ACTIONS ET OBUGATIONS DE CHEMINS DE FER
Les établissements de crédit, les compagnies de chemins de fer, les sociétés industrielles, les administrations des villes, font, comme l'État, appel au crédit public, et émettent des titres appelés actions ou obligations.
Les actions courent tous les risques de l'entreprise : elles peuvent se réduire à rien, si l'entreprise ne réussit pas; dans le cas contraire, elles peuvent acquérir une très-grande valeur. Les actions sont ordinairement le lot des gros capitallistes.
Les obligations sont des titres dont une partie de la valeur est garantie par les propriétés de la Compagnie qui les émet; aussi sont-elles recherchées par les petits capitahstes et par les rentiers.
Les obligations sont ordinairement émises à un cours inférieur à leur valeur nominale.
Elles produisent 3 p. Vo> ^ p« Vo 'd'intérêt, de leur valeur nominale, ainsi une obligation de 500 fcs 3 p. Vo émise à 375 fcs rapportera 15 fcs.
Les obligations sont remboursables au pair par la voie du sort.
Les obligations sont cotées* à la Bourse, et leur cours est sujet à des variations dépendant presque toujours des résultats de l'entreprise.
Droits sur les actions et les obligations. — Le revenu des actions et des obligations est quelque peu diminué par certains droits perçus au profit de TÉtat ou des agents de change. L'État perçoit sur les actions et les obligations un droit fixe de fr. 15 cent, par 100 francs de leur cours moyen de l'année précédente. Ce droit est de fr, 50 cent, sur les actions et les obligations nominatives. Les obligations de la ville de Paris ne paient pas de droit. Indépendamment de ces droits, il y a encore le décime, dit impôt de guerre, qui augmente les droits ci-dessus du dixième, quelquefois des deux dixièmes.
Avec le décime, le droit de fr. 15 c, devient : 0,15 + 0.015 = fr. 16.5; avec le double décime, il devient 0.i5-f-0.03 = Ofr. 18.
Les agents de change perçoivent 1/4 p. Vo de la valeur nominale sur l'achat et sur la vente des valeurs.
Applications,
A quel taux place-t-on son argent, quand on achète des obligations des chemins de fer du Nord au cours de 345 fcs ^0? Ces obligations rapportent 15 fcs d'intérêt par an.
Solution, — 345 fr. 20 c. produisent 15 fcs.
1 fr. produit
100 fcs produisent li^4^« 4 fcs 34 c.
Réponse. — Le taux sera 4 fcs 34 cent.
Combien, pour 2047 fcs 80 cent., aura-t*on d'obligations du chemin de fer du Midi, au cours de 341 fcs 30 cent., et quel revenu recevra-t-on? Ces obligations produisent 15 fcs d'intérêt par an.
Solution' — 341 fcs 30 cent, sont le prix de l'obligation.
1 fc. est le prix de
2047 fcg 80 c. sont le prix de ^ ^^!i^l'^^ « 6 obligations.
1 obligation produit 15 fcs d'intérêt.
6 obligations produisent 15 X 6= 90 fcs.
Réponses, — On aura 6 obligations.
Et le revenu sera de 90 francs.
Maria Gilbert.
(Note : TrèS'hien.) (Cours supérieur).
Ëconomie domestique.
FRAGMENTS d'UN COURS (RÉDACTION D'uNB ÉLÉVE).
Des approvisionnements.
11 faut savoir faire un choix parmi les di£férentes espèces de consommations, et surtout veiller à ce que le besoin précède la dépense. Les femmes dans leurs emplettes cherchent avec raison à débourser le moins d'argent possible, mais elles ne doivent pas oublier que le plus bas prix n'est pas toujours le meilleur marché. Les consommations qui n'ont pour but que de satisfaire la vanité, doivent occuper le dernier rang.
On peut les écarter dans maintes conditions ; quoi qu'il y ait, il faut leur (sic) reconnaître, des positions sociales qui ne peuvent être occupées qu'avec certaines représentations qui attirent le respect général. Cependant, si vous n'y êtes pas obligés, et on ne l'est que jusqu'à un certain point, il ne faut pas trop sacrifier à cette idole. Le monde en vue duquel vous vous séries ruinés, sera le premier à blâmer les dépenses exagérées
348 DEVOIRS D*ÉGaLI£RS.
que vous aurez faites pour attirer son attention ; ce blâme sera la sanction de nos principes.
