ASILE DU SONNENBERG(PRÈS LUCERNE
(ReltuoganstaU Sonnenberg)
La Société suisse d'utilité publique, à qui l'on devait déjà la création de rinstitut agricole delà Bœchtelen près Berne, fondé en 1840 pour des élèves protestants, a établi en 1859, sur un plan analogue, l'institut ou asile du Sonnenberg, spécialement destiné aux catholiques. On y admet, moyennant une modique pension payée par la famille ou par la commune, des enfknts pauvres qui y reçoivent tine bonne instruction primaire, et dont Tinstitut fait en même temps des agriculteurs. En 1877, le Sonnenberg comptait 46 élèves, groupés en trois famiUêi dont chacune est placée sous la surveillance d'un mattre; un cUrecteur marié est à la tète de l'établissement. L'école se tient surtout en hiver, au moment où l'interruption des travaux de la [campagne laisse plus de temps libre aux élèves. Les ressources de l'institut sont : le revenu du domaine, qui est cultivé par les élèves euxmômes; les dons et legs faits à l'établissement; et les pensions des élèves.
Les devoirs scolaires exposés par l'asile du Sonnenberg consistaient en compositions en langue allemande et en exercices de calcul et de comptabilité. Nous donnons la traduction de deux compositions.
KÉfLEtlOMâ A l'occasion DU i^' JANVIER 1877/
Le renouvellement de l'année^ est pour chacun un événement d* une grande importance. C'est une pierre milliaire sur le chemin de la vie. Gomme le pèlerin, l'homme doit alors jeter un regard en arrière sur le chemin déjà parcouru, et un autre regard en avant sur le chemin qui lui reste à faire. 11 faut qu'il envisage Tavenir. Nous aussi nous allons jeter un regard rétrospectif sur Tannée 1876, en ce qui concerne la situation de notre établissement. L'année 1876 a été, somme toute, très-satisfaisante. Il n'y a pas eu de cas graves de maladie. Toutefois au commencemeut de décembre les choses changèrent. L'angine et la scar* latine régnèrent dans diverses parties de la Sursse, et anss? à
t20:â DEVOIRS D'Éa)LlËRS.
Lucerne. Cette épidémie atteignit malheureasement notre établissement au commencement de décembre. Plus de vingt élèves prirent des angines, et quatre eurent la scarlatine trèsfort.
Ce fut là un moment très-pénible pour rétablissement, car Técole dut être interrompue. Mais grâce à Dieu la maladie suivit un cours favorable. Nous devons cet heureux résultat aux efforts de notre infatigable médecin, M. Siegwart, et aux bons soins qui furent donnés, mais aussi au secours de Dieu. Mais ce qu'il y a de mieux nous n'avons eu aucun cas de mort à déplorer. En conséquence nous pouvons remercier le Tout-Puissant pour l'heureuse issue de cette épreuve. M*"^ Bachmann dut partir avec ses deux enfants, Edmond et Francisca, pour les soustraire au danger de la contagion.
En ce qui concerne les travaux de la campagne tout a bien marché. Au début, le paysan avait d'assez tristes perspectives, car le temps était mauvais; mais la 6n de Tété et l'automne réparèrent le mal en partie. Notre établissement a eu une bonne année moyenne, nous pouvons même dire une année bénie. La récolte du fourrage a été très-satisfaisante, et le lait a été abondant ; quant au froment, si la quantité a été minime, la qualité a été très-bonne ; les pommes de terre et les légumes sont très-bien venus ; les choux-raves et les choux ont souffert des vers, mais ont donné pourtant un produit satisfaisant; quant aux fruits, il n'y en a malheureusement pas eu : nous n'avons pu faire que 1 mum 1/2 de cidre, et il n'a pas été possible d'obtenir des fruits secs.
Nous n'avons pas eu de grêle ni d'inondations dans notre distinct; que le Tout-Puissant en soit loué. Malheureusement on n'a pas fait partout en Suisse de bonnes récoltes comme les nôtres. Les 12 et 13 juin il y a eu dans la Suisse orientale et occidentale des pluies torrentielles et des inondations. Les rivières sortirent de leur lit, et submergèrent ainsi les champs et les prairies. A Lucerne par exemple l'eau monta de 33 centimètres* Des fabriques furent emportées ; on a même des morts à déplorer. Ce sinistre causa une perte de 9 millions. On fît des collectes, mais la somme réunie pour ces malheureux n'atteignit que le chiffre de 3 millions environ. C'était un témoignage de charité chrétienne.
