UNE COURSE D'ÉCOLE
L'école de Goumoëns-la- Ville avait formé le projet de faire une course sur la montagne, après avoir fixé le jour de notre départ que tous attendaient avec impatience, nous discutâmes pour savoir sur quel* point aurait lieu notre course; enfin nous décidâmes que Ton visiterait diverses sommités du Jura
134 DEVOIRS DtCOLIERS.
le suchet* l'aiguille de Baulme, etc. La veille de notre départ arriva, et tous s'occupèrent aux préparatifs du départ après quoi nous nous couchâmes afin de prendre quelque repos mais quant à moi je ne pus fermer les yeux de toute la nuit, et je pense que mes camarades furent comme moi ; enfin le jour si impatiemment attendu arriva. Nous nous préparâmes à la hâte pour nous rendre au lieu assigné pour le lieu du rendez-vous. Cependant il y eut quelques traînards qui nous firent attendre, mais enfin ils arrivent et notre petite troupe s'ébranle juste au moment où le soleil venait nous éclairer de ses rayons et réchauffer la terre. C'était une de ces riantes matinées d'été embellie* par le chant joyeux des oiseaux, qui sortent de leurs nids et qui vont s'occuper à chercher de la nourriture pour leurs pauvres petits. Mais revenons à notre course, nous avancions joyeux comme des pinsons, et courants* à droite et à gauche du chemin cueillant les fleurs qui nous étaient* le moins connues et dont notre bon maître d'école se donnait la peine de nous les faire connaître ; de cette façon nous arrivâmes à Yverdon où nous fûmes contents de nous arrêter pour nous restaurer un peu après quoi nous visitâmes diverses choses. Cependant notre course n'était pas terminée et il nous fallut nous remettre en marche, il était dix heures du matin et la chaleur était intense quand nous arrivâmes au pied de la montagne et ce n'est qu'avec des peines innouies* que nous arrivâmes au-dessus de la montagne. Nous n'avions plus que une demie* {heure, mot oublié) de marche pour arriver au sommet lorsque nous nous apperçumes* qu'un de nos camarades manquait et il fallut que quelques uns* d'entre nous partent à sa recherche nous le retrouvâmes dans une direction tout autre que celle que nous avions suivie; étant resté quelques pas en arrière il avait bientôt perdu nos traces et s'était vu forcé de gravir la montagne comme il le pouvait. De nouveau réunis nous gravîmes la montagne et là, spectacle magnifique! nous voyons se dérouler devant nous la plaine unie, et ces beaux lacs ! notre course se termina heureusement et nous nous séparâmes en bonne harmonie, et contents d'aller nous reposer.
Jules Bezençon.
' (Âge non indiqué.)
Omy.
ÉCOLE PRIMAIRE. - DEGRÉ SUPÉRIEUR
DICTÉE
(Avec explication de quelques mots par l'élève.)
En un temps éloigné de nous par des siècles dont nous ne saurions calculer le nombre, les alpes n'étaient pas, ni le Jura. Tout le pays était couvert par la mer immense. Les eaux marines ne se sont retirées qu'avec lenteur, durant le cours de longs âges ; elles ont, tour à tour, reconquis puis aban* donné le sol ; les terres n'ont apparu que successivement, et les créations faisant place aux créations, chacune, avant de disparaître, a laissé derrière elle des traces de son existance : ce sont des mousses, des plantes diverses, des coquillages en grand nombre, des animaux différents des nôtres et qui reposent ensevelis dans la houille ou dans la pierre; on dirait les feuilles d'un livre, sur lequel on lit, de page en page, tracé d'une main divine, quelqu'un des secrets de la nature.
(Note : 1 faute 1/2.)
Siècles, — C'est une durée de temps qui vaut cent ans.
Jura. — Chaîne de montagnes servant de limites entre la Suisse et la France.
Mer. — C'est une grande étendue d'eau servant à la navigation.
Mousse, — C'est une plante qui croît sans cotylédon.
Page, — On donne le nom à une page une partie d'un livre (sic).
Houille. — C'est un combustible qui sert à chauffer les habitations et pour la fabrication du gaz.
Eugène Vannod. (Age non indiqué.)
Onlens.
ÉCOLE PRIMAIRE. - DEGRÉ SUPÉRIEUR
UNE COURSE d'École.