Des besoins.
Nos besoins dépendent dé la nature de notre organisation physique et morale et des diverses positions sociales où se trouvent les hommes vivant en société. De là trois catégories de besoins : la première comprend les besoins matériels qui concernent le corps ; la deuxième les besoins intellectuels qui concernent l'iatelligence ; la troisième ceux qu'engendre la vie des hommes en société, et que Ton nomme besoins sociaux. Quelle que soit la diversité des besoins, on peut les distinguer en besoins réels et en besoins factices. Les premiers comprennent ceux de première nécessité, tels que la nourriture, le vêtement, le logement, etc. ; les deuxièmes ceux dont on peut se passer pour vivre, tels que par exemple pour les femmes, le besoin de porter des bijoux, des dentelles et pour les hommes celui de fumer du tabac. Les besoins factices sont les seuls qu'il est dans la puissance de l'homme de restreindre et il est de l'intérêt de l'individu comme de celui de la société d'y apporter une restriction, car cette restriction conduit à des avantages inapréciables * pour ces deux intérêts: d'un côté elle contribue à la création des épargnes indispensables pour faire face aux éventualités de la vie individuelle et de l'autre côté à l'accroissement du capital social aussi indispensable à l'existence et au bien-être des peuples. Aussi regardons-nous comme une vertu la ferme résolution de poser de sages limites à la satisfaction de cette sorte de besoins.
Choix à faire dans la satisfaction des besoins.
La ménagère serait bien plus embarrassée encore, si le besoin de plusieurs choses indispensables se fesait sentir* à la fois, et si surtout la satisfaction de ces besoins exige un fort débourser d'argent, dont la privation la mettrait dans la gêne. Que fera-t- elle pour se tirer d'embarras! elle se procurera pom* le moment les choses dont le besoin actuel est le plus impérieux; elle reculera l'achat des autres à différentes époques de manière à attendre la rentrée successive des revenus. Gardez-vous cependant de pousser à l'excès l'application
de cette règle ; elle nous conduirait à un écueil, car les consommations ont lieu tous les jours, à un besoin dont vous aurez différé la satisfaction s'ajoutera un autre besoin, à la fin vous vous trouverez en présence, peut-être dans l'impossibilité de satisfaire à tous. C'est un embarras que vous devez écarter par la prévoyance.
(Note: Très-bien.)
Achats.
Vous savez qu'il y a deux manières d'acheter : Tune au comptant, l'autre à crédit. L'économie domestique pose le principe de payer au comptant. Outre qu'on obtient les choses à meilleur marché, on est assuré par là de ne consommer que des revenus acquis. Si une circonstance pressante vous y oblige, je veux bien que vous ayez recours au crédit une fois en passant, et surtout si vous prévoyez la possibilité d'acquitter promptement votre dette. Hors ce cas exceptionnel, gardezvous de contracter l'habitude d*acheter à crédit. Ce mode d*achat est un emprunt fait au marchand, qui, soyez-en sûr vous fait bien payer les intérêts de ses avances. En empruntant ainsi, vous consommez votre revenu par avance et vous vous imposez ainsi des privations pour les mois suivants. C'est à tort que vous comptez sur l'avenir, il ne vous appartient pas plus que le passé. L'habitude d'acheter à crédit excite toujours à outrepasser les bornes que l'on doit mettre à ses dépenses; il est si aisé d'acheter sans débourser ! mais, alors on est dupe d'une illusion, et quelquefois on marche à sa perte, sans éprouver de ces inconvénients. Si donc vous ne voulez pas vous trouver dans la nécessité d'avoir recours à l'achat à crédit, faites en sorte d'avoir toujours un peu d'argent en réserve pour les besoins imprévus et les circonstances malheureuses. L'expérience nous apprend que les dépenses vont toujours au-delà de ce que l'on avait présumé ; et, quand on n'est pas en mesure d'acquitter sur le champ, une dépense devenue nécessaire, la considération personnelle en souffre toujours quelque peu. Les revenus courants doivent non-seulement pourvoir aux consommations errantes (sic), mais encore réparer les pertes futures.
(Note : Très-bien,)
âÔO DEVOIRS DtGOLlERS.
Choix à faire daris les consommations. .
