UNE PROMENADE AU JARDIN ZOOLOGIQUE
Chère amie,
Tu sais que depuis quelques années Bâie possède un jardin zoologique. Celui-ci est situé entre Bàle et Biningen ; il occupe
un vaste emplacement, qui est tout entouré d*une haie. Il s'y trouve deux beaux étangs, avec toute sorte d'oiseaux aquatiques, et chaque espèce a su petite maisonnette à elle. On y trouve uu poulailler, une maison pour les singes, une volière pour les pigeons et les faisans, une pour les aigles, une pour les hiboux, quelques cabanes pour les cerfs et les daims, une fosse aux ours, une hutte pour les sangliers et une pour le buffle; ainsi chaque espèce a son habitation particulière. Celles-ci sont fermées par devant par une grille en barreaux de fer ou en fil de fer, en sorte qu'on peut regarder les animaux tout à son aise.
La semaine passée nous avons eu le plaisir d'aller au jardin zoologique avec notre maître. Nous avions pris différentes provisions pour les animaux, afin de les attirer de cette façon. Chère amie, je ne veux pas décrire tous les animaux, parce que cela me mènerait trop loin ; mais je dirai quelque chose de ceux qui m'ont le plus intéressée. Les singes nous ont beaucoup amusées par leurs gambades grotesques. Ensuite nous allâmes voir les loutres, qui se distinguent par leur adresse à nager ; mais nous ne pûmes rien leur donner des provisions que nous avions apportées, parce qu'elles ne se nourrissent que de poisson. Les cerfs et les daims sont si apprivoisés, que lorsqu'on les appelle pour leur donner quelque chose, ils viennent manger dans votre main. Lé kangourou est intéressant à cause de sa forme curieuse ; sa démarche est très-drôle. La force du buffle se voit déjà rien qu'à sa tête, car lorsque nous nous approchâmes de sa cage, il se fâcha et frappa avec ses cornes contre la cloison si fort que nous avons cru qu'il allait la briser. Dans la fosse aux ours se trouvent deux gros ours, un brun et un noir; nous avons cherché longtemps à les attirer avec du pain sur l'arbre qui est au milieu de la fosse, mais nous li'y avons pas réussi.
Pour aujourd'hui je termine.
Je te salue aflectueusement.
Ton amie,
LiNA.
(Note : bien,)
SmSSE. 117
Cahier des élèves moyennes,
(Treize à quatorze ans. )
Bâle, le 11 octobre 1877.
Chère amie.
Dans ta dernière lettre, lu me demandes comment se font les enterrements à Bâle. Je te le raconterai volontiers. Un quart d'heure ou une demi-heure avant le temps fixé, les personnes qui doivent prendre part à la cérémonie se réunissent dans la maison ; puis arrive le corbillard : celui-ci est peint en noir, couvert d'un grand drap noir, et attelé de deux chevaux. Devant la maison est une table sur laquelle est placée une urne : on y-jette les cartes. Ensuite les membres de la famille sortent de la maison. Quand c'est, par exemple, un enfant qui est mort, c'est le père qui est le premier et ensuite viennent les plus proches parents. Quand c'est un père qui est mort, c'est le fils aîné qui vient le premier, et à côté de lui est le pasteur. Ceux qui suivent le cercueil se placent toujours deux à deux. Alors le cortège se met en marche lentement; ceux qui conduisent le deuil mit la tête découverte ; les autres hommes les suivent deux à deux, et le cortège se dirige lentement vers le cimetière. Là le cercueil est descendu dans la fosse avec des cordes. Chacun de ceux qui conduisent le deuil prend une pelletée de terre et la jette dans la fosse, chacun dit une prière à voix basse. Ensuite on va à la chapelle, le pasteur fait un sermon sur le mort, tout le monde prie et s'en retourne affligé à la maison. Aie la bonté de me raconter vos enterrements la prochaine fois, dans ta lettre.
Je te salue.
Ton amie,
E. N. '• (Note : 2.)
Cahier des élèves faibles.
(Treize à quatorze ans.) Chère amie.
Comme lu m'as demandé dans ta dernière lettre une petite description du marché aux légumes, je veux te le décrire aussi
bien qu'il me sera possible. Le principal marché aux légumes est sur la grande place du Marché, à peu près au milieu de la vieille ville. Il est entouré de grands bâtiments, parmi lesquels est rhôtel de ville. Les rues principales viennent y aboutir; du Petit-Bâle laSporengasse, du Grand-Bàle la Freien-Strasse, la Gerbergasse, la Hutgasse et la Sattelgasse. Le marché dure de huit heures du matin à midi. Les costumes des femmes du marché sont très-intéressants ; on les reconnaît tout de suite ; il y en a d'autres qu'on peut aussi reconnaître à leur dialecte. Il y a beaucoup de revendeurs qui achètent aux autres le fruit ou ce qu'ils ont pour le revendre ensuite. Il y a aussi des femmes du Marquisat; on les reconnaît aux grands nœuds qu'elles portent. Et il y a aussi beaucoup d'Alsaciennes ; on les reconnaît de loin au mouchoir qu'elles ont noué autour de la tête et à leur accent traînant Toutes sont assises à la file l'une à côté de l'autre, avec leurs corbeilles devant elles, où sont les belles pommes rouges, les poires, les raisins savou* reux, les pêches et les prunes à l'air appétissant. On peut avoir non-seulement des fruits, mais des légumes de toute sorte. Aussi vient-on même des environs de la ville pour acheter, et c'est quelquefois très-amusant de voir comme les dames marchandent. Mais il faut que le marché soit fini au plus tard à une heure, excepté pour les revendeurs. J'espère que tu en auras à. présent une petite idée.
Je te salue.
• Ton amie, B. N.
(Note : 1.)
4^ année (9* année du eonrs seolaire complet).
(Age des élèves : quatorze à quinze ans.)
Les travaux ne sont pas classés suivant le degré de force des élèves. — Les sujets sont développés à l'école par le maître.
DESCRIPTION d'un TABLEAU REPRÉSENTANT UN PAYSAGE.
Ce tableau nous transporte entre le lac de Thun et celui de Brienz. Au premier plan est une route conduisant à Interlaken, sur laquelle se trouvent un homme, une femme et un enfant. L'homme porte une faux sur l'épaule, et semble rentrer à la
SUISSE. il9
maison ; la femme, qui porte le costume bernois, tient de la main gauche un seau à lait ; elle donne la main droite à son petit enfant. Devant eux marchent des vaches et des chèvres, qui' paraissent aussi revenir du pâturage. Le tableau, qui a été fait en 1812, représente Interlaken comme un village d'une vingtaine de maisons seulement, et traversé par TAar, qui unit le lac de Thun à celui de Brienz. Dans le fond nous voyons une verte prairie, avec des arbres et quelques maisonnettes éparses. Plus loin se dresse la Jungfrau, qui est toute couverte de neige, et dont la cime est magnifiquement éclairée par les rayons dorés du soleil couchant, ce qui donne à tout le paysage un charme particulier.
(Note : bien.)