GRAMMAIRE
Métonymie.
La métonymie est une figure qui transporte la signification d'un mot à un autre. Métonymie signifie changement de nom. Cette figure emploie :
l'* La cause pour l'effet : Lire Boileau, Vivre de son travail.
2* Réciproquement elle emploie l'effet pour la cause : Des plaines sans ombre.
3® Le contenant pour le contenu : Boire un verre.
4® Le signe pour la chose signifiée : C'est une bonne plume ; quitter la robe pour l'épée.
5<* Le nom abstrait pour le concret : La perfidie est un monstre odieux, le mérite n'a besoin que de lui-même.
6^ Le possesseur pour la chose possédée : Nous avons été incendiés. [0 f.]
Conjonction que.
Les principaux usages de la conjonction que sont : 10 D'unir deux verbes l'un à l'autre. Je crois que l'âme est immortelle.
^ D'unir les deux termes d'une comparaison. César était aussi éloquent que brave.
3° De former à l'aide de la préposition de certains tours de phrase, particuliers à la langue française, c[ue l'on appelle gallicismes : Ex. :
C'est peu que de posséder des richesses.
C'e^t être sage que de se défier des méchants.
C'est être généreux que de secourir les pauvres.
Quel plaisir que de revoir sa patrie, ses parents, ses amis.
n ne laisse pas que d'être généreux envers les pauvres.
Remarque. — On pourrait supprimer la conjonction que et dire :
C'est être sage d'obliger ses amis ; c'est peu de posséder des richesses.
4** D'éviter la répétition de certaines conjonctions; telles que : quoique, si, lorsque, quand, etc. Quand on est riche et qu'on est généreux on ne manque pas d'amis.
Remarque. — Que est quelquefois explétif. Que si vous êtes nsensibles à mes malheurs. [0 /.]
Qui.
Sa place.
Le pronom relatif qui doit toujours se rapprocher autant que possible de son antécédent, afin que sa correspondance avec ce dernier, ne soit ni louche, ni équivoque. On ne dira donc pas : Je vous envoie un lièvre par ma servante qui a les oreilles coupées.
On ne sait pas si c'est le lièvre ou la servante qui a les oreilles coupées. Conséquemment il faut dire : Je vous envoie par ma servante un lièvre qui a les oreilles coupées.
l'« Remarque. — Quoique le pronom ne soit pas placé près de son antécédent, les phrases suivantes ne sont pas équivoc[ues.
Avez-vous vu les tableaux de Rubens qui sont au musée ? C'est un des élèves qui a remporté le plus de prix.
Ici on comprend parfaitement que qui se rapporte à tableaux et à un. Cela a lieu surtout lorsque les substantifs sont de nombres différents.
^^ Remarque. — Qui ne peut pas se placer près de son antécédent tel ou celui-là, mis par élégance pour celui. Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier. Celui-là vit heureux qui sait se contenter de peu.
Son accord.
Le pronom qui s'accorde en nombre et en personne avec son antécédent. Ainsi Ton doit dire : C'est moi qui me suis trompé, c'est toi qui t'es trompé, c'est lui qui s'est trompé, c'est nous qui nous sommes trompés ; c'est vous qui vous êtes trompés; ce sont eux qui se sont trompés. L'adjectif n'ayant par lui-même ni genre ni nombre, ne peut servir d'antécédent au pronom relatif gui. Ainsi on ne dira pas : Vous étiez deux qui étudiaient leurs leçons avec soin, mais il faut dire : Vous étiez deux qui étudiez vos leçons avec soin. Si l'adjectif était précédé de l'article ou d'un adjectif déterminatif, l'adjectif pourrait servir d'antécédent au pronom qui. Ainsi l'on dira bien : Vous étiez les deux qui s'étaient trompés dans leurs calculs.
1"^® Remarque. — Si le pronom relatif qui avait pour antécédent deux substantifs unis par un des mots comme, de même que, ainsi que, aussi bien que, et non, mais non, avec, accompagné de, ou bien si le premier substantif est précédé de plus, plutôt, il s'accorderait avec le premier substantif. C'est Charles Quint, ainsi que les deux Arteweld, qui est né à Gand.