Dans toute l'Europe la récolte des grains a été médiocre, en conséquence le pain va probablement renchérir.
L'année 1876 a été prospère pour l'établissement; il a pu
conlinuer sa tâche, doDDer à ses élèves uno bonne instruction et une éducation utile. 11 ne s'est pas produit d'incidents particuliers dans ce domaine.
Beaucoup de témoignages d'intérêt et de chanté ont été donnés à rétablissement par nos concitoyens; de nombreux bienfaiteurs lui ont fait des dons considérables durant Tannée 1876. Nous devons nous montrer dignes de ces dons, et prouver notre reconnaissance par notre bonne conduite.
Sans les dons de ses bienfaiteurs l'établissement ne pourrait pas subsister. Chaque élève coûte 430 francs par an. La pension annuelle payée par chaque élève atteint à peine SOO francs en moyenne. Le produit du travail agricole est de 50 à 60 francs par élève. 11 faut donc que la charité fournisse pour chaque élève 170 à 180 francs par an. Pour la totalité des élèves^ ou pour l'établissement tout entier, nous avons besom de 9000 francs par an, sans quoi l'établissement serait en déficit. Heureusement, depuis qu'il existe, nous avons chaque année reçu cette sonuue. En conséquence nous devons être reconnaissants envers Dieu et nos bienfaiteurs, qui ont soutenu l'établissement depuis sa fondation jusqu'à ce jour, c'est-ànlire pendant 19 ans.
C'est aujourd'hui Tanniversaire de la fondation de l'établissement. Il y a aujourd'hui 19 ans qu'il a commencé d'exister. 11 n'y avait alors rien encore d'organisé, le directeur vint seul, tout était encore vide; il n'y avait point de mobilier, point d'installation, tout a dû étrecréépeu à peu. Cela a coûté beaucoup de travail et de peine. Le premier élève entra le 15 janvier; au printemps on arriva auchitfre de 6, 12 et 18; au bout de quelques années on atteignit les chiffres de 25 et 30, et en 1868 il y eut 45 et même 47 élèves. Il n'y avait point encore de bâtiments. C'est en 1859 que fut construite la maison d'en bas; en 1860 et 1861 on construisit la maison du haut; en 1871 elle fut agrandie et devint le bâtûnent principal. En 1870 fut construite la maison de l'économe. Le terrain était maigre et en mauvais état, il produisait peu : le travail agricole bouclait même toujours par un déficit. Le terrain fut mieux soigné, travaillé, fumé ; il s'améliora graduellement. L'état du domaine est actuellement satisfaisant, il est d'un bon rapport. C'est ainsi que l'établissement s'est développé et agrandi peu à peu, et il a déjà accompli beaucoup de bien. Il en est déjà sorti plus de cent élèves, dont le plus grand nombre se conduisent bien. C'est à la charité de nos concitoyens et à l'aide de Dieu que
â»i DKTOIRS D'fiCDLIEftS.
ooos derons cet heareux résohaU. Que Dîea ▼«lille dods contimwr sa pnrt€ctioii*
Le joor le tnnail, le s«ir les bdteB; Dures semaioes, lèles jo5eiftse« (I),
tel est le principe de l'étaMisseneiiL Après le pénible travail des diamps, doqs aTons de belles lèles et d'agréables promenades. Telles ont été la fêle sérieuse de l'examen, pois la fête de la moisson avec ses gais amoaements ; comme promenades, il y a à mentionner la visite an champ de intaiUe de Seaqiach, et la promenade à l'arsenal et an musée d'histoire naturelle .
Durant l'année 1876 il n'y a pas ea de guerre dans notre chère Suisse. Dans le canton du Tessin seulement quelques troubles ont eu lieu, mais le calme a été bientôt rétaibli. Par contre, dans les autres pays il n'esa a pas été partout ainsi.
Le commerce et l'industrie n'ont pas en en 1876 une marche complètement satisfaisante. Il y a eu beanooup de faillites, de pertes, de manque d'argent ; le travail a aussi manqué parfois. Nous terminerons là notre revue en ce qui concerne notre établissement et notre patrie.
