‹ Devoirs d'écoliers étrangers recueillis à l'Exposition universelle de ParisChapitre 207 sur 249 · LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA FRANCE

. {Note du professeur : Cette pièce de vers, en ce qui concerne Tinvention, la disposition et rélocution, est de l'élève.)

Sortant du doux sommeil où rêve le jeune âge.

Ouvrant les yeux à la raison, Je rencontre une femme au noble et beau visage,

Dont un sang piir baigne le front :

L'Océan à ses pieds murmure ;

Au nord se perd sa chevelure ;

L'or 3ur sa poitrine reluit.

Mais son œil est voilé, le remords l'environne; Et parmi les éclats d'ime auguste couronne,

Gît près d'elle un trône détruit.

D'où viennent, oh ! dis-moi, ces débris, ce symbole.

Ce sang sur ton front répandu ?

Pourquoi, quand du bonheur t'entoure l'auréole,

Ton regard est-il éperdu?

Et la conjurant de m'apprendre

Que sont ce chagrin, cette cendre,

Tremblant, je lui tendais les bras.

Mais me montrant le Temps fuyant seul dans les âges : € De ce livre, dit-elle, interroge les pages,

€ Sur ma naissance, mes combats. »

Je lis : Dans le désert, une jeune lionne

S'éteignait, faible et sans soutien ; Forte, elle défendit la gazelle mignonne

Qui l'avait chauffée en son sein :

Telle sans nom, faible et sauvage,

La France, d'un lointain rivage,

Vint ici chercher un rempart ; Et trouvant dans l'Église une fidèle Mère, Elle grandit, glorieuse, à l'ombre du Calvaire

Qu'elle sut protéger plus tard.

De l'Islam au midi, du Lombard à l'aurore,

Elle abat le front menaçant; Et quand l'Europe au loin, du Tombeau qu'elle adore.

Court expulser un vil croissant,

Parmi ces héros, ces apôtres,

Ses fils Bernard, Louis, mille autres

Etonnent le fier Sarrasin.

Puis méprisant, hélas ! la foi de Gharlemagne Elle boit un poison que lui tend TAllemagne

Et qui lui déchire le sein.

Mais le calme souvent succède à la tempête :

Tel parait un jour plus serein :

Les sciences, les arts à sa royale tète

Scintillent d'un éclat soudain.

Avec un Turenne, un Racine,

Elle enfante, faveur divine,

Bossuct, d'Ënghien, PascaL L'orgueil bientôt l'enlace ; elle rit de sa mère, Et dans son propre sang baignant sa main colère,

Foule aux pieds son bandeau royal.

Le ciel la châtia : d'elle, au fort de sa rage.

Nait un héros, despote fier, Qui lui pressant les flancs comme un coursier sauvage,

La mène sous son bras de fer.

Du Nil au Pô, du Nord à l'Ebre

De sa cavale funèbre

11 promène le pas altier.

Rongeant son frein : Ass'ez, hennit-elle haletante ! Il est sourd... l'entraînant, elle tombe mourante

Aux lueurs d'un sombre brasier.

Mais silence !... il n'est plus; oubliant sa soufirance,

Elle pleura le grand guerrier.

Et bientôt elle acclame, aveugle en sa démence,

De son nom le pâle héritier;

Qui, fourbe vêtu de la toge,

Crut servir l'Église et la loge

Et n'est arrivé qu'à Sedan.

Depuis lors elle rit, de sa mère honteuse... : L'Église est étemelle !... et, pour un temps grondeuse,

France, tu n'es qu'un volcan.

Ainsi, tenant du droit l'inflexible balance.

Parla l'Histoire à l'œil vengeur;

:j78 DKVOIRS D'ÉCOLIERS.

Moi, contemplant de loin la malheureuse France,

Je sentis sangloter mon cœur

Et près d'un serpent qui Tenlace,

Lui souillant son auguste face,

Une plèbe aveugle grouillait :

c Qu'es-tu donc, être immonde ! et vous troupe fangeuse ? > Alors les mille accents de leur bouche railleuse

M'ont jeté le nom d'Arouet.

Pourquoi les écouter, pauvre France, ô ma Mère ?

Pourquoi te donner un tyran?

Daps les peuples, tu vois, tu ne fus la première

Que sous l'aile du Vaticaii.

Arrache une loque souillée,

Dont d'infâmes t'ont affublée,

Et reprends ta place aujourd'hui.

Aux appels de ton Dieu seras-tu longtemps sourde ? Vois Paray..., vois les pleurs de la Vierge de Lourde,

Et retourne, oh ! retourne à Lui.

8 décembre 1877. A. Bontemps.

Cours professionnels, classe de poésie.

L'exj)Osition scoluire du Canada, ou plutôt celle de la )u-oviucc do Québec — car c'était la seule qui offrît des travaux d'élèves — les présentait non comme un choix de bons devoirs, mais comme le spécimen exact et complet « du fonctionnement quotidien des écoles canadiennes ». La plupart des travaux ainsi réunis n'étaient autre chose que les cahiers mêmes pris dans les mains des élèves en janvier 1878 et contenant l'ensemble de leurs devoirs journaliers. Ces devoirs de toute sorte sont généralement faits sur un cahier unique, dont la marge indique non-seulement la date du mois, mais le temps assigné à chaque leçon, de telle sorte que l'inspecteur puisse d'un coup d'œil juger si l'emploi du temps a bien répondu au programme minutieusement tracé dans l'organisation pédagogique.

ÉCOLES PRIMAIRES Travail d'une jonmée.

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