En fait de consommations, il est mi choix à faire parmi elles, dans Tintérét du ménage ; les plus judicieuses et les plus désirables sont celles qui, satisfesant * aux besoins réels sont plutôt lentes que rapides, c'est le bon i^ens de la femme de ménage qui décidera son choix par l'urgence ou non de la satisfaction du besoin ; ainsi, les aliments et les boissons sont les consommations les plus rapides, cela se conçoit, on peut y ajouter les combustibles, après cela, on range les vêtements dont la consommation est moins rapide, et les meubles dont la consommation est plus ou moins lente. On voit par ces exemples, que c'est la durée plus ou moins longue de Tutiltté des choses, qui établitla destruction (sic) précitée entre les consommations, et qui a donné lieu à la règle économique suivante:
Vous cherchez dans vos emplettes â débourser le moins d'argent possible, mais vous ne devez pas en même temps oublier que le plus bas prix n'est pas toujours le meilleur marché ; vous devez faire entrer en ligne de compte le degré d'utilité, autrement, l'usage plus ou moins long que vous retirerez de Fobiet acheté, et cette utilité est d'autant plus grande que la qualité de l'objet sera meilleure. Ainsi, par exemple : de deux objets servant au même usage, l'un vous est offert à 2 fr. 50 et l'autre à 4 fr. ; le premier, je le suppose sera hors d'usage après 6 mois, le second après un an. Dans le cours de l'année le premier objet ayant été renouvelé deux fois a fait débourser 5 fr. et le deuxième dont l'usage a duré un an n'a coûté que 4 fr.,il y aura donc économie de 1 fr. à acheter le premier objet quoique le prix en paraisse plus élevé de 1 fr. 50 que le premier. On peut conclure de ce calcul qu'il convient de consommer les meilleures qualités, seulement à les payer plus chères* en apparence, mais il faut reconnaître que l'application de cette règle est interdite à l'indigent qui ne peut pas toujours faire l'usage d'un premier déboursé plus élevé quoique plus avantageux.
Marie LhoeST.
(Note : Très-bien,) Cours moyen
Belgique* 351
Hygiène.
FRAGMENTS d'UN COURS (RÉDACTION D'UNE ÉLÈVE).
Du Sommeil,
Le sommeil est de la plus grande nécessité pour la conservation de la santé. Ce besoin de dormir remarquable dans la jeunesse, diminue à mesure qu'on avance en âge. Le sommeil peut durer de douze à quinze heures chez les tout petits enfants, il peut n'être que de six à sept heures chez Tadolescent. Une veille prolongée excite les nerfs, fait vieillir et diminue le poids du corps. Le sommeil trop prolongé est nuisible, il rend lourd, enlève Tappétit ; un sommeil réglé, au contraire, exerce une influence bienfaisante, il ôte la fatigue, restaure, rajeunit et rafraîchit les forces vitales. La nuit est destinée au sommeil, le silence, l'obscurité le favorisent, aussi a-t-il quelque chose de plus bienfaisant que celui du jour.
Lar chambre à coucher doit contenir de l'air pur, sain, sec et en grande quantité ; on la choisira de préférence dans une partie élevée du bâtiment où l'air et la lumière aient un libre accès. Il est bon de chauffer les chambres à coucher des nou* veaux-nés, des vieillards, et des personnes faibles et maladives, mais, en général, il est préférable de lutter contre le froid, même l'hiver. U faut écarter de cette pièce les plantes, les fleurs et les fruits ; que le papier qui recouvre les murs ne 8oit pas de couleur arcenicale'^ et toujours bien entretenu.
Chaque jour la litterie^ doit être retournée, et exposée à l'air pendant une bonne partie de la journée ; il est préférable de ne faire les lits que le soir, c'est surtout dans les grands centres de populations*, et dans les grandes chaleurs que ces préceptes doivent être observés.
Les matelas et les paillassons doivent être nettoyés et renouvelés de temps en temps, les lits trop chauds et trop moelleux ne conviennent ni aux enfants, ni aux jeunes gens, ni à ceux qui sont sains. La mollesse et la chaleur du lit rendent moins aptes à lutter contre le froid et prédisposent aux rhumatismes. La laine et le crin doivent être préférés aux plumes, trop chaudes, et absorbants* trop la sueur et les émanations du corps. Les jeunes gens et les personnes valides doivent se coucher sur des matelas de laine, de crins * et de balles * d'avoine, etc.
35â DEVOIRS D'ËGOLIERS.
