ELOGE DE LA FRANCE
France ! A ce souvenir (corr. : nom) que de souvenirs se réveillent, que d'ombres se dressent majestueusement devant nous : le passé se déroule à nos yeux avec ses horreurs ou sa gloire, tour à tour sanglant ou couronné de lauriers. Patrie où reposent mes aïeux, toi chantée par tant de troubadours, toi si belle, si riche, te reverrai-je jamais? En lisant ton histoire, je voudrais visiter ces lieux illustrés par tant d'exploits, contempler ces monuments qui attestent ta splendeur, te connaître enfin toi qui fus le berceau de ma famille. Que ne puis-je, petit oiseau {comme Voiseau), voler vers la Touraine, ce jardin charmant de la France ! vers la Bretagne qui vit naître les Duguesclin! que ne puis-je, papillon léger, m'élancer de fleur en fleur dans les riantes vallées du midi! Mais non! je dois me contenter des descriptions que me font de plus heureux que moi {que d'heureux voyageurs ont faites), des rives délicieuses de la Loire, des sites pittoresques des Pyrénées, des beautés sans nombre et tant vantées de la grande capitale, des merveilles des autres cités.
Chaque coin de ce pays si cher a son mérite; chaque arbre centenaire pourrait vous instruire. Depuis le chêne de Vincennes jusqu'au superbe cèdre venu du Liban, tout vous parlerait de grandeurs déchues, de royautés évanouies. Tour à tour monarchie, empire et république, tu n'as pas cessé{cependant) de marcher vers le Progrès. L'industrie embrasse tout ton territoire (Note : manque d'harmonie. Dites : s*est emparée de ton territoire tout entier); ton commerce s'étend au loin, tes colonies fleurissent parmi celles des autres nations. Des voies ferrées te sillonnent en tous sens, portant à l'aide delà locomotive bruyante et les voyageurs et les produits de toute espèce. Les vins de la Bourgogne et de la Champagne no
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font-ils pas aussi bien pétiller Tesprit à Chandernagor qu'à Paris? Ceux de Bordeaux ne rendent-ils pas la force aux ' malades de toutes les latitudes et sous tous les climats? Tes canaux, les fleuves fertilisent ton sol tout en servant à l'agrémext {tout en embellissant tes paysages). Tes nombreux ports sont le rendez-vous des vaisseaux de toutes les nations; les pavillons étrangers flottant au sommet des mâts y forment un coup d'œil charmant en se reflétant dans les eaux par un ciel serein. (Noie : Trop de mêmes consonnances ; de plus les participes présents ne se rapportent pas au même terme. Dites plutôt : Un coup d*œil enchanteur, surtout quandy par un jour serein, ils se mirent ou dans les eaux vertes de V Océan, ou dans les ondes bleues de la Méditerranée,)
France ! nation dont la liberté a été aiTosée de tant de sang, que de bravoure, que de vaillance n'as- tu pas montrée sous le Grand Napoléon quand, à sa suite, tu te couvrais de gloire en Afrique comme en Europe. Maintenant vaincue, plus tard vainqueur*^, je l'espère, tu rendras ton nom à ces provinces qui, malgré elles (françaises encore parle cœur)^ appartiennent à l'orgueilleuse Germanie. L'Alsace et la Lorraine reverront ton glorieux drapeau. Plus heureuse qu'elles, je puis dire (addition : tout haut 'et sans larmes) : Mon cœur est et restera français. (Note : Elles peuvent le dire'égalemcnt, mais pas de la même manière.)
16 juin 1877. Louise Rëmy.
(Note : Bien; un peu d'enthousiasme est de saison dans les Éloges.)
École normale de filles, Liège. (3* année.)
3<ÎU DEVOIRS D'ÉC.0L1E11S.