‹ Devoirs d'écoliers Américains, recueillis a l'exposition de Philadelphie, 1876Chapitre 97 sur 355 · LE MÉNAGE · texte numérisé non relu

LE MÉNAGE

L'une des plus grandes sources d'embarras, lorsqu'on est mariée, c'est l'ignorance des devoirs et des responsabilités qui incombent à la femme dans le ménage. De nos jours il y a cent dames qui savent tapoter sur le piano, pour une qui sait faire une miche de bon pain. Lorsqu'elles sont jeunes filles, la pensée qu'elles deviendront bientôt maîtresses de maison ne se présente que bien rarement, ou môme ne se présente presque jamab, à leur esprit. Il est vrai qu'elles songent au mariage, mais elles oublient que le mariage et le ménage sont inséparables. Oh ! non, leur temps est trop bien pris par la musique, le français et les autres arts d'agrément pour qu'eUes puissent perdre môme une heure et s'abaisser à faire ce qu'elles appellent le travail d'une servante. Ou bien elles se figurent peut-être qu'elles pourront plus facilement apprendre à tenir un ménage quand il leur faudra s'occuper d'une maison, qu'elles ne le peuvent lorsqu'elles sont demoiselles et qu'elles vont à l'école.

Qu'il est malheureux pour une jeune fille de grandir et de devenir femme avec de telles idées dans l'esprit, et d'ignorer que tout le bien-être et tout le bonheur domestique dépendent de la maîtresse de maison ! Combien de dames très-riches qui sont obligées de s'en remettre à d^indignes domestiques et à des mercenaires pour tenir leur ménage, afin d'avoir le temps de faire des visites, d'en recevoir et de ne pas être ennuyées par les affaires du ménage ! Mais la richesse s'en va quelquefois plus vite qu'elle n'est venue, et les domestiques la suivent naturellement; alors plus d'une dame est obligée de faire son travail, et elle fait triste figure dans son ménage. Elle verra alors la différence qu'il y a entre une bonne et une mauvaise ménagère. Ses idées se modifieront complètement, elle ne pensera plus comme elle pensait quand elle était demoiselle et qu'elle allait à l'école, ou qu'elle vivait dans le beau monde avant son mariage; car alors elle se figurait qu'elle aurait bien assez d'argent pendant toute sa vie pour payer des domestiques qui tiendraient sa maison.

Il y a un vieux proverbe qui dit : t Si une jeune fille veut être aimée et respectée par son mari, il faut qu'elle apprenne

LA VIB D0ME8TIQU& 121

à faire du pain léger, car son pain léger rendra le cuaur de soa mari léger et exempt de soucis, i

M ABY L.

Age : quatorze ani, Avondale, comté de Hamilton (Ohio).

Page 1