Il ne faut pas avoir froid au lit, mais il faut y éprouver une chaleur douce et bienfaisante. Celui qm est sujet aui^ affections de poitrine fera bien de mettre le soir une camisole de laine ou de flanelle, avant de se coucher. Il faut bien se vêtir la nuit plutôt que de se surcharger de couvertures. Les enfants et les jeunes gens doivent dormir tête-nue et s'habituer graduellement au froid. Il ne faut jamais, même dans les grandes chaleurs, laisser la nuit les fenêtres de la chambre à coucher ouvertes, notre climat est trop sujet aux variations. Ne chauffons ni ne bassinons pas les lits des personnes valides, en tout temps les pieds doivent être tenus plus chauds que la tête, et celle-ci doit être plus élevée. Mais le danger le plus redoutable, c'est celui qu'occasionne la combustion dans les chambres à coucher, c'est pour cette raison que l'air doit y être constamment renouvelé. •
(Note : Très'bien.)
Vêtements.
Le vêtement diifère selon les époques, les saisons et les contrées, il varie av^c les modes, il n'est pas le même pour les deiix sexes, il varie avec l'âge. Mais au milieu de ces variations, il y a des règles générales à suivre, quant à la chaleur des vêtements, quant à leur commodité, quant à leur propreté. Dans les premiers jours de son existence, l'homme faible et débile doit être entretenu dans une douce chaleur, entouré de duvet ou de laine. Cette chaleur n'est qu'un moyen de développement pour l'enfant, ses vêtements seront moins chauds à mesure qu'il grandit et se fortifie. Rendre l'homme fort contre le froid, tel est le vœu de la nature. Les mères de famille ne devraient jamais l'oublier et constamment chercher à atteindre ce but. La lutte contre le froid fortifie la santé ; il faut donc s'abstenir aussi longtemps que possible de porter des calçons *, des gilets ou des plastrons de flanelle ou de laine. Tant que l'enfant n'aura pas de cheveux, on doit lui mettre un bonnet, la coiffure deviendra plus légère à mesure que les cheveux apparaissent. Si l'habitude d'aller tête-nue pouvait pénétrer dans nos mœurs, il est probable que les affections des yeux, des oreilles, des dents, de la gorge deviendraient beaucoup plus rares. Il arrive une époque dans la vie où les forces diminues *, où il devient nécessaire d'avoir recours
à des vêtements plus chauds, mais il ne faut le faire que graduellement quand nous parvenons à cet âge ; les précautions contre le froid doivent redoubler, et surtout à mesure que la caducité augmente. La transition du froid au chaud est préjudiciable à la santé ; en général, il convient de ne quitter les vêtements d'hiver qu'assez tard, et les reprendre assez tôt.
(Note : Très-bien.)
Commodité des vêtements.
Les vêtements doivent être coràuiodes, ne jamais gêner ni les mouvements du corps, ni les mouvements (corr.: fonctions) delà vie ; en été, portez des vêtements, dont l'empleur * convenable favorise Taération ; dans les mauvais temps, il est préférable qu'ils serrent plus au corps, afin de le garantir du froid. Les cravates trop serrantes, et surtout trop chaudes nuisent à la circulation du sang, et peuvent produire des effets nuisibles, il en est de même des jarretières serrantes. Se serrer trop fortement la taille comme le fout beaucoup déjeunes demoiselles, c'est acheter un bien faible avantage au prix de sa santé. Cette compression exercée sur le tronc, entrave la crois-sance, le développement des organes internes, gêne leurs fonctio)is, et remplace par un état de langueur qui peut conduire au tombeau, la fraîcheur et la santé propres à la jeunesse.
Propreté des vêtements.
C'est surtout sur les vêtements que doit régner la plus exacte jaropreté, ne souffrir sur eux ni souillures ni tâches *; les brosser, les nettoyer, les laver d'après la composition de leurs tissus, et cela le plus souvent possible. Mettre souvent du linge propre, car il absorbe constamment les émanations du corps, toujours nuisibles à la santé, observons surtout ce point bien important, pour les enfants qui transpirent et salissent plus que les grandes personnes. La propreté ne l'oublions jamais, est le précepte capital de l'hygiène, et peut être * le seul qui (corr. : dont il) ne soit pas dangereux d'abuser.
M. Nysten.
(Note : Très-bien.} Cours supérieur.
Srii DEVOIRS D'ÉCOLIERS.