Le maître d'école poussé par une véritable amitié pour ses élèves ne peut se passer de leur procurer un plaisir, tant petit qu*il soit il ne fera qu'augmenter le respect, l'obéissance que ces derniers doivent avoir envers lui. Pour les élèves ils préféreront toujours une course soit en chemin de fer, soit à travers la montagne. Ces courses peuvent avoir une certaine utilité pour ceux qui en font partie. Dans notre village au temps* que je puisse me souvenir l'école n'a fait qu'une seule course dont je comptais au nombre de ceux qui en faisaient partie. Je vais tacher de vous la raconter. C'était au commencement de septembre par un beau jour désigné, nous nous trouvâmes tous réunis , à i heures du matin vers la maison commune, nous devions partir pour aller prendre le chemin de fer à la Sarraz qui devait nous conduire à Vallorbes. Nous passâmes premièrement au grand et beau village d'Eclépens, ayant pour abri contre le vent du N.-E. ou bi^e, le mont appelé Mauremont. Une grande joie nous attendait surtout moi qui pour la première fois devait* monter dans un vagon* de chemin de fer. Il pouvait y avoir un quart d'heure que nous attendions devant la gare lorsqu'un petit coup de sifflet se fit entendre, annonçant l'arrivée du train. Pas plus tôt arrêté nous nous trouvions déjà installés au -dedans. En route nous passâmes sous divers petits tunnels et fîmes de petits arrêts aux gares d'Arnex, Orbe et Croix, étant dans le chemin de fer nous avons vu le château des Clées. Arrivés à Vallorbes nous descendîmes et après s'être réconfortés nous partîmes pour visiter les grottes aux fées, la nouvelle source de rOrbe qui se trouve au pied du mont de Cire, les martinets établis sur le bord de ses eaux. L'après-midi nous poursuivîmes nos excursions eii allant jusqu'à la Vallée de Joux. Que de choses curieuses, nous vîmes et que nous pûmes examiner à volonté ; pour nous qui n'étions jamais sortis de notre petit village. Les moulins de Bonport construits sur les entonnoirs où les eaux du lac de Brenet disparaissent. De là nous allâmes jusqu'au village du Pont, et du Pont, jusqu'au haut
de la dent de Vaulion d*où nous pûmes jouir d'une belle et itiagnifique vue. Nous voyons* six lacs : le lac de Brenet, de Joux, de Ter, des Rousses, de Neuchâtel et le lac Léman ; au pied de la dent on remarquait les villages de Vaulion, BaJlai- * gués et de beaucoup d'autres dont j'ai déjà donné le nom dans mon récit. Mais le soleil poursuivait toigours sa route vers le couchant et nous faisait voir que le soir, avançait. Nous descendîmes le flanc de la montagne pour rentrer le soir à Vallorbes pour prendre le train qui devait nous reconduire à la Sarraz. Une fois là nous eûmes encore le plaisir de trouver monsieur le conseiller avec un char qui devait tout* nous reconduire à Oulens où nous rentrâmes au milieu de la nuit et nous regagnâmes contents notre demeure.
Constant Gobàlet.
(Age non indiqué.)
Premier.
ÉCOLE PRIMAIRE. — DEGRÉ SUPÉRIEUR
DICTÉE
(Avec explication de quelques mots par relève.)
L'air, encore plus léger, plus fluide que l'eau, obéit aussi à un plus grand nombre de puissances ; Taction éloignée du Soleil et de la Lune; l'action immédiate de la mer, les variations de la température, y cause (sec, non corrigé) des agitatations continuelles : Les vents sont ses courants ; ils poussent, ils assemblent les nuages, ils produisent les météores, et transportent au dessus {sic, non corrigé) de la surface arride des continents terrestres les vapeurs humides des plages maritimes ; ils déterminent les orages, répendent et distribuent les pluies fécondes et les rosées bienfaisantes, ils troublent les mouvements de la mer, ils agitent la surface mobile des eaux, arrêtent ou précipitent les courants, les font rebrousser, soulèvent les flocs, exsitent les tempêtes ; la mer iritée s'élèvent {sic, non corrigé) vers le ciel, et vient en mugissant se briser contre des digues inébranlables qu'avec tout ses efforts elle ne peut ni détruire ni surmonter.
(Note : 6 fautes.)
138 DEVOIRS D'ËGOLIERS.
Signification des mots suivants :
Température. — La température est le degré de cliaud et de froid qui règne dans Tair on la mesure au moyen d'un thermomètre .
Météores. — On appelle météores les phénomènes qui passent dans Tair.
Courants sont des mouvements de Teau et de Tair sur la mer.
Fécond veut dire fertile, ce qui rapporte beaucoup.
Rebrousser veut dire retourner en arrière, retourner sur ses pas, rebrousser chemin.
Digue. — Les digues sont des barrières sur le bord des mers, des rivières et des lacs.
Analyse grammaticale.
Ils pronom personnel, troisième pers. du pi. rem-
place vents sujet du verbe produisent, produisent 3^ pers. du pluriel du présent de l'Indicatif du
verbe transitif produire à la 4** conjug.
les article simple m. pi. détermine météores,
météores nom com. m. pi. compl. du \erhe produisent, et conjonction copulative.
transportent 3" pers. du présent de l'Indicatif du v. transporter j à la l'^^ conj. sujet ils compl. les va peurs humides, au-dessus locution adversative.
de prép. a pour régime surface,
la art. simple f. s. complément de la prép. de.
{surface) (mol omis).
aride adj. quai. f. s.
des art. contracté rais pour de les. De prép. a pour
régime continents .
les art. simple m. pi. détermine continents, continents n. com. m. pi. détermine ten^estres. terrestres adj. qualificatif m. pi.
les art. simple f. pi. détermine vapeurs,
vapeurs nom com. f. pi.
humides adj. qualificatif f. pi.
des article contracté mis pour de les. De prép. a pour régime plages. Les art. simple f. pluriel, détermine plages»
plages n. com. f. pL compl. de la prép. de.
maritimes adj. qualificatif f. pi.
Premier, le 2 avril 1877.
Marie Delacrëtaz.
Age : seize ans.
Mathod.
ÉCOLE PRIMAIRE. ~ DEGRÉ SUPÉRIEUR