LETTRE A UN AMI POUR LUI DÉCRIRE L*ÉCOLE NORMALE
Cher ami,
Tu me demandais dans ta dernière lettre, de te décrire notre école normale. Je cède à ton désir avec empressement, et te prenantpar lamain,je t'introduis dans notre local. Vois-tu à droite et à gauche ces deux* ailes de bâtiments? celle de droite est la moins élevée et est surmontée d'une tourelle. Entrons; nous sommes au réfectoire où 15 tables ayant place pour iO élèves chacune, sont disposées pour le repas. Un poêle au milieu y projette une chaleur bienfaisante. Au fond se trouve Tarmoire oà Ton met les livres et les différents jeux de la récréation du soir, dominos, dames, etc.
Dans cette aile, de bâtiment, les élèves, sauf au réfectoire, n'ont pas à y aller. Ce sont les appartements de M. le directeur et de M. Tabbé, notre professeur de religion.
Pénétrons dans l'autre aile, plus élevée et plus étendue. Nous entrons dans une vaste salle, la classe. Les bancs, la chaire, les tableaux, le crucifix, le tapis, le plancher, tout y est d'une beauté remarquable. Les trois classes sont très-bien aérées par quatre fenêtres; elles sont parfaitement les mêmes et communiquent par une porte. Mais montons. Tous * le dessus comprend quatre dortoir * ; chaque élève a son alcôve avec son rideau blanc, son armoire, son porte-manteau. Quel beau coup d'œil que tous ces lits avec les rideaux d'une blancheur irréprochable. N'est-il pas vrai, cher Ami, qu'il faut beaucoup de soins et de pouvoir pour entretenir ces choses dans une propreté qu'on ne saurait assez louer. Les dortoirs sont très-bien aérés ; un air renouvelé le jour y fait régner une fraîcheur continuelle. Le lieu où l'on met ses malles, n'a-t-il pas un aspect riant; on peut à peine y faire un pas sans trébucher.
Maintenant il faut descendre ; combien d'escaliers ! Nous voilà dans la cour. Tu n'as pas encore eu le temps de l'examiner. Elle est carrée et limitée par les deux ailes de bâtiment, le mur du jardin et la galerie où l'on se met à l'abri du mauvais temps. Au milieu de la cour, une fontaine élève tranquillement son jet d'eau limpide où l'on vase désaltérer; de petits gobelets servent à cet usage.
Voilà le croquis de l'école normale ; mais tu ne saurais pas
juger de la grandeur, dé la propreté des bâtiments, sans le voir; aussi je te conseille d*accourir à Nivelles; cela te procurera le plaisir de satisfaire ta curiosité, et celui de revoir
Ton ami dévoué,
Emile Hubin.
École normale de Nivelles. (1" année, 1*' trimestre.)