docte.ur John Âikin, le Uvre classique intitulé : Evenings at home (les Soirées à la maiion}.

(3) Auteur de Uncle Tom's cabin (la Case de Toncle Tom).

(4) Mrs. Browning (Miss Elisabeth Barrett), femme du poëte Robert Browning. Elle a écrit : Essay onMind, The Séraphin, The Romaunt of the Page, Casa Guidi Windows, Aurora Leigh, et plusieurs autres poésies.

(5) Felicia Hemans, 1793-1835.

(Notes du Traducteur,)

436 mtmkh sqMols.

gfedre f^rotm i bn ^liie. LA ëcttl^tufè « attfât tlfl refrf69efltft&l dans le sexe féminin : c'est Harriet Hosmer.

es esprits éti'oits nous diront ! Cotiipttres le petit Hoiilbre des femmes supérieares kà grand nombfè dès hommeii de génie, ôt Toui verrez que vous ne pouit es ptts tiret* dé cette comparaison un argument en fateur de régalité deâ homtties et des femmes au point de tue intellectuol. Nodâ ne pouvons pds faire cette comparaison ntunôriquej pai*ce que les deux parties n'ont pas eu les mêmes occasiotls de sinitfuili!.

Dans l'hiftloire de la Gréco aticienne elle-même, notts tojfons par l'exemple de Pénélopd et d'Arété que les fémniéii; sââs jouir àtt point de vue de l'éducation ded mêmes atànta^ que leurs frères, pouvaient cependant chafmer et fadeiner par leur conversation et par leurs qualités iiiteileetuelleà eeux qui se regardaient comme leurd fttipérietirs. Led courtlàades de la Grèce étaieflt fenommées pour leur ëcience^ malgré toutes les difficultés que les femmes éprouvaient à cette époque pour s'instruire.

11 est évidetit qu'il y a plus de lavatits qUe de savatitë^. Hais tout ce que nous voyons nous porte à ttoite que ëi léà moyens étaient égaui, les femmes ne le céderaient en rien au* hommes pour rétude des contiaiftfidUdes.

Vous entendires dire que ai l'on admettait les femmeé dans les Collèges, il faudrait abais&er le uiveatt desi études dans eës établissement!.

Ceci n'est pas exact. Outres-leur les portes des Gollégea, receves-les dans les salles de filasse comme vouS y l'eeeVez leurs frères, témoignez aux uns et aux autres la même bienveillance, donnez -leur les mêmes encouragements ^ oiais n'abaissez pas pour elles le niveau des études. Qu'elles puissent se préparer comme leurs frères pouf le cours des études classiques^ qu'elles puissent acquérir par des trataut préparatoires le niveau d'instruetiott que vous exiges de ceux qui sont admis à suivre fce cours.

Ne craignez pas que cette innovation Ëtsse baisser le niveau des études, ni qu'elle affaiblisse l'instruction littéraire. Les femmes qui se feront admettre dans les établissements d'enseignemenl ainsi ouverts, stimuleront plutôt par leur présence et par leur exemple le lèle de leurs nouveaut camarades. Lorsqu'elles ne seront pas capables d'être admises, tous les traiterez comme vous traitez maintenant ceul qui SOnt dans ce cas. ïout ce que nous vous demandons, et tout ce

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que nOQs pouvons vous demander, est d'anterisep tes flemmes à suivre le cours d'études des Collèges si elles le désirent.

Une troisième raison qui milite en faveur de Tadmission des femmes dans les Collèges, c'est que l'éducation en commun des jeunes gens et des jeunes filles serait très-favorable au développement de leurs facultés intellectuelles. Dans la question seoiaire telle qu'elle est posée aujourd'hui, le point le plus controversé est oéttti de savoir si les garçons et les filles doivent être instruits ensemble, si ^éducation mixte est le meilleur système. Ce point est discuté dans toutes les réunions scolaires qui ont lieu dans ee pays. Ed.-N. Nogill de Swathmore Collège dit que cette question prend différentes formes selon la localité oà on la traite. Si nous la traitions aujourd'hui dans quelque ville d^Onenty voici probablement la forme qu'elle prendrait : Les femmes peuvent-elles se promener dans les rues sang voile, peuveiit-elles s'asseoir a table avec leurs maris sans mettre en péril la morale publique? Si nous étions à Paris, la question se poserait ainsi ! Les jeunes filles honnêtes peuventdles se protbener seules dans les rues ? En Palestine, on dirait : les femmes sont-elles faites peur de plus nobles emplois que crat de bêtes de somme? A Philadelphie nous demandons si Les jeunes gens et les jeunes filles peuvent être instruits ensemble dans le même établissement, si les femmes peuvent développer leurs facultés intellectuelles comme les hommes? €'est toujours la même question présentée sous des formes diverses.

Mogili ijoute que la postérité apprendra avec étonnement et avec incrédulité que, dans cette ville, dans la seconde moitié du XIX* siècle, une assemblée scolaire composée de personnes ffitelligentes a discuté sérieusement la question de savoir si les femmes étaient, au point de vue intellectuel, les égales des hommes, et si dans nos établissements d'enseignement supérieur l'instruction devait être donnée aux deux sexes en mémo temps.