2* Remarque. — Si le pronom qui a pour antécédent deux substantifs synonymes, unis par ou, placés par gradation, résumés par tout, rien, personne, il s'accorde avec le dernier.
Ce fut le courage, l'intrépidité déployée par les Nerviens qui excita l'admiration de César lui-même.
3^ Remarque. — Lorsque le pronom qui a pour antécédent un nom propre, il prend la 1", la 2% la 3« personne, selon qu'il se rapporte à la personne qui parle, à celle à qui l'on parle ou bien â celle de qui l'on parle. Ex :
Je suis Henri Thiry qui suis à l'école moyenne de Virton. Tu es » qui es , »
Il est > qui est >
Remarqué. — • Si le nom propre était précédé de ce, ou bien si la phrase était négative ou interrogative, il prendrait la 3*^ personne. Ex :
Je suis ce Henri Thiry qui est à Técole moyenne de Virton.
Es-tu ce Henri Thiry qui est >
Je ne suis pas Henri Thiry qui est >
N.-B. Dans la phrase suivante il faut employer la 2* personne : Est-ce vous Godefroid, qui avez ceint Tépée pour délivrer le tombeau du Christ. C'est que dans cette phrase Godefroid est mis en apostrophe et qu'en pareil cas l'antécédent est toi ou vous, exprimé ou sous-entendu.
Kemarque, — Quand le pronom qui est précédé du verbe être et d'un substantif attribut, pour trouver l'antécédent de qui il faut consulter le sens. Ex :
1=* Vous êtes deux bons élèves qui remporterez les premiers prix ; — c'est-à-dire :
Vous êtes deux bons élèves et vous remporterez les premiers prix.
2» Vous êtes les deux bons élèves qui remporteront les premiers prix ; — c'est-à-dire :
Les deux élèves qui remporteront le plus de prix, c'est vous.
Précédé d'une Préposition.
Lorsque le pronom qui est précédé d'une préposition, il ne peut se dire que des personnes ou des choses personnifiées. Le général Grouchy, à qui Napoléon avait ordonné de garder le poste qu'il lui avait désigné, resta fidèle aux ordres de son maître. Marmontel a dit : Rochers à qui je me plains.
Pour les choses non personnifiées, on remplace qui par lequel, laquelle. Ne dites donc pas : Le cheval sur qui Don Quichotte était monté s'appelait Rossinante. Dites sur lequel.
Remarque. — Toutefois les poètes n'observent pas toujours Cette règle. Voltaire a dit : Je condamne (pardonne à, corr.) la main par qui Dieu m'a frappé. Cette licence s'explique par la difficulté de faire entrer dans un vers laquelle, duquel, etc., dont l'inélégance et le manque d'harmonie ne conviennent pas à la poésie. Dans la prose on n'oserait pas agir ainsi.
En parlant de personnes, qui, précédé d'une préposition.
peut se remplacer par lequel, duquel, auquel. Ex : La femme a la probité de laquelle je me fie. Qui dans les phrases interrogatives ne peut se dire que des personnes. Cette femme qui est-elle ? Quel se dit des personnes et des choses. Cette femme qui ou quelle est-elle ?
JRépétition.
Qui peut se répéter plusieurs fois dans une phrase sans antécédent ; alors il équivaut à ceux-ci, ceux-là. Ex :
Ils se saisissent qui d'un fusil, qui d'un pistolet, qui d'une faux, qui d'une fourche. C'est comme s'il y avait: Ils saisissent: celui-ci un fusil, etc.
Il n'est pas beau de répéter plusieurs fois ce mot dans une phrase avec des rapports différents. La multiplicité des dieux est une chose qu'on ne peut croire qui ait été adoptée par des hommes de bon sens. Ces qui, que en cascade rendent le sens obscur en embarrassant la phrase de mots inutiles. On donne un autre tour à la phrase et l'on dit : La multiplicité des dieux est une chose qu'on né peut s'imaginer avoir été adoptée par des hommes.
Le pronom qui se remplace par lequel pour éviter une équivoque. Ainsi au lieu de dire :
J'ai vu le mari de votre sœur qui viendra me voir demain ; Il faut dire : J'ai vu le mari de votre sœur, lequel viendra me voir demain.
On ne sait pas si qui se rapporte à mari ou à sœur.
Henri Thiry* École moyenne de Virton.