Tous les pères de famiUe et tous les commerçants établissent leur bilan au renouvellement de l'année, et voient s'ils ont avancé ou reculé. C'est ce que doit faire chaque homme, chaque élève, sous le rapport intellectueL 11 doit se demander quelle est sa situation morale et s'il est devenu meilleur et plus vertueux. D doit se demander en outre comment il s'est conduit à l'école, s'O a cultivé ses facultés intellectuelles, s'il a acquis le plus de connaissances possible, et s'il a bien employé le temps précieux de la jeunesse. Je suis heureux pour ma part de pouvoir répondre affirmativement à presque toutes ces questions; néanmoins sous quelques rapports cela aurait pu alla* mieux.
Que Dieu veuille donner à mes parents le bonheur, la santé et de longs jours.
Je veux prendre larésolution, pour l'avenir, de travailler fermement à mon amélioration monde, et de rechercher la vertu et rhonnéteté, car il n'y a que la vertu qui rende véritablement heureux. Je veux aussi travailler à développer mes forces cor- Ci) Tagcs Ârbeit, Abeiids Gaste,
SaureWoehen, frohe Peste.
SUISSE. m*
porelles ; car c*est le travail qui donne le pain^ et qui maintient l'homme robuste et vigoureux. Pour un homme le travail n'est pas une honte, mais un honneur.
Je veux étudier avec zèle à l'école, pour acquérir des connaissances et faire de rapides progrés. Des connaissances solides sont un beau capital pour un jeune homme. Lorsque je quitterai la maison, je me conduirai honnêtement, de manière à faire honneur à l'établissement et à moi-même.
Antoine Wirz, de Soleure.
(Age non indiqué.)
l'utilité de la gymnastique.
Dans toutes les localités des divers cantons la gynmastique est aujourd'hui cultivée, et c'est là une chose d'une grande importance pour les écoliers.
Si un écolier s'exerce à la gymnastique, il acquiert une stature* droite et virile, la démarche devient plus légère, la circulation du sang se fait avec rapidité, les bras et tous les membres se fortifient. Lorsqu'un écolier a été assis pendant trois ou quatre heures devant son pupitre, il est bon de lui accorder une récréation, qui peut consister par exemple en exercices libres. De cette façon il se repose, au grand air, comme s'il n'avait pas du tout été à l'école. La gymnastique prévient les difformités du corps; il arrive ainsi moins d'infirmités. A la longue la gymnastique endurcit le corps ; on est moins sensible aux influences extérieures, comme la pluie, le froid, l'ardeur du soleil, ce qui est très-avantageux plus tard pour le service militaire. En outre un gymnaste est généralement agile, adroit, et exempt du vertige. Un bon gymnaste doit pouvoir courir sur les murs et les échelles sans avoir peur de tomber.
La gymnastique exerce l'œil et la main ; si le gymnaste fait des exercices des bras, sa main devient souple et adroite ; s'il fait le saut périlleux à la barre, il doit le faire avec agilité et sûreté, sans avoir peur de se fouler le poignet. L'œil aussi est exercé, car on le voit dans les .différents exercices gymnastiques tels que le jet du jave]ot,'où les bâtons sont jetés contre le but avec une adresse surprenante.
Mais la gymnastique a aussi une grande influence sur Tesprit.
La gymnastique enseigne l'obéissance. Il n'est pas si facile d'exécuter ponctuellement un ordre. On doit faire attention au commandement, puis bien se rendre compte de l'ordre reçu, et l'exécuter ensuite ponctuellement et correctement, car il n'y^ a rien de plus ennuyeux que de recommencer plusieurs fois un exercice sans résultat. Un proverbe bien vrai s'exprime ainsi € Dans un corps sain loge un esprit sain. »
Lorsqu'un écolier s'est livré au travail intellectuel, il ne doit pas rester ensuite oisif, mais chercher à se restaurer d'une autre façon; il peut jouer et faire de- la gymnastique, car cela rafraîchit et fortifie l'esprit. La gymnastique donne du courage, de la résolution, de la force de caractère, et de la fermeté morale. Le courage est la source de plusieurs autres belles qualités, telles que : l'amour de la patrie, l'abnégation et la grandeur d'âme. Déjà plus d'un gymnaste a sauvé des vies humaines par son habileté à nager ou à grimper. La plupart des gymnastes font partie des corps de pompiers ; là, le gymnaste a l'occasion de montrer du courage en grimpant aux échelles de sauvetage, et en sauvant des etfets et même quelquefois des personnes.
Puisque le [gouvernement reconnaît l'utilité de la gymnastique sous tous les rapports, celle-ci devrait être toujours plus propagée et introduite partout, aiin que toute la jeunesse puisse profiter de ses heureux effets.
Wilhem Kisung, de Diessenhofen.
(Agé de seize ans.)