Nous avons déjà parié de l'égalité qui existe au point de vue intellectuel entre les hommes et les femmes. Il nous reste à examiner s'il y aurait avantage à donner l'instruction en commun. Le principal argument des adversaires de Tinstruction mixte consiste à dire que lorsque les jeunes gens et les jeunes filles sont assemblés dans le même local, leur esprit est absorbé par des préoccupations complètement étrangères à l'étude. Nous nions ce fait. Et, pour le nier, nous nous appuyons sur

438 NORMAL SCROOLS.

Texpérienee qui en démontre la fausseté. Voyez ce qui se passe dans nos écoles normales, où les jeunes gens et les jeunes filles sont réunis au réfectoire et dans les salles de récitation. 11 est évident que dans une école qui compte trois ou quatre cents élèves des deux sexes, quelques-uns se laissent distraire par des préoccupations étrangères à leurs livres et à leurs études. Mais l'expérience nous montre que le nombre de ces élèves est relativement fort restreint. Ce mélange des sexes paraît plutôt agir comme un encouragement au travail, et fortifier ainsi les études. Il y a bien peu d'élèves dont l'amourpropre ne soit pas excité par ce moyen. L'éducation mixte produit un autre eflet très-important par son influence morale et sociale. On ne saurait nier que l'accomplissement en commun des devoirs de la vie d'étudiant sert de frein aux jeunes gens et aux jeunes filles, et les fait marcher d*un pas plus ferme dans la voie de la morale. Tout le monde sait quelles sont les tentations qui assiègent un jeune homme à son entrée dans la vie de collège. Quelques-uns sont assez forts pour résister à ces tentations, mais le plus grand nombre y succombe. Il faut que la présence de dames d'un caractère estimable et respectable les fortifie ou, qu'en leur faisant honte, elle les empoche de céder à leurs mauvaises pensées. Ceci s'applique également à la jeune fille. La présence de jeunes gens qui sont ses amis l'empêchera de commettre beaucoup de mauvaises actions. De cette façon ils se protégeront mutuellement, et cette bonne influence scolaire produira ses effets sur le reste de leur vie. Ainsi le mélange des deux sexes produit naturellement un effet moralisateur. L'élève ne s'en rend pas compte, il subit cette influence d'une manière in onsciente. Cette réunion des deux sexes exercera aussi son influence sur la tenue des élèves, car ils chercheront naturellement à paraître avec tous leurs avantages. Elle se fera également sentir dans leur conversation et dans leurs manières. L'étudiant n'aura pas besoin de s'écarter de son chemin ni de négliger ses études pour acquérir l'usage du monde. Il se trouvera placé au milieu de la société et il n'aura qu'à conformer ses pensées, ses sentiments et ses manières aux circonstances dans lesquelles il se trouvera placé.

Il ne sent pas plus cette influence qu'il ne sent l'air qu'il respire, mais elle agit sur ses pensées et sur ses sentiments, elle les fortifie et les développe comme le rayon de soleil fortifie et fait pousser le brin d'herbe.

L'éducation ainsi donnée est véritablement conforme à la Bature, c'est Téducation de famille. Le frère et la sœur deviennent compagnons inséparables : |ls jouent ensemble et travaillent ensemble. Les joies intellectuelles, physiques et sociales leur sont communes. En les séparant, en envoyant l'un d'un côté, l'autre d'un autre, on brise le lien qui devrait être le plus saint et le plus étroit qu'il y ait sur terre. Par cette séparation on remplit leur esprit de sottes idées sentimentales qui ont souvent une fâcheuse influence sur le reste de leur vie.

Les jeunes gens des deux sexes devraient être instruits ensemble, élevés ensemble. Ils apprendrafent ainsi à se voir sous leur véritable jour, et ils n'en seraient que plus capables de distinguer dans l'humanité les qualités nobles et vraies de la vaine apparence et du faux brillant.

Quand même il se formerait à l'école des attachements qui se fermineraient plus tard par le mariage, serait-ce une objection suffisante contre la réunion des deux sexes ? Si les études et les autres devoirs scolaires n'en souffrent pas, ne vaut-il pas mieux qu'un jeune homme et une jeune fille forment im attachement l'un pour l'autre sous l'influence salutaire de la règle de l'école oi ils s'efforcent tous les deux d'atteindre un noble but, le développement de leurs facultés intellectuelles, la pureté de l'âme ? Préférez-vous qu'ils forment cet attachement au milieu des lumières éblouissantes et des parfums enivrants d'une salle de bal ? Nous répétons qu'il faut que les femmes soient admises dans nos Collèges.

Si l'éducation libérale perfectionne et ennoblit l'homme, si elle le rapproche des fins pour lesquelles Dieu l'a créé, elle doit avoir la même influence sur l'esprit et sur l'âme de la femme. Pour remplir les devoirs qui lui sont assignés dans cette vie, la femme a besoin de l'intelligence la plus nette et de l'âme la plus pure qui puissent animer un être humain.

Je répète que les femmes sont parfaitement capables de suivre le cours d'études des Collèges. Mais quand même l'expérience démontrerait qu'au point de vue intellectuel elles sont inférieures aux hommes, cette objection ne serait pas suffisante pour leur faire fermer les portes des Collèges. Qu'elles aient le même sort que les garçons et les jeunes gens ; que lés examens décident de leur degré d'instruction. On ne change rien à la question en prétendant que la plupart des jeunes filles ne se prépareront pas à suivre le cours d'études des

440 NOBMilL SCHOOLS.

Collèges. Maïs pourquoi exclure les femmes de certains éta« blissements d'enseignement, tandis que nous les admettons (Jans d'autres ? Voudrions-nous leur imposer le cours d'études . qu'elles doivent suivre ? Faites tourner sur leurs gonds rouilles les vieilles portes de tous nos établissements d'instruction afin que les hommes et les femmes puissent y recevoir eQ même temps les connaissances qu'ils désirent acquérir.

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